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vendredi 29 août 2025

Revisionnage de la trilogie Le Hobbit et de la trilogie Le Seigneur des Anneaux

Frodo sur un fond noir, les inscriptions de l'Anneau se réflétant sur son visage
Puisqu'on est parti dans un trip nostalgique, voilà
mon fond d'écran avant la sortie du premier film

C'était la conclusion logique à ma relecture du Hobbit et du Seigneur des Anneaux, il fallait que je revois les films. Déjà parce que j’avais très envie de revoir Le Seigneur des Anneaux depuis longtemps, mais aussi parce que je voulais donner une seconde chance à la trilogie du Hobbit, que j’avais peu apprécié à sa sortie…

vendredi 20 juin 2025

Le Retour du Roi (Le Seigneur des Anneaux 3) 🎧 – J.R.R. Tolkien

Couverture du livre audio Le Retour du Roi

Et bien me voilà de retour ! Après un voyage de presque 60 heures (70 si on ajoute Le Hobbit), je suis venue à bout de mon épopée en Terre du Milieu. C’était épique, c’était émouvant, c’était parfois drôle ou touchant lorsqu’on ne s’y attend pas, bref c’était grandiose !

dimanche 18 mai 2025

Les Deux Tours (Le Seigneur des Anneaux 2) 🎧 – J.R.R. Tolkien

Couverture du livre audio Les Deux Tours

C’est marrant, la toute première fois que j’ai lu Le Seigneur des Anneaux, j’ai passé trois semaines sur le tome 1 et un week-end sur les tomes 2 et 3. Et c’est un peu toujours le cas. Je prends toujours mon temps en commençant, et j’accélère ensuite, comme si l’urgence qui touchait les héros m’affectait moi aussi. Toujours est-il qu’à peine un mois après l’avoir commencé, j’ai déjà terminé le deuxième tome !

mercredi 2 avril 2025

La Fraternité de l’Anneau (Le Seigneur des Anneaux 1) 🎧 – J.R.R. Tolkien

 

En terminant ma relecture du Hobbit au format audio en décembre dernier, je ne pensais pas que je repartirai si vite que cela en Terre du Milieu, mais ce voyage s’est imposé de lui-même en ce début d’année pour contrer la morosité. J’aurais pu me contenter d’un article lorsque j’aurais terminé la trilogie, mais comme j’avais déjà pas mal de choses à dire, c’est parti pour un premier compte rendu.

jeudi 26 décembre 2024

Le Hobbit 🎧 – J.R.R. Tolkien

Couverture du livre audio du Hobbit

Cette année j’ai testé une nouvelle technique pour combattre les insomnies : le livre audio. En général quand j’écoute une histoire en étant couchée, je pique du nez au bout de cinq minutes. Ce n’est donc pas une méthode très efficace de lecture, mais je me suis dit qu’avec un livre déjà lu comme Le Hobbit, ça passerait crème… Effectivement c’est très pratique pour se rendormir, mais à force d’en écouter des petits bouts, ce qui devait arriver arriva : j’ai eu envie d’écouter le livre correctement.

samedi 19 octobre 2024

Les Anneaux de Pouvoir – Saison 2

Affiche de la saison 2 : Sauron & Celebrimbor

Voilà déjà deux ans que nous avons découvert Les Anneaux de Pouvoir, nouvelle série se déroulant en Terre du Milieu, et qui s’appuie sur les appendices pour mettre en scène la fin du 2e Âge et la création des Anneaux de Pouvoir. La première saison était prometteuse mais perfectible. Maintenant que la saison 2 est sortie dans son intégralité, il est temps de voir comment la série a évolué.

samedi 18 mars 2023

Contes et légendes inachevés – J.R.R. Tolkien

Contes et légendes inachevés - Couverture

Après la superbe réédition du Silmarillion en 2021, les éditions Christian Bourgois ont ressorti sur le même modèle les Contes et légendes inachevés. Forcément, je me devais me procurer l’ouvrage et de vous en faire un petit compte rendu.

jeudi 22 décembre 2022

Le Silmarillion – J.R.R. Tolkien

 Le Silmarillion - Couverture

L’an dernier est sortie la nouvelle traduction du Silmarillion par Daniel Lauzon. Je l’attendais de pied ferme, d’autant plus qu’elle était livrée dans un très bel écrin, mais c’est le visionnage de la série des Anneaux de Pouvoir qui a réveillé mes envies de relire Tolkien, en commençant par ce texte-ci.

samedi 5 novembre 2022

Les Anneaux de Pouvoir – Saison 1

 Les anneaux de pouvoir - Affiche

Cela fait un moment que je ne prends plus le temps de consacrer des articles complets aux séries télé que je regarde, en dehors de Doctor Who bien sûr, mais je n’ai pas pu m’empêcher de faire comme tout le monde et de donner mon avis détaillé sur Les anneaux de pouvoir, la série Amazon se déroulant dans l’univers du Seigneur des Anneaux.

