vendredi 29 août 2025

Revisionnage de la trilogie Le Hobbit et de la trilogie Le Seigneur des Anneaux

Frodo sur un fond noir, les inscriptions de l'Anneau se réflétant sur son visage
Puisqu'on est parti dans un trip nostalgique, voilà
mon fond d'écran avant la sortie du premier film

C'était la conclusion logique à ma relecture du Hobbit et du Seigneur des Anneaux, il fallait que je revois les films. Déjà parce que j’avais très envie de revoir Le Seigneur des Anneaux depuis longtemps, mais aussi parce que je voulais donner une seconde chance à la trilogie du Hobbit, que j’avais peu apprécié à sa sortie…

Pour l’occasion je me suis offert les versions longues du Hobbit (vous pensez bien que j’avais déjà celles du Seigneur des Anneaux). Ce qui fait quelques 9h de films pour Le Hobbit, auxquelles il faut ajouter 12h pour Le Seigneur des Anneaux. Je pensais y passer la moitié de l’année vu que j’ai du mal à regarder des films en ce moment, mais finalement ça s’est plutôt bien enchaîné, malgré une grosse interruption en juin.

J’ai commencé par Le Hobbit pour deux raisons. Déjà pour faire comme les livres, et aussi pour me garder le meilleur pour la fin, je ne suis pas folle non plus ! Et comparé à mon souvenir, je dois dire que ce visionnage a été plutôt plaisant.

Affiche du Hobbit : Un voyage inattendu

Concernant Un voyage inattendu, c’est un film qui se regarde avec plaisir, pourvu qu'on le regarde plus comme un prologue des films que comme une adaptation du Hobbit (le début est d’ailleurs fort peu abordable pour qui n'a pas vu les films du Seigneur des Anneaux). Je lui trouve un bon équilibre entre le matériau qu'il utilise et la volonté de le faire coller avec la trilogie du SdA, d'où pas mal de séquences très épiques mais un peu de légèreté parfois. La version longue ajoute quelques scènes dans cette veine, notamment une chanson du roi gobelin qui justifie à elle seule le visionnage de la version longue !

Affiche de La désolation de Smaug

J’ai trouvé par contre La désolation de Smaug beaucoup plus longuet. C’est surtout quand il fait du remplissage (notamment toute la partie sur le Nécromancien) que ce film a du mal à être convaincant. Cela créé une impression de surenchère par rapport à la trilogie précédente qui n’a pas de sens (le combat épique pour le destin de la Terre du Milieu aura lieu quelques décennies plus tard, pas besoin de faire mieux avant). Certaines idées sont tout à fait pertinentes ceci dit, comme celle de créer une vraie confrontation entre les nains et le dragon (c’est long mais ça a du sens). Mais Legolas, sérieusement… Je pense que l’histoire de Tauriel fonctionnerait mieux s’il n’était pas présent la moitié du temps à tirer la tronche !

Affiche de La bataille des cinq armées

Quant à La bataille des cinq armées, qui m’avait fait longuement soupiré il y a dix ans, je dois dire qu’il remonte un peu dans mon estime, même s’il n’est pas sans travers. Il y a des choses assez peu réussies (toute la séance à Dol Guldur, sans surprise, ou le fait que Smaug soit expédié assez tôt dans le film, comme si c'était un enjeu mineur) mais d'autres qui le sont beaucoup plus, comme la bataille des cinq armées qui dans sa version longue prend des proportions démentes (ces chèvres de combat sont absolument extraordinaires).

Mais c'est parfois long et Legolas est insupportable (je sais pas pourquoi il est tellement austère, dans le Seigneur des Anneaux en comparaison il est franchement guilleret). J'ai l'impression qu'il n'apporte rien à l'intrigue, et je me demande à quel point sa présence a été imposée par les studios (alors qu'on avait déjà pas mal de guerriers susceptibles de tirer des flèches et de faire des cascades).

Bilbo partant à l'aventure

Au final j'ai un regard moins dur qu'avant sur cette trilogie, elle soufre des maux de son époque (trop long, des ajouts inutiles pour soit-disant faire plaisir aux fans) mais c'est un bon travail d'adaptation car il n'était pas forcément évident de passer d'un roman jeunesse au ton assez décalé à des films qui s'inscrivent dans le même univers que la trilogie du Seigneur des Anneaux.

Là dessus je trouve que c'est souvent assez bien géré, avec un certain équilibre entre le majestueux et le loufoque (la version longue permettant de rétablir pas mal de légèreté qui n'est jamais arrivée jusque dans la version cinéma). La représentation des nains est aussi une belle réussite. Même s’ils n’ont pas tous le même temps d’écran, il y a une belle diversité de physiques et de caractères.

Il y a bien sûr des choses nettement moins réussies comme toute l'intrigue de Dol Guldur qui a vraiment du mal à être convaincante (au point que j'en préfère le livre où Gandalf se barre sans prévenir et revient plus loin en se félicitant d'avoir réglé le problème), des séquences un peu lourdingue, du too much dans certains combats. 

