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dimanche 16 septembre 2012

H2G2 : Le guide du voyageur galactique - Garth Jennings


Pour le premier Summer Star Wars, j’avais (re)lu avec grand plaisir la trilogie en cinq volumes du Guide du voyageur galactique (aka H2G2). Comme cette année le SSW est ouvert aux films, je me suis dit que c’était une bonne occasion de parler de son adaptation au cinéma, pour laquelle j’ai une certaine affection.

Sorti en 2005, le film a assez peu fait parler de lui, ce que je trouve assez dommage, car c’est une bonne adaptation du livre/feuilleton radio, absurde à souhait, qui soigne son esthétique et qui dispose d’un très bon casting.

On y trouve en effet (entre autres) un Martin Freeman complètement à côté de ses pompes en Arthur Dent, tandis qu’Alan Rickman donne sa voix à Marvin l’androïde dépressif (un très bon argument pour le voir en VO) et que Stephen Fry donne la sienne au Guide galactique (autre très bon argument, quoique Michel Elias en VF soit très bon aussi).

Le scénario, conçu par Douglas Adams (et terminé par un autre scénariste après son décès) suit assez fidèlement l’histoire originale du premier volume (avec quelques péripéties supplémentaires en bonus). Certes, on voit bien passer quelques « hollywooderies » en chemin, surtout sur la fin, mais ça reste tout à fait tolérable (et le film en joue parfois).

Et puis visuellement, c’est une vraie réussite. Je ne parle pas spécialement de toute la partie effets spéciaux pour rendre les planètes, vaisseaux, etc., mais surtout pour le rendu du Guide ou certaines improbabilités du Cœur-en Or, comme la version pelote de laine :


A l’image du livre, c’est difficile de parler globalement de ce film qui déborde de purs moments de délice, je vais donc me contenter de vous en montrer quelques-uns (merci à Youtube).



Le générique avec la chanson des dauphins reste pour moi un de mes moments favoris, tellement représentatif de l’univers absurde de Douglas Adams où les histoires démarrent de la façon la plus improbable possible.



Tous les passages impliquant le Guide sont de vrais délices. J’aime beaucoup le stype d’animation, très épuré (qui s’applique même aux menus du DVD), et les textes de Douglas Adams repris quasiment à l’identique par-dessus. A noter que le générique de fin propose un sympathique article bonus, de même que le dvd (qui nous parle de l’existence de Dieu).



Il y a l’inénarrable histoire du cachalot et du pot de pétunia bien sûr.

Et puis, ce qu’il faut signaler à propos de ce film, c’est que même s’il a quelques défauts (la fin limite guimauve me donnerait presque des hauts le cœur, mais c’est Hollywood, que voulez-vous…), il y a un terrain sur lequel il domine tout le monde.

Il a le meilleur trailer du monde. Non sincèrement, si je l’avais vu au cinéma sans connaitre l’univers (ce qui n’a pas hélas été mon cas), j’aurais couru voir ce film directement ! D’ailleurs je vous le mets en VO et en VF, pour le plaisir !





Tout ça pour dire que si le dvd vous passe entre les mains, n’hésitez pas à le regarder, deux heures d’aventures absurdes dans l’espace (avec des citrons, de la poésie vogonne, et bien sûr 42), ça ne se refuse pas !

Je viens de me rendre compte au passage que le premier volume du guide galactique est un bon exemple de space-opera post-apocalyptique. Moi qui cherche depuis l’été dernier un livre qui compterait pour les challenges SSW et Fins du Monde, je regrette un peu de l’avoir lu aussi tôt !

dimanche 26 septembre 2010

Le Guide de la broderie galactique

Histoire de ne pas parler toujours bouquins (ou Doctor Who, oui il risque de monopoliser l’antenne un petit moment), je fais un petit encart broderie pour changer, pour une fois que je pense à garder trace de mes réalisations… Pour le swap Star Wars, j’ai réalisé en août une serviette brodée sur le thème du Guide Galactique (pour ceux qui ne voient pas le lien, cet article n’est pas pour vous), juste pour prouver que broderie et geekerie font tout à fait bon ménage…


En fait je suis surtout fière de ma technique ultra moderne pour réaliser le modèle de broderie sur ordinateur… En effet, outre le traditionnel « Pas de panique ! » facile à dessiner, je voulais aussi mettre le logo issu du film .