mardi 4 février 2020

La chute de Gondolin – J.R.R. Tolkien


L’exposition consacrée à Tolkien à la BNF ayant réveillé des envies de (re)lecture en moi, j’ai jeté mon dévolu sur La chute de Gondolin, dernière publication en date consacrée à son immense univers, que j’avais obtenu l’été dernier grâce au challenge S3F4 de Lutin. L’occasion pour moi de replonger dans l’histoire de la Terre du Milieu avec une approche différente de celle à laquelle j’avais été habituée.

jeudi 7 novembre 2019

Tolkien : voyage en Terre du Milieu (exposition)


Lorsque j’avais appris il y a trois ans qu’une exposition sur Tolkien se préparait à la BNF, j’ai tout simplement sautillé de joie. Si l’auteur avait déjà été indirectement mis en scène par le biais d’une exposition de dessins d’Alan Lee et de John Howe en 2003, c’est la première fois qu’une exposition de cette ampleur lui est consacrée en France. Pas mal pour un auteur anglais qu’on a tendance à croiser plutôt au rayon des mauvais genres ! Impatience de la voir, je me suis donc démenée pour la voir le plus tôt possible.

mercredi 24 juillet 2019

Tolkien – Dome Karukoski


Voilà bien longtemps que je n’avais pas alimenté la partie « Tolkien » de ce blog, faute d’avoir le temps de me plonger dans les dernières publications en français. À défaut, je suis allée jeter un œil au biopic qui vient de lui être consacré et qui est sorti en juin au cinéma.

vendredi 17 novembre 2017

Tolkien et la religion : comme une lampe invisible – Leo Carruthers


Tiens ça faisait un petit moment que je ne vous avais pas parlé de Tolkien sur ce blog, il était donc plus que temps pour moi de produire mon article annuel. A défaut de me pencher sur les derniers « inédits » publiés, aujourd’hui je vais vous parler d’un essai plutôt intéressant sur le monsieur.

lundi 28 novembre 2016

Le retour du roi [nouvelle traduction] – J.R.R. Tolkien


Après m’être jetée sur les deux premiers volumes de la nouvelle traduction (ici et ), j’ai pris mon temps avant de me procurer la conclusion. En effet, une fois cet ultime volume relu, quand trouverais-je un nouveau prétexte pour me replonger dans cette saga qui m’accompagne depuis seize ans ?

Difficile de ne pas répéter pour Le retour du roi ce que j’avais déjà dit pour La Fraternité de l’Anneau et pour Les deux tours : cette nouvelle traduction signée Daniel Lauzon vient considérablement rafraichir et alléger cette grande aventure, la rendant mille fois plus fluide et mille fois plus agréable à lire.

Chose importante également, cette nouvelle traduction colle moins aux mots pour mieux se soucier du rythme, si bien que sous le Tolkien créateur d’univers, on a enfin l’occasion de découvrir le Tolkien écrivain, au style légèrement archaïque mais souvent très chantant (ce qui n’était guère perceptible auparavant à moins de lire en VO).

Voilà un exemple, un passage qui ne m’avait jamais particulièrement marquée mais qui m’a pratiquement sauté au visage lors de ma relecture :
Version anglaise : « He knew in the core of his heart that he was not large enough to bear such a burden, even if such visions were not a mere cheat to betray him. The one small garden of a free gardener was all his need and due, not a garden swollen to a realm ; his own hands to use, not the hands of others to command. »
Traduction de Francis Ledoux : « Il savait au fond de son cœur qu'il n'était pas de taille à porter pareil fardeau, même si de telles visions n'étaient pas un leurre destiné à le tromper. Le seul petit jardin d'un jardinier libre répondait à son besoin et à son dû, et non pas un jardin enflé aux dimensions d'un royaume ; il devait se servir de ses propres mains et non commander à celles des autres. »
Traduction de Daniel Lauzon : « Il savait, en son for intérieur, qu'il n'était pas de taille à supporter un tel fardeau, en supposant que ces visions ne soient pas un simple leurre. Un tout petit jardin, celui d'un jardinier libre, tel était son unique besoin et son seul dû, non un jardin érigé en royaume ; travailler de ses propres mains et non commander celles des autres. »
La retraduction des noms fera bien sûr toujours débat (preuve que tout n’était pas à jeter dans la traduction de Francis Ledoux, bien au contraire), mais elle a le mérite de respecter les consignes de Tolkien, et au final c’est un prix fort faible à payer pour un formidable travail d’harmonisation qui évite notamment de voir des personnages changer de nom entre Le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux.

C’est donc avec un grand plaisir que j’ai pour ma part revécu le siège de Minas Tirith, la chevauchée des Rohirrim et la traversée du Mordor par Frodo et Sam. J’ai été une fois de plus emportée par le caractère épique de cette aventure (qui n’est jamais que la partie émergée de l’iceberg, l’infime conclusion de l’immense saga de la Terre du Milieu imaginée par Tolkien) mais aussi par ses moments parfois intimistes et paisibles, qui ne font pas forcément dans la surenchère de batailles (elles sont d’ailleurs fort brèves quand on les compare à celles de l’adaptation de Peter Jackson !).

