jeudi 29 décembre 2016

Recueil factice - Décembre 2016

Dernier mois de l’année, programme chargé ! Il y a les chroniques de livres en retard à rattraper, les séries qu’on tente de finir, les films qu’on aurait bien aimé voir… Et encore j’ai préféré reporter quelques chroniques à 2017 histoire de ne pas vous noyer (et de me donner un peu de marge au cas où je n’ai rien à poster début janvier). Tout cela pour dire que ce recueil factice est un peu massif, je m’en excuse !



LIVRES


Fleurs au creux des ruines – Chloé Chevalier
Un bonus sympathique pour continuer à explorer l’univers du Demi-loup : Chronique complète

Dark Vador vs. M. Spock – Olivier Cotte et Jeanne A. Debats
Un chouette ouvrage pour les fans des deux sagas, drôle et riche en anecdotes : Chronique complète

La girafe, le pélican et moi – Roald Dahl
Un petit texte de l'auteur jeunesse lu pour le tester avant de l'offrir. Verdict : c'est court mais c'est bon. On savoure sans peine cette histoire d'un petit garçon qui rencontre une étrange équipe de laveurs de carreaux. Que ce soit par le texte ou les dessins, on se retrouve avec une histoire vraiment pétillante qui n'aura aucun mal à vous faire sourire.

Fidèle à son pas balancé – Sylvie Lainé
Un très bel écrin pour savourer toute l’œuvre (à ce jour) de Sylvie Lainé : Chronique complète

La justice de l’ancillaire (Les chroniques du Radch 1) – Ann Leckie
Un cycle de space-opéra à la fois classique atypique, plutôt prenant : Chronique complète

Les chats volants – Ursula K. Le Guin
Un autre roman jeunesse testé avant de l'offrir. Soyons honnêtes, s'il n'y avait pas marqué Ursula Le Guin sur la couverture, je n'aurais jamais reconnu sa patte. Le texte très simple ne laisse sans doute pas beaucoup de place à ses motifs habituels. Les dessins sont très jolis (dans une veine naturaliste) et l'histoire est sympathique, mais l’ensemble n’a rien de mémorable (même si je lui reconnais une certaine crédibilité, pour une histoire de chats volants !).

Une brève histoire du tunnel transpacifique – Ken Liu
Dans cette nouvelle parue en France dans la revue Bifrost, la Seconde guerre mondiale est évitée grâce à la construction d’un tunnel transpacifique entre le Japon et les Etats-Unis, projet gigantesque qui relance l’économie dans les années 1930. On y côtoie la grande histoire (celle qui réécrit le XXe siècle) et la petite histoire (celle d'un tunnelier en retraite), ce qui offre une fresque à la fois grandiose et intimiste, non sans amertume.

Horus & Cie – Timothée Rey
Ce roman jeunesse signé Timothée Rey pourrait presque s'inscrire dans la continuité de ses aventures de Pierrier-Par-Cœur, marmotte super-héroïque. Il met en scène un chat, un canari et un hamster dotés de pouvoirs extraordinaires qui s’échappent du laboratoire où ils subissaient des expérimentations. Sans être extraordinaire marquant, c’est un roman jeunesse qui a un fort capital sympathie grâce à son trio d’animaux attachants et ses petits références ici et là.

Membrane – Chi Ta-Wei
Un roman de SF taïwanais dépaysant : Chronique complète



FILMS


Contact – Robert Zemeckis
Après avoir vu Premier Contact (voir plus bas), j'ai eu envie de découvrir ce film au titre et au sujet similaire, mais au traitement assez différent. Dans Contact, le défi n'est pas tant de comprendre l'étrange message codé reçu que de convaincre ses pairs humains et d'évoquer la question des croyances et de la foi (et comment tout cela s'oppose à la science bien sûr). Certaines séquences visuelles sont fort belles et j’ai bien aimé l’ancrage dans la réalité de l’intrigue (le projet SETI, les interventions du président). S’il ne m’a pas émerveillé autant que Rencontres du 3ème type, ça n’en reste pas moins un jalon de la SF à voir un jour ou l’autre.

Premier contact – Denis Villeneuve
Le film de SF de l’année (si si) : Chronique complète

Rogue One : a Star Wars Story – Gareth Edwards
Une bonne surprise divertissante et soignée : Chronique complète

Sueurs froides – Alfred Hitchcock
Le film classique du mois. Il met en scène un ancien policier qui souffre de vertige et qui se retrouve à surveiller et protéger une femme qui semble hantée par son ancêtre. C’est une histoire surprenante dotée de sympathiques effets visuels. Je me suis doutée très tôt de la clé du mystère (je l'ai déjà rencontré sous une forme similaire dans d'autres histoires) mais ça n’enlève rien au plaisir de suivre cette intrigue extrêmement bien construite.



SÉRIES


Dead Landes : Les escapés
Grande amatrice des œuvres de François Descraques (Le visiteur du futur, entre autres), je me suis forcément intéressée à Dead Landes, sa première vraie série télé diffusée récemment sur France 4. L'histoire à mi-chemin entre film d'horreur et film de fin du monde se déroule dans un camping des Landes où se croisent forcément des personnalités très éclectiques. Globalement c'est une série qui fourmille de bonnes idées (chouettes personnages, nombreuses références, façon de filmer) mais qui a du mal à vraiment faire ses preuves. Je l'ai regardé sans déplaisir mais ça n'a pas été un coup de cœur non plus, pourtant tous les ingrédients sont là. Peut-être est-ce la faute à une intrigue tortueuse qui s'étale un peu trop ? Il n'empêche qu'elle mérite cependant le coup d'œil, ne serait-ce que pour le plaisir de voir une série télé française de genre.

Gotham – Saison 2
Vu que la saison 1 était somme toute assez sympathique, j’ai bien voulu replonger dans l'univers rétro-futuriste de Gotham pour suivre à nouveau les pas du futur commissaire Gordon et du futur Batman. Les retrouvailles sont bienvenues, même si j'ai trouvé que l'intrigue prenait parfois des tournants bizarres. J'ai également souvent insulté les héros qui se comportent assez souvent comme des idiots (même Alfred, et pourtant sans lui tout le monde serait déjà mort trois fois !). Les nombreuses références à l’univers sont appréciables et un réel effort pour donner une explication à pourquoi Gotham grouille de fous furieux. Un seul mystère reste à résoudre : vu le nombre de morts dans ses rangs, comment la police de Gotham arrive-t-elle encore à recruter des nouvelles recrues ?

Orange is the new black – Saison 4
Après une saison 3 qui m’avait semblé plutôt légère, cette nouvelle saison s’engage dans une autre direction grâce à l’arrivée de nouvelles détenues, ce qui contribue à renouveler les dynamiques et à développer de nouvelles intrigues. Les situations dramatiques ont tendance à s’enchaîner même si on rigole parfois, tout de même. Une chose est sûre : la gestion des prisons qui est montrée dans cette série n’a rien de rassurant !



SORTIES


Hergé au Grand Palais
Cette exposition consacrée à cette grande figure de la BD offre un sacré panorama de l’œuvre d’Hergé, de ses premiers gribouillis à ses réalisations publicitaires méconnues en passant bien entendu par tout son travail sur Tintin. A ce sujet on se régale d’ailleurs des nombreux dessins préparatoires qui permettent de prendre conscience du travail que cela lui demandait en matière de documentation, de dessins préparatoires, de construction du récit… La scénographie très réussie a de plus vite fait de nous replonger en enfance si bien que je suis ressortie de là avec une sacrée envie de me replonger dans les albums.

Michael Gregorio – J’ai dix ans
C’est M. Vert qui m’a emmené voir ce spectacle alors que je n’avais jamais entendu parler de ce monsieur spécialiste de l’imitation de chanteurs (oui je suis à la masse sur plein de sujets… sauf Star Wars bien sûr !). Son spectacle est bien sûr drôle et plein d'énergie, mais surtout spectaculaire dans ses imitations avec un répertoire très varié (opéra, chanson française, rock). Même sans toutes les reconnaître, on passe un excellent moment.