C’est là où ça se corsait, évidemment on ne trouve pas des modèles tout prêts sur Internet, quoique j’ai presque trouvé un équivalent sur un sac brodé, qui m’a fourni la base (d’ailleurs en passant en terme d’objets geeks, je vous conseille de visiter Star Wars Crafts et Geek Crafts, c’est impressionnant ce que les gens arrivent à faire).

Ensuite, j’ai tout fait sur Photofiltre, qui est vraiment un logiciel merveilleux dans son genre. Je suis partie de l’image du sac brodé, pour réussir à sortir un contour clair du motif, et j’ai retravaillé jusqu’à obtenir l’image que je voulais broder



Et c’est là où le miracle intervient, en fouinant dans les menus, Photofiltre dispose d’un filtre « point de croix », qui est capable de convertir une image en modèle de broderie. Bon ce n’est pas parfait, et ça nécessite quelques paramétrages en fonction de la taille de ce que vous voulez faire, plus des retouches derrière, mais quand on ne sait pas se servir d’un crayon, ça fait des miracles !


Après quoi on peut retoucher, et faire la même chose pour le message (c’est même beaucoup simple, on se fait une image avec juste un texte sur fond blanc et voilà !). Pour peaufiner tout ça et parce que j’avais besoin d’une version papier, j’ai retranscris tout ça sur papier millimétré.


D’habitude je fais ça sur petits carreaux mais là il m'aurait fallut au moins 4 pages pour tout faire tenir. Le problème, c'est que du coup j’ai créé des décalages sans m’en rendre compte comme mes croix n’étaient pas très régulières. Mais une broderie sans erreurs, ça serait presque trop ennuyeux non ?

Et après, sortez les aiguilles et le fil à broder ! Ce qui est assez drôle c’est qu’une fois le dessin fait, on penserait que ça va se broder très vite, mais non, on n’en finit jamais (ou presque). Ca m’a pris une grosse semaine de broderie intensive (2h par jour voir plus) pour en venir à bout mais le résultat en valait la peine.

Si c’était à refaire, j’opterais plutôt pour un motif rempli, avec un contour noir et la planète en bleu, ça rendrait mieux je pense… Mais bon là je manquais de temps, et j'avoue avoir ma dose de broderie pour l'année là.

Evidemment c’est bien après que j’ai découvert cette page recensant les serviettes « officielles » H2G2...

mercredi 22 septembre 2010

H2G2 6 : Encore une chose... - Eoin Colfer


Je n’avais pas spécialement prévu d’enchainer sur le 6e tome de H2G2 à peine sortie des cinq premiers, mais lors de mon dernier passage à la bibliothèque, Encore une chose... m’a comme qui dirait tendu les bras depuis le présentoir des nouveautés…

L’idée d’une suite au Guide Galactique m’a toujours semblé un peu saugrenue, dans la mesure où c’est une œuvre qui colle avec son auteur, qui l’a suivi sous toutes ses formes (radio, roman, série télé…) ou presque. Cependant, ayant quelques affinités avec Eoin Colfer (aka le papa d’Artemis Fowl), je me suis décidée à tenter l’aventure, pour me faire une idée.

En toute honnêteté, à l’image des tomes précédents, se lancer dans un résumé serait fastueux, et surtout complètement inutile dans la mesure où l’intrigue reprend là où s’arrêtait Globalement inoffensive et continue ailleurs, avec des histoires de dieux, d’immortels, de matière noire, de Vogons, d’irlandais et de fromage.

Mais alors qu’est que ce que ça donne ? Voilà la question sur toutes les lèvres. Pour être honnête, j’ai été plutôt agréablement surprise par cette lecture, qui n’est pas un Douglas Adams (évidemment) mais bien un Guide Galactique, quoique un peu différent.

Le début (les cinquante premières pages plus exactement) est assez confus, et je suis demandée un moment où l’auteur nous emmenait, bien que les quelques digressions du Guide soient tout à fait dans le ton. Et puis, tout à coup la situation redevient plus censée, (autant qu’elle puisse l’être dans un tel univers), et on plonge dedans avec plaisir.