Une fois l’histoire close, on peut également profiter d’appendices remis à jour (et harmonisés, je l’ignorais jusque-là mais ils n’ont pas été traduits par Francis Ledoux) qui permettent d’avoir un aperçu rapide mais néanmoins fort dense de tout l’univers derrière Le Seigneur des Anneaux. Il y a juste une jolie bourde graphique sur l’arbre généalogique de Sam mais j’imagine que cela sera corrigé pour les éditions ou tirages futurs.

Comme les tomes précédents, cette nouvelle traduction vient également avec son lot d’illustrations signées Alan Lee (toujours aussi belles) et ses cartes très pratiques pour suivre l’action. Je regrette toujours un peu que le milieu de la carte générale soit toujours difficilement lisible sans casser le dos du livre, mais comme il y a la carte détaillée du Gondor dans ce tome-ci, cela gêne moins.

Voilà pour le tour de cette nouvelle édition. Je ne vous ai pas vraiment parlé de l’histoire mais si vous voulez en savoir plus à ce sujet, je vous renvoie à un article précédent où je chroniquais la version anglaise.

Reste à répondre à la question que vous vous posez sans doute, à savoir est-ce que cette nouvelle traduction en vaut vraiment la peine, surtout quand on a déjà une ou deux éditions différentes chez soi ?

Pour les fans (comme moi quoi !), je pense qu’elle est indispensable, tout simplement, parce qu’on a enfin l’occasion de lire un texte unifié du Hobbit au Retour du Roi où l’on découvre et redécouvre des tas de choses.

Pour quelqu’un qui n’a jamais lu l’œuvre parce qu’il trouvait le style difficilement accessible, c’est je pense l’occasion rêvée de s’y mettre (et si ça ne passe pas avec la nouvelle traduction, ma foi au moins vous aurez tout essayé !).

Et pour toutes les personnes à mi-chemin entre le fan et le novice, c’est à vous de voir. A l’heure actuelle c’est une lecture qui demande un certain investissement (60 euros en papier, pas beaucoup moins en numérique hélas) mais qui peut avoir son intérêt si on n’avait pas d’édition illustrée ou si on a envie de faire une belle relecture. Mais on peut toujours attendre la sortie d’une belle intégrale ou le passage en poche (ce qui devrait arriver également à terme).

Pour ma part j’espère que maintenant que cet énorme chantier est achevé, on va pouvoir savourer soit la suite de l’Histoire de la Terre du Milieu, soit une version révisée du Silmarillion (entre deux parutions de textes inédits bien sûr !).

CITRIQ

dimanche 22 novembre 2015

Les deux tours [nouvelle traduction] - J.R.R. Tolkien


Après avoir beaucoup aimé la nouvelle traduction du Hobbit, puis celle du premier tome du Seigneur des Anneaux, j’ai assez logiquement continué l’aventure avec Les deux tours, également revisité par Daniel Lauzon (et cette fois-ci c’est indiqué sur la couverture que c’est une nouvelle traduction !).

Les deux tours étant mon roman préféré de la trilogie, il est fort probable que je me sois assez vite laissée emporter par l’histoire sans vraiment prêter attention à la nouvelle traduction. Néanmoins je pense qu’elle est surtout tellement agréable à lire qu’on n’y prête pas forcément attention vu que les mots glissent tous seuls.

Une fois encore, le maître-mot semble être fluidité, à tel point que les descriptions de paysages parfois à n’en plus finir de Tolkien se révèlent… sans aller jusqu’à employer le terme « passionnant » qui serait sans doute un poil excessif, disons qu’elles se lisent bien. J’ai même trouvé certaines d’entre elles superbes.

Les poèmes et chansons, eux-aussi, deviennent bien plus agréables à lire, et les dialogues n’ont jamais autant évoqué les films (qui eux-mêmes reprennent parfois texto certains dialogues du livre en VO, bien qu’ils soient parfois sortis de leur contexte).

Les noms également ont été revisités. Ça n’est pas très visible dans ce tome-ci finalement (les altérations sont finalement assez légères), sauf pour les Ents. Et de ce côté-là, j’ai trouvé que c’est un apport plus que positif, à commencer par Sylvebarbe qui devient Barbebois (et pour le coup je l’ai immédiatement adopté celui-là) ou Vifsorbier qui devient Primebranche (plus proche du Quickbeam anglais il me semble).

En fait il n’y a qu’un seul passage qui m’a posé problème. Il s’agit de la fameuse scène du ragoût de lapin, où Sam se retrouve à vanter les mérites des « pétates » à Gollum. J’ai cru à une faute de frappe d’abord, puis au bout de la quatrième occurrence, j’ai fini par faire mes recherches et découvert que le mot existait. La démarche est tout à fait cohérente (Sam a un parler bien plus typé dans cette traduction-ci, et c’est beaucoup plus proche de la VO qui joue sur taters / potatoes) mais j’étais aussi perplexe que Gollum à la lecture !

Bref on trouvera toujours à chicaner sur les détails, mais une fois encore cette nouvelle traduction en vaut la peine. Vivement la sortie du Retour du roi, pour conclure cette très plaisante relecture.