JEUX

C’est toujours la même histoire, je n’ai pas touché à ma partie de Mass Effect depuis bientôt trois mois… Je continue à me contenter de jeux tablettes : Hearthstone toujours, Fantastic Beasts encore et Les Colons de Catane en version mobile qui ont remplacé Carcassonne (mais je commence à avoir fait le tour des scénarios sans payer des extensions supplémentaires).



MUSIQUE

Après des mois assez mornes, je ne sais plus où donner de la tête en ce mois de décembre question musiques de film. Je me suis bien évidemment penchée sur la musique de Premier contact, réalisée par le compositeur islandais Jóhann Jóhannsson.


Elle est super intéressante car elle a une incroyable capacité à créer de l’étrangeté, sans pour autant être inécoutable en dehors du film. Vous pouvez la (re)découvrir ici.

Il vous manquera par contre le morceau qui accompagne les premiers et derniers instants du film, qui est en fait un morceau de Max Richter intitulé On the nature of daylight et que vous pouvez rattraper là :



Je n’avais jamais prêté attention à ce monsieur jusque-là. En creusant j’ai découvert qu’on lui devait la musique d'un des derniers épisodes de Black Mirror (Nosedive) mais aussi de Perfect Sense, un film de SF méconnu dont la BO m’avait marquée…



AU PROGRAMME L’ANNEE PROCHAINE…

Côté livres, je devrais attaquer l’année avec Le temps n’est rien de Audrey Niffenegger, et Sandman Ouverture (parce que je me dois de commencer l’année avec un Neil Gaiman !). Plus tout ce que j’ai pu lire pendant mes heures passées dans le train.

Côté cinéma, je lorgne sur Your name qui vient de sortir. Il y a aussi Passengers mais j’ai un peu peur que toute l’histoire soit dans la bande-annonce (et que ce soit une sacrée guimauve accessoirement).

Côté séries, l'objectif c'est de terminer Mr. Robot. Et de découvrir Westworld. Et bien sûr il y a l’épisode de Noël de Doctor Who, celui de Sense8 et la saison 4 de Sherlock !

Bon réveillon, on se retrouve très vite pour le bilan de l’année !

lundi 26 décembre 2016

Dark Vador vs. M. Spock – Olivier Cotte et Jeanne A. Debats


Ce livre est un peu comme une chaîne de l’amitié bizarre entre fans de Star Wars et de fans de Star Trek. J’en avais acheté un exemplaire aux Utopiales pour l’offrir à une amie fan de Star Wars, et je comptais bien le lire avant de lui remettre. Entre temps il m’a été offert par une amie fan de Star Trek (qui aurait bien aimé le lire avant de me l’offrir). A qui vais-je le prêter maintenant ? Voilà une bonne question…

Edité chez Dunod (une maison d’édition pleine de surprises, à la base je les connais pour leurs manuels universitaires et pour leurs ouvrages professionnels), Dark Vador vs. M. Spock est un ouvrage qui s’amuse à comparer les deux sagas phares de space-opera à tout point de vue : vaisseaux, cohérence scientifique, effets spéciaux, place des personnages féminins, etc.

Chaque sujet est traité sur une double page (une illustration pleine page et un texte en face), avec quelques anecdotes délicieuses en bonus. Il est ensuite possible de choisir son vainqueur en cochant une case en bas de page. Mais tout d’abord ON N’ECRIT PAS SUR LES LIVRES (surtout ceux de la bibliothèque, surtout ceux de la bibliothèque où je travaille) et surtout on n’a pas vraiment envie de se livrer à ce périlleux exercice de choix.

En effet en lisant les textes de Olivier Cotte et de Jeanne A. Debats, j’ai surtout eu l’impression d’assister à une belle discussion de passionnés qui aiment autant Star Trek que Star Wars. Et ils en parlent tellement bien (et avec beaucoup d’humour) qu’on aurait bien du mal à faire un choix. Bien sûr étant accro à Star Wars depuis mes treize ans, je penche plutôt du côté des Jedi… mais ce livre a sérieusement titillé ma curiosité au sujet de Star Trek (c'est d'ailleurs sûrement un complot pour me faire basculer du côté vulcain de la Force).

Dark Vador vs. M. Spock est donc un chouette ouvrage pas prétentieux pour deux sous qui permet juste de se plonger dans Star Wars et Star Trek avec un peu de recul et beaucoup d’humour. C’est donc le livre mettre sous le sapin pour les fans de l’une ou l’autre saga (ou à faire apporter par les Rois Mages, vu que cet article arrive un peu tard).

Sa lecture est également fortement recommandée si vous voulez briller en société geek avec des tonnes d’anecdotes amusantes, comme le lien entre Freddy Krueger et Luke Skywalker, ou l'astuce utilisée par les scénaristes de Star Trek pour éviter la censure de certaines idées. J'ai d’ailleurs empêché M. Vert de dormir pas mal de nuits en lui lisant certains passages à voix haute au lieu de le laisser ronfler en paix !

CITRIQ

vendredi 23 décembre 2016

Fidèle à ton pas balancé – Sylvie Lainé


Je n’avais à la base pas vraiment de raisons d’acheter ce recueil de Sylvie Lainé, après tout ce n’est pas comme si je n’avais pas déjà tous les recueils précédents qu’il regroupe. Mais lorsque j’ai vu le livre aux Utopiales, j’ai juste craqué.

Il faut dire que Fidèle à ton pas balancé est un superbe objet : relié, une superbe couverture sobre noire à base de vernis sélectif protégée par une jaquette blanche toute aussi belle et sobre, quelques illustrations intérieures, un signet… le tout à un prix tout ce qu’il y a de plus raisonnable (20 euros), comment ne pas céder ? La promesse de six textes non présents dans ses précédents recueils a achevé de me convaincre, j’ai craqué.

Je me suis donc lancée dans une grande relecture, tranquillement, chaque soir, nouvelle après nouvelle, savourant le plaisir de la découverte et de la redécouverte. J’aurais pu me contenter de picorer les inédits mais j’ai préféré tout relire pour découvrir le contexte d’écriture donné par Sylvie Lainé avec chaque nouvelle, ainsi que la nouvelle construction.

Fidèle à ton pas balancé ne se contente en effet pas de coller ensemble les précédents recueils. Les textes ont été regroupés en fonction de « l’ampleur du projet et du contexte » pour citer l’auteure dans son introduction. Et je trouve cette construction tout à fait cohérente, elle permet d’aborder certaines nouvelles sous un jour nouveau (ce qui n’empêche pas que certaines restent assez naturellement ensembles).

Sans surprise cette (re)lecture a été un grand plaisir. Sylvie Lainé écrit une superbe SF qui n’a pas son pareil pour tirer vers le haut et faire chaud au cœur (sans pour autant faire dans la bluette). Elle n’a pas son pareil pour parler de l’humanité et mettre en scène des belles rencontres avec l’Autre (qu’il s’agisse d’une inconnue dans une gare ou d’une forme de vie extra-terrestre). Et tout ça dans des textes courts allant de quelques pages à la novella !

Toutes ces nouvelles sont donc délicieuses à lire. Et je peux dire maintenant qu’elles se relisent avec délice également. Même en sachant où on va, ces textes n’en deviennent pas moins savoureux, bien au contraire on apprécie d’autant plus le voyage.

Quant aux nouvelles que je n’avais pas lues jusque-là, je les ai bien appréciées également, notamment Petits arrangements intragalactiques (verso) qui m’a bien fait rire. Et Le karma du chat. Et Mélomania (qui d'un concept horrible vous sort une histoire touchante, allez comprendre). Et probablement toutes les autres aussi.

En fait en cherchant bien je n’ai trouvé qu’un seul défaut : la bibliographie à la fin de l’ouvrage qui permet de retrouver facilement l’historique de publication des nouvelles. Sauf que les textes ne sont pas rangés par année. Ni par ordre alphabétique. Ni par ordre d’apparition dans l’ouvrage. Cette absence d’ordre (apparent ?) ne perturbera ceci dit que les bibliothécaires maniaques qui passe par là (autant dire juste moi !).