Eoin Colfer a ramené tout le casting habituel (exception faite de Marvin bien sûr), ainsi que quelques personnages qui n’avaient fait que de petites apparitions jusque-là, et qui deviennent désormais des éléments importants de l’histoire. Du coup, avec Zaphod de retour, on se retrouve forcément embarqué dans un voyage douteux, en compagnie d’Arthur, Trillian, Ford et Aléa (vous ne connaissez pas Aléa ? Qu’est que ce que vous faites là ?).

Coté humour, Eoin Colfer arrive à rendre quelque chose de très proche de l’œuvre d’origine. Outre les multitudes interruptions délirantes du Guide toujours très à propos, descriptions et dialogues sont souvent fort drôles eux-aussi. Ma scène préférée, à partir de laquelle j’ai vraiment commencé à aimer le bouquin, est celle où Hillman Hunter fait passer un entretien d’embauche à Cthulhu.

Hillman tapota le curriculum vitae. « J’ai ici une phrase surlignée. Dans la case ‟statut actuel₺, il est marqué : ‟mort mais rêvant₺. Pourriez-vous développer ce point ? Etes-vous mort monsieur ? »

La plupart des scènes sur la planète Nano sont bien sympathiques, ainsi que celles à bord du Tanngrísnir, et c’est assez marrant de voir Eoin Colfer se moquer des Irlandais comme Douglas Adams le faisait des Anglais. Et puis, l’auteur s’amuse à réutiliser plein d’éléments des anciens tomes, comme les vaches du Dernier Restaurant avant la fin du Monde notamment.

La grande différence avec H2G2, c’est que Encore une chose... est un roman bien plus structuré. On n’est pas baladé à droite à gauche sans raison, on sent une intrigue poindre derrière, et aucun personnage n’est laissé sur le bord de l’autoroute galactique pendant deux tomes sans raison apparente. Pour le coup, je trouve que c’est plutôt une amélioration par rapport au fouillis Adams-ien qui finit par lasser un peu.

Cependant, cette construction trop parfaite, c’est un peu l’élément qui peut faire tiquer, avec ces personnages tous habilement réutilisés, la multitude des références trop bien maitrisé tout en rajoutant quelques idées personnelles… ça n’est pas un mauvais point en soi, mais disons qu’on comprend bien au final qu’on a affaire à une fanfiction. Une très bonne fanfiction ceci dit.

Eoin Colfer maitrise très bien l’univers du Guide Galactique comme un bon fan, et sait très bien le réutiliser, arrivant presque à égaler Douglas Adams. Du coup, j’ai trouvé cette lecture aussi plaisante que les tomes originaux du Guide Galactique. Certes tout ça a sûrement un parfum commercial (une suite est prévue je crois en plus), mais si toutes les suites et les romans sous licence étaient aussi bien écrits, ça serait le paradis sur Terre (à condition que les Vogons nous en laissent une, bien sûr !).

CITRIQ

dimanche 12 septembre 2010

Pas de panique ! - Neil Gaiman


Cela faisait bien longtemps que je ne vous avais pas servi du Neil Gaiman (bon en fait ça fait un gros mois mais passons), et il est peu probable que vous ayez entendu parler de celui-ci à moins d’être passionné par… l’œuvre de Douglas Adams.

Oui, souvenez-vous, j’avais parlé d’un bouquin de Gaiman acheté par pur fanatisme qui m’avait amené à découvrir H2G2, et bien je n’ai pas pu m’empêcher de le relire pour conclure mon aventure dans l’univers farfelu de Douglas Adams, dès que j’ai remis la main dessus (le seul Gaiman que je n’ai jamais réussi à égarer, c’est une honte !).

Pas de panique ! Douglas Adams et le Guide galactique, de son titre complet, n’est pas un roman mais une biographie de Douglas Adams (et du Guide galactique, tiens donc, ça vous surprend), riche en anecdotes, en explications sur les différents versions du Guide, en documents divers et en bonnes tranches de rigolade.