CITRIQ

lundi 13 octobre 2014

La fraternité de l'anneau [nouvelle traduction] - J.R.R. Tolkien


Ce ne sera pas une révélation pour vous je pense, je souffre d'une « légère » addiction à l’œuvre de J.R.R. Tolkien. Au point d'avoir lu presque tout ce qui est arrivé en France, y compris l'Histoire de la Terre du Milieu et des livres jeunesse complètement oubliés (je crois que j'ai juste zappé La chute d'Arthur, faut que je m'en occupe à l'occasion d'ailleurs). Et puis je n'ai aucun scrupule à collectionner les éditions.

Tenez, prenez Le Seigneur des Anneaux. Après l'avoir lu à la bibliothèque, j'ai acheté ma propre édition poche pour pouvoir le relire. Ensuite j'ai craqué pour l'édition intégrale reliée et illustrée par Alan Lee (300 francs à l'époque, toutes mes économies !). Et j'ai fini par acheter une édition anglaise lors de ma dernière relecture, pour découvrir le texte original.

Alors quand la sortie de la nouvelle traduction a été annoncée, je ne me suis pas vraiment posée de questions, après tout, je n'étais plus à une édition près ! (Monsieur a même insisté pour que je fasse une étagère Tolkien dans la bibliothèque, c'est dire...).

Et encore l'édition poche est restée chez mon père...
De toute façon, une nouvelle traduction, sur une œuvre comme Le Seigneur des Anneaux, ça ne se refuse pas. Je connais trop de gens qui se sont cassés les dents sur le texte à cause de la version française, et même moi je commençais à privilégier la VO, plus facile à lire (contre toute attente). La lourdeur du texte y était pour quelque chose, bien sûr, mais aussi un certain nombre d'incohérences et d'erreurs de traduction qui n'avaient malheureusement jamais été corrigées.

Rien que dans le prologue de l'ancienne édition par exemple, on parle tout de même de la mort de Galadriel et d'Elrond (une mauvaise interprétation du verbe « to depart »). Que le traducteur se soit trompé, c'est tout à fait compréhensible, mais ce genre de détail aurait pu être corrigé par la suite ! Bref sur le fond comme sur la forme, cela ne pouvait apporter que du mieux, surtout avec Daniel Lauzon aux manettes (vu qu'il avait déjà fait des merveilles sur Le Hobbit).
Quand M. Bilbo Bessac, de Cul-de-Sac, annonça qu'il célébrerait bientôt son onzante et unième anniversaire par une fête d'une magnificence exceptionnelle, il y eut force agitation et rumeurs à Hobbiteville.
Bon, je ne vais pas faire durer le suspens plus longtemps, cette nouvelle traduction est excellente. Si je devais la résumer en un seul mot, ce serait celui-là : fluidité. Car j'ai beau adoré Le Seigneur des Anneaux, je crois bien que c'est la première fois que je me retrouve à enchaîner ainsi les pages sur ce premier tome, tant le texte est fluide à lire.

Comme il se doit, le ton n'est pas aussi léger que pour Le Hobbit, mais c'est tout à fait à l'image du texte original, Le Seigneur des Anneaux étant écrit dans un registre plus soutenu que sa préquelle. D'ailleurs la traduction s'accorde vraiment bien au texte original, ce qui expliquerait pourquoi la VO me revenait spontanément en tête à la lecture (surtout dans le cas des dialogues qu'on connaît bien à cause des films) sans que ce soit énervant pour autant. C'est juste que la traduction « colle » bien.
Soudain, Frodo remarque qu'un homme d'allure étrange, marqué par les intempéries, prêtait également une oreille attentive à la conversation des hobbits. Assis dans l'ombre, il avait devant lui un grand pot à bière et fumait une pipe à long tuyau, curieusement sculptée. Ses jambes étaient étendues, laissant voir de grandes bottes de cuir souple qui lui convenaient bien, mais qui avaient beaucoup d'usure et étaient à présent crottées de boue.
Du coup, si je n'avais pas lu la VO, je pense que j'aurais vraiment eu l'impression de redécouvrir l’œuvre. C'est d'ailleurs tellement plaisant à lire que pendant trois jours je préférais prendre le bus pour aller travailler (quitte à arriver en retard), juste pour pouvoir profiter de ma lecture plus longtemps !