Bref il n’y a aucune raison de ne pas s’intéresser à ce livre : si vous n’avez jamais rien lu de Sylvie Lainé, jetez-vous sur Fidèle à ton pas balancé pour faire sa connaissance (même si vous n'aimez pas les nouvelles, croyez-moi vous pourriez vous surprendre à apprécier le format avec elle). Si vous n’avez pas tous ses recueils car certains sont épuisés, vous avez l’occasion de compléter votre collection. Et si vous les avez déjà tous, faites comme moi, craquez pour ce recueil, vous pourrez toujours prêter les anciens à votre entourage pour lui faire découvrir !

Si vous voulez en savoir plus sur les nouvelles dans le détail, je vous renvoie à mes chroniques de ses anciens recueils :

CITRIQ

mardi 20 décembre 2016

Rogue One : a Star Wars Story – Gareth Edwards


Dès que le film Rogue One a été annoncé, je ne savais vraiment pas à quoi m’attendre. Le pitch me plaisait bien, de même que la présence d’une héroïne féminine. Mais les rumeurs de tournage supplémentaires étaient inquiétantes, et il était difficile de ne pas voir le projet comme une simple machine marketing destinée à vendre des jouets. Une séance de cinéma plus tard, voici mon verdict (sans spoilers).


Rogue One : Star Wars Story est le premier des spin-off Star Wars, des films qui s’intercaleront désormais entre les sorties des épisodes « normaux » pour faire patienter le fan. Pour ce film-là, l’histoire n’est pas totalement détachée de la grande saga puisqu’il met en scène comment l’Alliance rebelle s’est procurée les plans de la première Etoile de la mort, juste avant l’épisode IV. C’est un peu comme si on se retrouvait devant un épisode 3,95 donc.

Point de sabre laser ou de destinée dans cette aventure, mais une bande de héros hétéroclites sans Jedi ni princesse, qui sont tous très abîmés par une vie qui les oblige parfois à commettre des crimes au nom du bien. Inutile de vous dire que le ton est considérablement plus sombre que dans le Star Wars habituel, et qu’on sort complètement du registre du conte et du récit initiatique. Rassurez-vous, il reste cependant des méchants très méchants (avec des capes très classes !), faut pas déconner non plus on est dans Star Wars !

Dès le départ, Rogue One cherche donc à s’affranchir de la grande saga en coupant au traditionnel générique avec texte qui défile au profit d’un flash-back (une première !). Dans le même esprit les noms des planètes sont désormais indiqués à l’écran et on n’a plus les habituelles transitions façon diaporama Power Point. Quant à la musique composée par Michael Giacchino, si elle emprunte parfois certains thèmes qu’on connaît elle prend elle aussi son indépendance.


Le film ne coupe pas tous les ponts pour autant : il offre un excellent prologue à l’épisode IV et multiplie les références plus ou moins pointues, qui peuvent concerner Un nouvel espoir ou les séries animées. On croise ainsi des personnages familiers mais aussi des concepts fort obscurs comme les Gardiens de Whills (que seuls les fans ultimes dans mon genre replaceront je pense).

A la différence du Réveil de la Force qui était parfois un peu lourd dans ses références, Rogue One sait les introduire de façon subtile : elles ne s’accumulent pas comme autant de trophées et on peut passer à côté sans peine (sauf peut-être pour le personnage de Saw Gerrera qui m’a semblé un peu obscur sans le contexte des séries animées).



Pour le reste, on trouve dans Rogue One tout ce qu’on est en droit d’attendre d’un Star Wars (sauf des Jedi, vu qu'ils sont tous morts !) : il y a de l’action bien sûr (à un rythme supportable), mais tempérée de quelques moments de calme pour poser des personnages et donner à voir la désunion de la Rébellion ; on visite plein de planètes et on rencontre plein d’aliens bizarres (dommage qu’il n’y en ait aucun dans l’équipe d’ailleurs) ; il y a même un droïde cynique qui pourrait faire concurrence à HK-47 avec ses vannes.

Les effets spéciaux en mettent également plein la vue. Rien d’étonnant en soit pour un space-opera, même si ici la partie la plus spectaculaire est pour moi l’incrustation de personnages de l’épisode IV. Le résultat est bluffant, et contribue à vraiment renforcer le lien entre les deux films.

(par contre ça soulève quelques questions morales, mine de rien on n’est pas loin du roman Remake de Connie Willis !)


Certes on pourra reprocher à Rogue One quelques passages un peu bâclés (des scènes coupées peut-être ?), des personnages qui auraient gagné à être développer pour que leur association soit moins artificielle et une musique qui n’arrive hélas pas à la cheville de John Williams même si j'attends de la réécouter pour fixer mon avis (cependant j’ai été bien plus convaincue par le Jupiter Ascending du même compositeur).

Mais ces quelques défauts n’empêchent pas de passer un excellent moment de cinéma. Rogue One est sans aucun doute une machine marketing, mais cela n’a nullement empêché son réalisateur d’y mettre tout son cœur et d’en tirer un film plus qu’honnête, et même carrément plaisant. Je ne sais pas s’il restera autant dans les mémoires que d’autres films de cet univers, mais en tout cas j’en suis ressortie bien plus satisfaite que de l’épisode VII qui doit faire ses preuves lors d’un prochain revisionnage !

vendredi 16 décembre 2016

Membrane – Chi Ta-Wei


Membrane est un roman de SF écrit par un auteur taïwanais, Chi Ta-Wei, autant dire que c’est une curiosité peu courante dans nos librairies (en général le « Made in Taïwan » on le trouve plutôt sur d’autres produits !). Il n’aurait certainement jamais croisé ma route si Lhisbei puis Brize ne l’avaient pas lu et chroniqué. J’ai décidé de m’y intéresser à mon tour, dès que j’ai pu l’emprunter en bibliothèque.

Ce roman se déroule à la fin du XXIème siècle, alors que le trou dans la couche d’ozone a poussé les humains à se réfugier dans des cités sous-marines au fond de l’océan. Dans une de ces villes situées au fond de l’océan Pacifique, Momo est une esthéticienne talentueuse mais solitaire, à cause notamment d’un passé familial complexe. Ce roman va nous raconter son histoire.

La première chose que j’ai apprécié en lisant Membrane, c’est son futur délicieusement rétro : écrit en 1990, ce roman est comme il se doit à la fois visionnaire et à côté de la plaque notamment sur le développement d’internet, ou sur les discolivres qui remplacent les livres papiers. Cela lui donne un certain charme auquel je ne peux jamais résister.

L’autre aspect que j’ai apprécié, c’est l’intrigue unique, très intimiste, qui prend son temps pour s’installer et poser les éléments de contexte alors que le roman ne fait que deux cents pages. Cela contraste avec les romans actuels qui nous noient parfois sous les informations tout en multipliant les sous-intrigues.

Ici la trame narrative est presque ridicule lorsqu'on enlève les explications et les flashbacks. Pour vous donner une idée lorsqu’on arrive à la page 151 (les trois quarts du roman donc), le chapitre débute sur « Voilà. Une fois exposées les préliminaires complexes de cette histoire, les choses intéressantes vont pouvoir commencer ». Ça pourrait être frustrant mais il n’en est rien : les 150 premières pages sont passionnantes et les « choses intéressantes » le sont tout autant.

Cela permet de profiter d’un univers plutôt étrange qui se révèle plein de faux-semblants (les gens y portent des fausses peaux, des androïdes se dissimulent sous des airs d’humains) tout en parlant beaucoup de sentiments et de sensations grâce à Momo, un personnage coupé du monde qui semble ne rien vouloir de lui mais qui souffre de toute évidence de ce manque de contact.

Grâce à son ambiance très mystérieuse et son histoire très intimiste, Membrane se révèle un texte original et surprenant, qui sait être touchant tout en révélant son lot de surprise. S’il ne révolutionne pas la SF, c’est une lecture courte et rafraichissante, idéale lorsqu’on a envie de sortir un peu des sentiers battus.