Après ce sont des films qui ont connu une production compliqué, avec Guillermo del Toro qui a quitté le projet (je me demanderai toujours ce qu’aurait pu donner sa version), puis la décision de faire trois films au lieu de deux qui s’est invitée en cours de route (et qui explique sans doute le remplissage), et à n’en point douter de nombreuses interférences des studios (n'est-ce pas Legolas ?). Des films de leur époque quoi…

Affiche de La Communauté de l'Anneau

Ensuite j’ai enchaîné sur Le Seigneur des Anneaux. Enfin en vrai c’est un peu plus compliqué que cela. Grâce à Alys qui m’a prévenue, j’ai pu aller voir La Communauté de l’Anneau qui repassait en version longue dans un cinéma pas loin. Le truc complètement improbable. Au moment où il est passé je n’avais en vérité pas terminé mon visionnage du Hobbit mais on n’est pas à une incohérence chronologique près !

Donc j’ai revu La Communauté de l'Anneau, ce qui m’a mise dans un tel état d’enthousiasme que j’ai globalement perdu toute objectivité, ma réaction était simple en sortant : C'EST TROP BIEN ! Et c’est vrai, ce film est vraiment extraordinaire compte tenu du texte qu’il adapte. Je trouve qu'il rend l'univers accessible, tout en gardant son immensité et ses petits moments de légèreté. J'aime bien le fait qu'il contienne plein de clins d'œil aux lecteurs des livres, mais sans faire des caisses à ce sujet (typiquement l'anneau d'Aragorn, le poney qui s'appelle Bill...). Et tout est tellement bien dans ce film, des acteurs à la musique. Et n’oublions pas la meilleure réplique de la version longue : « Le Mordor, Gandalf, c’est à gauche ou à droite ? »

Affiche des Deux Tours

Curieusement j’ai un peu moins frétillé devant Les Deux Tours alors que ce volet a longtemps été mon préféré (comme quoi les goûts évoluent, ou peut-être que je n'étais pas dans le même état d'esprit devant ma télé avec plus de distractions à portée).

En le revoyant, j'ai trouvé que c'était un film terriblement bavard (le nombre de dialogues d'exposition !), mais c'est assez logique vu la multiplication des lignes narratives (là où le premier film suivait pratiquement tout le temps Frodo). Ceci dit je trouve que globalement tout est cohérent et fonctionne, et si on peut tiquer sur quelques raccourcis/modifications (pauvre Saroumane qui a vraiment perdu du galon dans l’histoire), je trouve que cela sert bien la narration du film.

Pour prendre le cas le plus emblématique, l’arrivée des elfes au Gouffre de Helm a de quoi faire tiquer (remarquez je crois me souvenir que dans une première version c’était Arwen qui débarquait...) mais ça fonctionne car ça apporte une bouffée d'espoir énorme dans un moment ultra-sombre. Beau travail donc, et sachez que même pour un énième revisionnage, avec un DVD et une télé pas immense, le final où Eomer et Gandalf dévalent la pente ça file toujours autant des frissons !

Affiche du Retour du Roi

Je parlais de la difficulté de mettre en scène les multiples intrigues pour Les Deux Tours, c'est la même chose dans Le Retour du Roi. Mais encore une fois c’est très bien géré (même si on a parfois l’impression que les jours n’ont pas la même durée partout) et les raccourcis et changements faits dans l’intrigue servent globalement l’histoire.

Oui quand on a les livres en tête, cela semble étrange de voir Aragorn qui n'incarne pas la royauté dès le départ, Faramir commencer par convoiter l'Anneau ou Theoden tergiverser un moment avant d'aller combattre, mais ça permet d'humaniser les personnages (loin des figures ultra héroïques des livres), et ça fait qu'on reste autant sur une grande épopée qu'une histoire d'individus. Cela contribue aux grands frissons sur la fin (notamment quand Theoden arrive et lance sa charge j'ai peut-être versé une larme mais vous n'avez aucune preuve), et forcément, le film n’en est que plus émouvant.

Fin du Retour du Roi, vue des Havres gris

Bref c'était que du bonheur ce revisionnage ! Les trois films du Seigneur des Anneaux sont vraiment des beaux films et je pense qu'ils le resteront longtemps. 

Bien sûr ils ne collent pas à la lettre aux romans (et encore heureux) mais je trouve qu'ils en gardent les idées essentielles (la fraternité entre les différents peuples, le pacifisme), avec un ton qui sait être à la fois héroïque, émouvant et drôle (comme les romans en fait où en plein drame Gandalf nous fait rire avec une de ses remarques bougonnes), avec une petite touche Peter Jackson qui se fait plaisir parfois (l'avalanche de crânes dans le Chemin des Morts notamment). Quels films !

Quant à la trilogie du Hobbit, je suis un peu plus indulgente avec elle aujourd'hui. Elle souffre à mon avis des maux qui touchent beaucoup de blockbusters actuels, mais elle a néanmoins ses qualités et ses petits moments de grâce (la chanson des nains, les chèvres de combat oui j'insiste) et complète à sa façon les trois premiers films. Finalement c'est un peu comme Star Wars, avec le temps on regarde avec tendresse la prélogie sur laquelle on a tant râlé auparavant...

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