Évidemment, les traductions des nombreuses chansons et poésies ont été revues, et là encore, c'est que du bonheur. Je crois que pour la première fois de ma vie, j'ai pu lire la chanson de Bilbo sur Eärendil dans son intégralité sans piquer du nez ou sauter des vers ! Du coup le passage avec Tom Bombadil, c'est tout simplement un régal à redécouvrir.
Le vieux Tom Bombadil est un joyeux bonhomme ;
D'un bleu vif est sa veste, et ses bottes sont jaunes.
Nul ne l'a jamais pris, car le maître, c'est lui :
Plus vite ses pieds vont ; plus forte est sa chanson.
Et si vous voulez vous faire une idée des changements radicaux qu'on peut trouver, je vous met un morceau de la chanson des elfes sur Elbereth. Voilà la traduction de Francis Ledoux (qui fait un peu pub pour le dentifrice) :
Gilthoniel ! O Elbereth !
Vifs sont tes yeux et claire est ton haleine !
Blanche-neige ! Blanche-neige ! Nous chantons pour toi
Dans une terre lointaine au-delà de la Mer.
Et voilà la nouvelle version par Daniel Lauzon :
Gilthoniel ! Ô Elbereth !
Tes yeux sont d'argent clair et ton souffle est lumière !
Nous te chantons cet hymne, Ô Neige immaculé,
D'une contrée lointaine au delà de la Mer.
(en fait la version Ledoux colle beaucoup plus au texte d'origine, mais la nouvelle traduction est quand même bien plus jolie -et fluide, au risque de me répéter-)

Les noms également ont été retraduits, comme pour le Hobbit, en s'alignant toujours sur les recommandations de Tolkien. Adieu donc aux Sacquet de Besace (et autres noms de hobbits), à Bree (et autres noms de lieux), et à Grand-Pas.

On aimera ou on n'aimera pas. Personnellement j'apprécie la démarche parce que lorsque l'orthographe varie, c'est uniquement pour conserver la même prononciation ou le même sens qu'en VO. Bree par exemple devient Brie (et comme la Comté est devenu Le Comté -bien plus logique soit dit en passant-, je me permets d'inclure la remarque de Monsieur à ce sujet : « Si y'a Brie dans le Comté, mais où sont les Monts d'or ? »).
Puis ce fut le silence complet jusqu'à ce que, soudainement, après plusieurs grandes respirations, tous les Bessac, Boffine, Touc, Brandibouc, Foussieur, Fouineur, Terrier, Bolgeurre, Blairotte, Gaillard, Serreceinture, Sonnecornet et Belpied se mettent à parler en même temps.
Bon en toute honnêteté, le seul changement que je n'ai pas adopté (pour le moment), c'est celui de Grand-Pas. Devenu l'Arpenteur, il colle tout à fait à la VO, Strider. Mais là je blâme complètement l'effet madeleine de Proust, je n'arrive juste pas à me détacher de la première traduction !

Après cette série de louanges, je dois quand même pointer du doigt les deux-trois qui m'ont chagriné, bien que ça concerne plutôt la forme que le fond. Sur la traduction en elle-même, j'ai un peu buté sur le choix du vouvoiement ou du tutoiement que je n'ai pas toujours bien compris (notamment à un endroit Elrond vouvoie Frodo et dans la foulée tutoie Sam, ça sonnait bizarre à mes oreilles). Ceci dit c'est peut-être que je n'ai pas bien saisi les règles qui régissent ce choix (c'est surtout avec les elfes que c'est pas très clair), à voir dans les tomes suivants donc.


Question forme, l'ouvrage en lui-même est superbe, d'autant plus qu'il vient avec son lot de planches illustrées par Alan Lee. Les images ont été renumérisées pour l'occasion, concrètement si je me fie à mon ancienne édition illustrée, cela donne surtout des couleurs moins vives (pas d'avis particulier dessus, mais c'est chouette de les avoir inclus dans cette édition, ça fait un plus pour qui n'a pas l'édition illustrée).

Les cartes ont également été revues, et c'est un peu la source de mon chagrin. Certes elles sont très belles, mais comme elles font partie des planches hors-texte, difficile de voir le milieu de la carte sans plier complètement le dos du livre.


Et comme pour Le Hobbit, c'est dommage que la mention nouvelle traduction n'apparaisse pas clairement (sticker, bandeau) à part en quatrième de couverture, du coup les gens risquent de passer à côté, vu qu'on hésite rarement entre un poche et un grand format à 20 euros, sauf si celui-ci a quelque chose de plus...

Ceci dit, je pinaille sur l'ouvrage en lui-même, mais ça n'enlève rien au bonheur qu'a été cette relecture. Cette nouvelle traduction est vraiment excellente et donne un sacré coup de jeune à un texte qui en avait bien besoin. Si vous aimez Le Seigneur des Anneaux, elle me semble presque indispensable. Et si vous n'avez jamais eu l'occasion de lire ce chef d’œuvre, c'est avec cette nouvelle traduction qu'il vous faut commencer votre voyage.

Par contre attendez peut-être que les deux autres volumes soient sortis, sans quoi vous allez au devant d'une grande frustration. J'ai beau connaître l'histoire sur le bout des doigts, je vous avoue qu'à la fin de ce premier volume, je n'avais qu'une envie : poursuivre l'aventure !

Et je pense que Morwenna comprendra tout à fait que ce livre-là,
je l'ai acheté sans même me poser la question.

vendredi 11 janvier 2013

Tolkien, la fabrique d’un monde (dossier du Magazine littéraire)


Au milieu des multiples hors-séries et dossiers sur le premier film du Hobbit, je suis tombée avant Noël sur ce numéro de janvier du Magazine littéraire, qui consacre un dossier d’une quarantaine de pages à Tolkien.