CITRIQ


Item 13 : Lire une oeuvre de SFFF écrite par une personne issue ou militant pour la communauté LGBTQIA (mais ce livre pourrait bien évidemment valider tout un tas d'autres items -au moins cinq !-)
Accessoirement je clôture avec ce titre ma participation au challenge, en avance même ! Ca m'inquiétait un peu au début mais il est assez facile de se tenir au 1 item = 1 livre, grâce à une PàL déjà bien diversifiée. 
Au final il n'y aura que quatre livres que je serais vraiment allée chercher pour ce challenge, et encore c'était des lectures prévues à plus ou moins longues échéances. Et il n'y a qu'un titre dont je ne suis pas satisfaite (celui du livre adapté dont on a pas vu l'adaptation), du coup je le remplacerais peut-être d'ici janvier si j'ai temps.
En tout cas c'était rigolo de cocher ma liste au fur-et-à-mesure (je vous ai dis que j'adorais les listes ?), et j'ai fait des jolies découvertes, un chouette challenge donc.

mardi 13 décembre 2016

Premier contact – Denis Villeneuve


Cela faisait plusieurs mois que j’attends la sortie de Premier contact (aka Arrival en VO), avec autant d’impatience que de circonspection. Ayant lu la nouvelle qu’elle adapte (L’histoire de ta vie de Ted Chiang), j’avais vraiment du mal à croire qu’on puisse en conserver toute la saveur au cinéma. La bande-annonce n’avait rien fait non plus pour me prouver le contraire. Autant dire que j’ai rarement été aussi contente d’être contredite dès les premières images !


Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, je serais brève pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte : Premier contact met en scène l’arrivée de vaisseaux extraterrestres sur Terre. Comme ils n’ont pas l’air partis pour raser la planète, l’humanité va chercher à communiquer avec leurs occupants. Sauf que ceux-ci ne parlant pas un mot d’anglais (ou de quelque autre langue humaine), c’est à une linguiste, Louise Banks, qu’incombe la lourde tâche d’entamer le dialogue.

Voilà pour les présentations, je n’en dirais pas plus car Premier contact est un film qui s’apprécie pour le plaisir de la découverte : celle d’une intrigue de rencontre avec des aliens originale qui mise plus sur la réflexion que sur les gros calibres pour ceux qui n’ont pas lu le texte d’origine ; celle d’une adaptation qui arrive retranscrire l’âme de la nouvelle tout en la magnifiant pour les lecteurs de Ted Chiang.


A tout point de vue Premier contact se révèle un film superbe qui joue sur différents tableaux : il fait réfléchir (ce n’est pas si courant dans les films de SF récents pour citer M. Vert) , il en met plein la vue et il arrive à susciter l’émerveillement et l’émotion.

L’intrigue est bien construite (et très bien adaptée), les images sont superbes, les acteurs très bons (Amy Adams offre une excellente performance) et la musique signée Johann Johannsson est complètement adéquate dans sa bizarrerie… Il n’y a pas un seul élément de travers dans ce film, tout concourt à en faire une expérience exceptionnelle.


Pour ma part j’ai adoré le travail d’adaptation, d’autant plus qu’on sait dès les premières images que le réalisateur va réussir son coup. J’ai aimé retrouver tout l’esprit de cette nouvelle si particulière (au point qu’un an et demi après sa lecture, j’ai complètement gommé ses défauts pour ne retenir que son excellence), avec des ajouts bienvenus (la dimension géopolitique), des coupes bienvenues (le propos sur la linguistique est plus intelligible) et une émotion bien plus présente.

J’ai apprécié (bien sûr) que le personnage principal soit une femme. J’ai été sensible au fait que Premier contact ne mise ni sur les explosions ni sur les scènes d’action effrénées en dépit d’une forte présence militaire. Et j’ai été charmée par la capacité du film à traiter d’enjeux à l’échelle d’une personne et de toute l’humanité en même temps.

Vous l’aurez compris je pense, Premier contact est un film à voir en cette fin d’année et c’est à mon avis un classique de la SF en devenir, qui n’aura aucun mal à s’inscrire dans la lignée de Rencontres du troisième type (j’étais bien contente de l’avoir vu peu de temps avant d’ailleurs) entre autres références du domaine. Si vous ne l’avez pas encore vu, vous savez ce qu’il vous reste à faire…

samedi 10 décembre 2016

Fleurs au creux des ruines – Chloé Chevalier


Après avoir bien apprécié Véridienne et Les Terres de l’Est, les deux premiers tomes des Récits du Demi-loup, j’ai assez logiquement eu envie de poursuivre l’exploration de ce bel univers de fantasy bien construit. Je me suis donc jetée sur ce recueil de nouvelles sorti le mois dernier : Fleurs au creux des ruines.

Composé de quatre nouvelles inédites, ce petit livre nous plonge dans le passé du Royaume du Demi-loup, bien avant la naissance des héros que nous connaissons. L’occasion de découvrir comment s’est construit le royaume et quels soubresauts ont pu l’animer dans le passé.

On suit donc dans Notre première graine le récit du chef d’une colonie, assiégé dans une ville troglodyte par un certain Aldemar (premier du nom, certainement). Avec L’art ou la viande, on peut ensuite se régaler de la correspondance épistolaire de deux jeunes amoureux dont les routes se séparent alors que l’un s’engage dans l’armée et l’autre dans la voie des arts.

Les deux derniers textes se suivent, en quelque sorte : Lors chantèrent les bêtes est un récit de fin du monde, pas toujours facile à suivre mais néanmoins intéressant, surtout au regard de La tour sous le Gris, sa suite qui met en scène deux adolescents qui se rencontrent dans les marais alors qu’ils cherchent à se nourrir dans un royaume où presque plus rien ne pousse.

Ces quatre nouvelles se lisent avec plaisir, d’autant plus que l’auteure apporte beaucoup de soin à son univers et à ses personnages, tout en alternant comme à son habitude les modes de récits (lettres, récit à la première personne). J’ai bien aimé plonger dans le passé de cet univers et reconnaître ici et là des éléments connus. 

Je regrette cependant de ne pas avoir des souvenirs très frais de mes lectures de Véridienne et des Terres de l’Est, du coup j’ai souvent été perdue. Ca n’en reste pas moins un moment de lecture sympathique quand on a lu le reste du cycle, mais quitte à aller dans le domaine de l'extension d'univers, peut-être que quelques textes plus encyclopédiques façon Appendices seraient les bienvenus pour recoller les morceaux ensemble.

En attendant, ce petit livre est un bon moyen de patienter et s'intègre parfaitement avec les deux romans (sinon par son format) grâce à sa très chouette couverture. Petite remarque par contre à l’attention de la maison d’édition : si la présence d’un sommaire est fort appréciée (alors qu’il manquait à l’appel dans Le sentiment du fer), ce serait encore mieux s’il donnait la bonne pagination !

CITRIQ

mercredi 7 décembre 2016

La justice de l’ancillaire (Les chroniques du Radch 1) – Ann Leckie


J’avais pas mal entendu parler de La justice de l’ancillaire lors de sa sortie, à cause de la longue liste de prix l’accompagnant et de sa traduction qui faisait débat. J’avais noté dans un coin de ma tête de le lire un jour, et il est tombé à point nommé alors que je cherchais un livres mettant en scène une intelligence artificielle pour compléter ma participation au challenge SFFF&Diversité.

Je me suis donc embarqué dans le premier tome des Chroniques du Radch, une trilogie (à ce jour ?) de space-opera plutôt plaisante, avec quelques petites originalités qui font la différence.

Commençons déjà par présenter l’univers : le Radch est un empire galactique qui tire sa force de ses conquêtes militaires. Les populations annexées servent à entretenir son armée d’ancillaires, des soldats que rien n’arrête puisqu’il s’agit de corps humains contrôlés par des intelligences artificielles.

Outre sa politique d’annexion bien rôdé, le Radch se caractérise par son ambiance assez surannée. Le thé, les gants, les strates sociales et les bonnes manières sont de mises dans cet univers très codifié dont la devise pourrait être « justice, convenances et avantages ». Cependant tout ne ressemble pas à l’empire britannique du XIXe siècle, puisque la particularité de la culture radchaaï est d’ignorer complètement le genre.