Ce ne serait même pas surprenant vu le sujet, mais reconnaissez quand même que c’est assez rare qu’on ait l’opportunité de rire en lisant ce genre de texte. Entre les extraits d’entretien avec Douglas Adams, les fragments du guide sous toutes ses formes, et la plume de Neil Gaiman qui parodie à moitié le Guide Galactique, non sans rajouter une touche plus personnelle d’humour qui me rappelle certains passages de ses romans humoristiques, c’est un texte plaisant à lire.
Comme tout ce qu’écrivit jamais Douglas Adams, le roman fut rendu en retard.
Une grande quantité d’anecdotes courent à propose de la capacité surhumaine de Douglas Adams à dépasser les dates limites. Après une enquête approfondie, il semble qu’elles soient toutes authentiques.
Par ailleurs, c’est aussi (et surtout), une biographie fort intéressante qui apporte beaucoup d’éclaircissement sur le Guide galactique, sur comment il a été créé, sous quelle forme… je connaissais le feuilleton radio d’origine, les livres, le film, mais il faut aussi compter avec une série télé, des comics, un livre illustré et un jeu vidéo.

Jeu vidéo auquel vous pouvez jouer à cette adresse, un authentique jeu d’aventure en mode texte comme on en fait plus. Au bout de cinq parties successives, j’ai enfin réussi à sortir de chez moi et à atteindre le pub (et encore, grâce aux indications données à chacune de mes morts). Je ne désespère pas de quitter la planète avant sa destruction, et si je suis motivée, de m’attaquer aux autres jeux vidéo de Douglas Adams, non moins barrés !


C’est très intéressant de voir comment tout cela s’est construit, comment Douglas Adams en est venu à la radio et à l’écriture, les liens qu’il entretient avec Doctor Who dont il a scénarisé quelques épisodes… D’ailleurs, tout devient plus clair quand on apprend que La vie, l’univers et le reste a été écrit à partir d’un scénario pour un film Doctor Who.
Mais le problème du troisième livre, c’est que je disposais d’une histoire ayant réellement un sens, qu’il se produisait tout un tas d’évènements spectaculaires, et que j’avais créé comme personnages une telle bande d’irresponsables qu’avant chaque scène, je me disais « Bon, alors, qui est-ce que je fais intervenir, là ? » Je visualisais mentalement mes personnages, leur expliquais ce qui se passait, et ils me répondaient tous « Ouais ? Et alors ? J’ai pas envie de m’en mêler, moi. »
Le tout est largement entrecoupé d’extraits de… un peu tout en fait, ça va de divers scénario (radio, télé) à un des premiers textes de Douglas Adams écrit à 12 ans, en passant par des encarts publicitaires, des extraits de journaux, et du courrier de fans (trié sur le volet, on regretterait presque que ce chapitre soit aussi court), ce qui donne un coté extrêmement vivant à l’ensemble. Quelques appendices viennent compléter 300 pages déjà bien riches.

Bref, autant ce serait une idée saugrenue de vouloir lire ce livre sans ne rien connaitre à Douglas Adams (quelques connaissances de Doctor Who ne sont pas inutiles sur certains passages), autant c’est un moyen très agréable de conclure la série du Guide galactique. Voyageurs galactiques, amateurs de serviettes et de tord-boyaux pan-galactique, si ce livre croise votre route, n’hésitez pas, c’est un véritable guide du Guide Galactique !

CITRIQ

mardi 3 août 2010

Globalement inoffensive - Douglas Adams

Et nous voilà déjà arrivés au dernier tome de la trilogie en cinq volumes de Douglas Adams. Les livres filent à une de ces vitesses, surtout quand on se dépêche de les finir pour ne pas avoir à les emmener dans la valise… Au programme aujourd’hui, la chronique du 5e livre et je ferais un petit bilan après, parce que c’est toujours bien de mettre les choses en perspective (oui je commence à structurer mes avis, où va le monde ?).


Globalement inoffensive

Je ne sais pas s’il est possible de résumer ce tome, tant il est bordélique. La Terre semble avoir une fois de plus disparu (enfin ?), on croise une Trillian d’une réalité virtuelle qui n’a jamais quitté la planète (et un peu la vraie également), Arthur erre à nouveau à travers la galaxie, et Ford revient faire un tour du côté du siège du Guide Galactique.