Voyant qu’il ne parlait quasiment que de l’auteur et de son œuvre (et non des films), et qu’il était réalisé par des spécialistes du domaine (Vincent Ferré et Anne Besson pour citer les noms les plus connus), je me suis jetée dessus avec plaisir.

L’ensemble est très intéressant à lire : on y aborde dans les grandes lignes la vie de l’auteur, ses influences, et comment il en est arrivé à écrire son œuvre (en redonnant sa juste place au Seigneur des Anneaux et au Hobbit, c'est-à-dire celle de partie émergée de l’iceberg).

Certains aspects de l’œuvre sont également abordés plus en détail : construction d’un monde et d’une mythologie, importance du langage, des chansons, attention portée à la nature… en bien peu de pages, c’est un panorama assez complet de l’univers de Tolkien qui est donné.

Je vous avoue personnellement n’avoir pas appris grand-chose en lisant cette revue (phénomène que je trouve légèrement inquiétant soit dit en passant), mais j’ai apprécié de replonger dans son œuvre, et je suis ressortie de ma lecture avec une grande envie de relire Le Seigneur des Anneaux (je vais finir par céder) et de m’intéresser aux études sur le sujet.

J’ai trouvé le dossier extrêmement bien fait : il y a un vrai travail d’analyse dans les articles, mais ceux-ci sont suffisamment courts pour que ce ne soit pas barbant, et avec des références bibliographiques pour qui voudrait aller plus loin.

J’ai également beaucoup apprécié le parti-pris du dossier, qui sort Tolkien de son sempiternel carcan de « père de la fantasy » pour s’intéresser aux qualités littéraires et à l’originalité de son œuvre. C’est vraiment rafraichissant à lire.

Et puis, il est abondamment illustré d’illustrations et de photographies de l’auteur, mais finalement avec très peu de photos des films (sauf pour le dernier article qui leur est consacré). Bref j’ai été contente de lire pour une fois un magazine qui ne se contente pas de surfer sur la vague de l’évènement du moment, et qui propose un dossier vraiment sérieux et pas juste un monceau de banalités.

Pour tous ceux qui voudraient en apprendre plus sur l’univers de Tolkien sans passer par les essais de 300 pages ou plus que j’affectionne particulièrement, je vous recommande vivement ce dossier, excellente synthèse sur l’œuvre de l’auteur.

Et en passant, vous pourrez toujours jeter un œil à l’article sur les blogs de lecture que contient le magazine (qui est également consultable en ligne), qui ne vous apprendra pas grand chose non plus, mais ça fait toujours plaisir de trouver des articles à ce sujet dans un magazine.

samedi 13 octobre 2012

Le Hobbit annoté - J.R.R. Tolkien


Avec la sortie du (premier) film qui approche, il était tout naturel de se replonger dans le texte du Hobbit, histoire de pouvoir pinailler joyeusement sur les détails dans la salle de cinéma le moment venu. Du coup, en septembre, au Cercle d’Atuan, nous avons relu Bilbo le Hobbit.

Je l’avais lu et chroniqué voilà bien deux ans dans le cadre du Middle Earth Challenge, et mon avis n’ayant guère évolué depuis, j’aurais pu faire l’impasse d’une nouvelle chronique (d’ailleurs je vous y renvoie allègrement si vous voulez mon avis sur le texte à proprement parler).

Seulement voilà, début septembre est paru en France une nouvelle édition du Hobbit : Le Hobbit annoté (par Douglas A. Anderson), doté de plus d’une traduction réalisée par Daniel Lauzon. Et ça, je ne pouvais pas ne pas en parler.

La nouvelle traduction

Je sais que tout le monde n’est pas monomaniaque de Tolkien comme moi, mais je trouve d’ailleurs dommage qu’on communique aussi peu sur cette nouvelle traduction, à part chez les fans. Ni bandeau ni sticker ni rien pour l’indiquer clairement sur la couverture (sur aucune des couvertures, Christian Bourgois a sorti en parallèle un petit format, l’édition annotée et une édition illustrée).

Sachant qu’en même temps Le Livre de Poche a sorti sa version avec l’affiche du film, qui utilise toujours l’ancienne traduction de Francis Ledoux à ma connaissance, je doute que cette nouvelle traduction ait réellement un impact sur le lecteur lambda. Vous me direz, il s’en fiche sûrement, celui-là. Mais quand même.

Bref, parlons plutôt de la traduction en elle-même. Comme je suis un peu folle, je me suis amusée à comparer mes trois éditions (sur le premier chapitre, après j’ai préféré avancer) : la VO, l’ancienne traduction, et la nouvelle traduction. Et on voit très vite la différence.

Dans les passages où j’ai joué la comparaison, j’ai surtout repéré que Ledoux collait énormément au texte anglais (on n’est pas loin du mot pour mot parfois), alors que Daniel Lauzon prend un peu plus ses distances (tout en gardant le sens bien sûr).

Du coup la nouvelle traduction m’a paru plus fluide, plus légère, plus facile à lire, ce qui la rapproche de la VO qui est très chantante. D’ailleurs en parlant de ça, s’il y a une amélioration de taille à mentionner, c’est bien celle-ci.