Cela donne un effet particulier à la lecture puisque le féminin prime dans le texte (un peu à la façon des Chroniques du Pays des Mères). C’est assez déstabilisant, d’abord parce que la féminisation n’est pas poussée jusqu’au bout (au contraire des Chroniques du Pays des Mères, justement) et ensuite parce qu’on n’a très peu d’éléments qui permettent de connaître du coup le genre des personnages. Le (la ?) narrateur(-trice ?) le donne parfois mais ne s’attarde guère dessus, du coup on a vite fait d’oublier.

C’est un choix intéressant car une fois passée la frustration première (« non mais attends on dit une lieutenant mais c’est un homme ? Et elle c’est une elle ou une elle-il ? »), on se rend compte que ça n’a aucune importance. Même sans éléments de genre, on a suffisamment d’éléments pour différencier les personnages. Et si on finit (comme moi) par considérer que tout le casting est de genre féminin par défaut, ma foi cela reste une goutte d’eau dans l’océan d’une SF souvent très masculine.

Maintenant que le contexte est posé (quatre paragraphes quand même !), rencontrons notre narratrice (du coup moi aussi je féminise). Bien qu’elle se présente comme Breq, une voyageuse venue d’une contrée extérieure au Radch, il s’agit en fait de Un Esk, un ancien ancillaire du vaisseau de guerre le Justice de Toren, qui se retrouve soudainement seul suite à la disparition du vaisseau (et de son intelligence artificielle, donc).

On se perd un peu dans l’intrigue au début, car il faut appréhender l’univers, déjà complexe, tout en suivant une intrigue à cheval sur plusieurs époques et une narratrice qui a tendance à multiplier les points de vue : en effet en temps qu’IA, elle peut voir par les yeux de ses nombreux ancillaires, ce qui donne parfois d’étranges récits.

Petit à petit, on se prend cependant au jeu et on finit par se passionner par cette histoire riche en doubles et en parallèles, où les complots politiques peuvent vite prendre une tournure inattendue. Certes il ne se passe pas tellement de choses à l’échelle de ce premier tome, mais cela permet de se mettre dans le bain, et ce n’est de toute façon pas désagréable de profiter un d’un space-opera qui mise plus sur les discussions (et les salons de thés !) que sur l’action.

La justice de l’ancillaire est donc un chouette space-opera. Certes il ne révolutionne pas le genre (il a sans doute reçu trop de prix pour son propre bien, du coup on le surestime) mais il remplit parfaitement le cahier des charges et apporte son lot de particularités. Je lirais la suite avec plaisir, histoire d’avoir la suite des aventures de Un Esk.

CITRIQ


Item 27 : Lire un livre dans lequel une IA ou des robots ont un rôle prépondérant

dimanche 4 décembre 2016

Recueil factice - Novembre 2016

Après une période où j’avais l’impression de ne rien faire, le mois de novembre offre un sacré contraste, j’ai même abandonné certaines chroniques à écrire au profit de brèves, faute de temps à leur consacrer. Je m’excuse donc par avance pour le caractère massif de ce bilan mensuel.


LIVRES


Bifrost hors-série : La science-fiction en bande dessinée
Uniquement consacré à la bande dessinée de SF, ce hors-série de Bifrost offre un vaste panorama sur la question à travers les époques et les pays. Abondamment illustré, il donne envie de dévaliser la librairie ou la bibliothèque la plus proche pour lire ou relire tout un tas de séries. Pour la petite anecdote je picorais dedans avant les Utopiales. Lorsque j'ai repris ma lecture en rentrant, j'ai découvert que je m'étais arrêtée à Universal War One de Bajram, l'auteur de l'affiche des Utopiales. Il n'y a pas de coïncidence !

L’ensorceleuse de Pointe-Lévy (Le crépuscule des arcanes 1) – Sébastien Chartrand
Un chouette premier tome d’une trilogie de fantasy québécoise : Chronique complète

Philip K. Dick goes to Hollywood – Léo Henry
Un sympathique recueil de nouvelles pour qui aime les textes référencés : Chronique complète

Le sentiment du fer – Jean-Philippe Jaworski
Quelques nouvelles du Vieux Royaume, toujours aussi bien écrit : Chronique

Les pierres qui pleurent (Aventures à Guédelon 1) – Danielle Martinigol
Un joli roman d’aventure jeunesse autour du Moyen-Âge : Chronique complète

Le retour du roi [nouvelle traduction] – J.R.R. Tolkien
La conclusion d’un superbe projet de nouvelle traduction : Chronique complète



FILMS


Les animaux fantastiques – David Yates
Le film qui m’a réconcilié avec l’univers d’Harry Potter au cinéma : Chronique

Captain Fantastic – Matt Ross
A la base je suis venue vers ce film à cause de Viggo Mortensen et à cause de l'affiche qui semblait pointer vers un film de Wes Anderson... ça n'a évidemment rien à voir mais Viggo Mortensen est par contre comme chez lui dans ce rôle de père un peu hippie qui élève ses enfants à sa façon, coupés du monde mais très au fait des derniers avancées de la physique. Captain Fantastic est un film plein de vie et souvent drôle, mais qui fait aussi beaucoup réfléchir sur le mode de vie complètement décalé de cette famille (avec ces enfants brillants mais inadaptés et ce père très franc et parfois très autoritaire). Je ne pensais pas sortir de la salle avec autant de questions, mais ça n'en rend pas le film moins intéressant, bien au contraire (et puis Viggo quoi !).

Cronos – Guillermo del Toro
Cronos est le premier film de Guillermo del Toro, qui met en scène une histoire d'immortalité qui semble faire un amalgame entre vampires et pierre philosophale. J'ai découvert ce film aux Utopiales et je l'ai trouvé certes un peu désuet (il a plus de 20 ans) mais fort sympathique. On retrouve déjà quelques archétypes du réalisateur, Ron Perlman est déjà de la partie et l'histoire a une patine fort sympathique grâce à un couple de héros atypiques (un grand-père et sa petite fille).

Doctor Strange – Scott Derrickson
Le film de super-héros du mois de novembre, qui s'intéresse aux débuts du Sorcier suprême, un personnage qui détonne un peu dans l'univers Marvel (il utilise la magie et s'offre des voyages et des combats assez psychédéliques). La trame est archi-classique (presque copiée-collée sur celle de Iron Man) mais le film arrive à démarquer grâce à un univers visuel exubérant de toute beauté et un héros qui ne prône pas forcément de raser une ville pour sauver le monde. J'ai passé globalement un bon moment même si j'ai eu du mal à accrocher au début, j'ai trouvé les blagues balancées sans cesse par le personnage en complet décalage avec l'acteur (j'attendais plutôt du cynisme froid à la Severus Rogue venant de Benedict Cumberbatch). Une fois que la fréquence des vannes baisse, cela passe beaucoup mieux !

Miss Peregrine et les enfants particuliers – Tim Burton
Adapté d'un roman de Ransom Riggs, Miss Peregrine et les enfants particuliers nous raconte la rencontre entre un adolescent isolé et un pensionnat assez étrange où tous les enfants ont des dons étranges. J'avais un peu peur d'avoir déjà tout vu du film dans la bande-annonce mais il n'en a rien été. Malgré un rythme un peu lent (mais pas désagréable), Miss Peregrine est un film prenant qui sait être attachant. L'univers fantastique est chouette et ne fait pas trop dans l’autocitation comme le faisait beaucoup Tim Burton dernièrement. Si on laisse de côté l'histoire des boucles qui n'est pas toujours très claire, on passe un excellent moment devant ce film.



SÉRIES


Black Mirror – Saison 3
J'avais un peu peur que cette saison produite par Netflix et avec plus d'épisodes perde de son charme, mais même avec 6 épisodes et une ambiance plus américaine, Black Mirror ne perd rien de son charme et de sa froide anticipation. Le format stand-alone (c'est un peu comme regarder des nouvelles à la télé) fonctionne à merveille et permet d'évoquer plein d'aspects de notre vie actuelle (les systèmes d'appréciation sur Internet, la réalité virtuelle ou encore les lunettes connectées et les drones) en imaginant bien évidemment les pires dérives.
Tous les épisodes ne se valent pas (certains sont captivants le temps du visionnage et vite oubliés après) mais chacun se démarque par son atmosphère à chaque fois différente. Le premier (Chute libre) et le dernier (Haine virtuelle) sont de loin les plus forts, d'autant plus qu'ils forment un excellent diptyque sur les dérives des réseaux sociaux. J'ai également beaucoup San Junipero, qui détonne presque par son caractère plutôt positif au final.



