jeudi 23 mars 2017

Abattoir 5 – Kurt Vonnegut


Abattoir 5 fait partie de ces romans dont je croisais de temps à autre la référence sans avoir la moindre idée de quoi il parlait. Comme M. Vert l’a acheté, il est donc arrivé dans ma PàL sans plus d’information qu’un « c’est bizarre », je l’ai donc ouvert avec circonspection pour découvrir que c’était certes un texte bizarre, mais également un roman vraiment étonnant.

De quoi parle donc Abattoir 5 ? La couverture de cette édition peut vous donner indice avec son bombardier : oui Abattoir 5 parle de la Seconde guerre mondiale ; plus spécifiquement de la fin de celle-ci ; plus particulièrement du bombardement de la ville de Dresde.

Son but n’est cependant pas de faire dans le témoignage ou la reconstitution (bien que le roman soit inspiré de la propre expérience de l’auteur). Abattoir 5 nous parle surtout à travers cet exemple de l’horreur de la guerre et des traumatismes qu’elle engendre, entre autres choses.

Après avoir passé la page de titre assez décalée qui n’en finit pas de sous-titrer son propos (avec justesse ceci dit, je recommande de la relire après avoir terminé le roman !), j’ai eu un peu peur de m’embarquer dans une histoire difficile et complexe.

Il n’en est rien, Abattoir 5 est un roman étonnamment facile à suivre malgré une écriture assez tarabiscotée. Pas mal pour un roman qui a pour héros un homme qui ne cesse de voyager dans sa propre histoire (lorsqu’il n’est pas enlevé par les extraterrestres). Je vous laisse imaginer le casse-tête narratif que cela peut être !

Et pourtant ce roman est d’une fluidité sans pareil. Plus surprenant encore, le ton est souvent léger et presque humoristique alors qu’on serait en droit de s’attendre au contraire. Bien sûr il y a des moments dramatiques mais l’ensemble se lit avec aisance et se révèle fascinant.

J’ai vraiment adoré lire Abattoir 5 à cause de cela : sur le plan narratif c’est un texte aussi étonnant que génial. J’ai apprécié le fait qu’il se situe à la croisée des genres : je trouverais dommage de le classer en SF à cause des aliens (et d’ailleurs il n’est plus édité dans une collection de SF et je trouve ça pas plus mal).

Je dois cependant avouer que je l’ai terminé avec l’impression de n’avoir pas tout saisi et d’être passée à côté de plein de choses. J’ai glané quelques éléments de compréhension dans la préface et sur Internet, mais je pense que c’est un roman que je relirais dans quelques années afin de mieux le comprendre. Ainsi vont les choses.

D'autres avis : Nebal, Cachou, Charybde (qui confirme qu'il faut le lire une 2e fois !)

lundi 20 mars 2017

Un Blade runner sous un soleil vert sur la planète des singes…

Ce mois-ci, j’ai profité du cycle Chic Planète au Forum des images pour revoir quelques vieux classiques de la SF sur grand écran. Histoire de ne pas trop encombrer mon recueil factice en fin de mois, voici le compte rendu de mes visionnages. Je suis bien contente de cette opportunité et je vais sans doute garder l’œil sur la programmation du Forum des images (même si beaucoup de séances en journée sont difficilement accessibles).




La Planète des singes – Franklin J. Schaffner (1967)

Pour ceux qui n’auraient jamais entendu parler de ce film et de ses nombreuses suites/prequels/reboots/versions alternatives, La planète des singes raconte l’arrivée d’un vaisseau spatial humain sur un monde extraterrestre où l’on trouve des hommes et des singes… à ceci près que ce sont les singes qui dominent l’homme, et non l’inverse. Il est adapté d’un roman de Pierre Boulle (un Français, cocorico !)

Lorsque j’ai vu ce film pour la première fois à la télévision, ça a été une authentique claque (pour la fin, certes, mais pas que). Du coup j’avais très envie de le voir sur grand écran, histoire de le redécouvrir et de me mettre dans la peau des gens qui l’ont vu au cinéma lors de sa sortie.

Cette séance a été un vrai plaisir. Même s’il n’y a pas forcément de séquences très impressionnantes qui justifieraient un visionnage sur grand écran (comparé à nos standards actuels), on savoure bien mieux l’intrigue dans une salle de cinéma où l’on n’est pas distrait par son téléphone ou sa tablette. On profite également mieux des paysages et de l’excellente BO de Jerry Goldsmith (que j’avais déjà entendue en concert mais qui est encore plus impressionnante lorsqu’on remet des images dessus).

Je dois avouer que j’ai trouvé le personnage incarné par Charlton Heston un peu exaspérant (heureusement qu'il perd sa voix pendant une partie de l'histoire) et que j’ai soupiré intérieurement face aux rôles féminins inexistants (heureusement qu'il y a Zira).