Adieux chansons impossibles à lire, rimant à peine ou à la métrique aléatoire. Tout à coup ça devient plaisant à lire. On peut toujours les sauter parce qu’on trouve ça barbant, mais plus question de dire que c’est impossible à lire !

Et puis Daniel Lauzon a également retravaillé la traduction des noms, en suivant les consignes de Tolkien. C’est assez perturbant au début (adieu Sacquet et Baggins, bonjour Bilbo Bessac), mais on s’y fait finalement. J’espère juste que la traduction du Seigneur des Anneaux sera révisée dans la foulée, histoire qu’on bénéficie enfin d’une uniformisation de ce côté-là !

Les annotations

Le Hobbit annoté est un livre assez étrange à lire, pourtant avec l’Histoire de la Terre du Milieu, j’ai l’habitude des renvois dans tous les sens. Sauf qu’ici les renvois ne se font pas en bas de page ou à la fin d’un chapitre mais sur le côté.

Chaque page se divise en deux colonnes, une petite colonne à l’extérieur pour les annotations, et une grande pour le texte, et j’avoue que du coup les annotations parasitent un peu la lecture, surtout quand il faut aller les chercher deux pages plus loin, ou qu’une annotation s’étale sur cinq pages. Cela demande un temps d’adaptation.

Ceci dit le travail d’annotation est très intéressant pour qui veut s’immerger dans l’histoire de ce roman. On trouve en effet des informations sur les corrections apportées au fil du temps (notamment le chapitre avec Gollum revu pour coller avec la suite), sur les textes ayant pu influencer Tolkien, sur la mythologie de la Terre du Milieu qui se glisse ici et là dans le texte.

Ce n’est pas toujours passionnant (les corrections des infimes coquilles ou les longues poésies en vieil anglais qui s’étalent sur deux pages, c’est parfois barbant), mais c’est tout de même agréable de voir les coulisses de ce roman, et j’ai été absolument ravie de pouvoir en plus rattacher ça à mes lectures de l’Histoire de la Terre du Milieu.

D’autant plus que l’édition annotée ne se limite pas aux annotations. Elle propose une introduction sur la genèse du Hobbit, tout à fait intéressante, et deux appendices, un sur les runes, et l’autre sur l’Expédition d’Erebor, un texte de Tolkien qui éclaircit un peu le rôle de Gandalf dans le roman.

Et, aspect que j’ai particulièrement apprécié, elle s’intéresse beaucoup aux illustrations. Le Hobbit, dans sa version originale, était illustré (par Tolkien lui-même, ma propre édition VO a quelques mauvaises reproductions de ses très belles réalisations), et l’édition annotée parle des illustrations de Tolkien… mais aussi celles réalisées par les illustrateurs dans d’autres pays.

Toutes ces images sont dispersées au fil du texte, et c’est très marrant de voir comment les gens se représentaient Bilbo, les nains, etc. En prime on trouve au milieu quelques planches couleur avec des reproductions couleur des dessins et peintures de Tolkien, et de quelques autres illustrateurs, un vrai petit délice.

Bon bien sûr, tout cela intéressera surtout les fanatiques dans mon genre, mais en tout cas, j’ai apprécié cette lecture avec annotations, malgré quelques difficultés au démarrage. C’est toujours un plaisir de replonger dans l’écriture de Tolkien, et dans les analyses qui l’accompagnent.

(non mais ne me regardez pas comme ça, après cinq tomes de l’Histoire de la Terre du Milieu, ça me semble presque logique que tout texte de Tolkien vienne avec son lot d’annotations et de comparaison de versions !)

Pour les moins accros, la nouvelle traduction existe également en version simple (en belle édition illustrée, ou en petit format), et je trouve qu’elle en vaut la peine pour qui veut découvrir ou redécouvrir le texte. J’espère d’ailleurs qu’elle sera suivie d’une révision de la traduction du Seigneur des Anneaux.

Avis des autres atuaniens : Endea, Euphemia, Rose, Sintaël, Tigger Lilly

CITRIQ

jeudi 29 décembre 2011

There and back again…


Un an et demi après le lancement de ce grand challenge de lecture sur Tolkien par The Bursar et Resmiranda, il est grand temps de faire un petit bilan de mes accomplissements dans le domaine. Reprenons d'abord l’intitulé du challenge Valar dans lequel je m'étais lancée :
Challenge Valar : lecture du Silmarillon, des Contes et légendes inachevés, de Bilbo le Hobbit, du Seigneur des Anneaux, des Enfants de Hurin, la légende de Sigurd et Gudrun, les 5 premiers tomes de l'Histoire de la Terre du Milieu, ainsi que dans la lecture d'un ouvrage sur Tolkien ou son œuvre et d'une de ses sources d'inspirations telles que Beowulf, les Edda, la saga Völsunga, le Kalevala, ou Crist de Cynewulf.
C’est marrant parce que j’avais un peu peur de ne pas en venir à bout au début, mais finalement, j’ai réussi à tout lire, à commencer par la base de la base :
Suivi par l’Histoire de la Terre du Milieu (HoME pour les intimes anglophones), au moins pour ce qui a été traduit en français :
Et quelques autres choses à côté :
Et comme je suis une grande malade, j’ai même lu d’autres choses à côté, histoire de bien faire le tour du sujet :
En fait, je crois que j’ai lu à peu prêt tout ce qui est disponible de vf de Tolkien, sauf celui-là :
 