SORTIES


La France d’Avedon : vieux monde, new look à la BNF
En allant assister à une conférence sur Tolkien à la BNF (voir plus bas), je n'ai pas pu résister à faire un détour du côté des expositions pour voir celle sur Avedon, vu qu'il s'agit d'un de mes photographes favoris, dont les portraits sont toujours exceptionnels. L'exposition a un petit côté bric-à-brac (on y évoque ses portraits, ses reportages de magazine, son implication dans la réalisation de films ou encore son travail éditorial avec Lartigue) mais c'est l'occasion du coup de découvrir plein de facettes de son travail. Les portraits sont comme toujours magnifiques, et j'ai également bien apprécié de visiter l'envers du décor au travers de photographies annotées avec les mentions de retouche.

Quoi de neuf au Moyen-âge ?
Cette exposition fort sympathique s'attache à démonter certains mythes sur le Moyen-Âge grâce aux découvertes archéologiques récentes. Après une première partie qui nous offre des repères chronologiques, la deuxième partie développe certaines thématiques (les campagnes, les villes, les élites, les voyages, etc.) à grand renfort de films et d'animations. On se rend du coup vite compte que cette ère soit disant d'obscurantisme n'en était pas une. Du fait de l'affluence je n'ai pas pu tout apprécier à sa juste valeur, mais je suis ressortie avec quelques idées intéressantes. Pour ceux qui ne peuvent faire le déplacement, je vous recommande l'émission La marche de l'histoire sur le sujet, qui couvre une partie de l'exposition.

13èmes Rencontres de l’imaginaire à Sèvres
Un chouette petit festival en banlieue parisienne : Chronique complète

Rencontre à la BNF à l’occasion de la traduction par Daniel Lauzon du 3e tome du Seigneur des Anneaux
Cette sympathique conférence (hélas trop courte) était l’occasion d’entendre Daniel Lauzon parler de son travail de traduction sur le Seigneur des Anneaux, mais aussi d’évoquer l’ancienne traduction de Francis Ledoux (courageuse et certainement pas à rejeter). L’influence de Tolkien sur d’autres œuvres a aussi été abordée, car ce sera le sujet d’une grande exposition à venir à la BNF sur Tolkien en 2019 (autant dire que vous en entendrez sûrement parler à nouveau en ces lieux).
Bref, tout cela était fort intéressant, et j’ai adoré Les échanges les lectures par un acteur qui ponctuaient la rencontre. C’est bien simple, que ce soit quand les Nazguls entraient en scène ou lors d’une simple conversation entre Faramir et Eowyn, j’en ai eu des frissons. Du coup je ne sais plus si je dois louer l’écriture de Tolkien, la traduction brillante de Daniel Lauzon ou le talent de l’acteur… sans doute les trois à la fois !

Utopiales 2016
Utopiales, what else ? : Jour 1 - Jour 2 - Jour 3



JEUX VIDÉO

Comme vous vous en doutez, le manque de temps ne m’a guère permis d’approcher l’ombre d’un jeu vidéo digne de ce nom ce mois-ci. A la place je me contente d’instants volés sur les jeux mobiles : Hearthstone toujours, Carcassonne (mon dada du moment) et j’ai récemment remplacé Fallout Shelter (dont j’avais fait le tour) par Fantastic Beasts (le jeu mobile inspiré du film inspiré du livre), aux mécaniques répétitives et bien évidemment conçues pour pousser à l’achat, mais dont j’aime bien la partie graphique.



MUSIQUE


Êtes-vous vraiment surpris par le choix de ce mois-ci ? Etant tombée amoureuse du film, je ne pouvais que tomber sous le charme de la musique des Animaux fantastiques, composée par James Newton Howard.

Sa musique sait se faire épique si nécessaire et magique lorsqu’il le faut, comme en témoignent des morceaux tels que Tina Takes Newt In / Macusa Headquarters ou encore Inside the case. A titre personnel j’ai également beaucoup aimé les passages jazzy qui renforcent l’ambiance « années 20 » et viennent accompagner à merveille l’excellent personnage de Jacob. A écouter dans la piste Newt Says Goodbye to Tina / Jacob's Bakery (à partir de 2:00).

(j’aurais aussi pu vous parler des musiques de la saison 3 de Black Mirror mais aussi adaptées qu’elles soient aux images, elles ne sont pas très joyeuses et inutile de vous plomber le moral alors qu’il fait nuit avant 17h !)



AU PROGRAMME POUR FINIR L’ANNÉE

Côté lectures, vous devriez entendre parler de La justice de l’ancillaire de Ann Leckie et de Fleurs au creux des ruines de Chloé Chevalier que je viens de terminer. Il est probable que j’enchaîne ensuite sur Membrane de Chi Ta-Wei (pour finir le challenge SFFF&Diversité) et Horus & cie de Timothée Rey (un jeunesse auquel je devrais rapidement faire un sort), tout en continuant à avancer dans Fidèle à ton pas balancé de Sylvie Lainé.

Côté films, le mois de décembre promet d’être riche en SF avec Premier contact et Star Wars : Rogue One. Cela fait déjà un bon programme avant Noël qui devrait vite arriver ! Côté séries, j’aimerais bien terminer la saison 4 de Orange is the new black et la saison 2 de Gotham. Au rythme actuel de visionnage, c’est déjà pas mal !

Côté jeux vidéo, si j’ai encore du temps à côté, j’en profiterai sans doute pour avancer la partie de Mass Effect que j’ai en cours. Ou pour tester un nouveau jeu pour une fois. A condition de trouver le temps entre deux parties d’Hearthstone (parce qu’avec la nouvelle extension qui vient de sortir, forcément je suis bien occupée !).

mercredi 30 novembre 2016

13èmes rencontres de l'imaginaire (Sèvres)


Bien que je passe tous les ans aux Rencontres de l’imaginaire de Sèvres depuis 2009 (quand même !), j’oublie souvent d’en faire le compte rendu (le dernier remonte d’ailleurs à 2011) car j’oublie une fois sur deux mon appareil photo et je passe souvent plus de temps au restaurant qu’à l’intérieur. Cette année cependant je suis venue mieux préparée, et la présence d’Alys, nouvelle venue qui découvrait pour la première fois les Rencontres m’a aussi poussé à profiter un peu plus du lieu de passer l’après-midi à papoter sur un fauteuil.

Arrivée juste avant midi, j’ai commencé par retrouver Lhisbei et M. Lhisbei à l’intérieur en attendant Alys, Shaya et Tigger Lilly qui étaient à la conférence sur la SF française des origines à 1950 (mon emploi du temps ne m’a malheureusement pas permis d’y assister mais vous pouvez la rattraper ici, merci ActuSF !).

Suite à quoi nous sommes allés comme de coutume manger dans le restaurant asiatique en face où nous avons allègrement papoté jusqu’à 14h et donc raté la conférence suivante (classique). Qu’à cela ne tienne, nous avons visité les expositions à la place : 



Dans les niveaux inférieurs du SEL, nous avons pu apprécier quelques belles couvertures des éditions du Bélial' (avec un gros faible pour ma part pour la couverture du Bifrost consacré à Pierre Pélot, en haut à droite, que j’aurais bien volée pour mettre chez moi).


Plus bas se trouvait l’exposition consacrée à François Baranger. Là encore, c’est un régal pour les yeux, à vous faire regretter d’avoir autant de meubles chez vous qui vous empêche de mettre plus d’affiches sur les murs (mais les bibliothèques ou la déco, il faut choisir !).



Nous avons ensuite voulu voir l’exposition à L’Esc@le mais il y avait dans la salle une conférence–dont nous avions aussi raté le début bien sûr-, du coup nous avons fait une petite expédition à la Médiathèque de Sèvres pour voir l’exposition Pulp Science fiction, l’occasion de découvrir moult couvertures de magazines riches en dinosaures, en services à thé volants et en femmes très légèrement vêtues de préférence.