Tout cela est dû à une raison, mais elle reste relativement peu explicite. Et en parlant d’explicite, ne lisez sous aucun prétexte la 4e de couverture, j’ai commis l’erreur de le faire au bout de 100 pages, et je me suis prise un spoiler comme on s’en passerait bien…

J’avoue que je suis un peu déçue par ce final. Il n’est pas aussi drôle (malgré quelques bons passages comme celui du faiseur de sandwichs) que les précédents, et à trop partir dans des délires sur l’espace-temps multidimensionnel, il en devient trop confus.

Bon il y a quand même le personnage d’Aléa que j’ai trouvé rigolo (je ne vous en dirais pas plus, mais si ça vous intéresse lisez la quatrième de couverture, justement…), et le running gag qui repose sur un passage du tome 3 qu’on peut parfaitement avoir oublié. Du coup l’auteur se fait un plaisir de nous donner le numéro de chapitre pour qu’on aille réviser…

En fait, on ressent assez bien une certaine envie de l’auteur d’en finir, et la conclusion est à cette image, quoique elle se révèle finalement bien plus plaisante que le reste de l’ouvrage, et bien plus dans l’esprit habituel de la série.


H2G2 : avis global

Cela faisait un moment que je voulais lire le Guide Galactique en entier, et je ne suis pas mécontente de ma lecture. Même si les tomes sont plutôt inégaux en qualité (et je pense que selon qui le lit, l’appréciation ne se fera pas sur les mêmes), c’est une série dont on apprécie les milliers de théories absurdes sur le sens de la vie et sur le fonctionnement de l’univers qu’elle brasse.

La Réponse à la vie, l’univers et le reste en est l’avatar le plus connu, mais j’avoue avoir aussi beaucoup apprécié les cours de vol, les théories sur l’invention du voyage temporel (au final inventé simultanément à toutes les époques), ou les méthodes révolutionnaires de propulsion spatiales (basées aussi bien sur les improbabilités que sur les mathématiques de bistro).

C’est d’ailleurs assez drôle de voir à quel point ces passages rigolos s’enregistrent dans la tête à tel point qu’on finit par les réciter mot pour mot à son entourage.

A côté de ça, j’aime beaucoup le personnage assez désabusé d’Arthur, arraché à son Angleterre natale, bringuebalé entre les époques, les planètes et les dimensions, et dont j’apprécie beaucoup l’attitude blasée avec juste une pointe de cynisme face à ce qu’il lui arrive.

Ce que je regrette par contre, c’est le côté un peu déconstruit de l’ensemble. Il n’y a finalement pas vraiment d’histoire, juste une vague trame narrative, ce qui devient un peu lassant à la longue, et sur la fin certains personnages sont carrément laissés de côté (même si je ne suis pas une grande fan de Zaphod, son absence finit par se ressentir).

En même temps, c’est peut–être un héritage de la version radio épisodique, qui avait moins besoin d’une intrigue mais plus de rebondissements feuilletonants. J’aimerais d’ailleurs beaucoup écouté la version originelle. J’ai trouvé l’adaptation française à cette adresse mais entendre un peu de l’originale ne me déplairait pas…

Au final, ça a été une lecture plutôt agréable, d’autant plus que ce sont des romans courts (200-300 pages), et à lire sur une plage en été, ou en sortant du boulot pour se changer les idées, c’est très agréable. A l'occasion, je jetterais peut-être même un oeil à la suite signée Eoin Colfer.


CITRIQ

dimanche 1 août 2010

Salut, et encore merci pour le poisson - Douglas Adams


En cherchant une introduction sympathique à cette chronique de Salut, et encore merci pour le poisson, quatrième tome de la série H2G2, je n’ai pas pu résister à vous proposer la magnifique introduction du film H2G2, qui s’avère être également une excellente entrée en matière pour ce roman.