Mais c’est surtout parce que j’ai un peu de mal avec les essais de Tolkien. Bref, je ne suis pas qu'un peu fière d’avoir fini dans les temps. Du coup j’en veux beaucoup à The Bursar d’avoir annoncé que le challenge était prolongé d’un an
.
Non parce que je pourrais me dire, « j’ai assez bossé, maintenant je regarde les billets des autres en buvant tranquillement du thé ». Et bah non, je suis tentée. Tentée de continuer. Parce que oui, les autres tomes de l’Histoire de la Terre du Milieu me font de l’œil, d’autant plus que c’est la partie consacré au Seigneur des Anneaux et aux projets de suite de Tolkien.

Et j’avais de toute façon un projet de revisionnage des films, autant pour le challenge Adapte-moi si tu peux que pour la sortie de la première partie du Hobbit à la fin de l’année (dont la première bande-annonce est une tuerie). Et de lire le Kalevala. Autant dire que vous n’avez pas fini de m’entendre parler de Tolkien.

Mais là je m’accorde une petite pause là, cinq ouvrages de ou sur Tolkien en décembre, ça fait tout de même beaucoup !

mercredi 28 décembre 2011

Les Enfants de Húrin - J.R.R. Tolkien

Et me voilà enfin rendue à la fin de l’aventure, avec un des derniers ouvrages de Tolkien parus, Les Enfants de Húrin, publié en 2007 en VO. Après tous ces textes fragmentaires, c’est un peu étrange de revenir à une forme de récit « normale ».

Les Enfants de Húrin est en effet un récit complet, sans manques, avec un début, un milieu et une fin, et très peu de notes de l’éditeur (Christopher Tolkien comme toujours) si ce n’est une préface qui redonne le contexte et des appendices explicitant son matériel de travail.

C’est une orientation radicalement différente par rapport à ses choix précédents (alors que l’Histoire de la Terre du Milieu, Christopher Tolkien remet justement en question son propre travail sur le Silmarillion visant à créer un récit complet), je me demande un peu ce qui l’a motivé d’ailleurs.

Les Enfants de Húrin est une histoire qui occupe dans la mythologie de Tolkien une place assez prépondérante. J’ai d’ailleurs perdu le compte des versions différentes existantes, en vers, en prose, en abrégé… Entre les différentes publications j’ai dû lire quatre ou cinq versions plus ou moins complètes.

C’est certainement l’histoire la plus tragique de tout son univers, celle mettant en scène Húrin, qui refusant de céder à Morgoth, voit toute sa famille (sa femme Morwen, et ses deux enfants Túrin et Nienor) frappée par la malédiction du Valar. Le récit suit principalement les pas de Túrin, dont la vie va de désastre en désespoir, non sans une cruelle ironie du destin.

Il y a une force mythique dans ce récit assez impressionnante qui me fascine toujours autant, relecture après relecture, et j’aimerais vraiment savoir où Tolkien est allé chercher tout ça (il me semble qu’il a pas mal puisé dans le Kalevala, mais je n’ai pas eu l’occasion de vérifier).

J’avoue cependant que pour moi qui ait lu les Contes et légendes inachevés, le Livre des Contes perdus et les autres tomes de l’Histoire de la Terre du Milieu, cette nouvelle itération des Enfants de Húrin n’a que peu d’intérêt, car elle cette version « définitive » s’appuie sur les différents textes de Tolkien, et tout particulièrement le Narn I Hîm Húrin des Contes et légendes inachevés que je connaissais déjà.

Par contre, pour un lecteur plus ponctuel de l’œuvre de Tolkien (comprenez, qui n’est pas monomaniaque de l’auteur au point de lire tout ce qu’il a écrit), et qui voudrait rentrer un peu plus en détail dans l’univers du Silmarillion, Les Enfants de Húrin est à mon avis un très bon texte, très agréable à lire avec sa forme archaïque sans être lourde, qui sonne très bien en vf (y’a pas à dire, la qualité des traductions de Tolkien s’est nettement améliorée comparé aux premiers textes).

Pour une fois, c’est donc un ouvrage que je recommanderais avant tout au « grand public », et nettement moins aux monomaniaques dans mon genre qui risqueraient d’y trouver un air de redite.

Petit plus cependant, même en poche, les Enfants de Húrin est un très bel ouvrage : en-têtes de chapitres illustrées, carnet d’illustrations couleur d’Alan Lee au milieu (auquel il manque juste une légende pour certaines), belle carte lisible… le résultat est fort beau et agréable à lire.

Et avec cet ouvrage, je conclus mon Middle Earth Challenge, je vous ferais un petit bilan demain !


CITRIQ