J’ai beaucoup apprécié, d’autant plus que j’ai également visité un peu la médiathèque qui est dotée d’un fonds de SF, de BD et de livres jeunesse qui donne très envie. J’hésite presque à me prendre une inscription pour pouvoir dévorer des BDs pendant les vacances !


Retour ensuite à l’Esc@le pour voir l’exposition Lohran, un sacré illustrateur également (à ne pas confondre avec le grand Lorhkan par contre !). Et pour le coup il y avait plein de dessins, c’est chouette !

Retour ensuite au SEL où nous avons rempli le quiz (mais seule Alys a gagné malgré le fait que nous avions toutes copié les unes sur les autres) et où j’ai fait « quelques » achats. Je m’étais pourtant promis d’être raisonnable si tôt après les Utopiales mais vu que personne n’a fait d’effort pour me dissuader (Shaya m’a même encouragé), je suis repartie avec 5 livres :


  • Fleurs au creux des ruines - Chloé Chevalier (pour continuer à visiter le Demi-loup)
  • Un pont sur la brume - Kij Johnson (parce que Heure-lumière comme les trois suivants)
  • Le nexus du Docteur Erdmann - Nancy Kress
  • Le choix - Paul McAuley
  • Cookie Monster - Vernor Vinge
  • Horus & cie - Timothée Rey (un nouveau texte d'un de mes auteurs favoris sous prétexte de tester un roman jeunesse pour mes neveux/petits-cousins/etc.)
Pour la petite anecdote, j’étais un peu déçue pour les livres de la collection Une heure-lumière vu que tous les marques pages assortis n’étaient pas disponibles (j’ai juste pu récupérer celui de Un pont sur la brume).

J’ai découvert en rentrant chez moi que j’en avais déjà certains (reçus avec des Bifrost ou ramassés lors d’un festival, allez savoir). En fait je les avais tous sauf un, Cookie Monster… qui est justement celui qu’Alys a trouvé dans le Bifrost qu’elle a acheté à Sèvres et qu’elle m’a gentiment donné. Si ce n’est pas le destin ça !

Autres comptes rendus : Lhisbei 1, Lhisbei 2, Tigger Lilly

lundi 28 novembre 2016

Le retour du roi [nouvelle traduction] – J.R.R. Tolkien


Après m’être jetée sur les deux premiers volumes de la nouvelle traduction (ici et ), j’ai pris mon temps avant de me procurer la conclusion. En effet, une fois cet ultime volume relu, quand trouverais-je un nouveau prétexte pour me replonger dans cette saga qui m’accompagne depuis seize ans ?

Difficile de ne pas répéter pour Le retour du roi ce que j’avais déjà dit pour La Fraternité de l’Anneau et pour Les deux tours : cette nouvelle traduction signée Daniel Lauzon vient considérablement rafraichir et alléger cette grande aventure, la rendant mille fois plus fluide et mille fois plus agréable à lire.

Chose importante également, cette nouvelle traduction colle moins aux mots pour mieux se soucier du rythme, si bien que sous le Tolkien créateur d’univers, on a enfin l’occasion de découvrir le Tolkien écrivain, au style légèrement archaïque mais souvent très chantant (ce qui n’était guère perceptible auparavant à moins de lire en VO).

Voilà un exemple, un passage qui ne m’avait jamais particulièrement marquée mais qui m’a pratiquement sauté au visage lors de ma relecture :
Version anglaise : « He knew in the core of his heart that he was not large enough to bear such a burden, even if such visions were not a mere cheat to betray him. The one small garden of a free gardener was all his need and due, not a garden swollen to a realm ; his own hands to use, not the hands of others to command. »
Traduction de Francis Ledoux : « Il savait au fond de son cœur qu'il n'était pas de taille à porter pareil fardeau, même si de telles visions n'étaient pas un leurre destiné à le tromper. Le seul petit jardin d'un jardinier libre répondait à son besoin et à son dû, et non pas un jardin enflé aux dimensions d'un royaume ; il devait se servir de ses propres mains et non commander à celles des autres. »
Traduction de Daniel Lauzon : « Il savait, en son for intérieur, qu'il n'était pas de taille à supporter un tel fardeau, en supposant que ces visions ne soient pas un simple leurre. Un tout petit jardin, celui d'un jardinier libre, tel était son unique besoin et son seul dû, non un jardin érigé en royaume ; travailler de ses propres mains et non commander celles des autres. »
La retraduction des noms fera bien sûr toujours débat (preuve que tout n’était pas à jeter dans la traduction de Francis Ledoux, bien au contraire), mais elle a le mérite de respecter les consignes de Tolkien, et au final c’est un prix fort faible à payer pour un formidable travail d’harmonisation qui évite notamment de voir des personnages changer de nom entre Le Hobbit et Le Seigneur des Anneaux.

C’est donc avec un grand plaisir que j’ai pour ma part revécu le siège de Minas Tirith, la chevauchée des Rohirrim et la traversée du Mordor par Frodo et Sam. J’ai été une fois de plus emportée par le caractère épique de cette aventure (qui n’est jamais que la partie émergée de l’iceberg, l’infime conclusion de l’immense saga de la Terre du Milieu imaginée par Tolkien) mais aussi par ses moments parfois intimistes et paisibles, qui ne font pas forcément dans la surenchère de batailles (elles sont d’ailleurs fort brèves quand on les compare à celles de l’adaptation de Peter Jackson !).

Une fois l’histoire close, on peut également profiter d’appendices remis à jour (et harmonisés, je l’ignorais jusque-là mais ils n’ont pas été traduits par Francis Ledoux) qui permettent d’avoir un aperçu rapide mais néanmoins fort dense de tout l’univers derrière Le Seigneur des Anneaux. Il y a juste une jolie bourde graphique sur l’arbre généalogique de Sam mais j’imagine que cela sera corrigé pour les éditions ou tirages futurs.

Comme les tomes précédents, cette nouvelle traduction vient également avec son lot d’illustrations signées Alan Lee (toujours aussi belles) et ses cartes très pratiques pour suivre l’action. Je regrette toujours un peu que le milieu de la carte générale soit toujours difficilement lisible sans casser le dos du livre, mais comme il y a la carte détaillée du Gondor dans ce tome-ci, cela gêne moins.

Voilà pour le tour de cette nouvelle édition. Je ne vous ai pas vraiment parlé de l’histoire mais si vous voulez en savoir plus à ce sujet, je vous renvoie à un article précédent où je chroniquais la version anglaise.

Reste à répondre à la question que vous vous posez sans doute, à savoir est-ce que cette nouvelle traduction en vaut vraiment la peine, surtout quand on a déjà une ou deux éditions différentes chez soi ?

Pour les fans (comme moi quoi !), je pense qu’elle est indispensable, tout simplement, parce qu’on a enfin l’occasion de lire un texte unifié du Hobbit au Retour du Roi où l’on découvre et redécouvre des tas de choses.

Pour quelqu’un qui n’a jamais lu l’œuvre parce qu’il trouvait le style difficilement accessible, c’est je pense l’occasion rêvée de s’y mettre (et si ça ne passe pas avec la nouvelle traduction, ma foi au moins vous aurez tout essayé !).

Et pour toutes les personnes à mi-chemin entre le fan et le novice, c’est à vous de voir. A l’heure actuelle c’est une lecture qui demande un certain investissement (60 euros en papier, pas beaucoup moins en numérique hélas) mais qui peut avoir son intérêt si on n’avait pas d’édition illustrée ou si on a envie de faire une belle relecture. Mais on peut toujours attendre la sortie d’une belle intégrale ou le passage en poche (ce qui devrait arriver également à terme).

Pour ma part j’espère que maintenant que cet énorme chantier est achevé, on va pouvoir savourer soit la suite de l’Histoire de la Terre du Milieu, soit une version révisée du Silmarillion (entre deux parutions de textes inédits bien sûr !).