Voilà, maintenant que vous allez l’avoir en tête toute la journée, nous allons pouvoir commencer. Le début de ce tome est plus que déstabilisant. On y parle de la fille qui a découvert comment amener la paix et le bonheur sur Terre juste avant sa destruction, puis d’un autostoppeur intergalactique, puis d’un homme qui ronchonne parce qu’il pleut tout le temps…

Où sont passés Arthur, Ford, Trillian et Zaphod ? Si je ne peux pas vous répondre pour les deux derniers (je ne suis même pas sûre qu’ils apparaissent dans ce roman en fait), c’est les pas des deux premiers qu’on va suivre, et essentiellement ceux d’Arthur.

C’est une affaire de goût, mais adorant le personnage d’Arthur, voilà qui me ravit, d’autant plus que si omet les interludes avec Ford qui n’ont pas forcément de sens avant d’arriver à la conclusion, le reste de l’histoire est relativement d’un seul tenant, et plutôt intimiste.

On y suit les pas d’Arthur, revenu sur Terre après… la Terre ? Oui, la Terre, bien qu’ayant été détruite dans le tome 1, il semble qu’elle soit toujours là, voilà qui est étrange… que s’est-il donc passé ? Vous verrez bien… ou pas. En tout cas, c’est un plaisir de suivre les traces d’Arthur qui revient chez lui et rencontre une mystérieuse jeune fille.

Cela donne à Douglas Adams un bon prétexte pour se moquer gentiment de l’Angleterre sous tous ses aspects. J’ai beaucoup aimé ce passage sur la B.B.C. (où Arthur travaillait avant la destruction de la planète, étrange c’est aussi elle qui diffusait H2G2…) :

« Il téléphona à la B.B.C. et demanda qu’on lui passe son chef de service.
-Oh bonjour, Arthur Accroc à l’appareil. Ecoutez, je suis désolé de ne pas m’être pointé depuis six mois, mais j’étais devenu fou.
- Oh pas de problème. C’est d’ailleurs ce qu’on s’était dit. Ca arrive tout le temps. Quand peut-on espérer vous voir ? »

Ou encore l’explication des pratiques alimentaires des anglais :

« C‘est en mangeant des sandwiches dans les pubs les samedis à midi que les Britanniques cherchent à expier leurs pêchés nationaux. La teneur exacte de ces pêchés n’est pas claire pour eux, mais ils préfèrent ne pas approfondir. »

Ajoutez à ça une histoire toute mignonne (limite guimauve mais c’est rigolo) et une vague quête pour expliquer pourquoi la Terre est encore là, et vous obtenez un bon petit bouquin sympathique, et une envie certaine de continuer avec le dernier tome, Globalement inoffensive.


CITRIQ

vendredi 30 juillet 2010

La vie, l'univers et le reste - Douglas Adams


Le deuxième tome du Guide Galactique m’avait un peu déçu, mais cette petite baisse de régime est compensée par un troisième tome toujours aussi absurde, mais avec un peu plus d’histoire, ce qui maintient l’intérêt du lecteur nettement mieux.

A la fin du tome 2, excusez du spoiler, mais Arthur et Ford étaient échoués sur la planète Terre deux millions d’années avant sa destruction, sans vaisseau spatial et juste une bande de coiffeurs, de publicitaires et de désinfecteurs de téléphone. Rien de bien réjouissant ?

Rassurez-vous, ça ne va pas durer, pas plus de cinq ans qui sont complètement éclipsés avant le début de La vie, l'univers et le reste, et grâce à l’intervention inopiné de… je ne vous dirais ni qui ni quoi, nos deux héros reviennent à une époque plus civilisée, juste avant la destruction de la Terre, et avant d’avoir ne serait-ce que le temps de boire un thé, les voilà recrutés par Saloprilopette (alias Slartibartfast en VO) pour sauver l’univers des terrifiants habitants de Kriquète, rien que ça.

(ne me demandez pas ce que font Zaphod et Trillian pendant ce temps, sans parler de Marvin, ils n’ont droit qu’à de micro-apparitions et à la scène final…)

Pour une fois, il y a un semblant de trame narrative, et c’est très agréable. J’ai même été surprise de voir à quel point les différents éléments absurdes de l’histoire finissent par s’emboiter les uns dans les autres quand on s’y attend le moins. Il y a également pas mal de comique de répétition qui fonctionne particulièrement bien.

Une fois encore, le livre est riche en théories philosophico-débiles, sans parler de technologies particulièrement délirantes, à commencer par la navigation bistromathique qui repose sur un principe infaillible :

« Les chiffres des aditions écrites sur les calepins dans l’enceinte des restaurants ne suivaient pas les même lois mathématiques que les chiffres écrits sur n’importe quel autre bout de papier dans n’importe quel autre endroit de l’univers »

Par ailleurs, j’ai enfin fait le lien entre le CLEP (C’est LEur Problème) de Douglas Adams, qui permet d’être invisible aux regards, et un sortilège au nom similaire trouvé dans une fanfiction Harry Potter qui date de Mathusalem (qui traite de voyage dans le temps mais je m’égare). On en apprend tous les jours !

Mais le plus beau, ça reste encore la méthode pour apprendre à voler :
« Il existe un art, ou plutôt un truc, pour voler.
Le truc, c’est d’apprendre à se flanquer par terre en ratant le sol »

Je n’ai pas encore testé, mais vu mon incroyable capacité à m’emmêler les pieds, ça ne devrait tarder, je vous tiendrais au courant de mes progrès !

A part ça, Arthur a un rôle un peu plus prépondérant, et je trouve que c’est beaucoup plus agréable dans la mesure où c’est un peu la manifestation du lecteur. Cela change agréablement de le voir condamné à réclamer du thé et à se faire traiter de singe à longueur de page…

Bref, un très bon moment de lecture qui détend les neurones. D’ailleurs je n’essaye même pas de lire le Seigneur des Anneaux en VO en parallèle, ce n’est même pas imaginable. Par contre, croiser les théories temporelles de Douglas Adams avec Sans parler du chien de Connie Willis… et bien en fait ça fonctionne parfaitement !


CITRIQ

mercredi 28 juillet 2010

Le Dernier restaurant avant la Fin du Monde - Douglas Adams


Histoire de continuer nos péripéties galactiques (et parfois temporelles), le 2e tome du Guide Galactique nous emmène cette fois-ci vers le dernier restaurant avant la fin du monde, bien que ce ne soit pas le but ultime de l’aventure (qui reste à éclaircir encore).

Commençant là où le premier tome de H2G2 finissait, le Dernier restaurant avant la fin du monde démarre sur les chapeaux de roues sur une attaque d’un vaisseau vogon, alors qu’Arthur essaye, encore et toujours, d’obtenir une vraie tasse de thé et pas un vague substitut qui ressemble à tout sauf du thé.

Construit comme son prédécesseur en une série de péripéties sans queue ni tête, et avec une très vague ligne directrice (et encore, uniquement pour Zaphod/Zappy), ce deuxième tome se passera une fois de plus d’un résumé plus détaillé.

On aura cependant l’occasion de visiter les bureaux du Guide Galactique, de contempler la fin du monde, de rencontrer une rock-star galactique, de voyager à travers le temps et l’espace en toute simplicité, et de lire maintes grandes théories sur l’univers, ma préférée étant encore celle-ci :

« L’univers, quelques informations pour vous sauver la vie

(…)

4. Population : néant.
(on sait qu’il existe un nombre infini de mondes, tout simplement parce qu’il existe une quantité d’espace infinie pour les loger. Tous, toutefois, ne sont pas habités. Par conséquent, il doit exister un nombre fini de mondes habités. Un nombre fini divisé par l’infini est si près de zéro que ça compte pour du beurre, si bien que la population moyenne de toutes les planètes peut donc être considérée comme égale à zéro. D’où il découle que la population totale de l’Univers est aussi égale à zéro, et donc que tout individu que vous seriez susceptibles de croiser de temps à autre ne saurait être que le fruit d’une imagination dérangée.) »

Qu’est ce que j’aurais adoré lire ça en passant mon Bac, franchement on devrait s’en inspirer pour les maths au lycée, qui sont parfois tout aussi absurdes, mais beaucoup moins drôles !