CITRIQ

vendredi 25 novembre 2016

L’ensorceleuse de Pointe-Lévy (Le crépuscule des arcanes 1) – Sébastien Chartrand


Lors de l’édition 2015 des Utopiales, j’avais reçu des éditions Alire quelques livres et revues, parmi lesquels L'ensorceleuse de Pointe-Lévy, un roman de Sébastien Chartrand, accessoirement premier tome d’une trilogie de fantasy. Comme souvent avec les livres arrivés de façon imprévue dans ma PàL, il a un peu pris la poussière, ce que je regrette d’ailleurs car il s’est révélé une excellente surprise.

Dans la province du Bas-Canada (merci Wikipédia pour savoir à quoi cela correspond), au XIXe siècle, Faustin est le neveu d’un curé un peu particulier qui utilise la religion pour dissimuler ses activités d’arcaniste (il est magicien quoi !). Suite à un mystérieux cambriolage qui implique l’utilisation de magie, notre jeune héros est envoyé par son oncle chercher la fille du maire… qui vient d’être enlevée. Ainsi commence un périple à travers un Canada peuplé de créatures fantastiques qui va sérieusement bouleverser la vision du monde de Faustin.

Le moins qu’on puisse dire avec L'ensorceleuse de Pointe-Lévy, c’est que son univers est dépaysant. Je connais tellement mal cette région (et encore moins son histoire) si bien j’ai eu du mal à la lecture pour démêler le vrai du faux (au contraire d’un lecteur québécois qui savourera les références à n’en point douter), d’autant plus que l’auteur mélange allègrement faits historiques et fiction.

L’intrigue a un petit côté classique avec sa « quête » et sa compagnie pour le moins hétéroclite de héros, mais on apprécie très facilement la promenade à cause du côté un peu « Monsieur tout-le-monde » du héros. Faustin a souvent du mal à surmonter la peur, la douleur ou même à accepter tout ce qu’il voit (bien qu’il soit formé à l’utilisation des arcanes), ce qui le rend assez proche de nous.

J’ai bien apprécié également tout l’univers créé par l’auteur avec différentes magies, différentes façons de voir le monde (entre les Indiens et les occidentaux) et tout un bestiaire de créatures inspirées j’imagine des légendes locales qui peuvent être étranges ou horrifiantes.

Du coup la sauce prend très vite, et avant même que je comprenne ce qu’il m’arrive, j’étais en train de dévorer ce roman, pressée d’en savoir plus sur les Danseurs et l’Etranger entre autres choses. Avec son univers qui mélange avec brio histoire et fiction et son héros plutôt attachant, L’ensorceleuse de Pointe-Lévy se révèle donc une lecture très plaisante et plutôt rafraichissante si on a envie de visiter d’autres contrées.

L’histoire se suffit pratiquement à elle-même (on ne termine pas sur un cliffhanger), mais avec les évènements des dernières pages, je serais tout de même curieuse de savoir ce qu’il advient de Faustin par la suite. Je jetterais donc sûrement un œil un jour aux deux tomes suivants du Crépuscule des arcanes

CITRIQ


Item 2 : Lire une oeuvre de SF ou Fantasy ou Fantastique (SFFF) francophone mais non française

mercredi 23 novembre 2016

Les animaux fantastiques – David Yates


Les films Harry Potter et moi, ça n’a jamais été une grande histoire d’amour (au grand désespoir de M. Vert qui ne comprend pas que je puisse adorer les livres et passer complètement à côté des films). L’idée de faire trois films supplémentaires autour des Animaux fantastiques, un petit livre de moins de 100 pages, ne m’enchantait pas non plus (ne parlons même pas de cinq !). Du coup c’est sans aucune attente que je suis allée voir ce film (mais le jour de la sortie et en compagnie d’amis de Poudlard.org, on ne se refait pas !).


Mais je ne ferais pas durer le suspense plus longtemps, ça a été une magnifique surprise. Les animaux fantastiques, c’est tout simplement LE film qui vient de me réconcilier avec Harry Potter au cinéma. Cet article sera sans spoiler (non sans mal). Cependant si vous n’avez pas vu le film, méfiez-vous tout de même des commentaires au cas où !

Donnons quand même le cadre général, qui ne vous apprendra rien que la bande-annonce ne vous a pas montré. Durant l’année 1926, un passionné de magizoologie qui répond au doux nom de Newt Scamander (ou Norbert Dragonneau si vous préférez la VF) débarque à New York avec une valise pleine de surprises. Combien de temps lui faudra-t-il pour être plonger dans les ennuis ? Univers Harry Potter oblige, cela arrive très vite !


Cela ne m’a pas pris longtemps pour tomber sous le charme de ce film. Difficile en effet de résister à ce Newt Scamander qui réussit à être aussi brillant qu’inapte socialement (Matt Smith a été envisagé pour le rôle, ça vous surprend ?). Difficile également de ne pas être émerveillé lorsqu’on découvre le New York magique des années 30. Difficile enfin de ne pas se sentir comme chez soi dans cette histoire qui combine sujets sérieux et humour, petits détails à remarquer pour les fans et grands moments à savourer…

C’est un peu comme de retourner dans sa maison d’enfance, à ceci près que sa maison d’enfance a grandi en même temps que nous : après quelques notes de musique familières, on a vite fait de réaliser que l’atmosphère comme le schéma narratif ont changé. Même le ton a évolué et se veut plus adulte. J’ai d’ailleurs pris conscience que bien que Harry Potter ait toujours traité de sujets sérieux, jusque-là il le faisait d’un point de vue finalement assez « enfantin ».


En fait c’est comme si se libérer des livres avait fait du bien à l’univers : comme Les animaux fantastiques est une histoire originale, le spectateur a le plaisir de la découverte et n’est pas frustré par les coupes ou les changements (surtout quand c’est un livre auquel on porte assez naturellement un grand attachement).

Du côté de l’écriture comme de la réalisation, tout le monde a bien plus de marge de manœuvre, ce qui permet de partir dans une direction très différente. Même si le film n’échappe pas à quelques clichés des blockbusters, il y a tellement de bonnes choses dans ce film qu’on les pardonne facilement.


Déjà le héros, Newt Scamander est un Poufsouffle, ce qui est absolument extraordinaire. Certes on avait déjà eu Cédric Diggory mais il restait un personnage secondaire. Pour une fois la maison des laissés pour compte (dans un des livres on apprend tout de même qu’elle accueille tous ceux dont ne veulent pas les autres fondateurs) est mise à l’honneur. Et mine de rien ça a son importance !

De manière générale, ce sont de toute façon tous les personnages que j’ai trouvé bons (à part peut-être Colin Farell qui m’a semblé un peu transparent), avec une mention spéciale au side-kick comique qui n’a aucun mal à transcender son rôle.


Les visuels sont également époustouflants. Le New York d’époque, superbement reconstitué, avec quelques lieux magiques de toute beauté. Certes on perd un peu le délicieux charme anglais des premiers films (il manque parfois un peu) mais ce qu’on a à la place compense largement.

Du côté du nerf de la guerre du film, à savoir le bestiaire, c’est également un véritable régal pour les yeux. Je ne vous citerais pas toutes les créatures présentes (spoiler !) mais j’ai été sidérée du rendu, d’autant plus qu’on les reconnaît bien lorsqu’on a lu le petit livre à leur sujet.


La musique fait également un formidable travail de fond pour nous immerger dans l’univers. Composée par James Newton Howard, elle sait être selon les besoins du film magique ou épique, tout en glissant ici et là quelques références sonores. Et les petits passages jazzy ici et là s’intègrent à merveille.

Enfin, le film fourmille de petits détails qui raviront les fans (dont certains n’apparaissent que lors d’un deuxième visionnage). Entre quelques noms glissés au détour d’une conversation et quelques créatures non nommées mais fort reconnaissables par les experts, les fans peuvent savourer encore plus leur séance sans que cela nuise à la compréhension générale de l’intrigue.


Bref à tout point de vue, cette extension d’univers est une vraie réussite (je vous renvoie d’ailleurs à l’excellente vidéo du Fossoyeur de films à son sujet qui résume fort bien ses bons points). Si vous ne l’avez pas encore vu, vous pouvez courir le voir, que vous soyez fan ultime ou juste connaisseur de l’univers, vous devriez passer un bon moment, en 2D ou en 3D (elle n’est pas mauvaise même si comme toujours elle ne rend pas le film meilleur).