Globalement le Dernier restaurant… est une lecture plaisante pleine de bon humour absurde à la Monty Python, mais l’histoire est un poil trop chaotique, à tel point qu’à peine le livre refermé, on se rappelle à peine ce qu’il s’y passe. Il y a de très bons moments (la fabrication du thé, le plat du jour au restaurant, le vaisseau des désinfecteurs de téléphone), mais tout ça manque un peu de structure et les personnages semblent juste là pour balader le lecteur…

Heureusement, la suite, la Vie, l’Univers et le Reste, s’en sort nettement mieux.


CITRIQ

lundi 26 juillet 2010

Le Guide du Voyageur galactique - Douglas Adams


Bon cette fois-ci je m’y mets, j’en viendrais à bout, de ce fameux Guide du Voyageur Galactique (ou guide galactique, ou guide du routard galactique, ou H2G2 pour faire plus simple). Cela fait trois fois que je le commence, et je n’arrive jamais à la fin de cette trilogie en cinq volumes, la faute à la bibliothèque qui n’a jamais les bons volumes quand il faut. Cette fois-ci, j’ai tout prévu, j’ai emprunté les cinq d’un coup !

Pour ce premier tome, je suis vraiment en terrain connu, l’ayant lu deux fois, et vu autant de fois en version film (qui n’est pas mauvaise du tout d’ailleurs), mais ça reste un plaisir à relire tellement c’est loufoque et sans queue ni tête, et plein de bonnes idées qui valent bien la philosophie shadock en terme d’absurdités…

Arthur Dent (prenons la VO) est un terrien dont la maison va être détruite pour construire une déviation, mais ce n’est pas son principal problème. En effet, sous peu, c’est la Terre qui va être détruite pour permettre le passage d’une voie hyperspatiale, et il échappe à l’apocalypse de justesse grâce à son ami Ford Prefect qui se révèle être natif de Beltégeuse et rédacteur pour le compte du Guide du Voyageur Galactique.

(ouvrage qui, on le saura, a surpassé l’encyclopaedia galactica comme dépositaire classique de la sagesse et de la connaissance en dépit de son caractère apocryphe, parce qu’il est légèrement moins cher, et parce que sur sa couverture sont inscrits en caractères rouges amicaux « Pas de panique »)

Résumer la suite du livre serait un gâchis, vu que celui-ci repose sur un rythme feuilletonnant avec des retournements de situation et des cliffhangers à tout bout de champ, ce qui est normal compte tenu du fait qu’H2G2 a d’abord été un feuilleton radio.

A cet instant, je me sens obligée d’avouer que si je connais aussi bien le sujet, c’est parce que Neil Gaiman a rédigé une biographie de l’auteur sous le titre Pas de panique, ouvrage que j’ai acheté en pensant tomber sur un roman du maitre alors que je ne connaissais rien à Douglas Adams. Après avoir lu l’intégralité de cette biographie, je suis quand même allée emprunter H2G2, histoire d’y comprendre quelque chose. Ah les fans…

Bref pour en revenir à notre Guide, c’est un vrai plaisir à lire. Ce roman est court, mais franchement, difficile de ne pas rire (ou au moins sourire) devant les parallèles débiles (destruction de la maison de Arthur / destruction de la Terre), les différentes explications du guide, le générateur d’improbabilités, Marvin l’androide paranoïde… Bon bien sûr, si vous êtes allergiques à l’humour style Monty-Python très absurde, cela vous laissera de marbre, mais quand même…

« Bien des gens ont estimé que si nous savions pourquoi exactement le pot de pétunias avait pensé ça, nous en saurions bien plus sur la nature profonde de l’univers que ce n’est le cas actuellement. »

La seule chose qui est un peu paradoxale, dans ce livre, c’est que finalement les personnages passent complètement au second plan. On retiendra les différentes planètes, droides, évènements historiques, coutumes locales et autres joyeusetés, mais à part demander du thé, je suis fichtrement incapable de me rappeler ce que peut bien y faire Arthur.

Ce roman porte bien son titre, vu que finalement, le héros, c’est un peu ce guide galactique qui s’amuse à décrire petit bout par petit bout un univers galactique complètement déjanté… C’est donc avec un vrai plaisir que je continue ma voyage en sa compagnie vers le Dernier restaurant avant la fin du Monde…


CITRIQ