Cependant ce film reste très fort dans sa façon d’échanger les rôles entre hommes et singes. Cinquante ans après, c'est un film qui conserve son intérêt lorsqu’il nous interroge sur la façon dont on traite les animaux (ou les hommes jugés « inférieurs » dans notre passé) et sur l'opposition entre science et religion. La fin est percutante, bien sûr, mais le reste du film l’est tout autant. Et ce qui est chouette avec ces films sans images de synthèse, c’est qu’ils vieillissent plutôt bien.

(enfin… si on fait abstraction de l’introduction où le héros fume un cigare dans un vaisseau spatial et de la scène suivante où le crash du vaisseau est filmé de telle manière qu’on manque d’avoir le mal de mer !)

D’autres avis : Futurs Presents, The Reservoir Blog (qui parle de toute la saga)




Soleil vert – Richard Fleischer (1973)

J’imagine que vous connaissez au moins l’histoire à défaut d’avoir vu le film. Pour les retardataires, Soleil vert est une histoire d’anticipation tirée d’un roman de Harry Harrison intitulé Make room ! Make room !. Il se déroule en 2022 à New York, alors que le climat est complètement détraqué et que nourriture et eau se font rares. Dans cet univers, un officier de police enquête sur le meurtre d’un notable que tout le monde semble vouloir classer sans suite.

Ce qui est chouette c’est qu’on retrouve Charlton Heston en héros qui joue à peu près le même genre de personnage que dans La planète des singes. Et devinez-quoi ? Il est encore une fois assez exaspérant (même s’il a ses bons moments) !

Une fois que cela est dit, c’est tout de même génial de revoir ce film sur grand écran, ne serait-ce que pour rester concentré (je vous avoue qu’à la télévision je décrochais assez souvent vu que le rythme est assez lent). Et puis c’est un film plein d’images étonnantes (notamment les tas de dormeurs dans les escaliers ou la séquence dans le Foyer).

L’intrigue m’a semblé un peu anecdotique mais l’univers déployé compense largement en mettant en scène ce futur sinistre et surpeuplé où consommer de la salade ou de la vraie viande est un luxe sans prix. La place des femmes (réduites à un rôle de mobilier et comprises dans la location d’un appartement) fait également froid dans le dos.

J’ai beaucoup aimé le personnage de Sol, un petit vieux vraiment étonnant qui est littéralement la mémoire des temps d’avant, et qu’on invite pourtant à partir plus vite car la vieillesse le rendrait moins efficace.

Des trois films que je chronique dans ce billet, je crois bien que Soleil vert est celui qui reste le plus d’actualité avec son futur qui pourrait nous tomber dessus avant même que l’on ne s’en rende compte.





Blade Runner – Ridley Scott (1982)

Terminons ce petit compte rendu avec la fameuse adaptation du roman de Philip K. Dick Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, dans laquelle un policier spécialisé, un blade runner, est chargé d’éliminer un groupe d’androïdes (des réplicants dans le film). Le film a connu une histoire mouvementé avec différentes versions (au point de justifier une page Wikipédia sur la question !)

Pour ma part j’avais déjà vu ce film à plusieurs reprises sur petit écran et je l’avais même étudié en cours de cinéma au lycée. Le voir pour la première fois sur grand écran a cependant été une sacrée claque, tant les visuels sont impressionnants. Lorsque le film est sorti en 1982 ça a dû être quelque chose.

Point de Charlton Heston dans ce film, mais le personnage de Deckard ne traite pas beaucoup mieux les personnages féminins pour autant. Mais comme c’est Harrison Ford, ça passe. Je pense que ça tient au fait que son bagou naturel est contrebalancé par les monstrueuses tartes qu’il se prend, du coup il ne fait pas que fanfaronner, bien au contraire !

L’histoire simple mais riche en mystères (je suis bien contente de l’avoir décryptée au lycée) permet de se balader dans un Los Angeles 2019 à l’esthétique absolument géniale. C’est assez marrant parce qu’on est un peu dans le même genre d’univers surpeuplé que dans Soleil vert, mais l’impression n’est pas du tout la même.

Blade Runner est un film assez lent (encore une fois par rapport au rythme de fou furieux auquel on est habitué), c’est agréable mais aussi un peu dérangeant, notamment s’invitent des scènes ultra violentes.

Ce n’est pas forcément un film facile d’abord, mais il n’en reste pas moins superbe, pour son ambiance de film noir futuriste et pour son esthétique rétro qui lui donne un côté sans âge. Je ne doute pas que les multiples restaurations ont sans doute aidé, mais je suis impressionnée par l’aspect visuel, ce film semble n’avoir pas vieilli et pourrait avoir été tourné hier !

vendredi 17 mars 2017

Les abîmes d’Autremer – Danielle Martinigol


ActuSF a réédité récemment sous forme d’une intégrale la trilogie des Abîmes de Danielle Martinigol, un space-opera précédemment publié dans l’excellente (mais hélas arrêtée aujourd’hui) collection Autres mondes. J’en ai donc profité pour partir à l’aventure histoire de réveiller un peu mon âme d’enfant.

Les Abîmes d’Autremer se déroule dans un univers de space-opera assez classique où l’humanité est partie à la conquête de la galaxie et a colonisé quantité de nouveaux mondes. Parmi ces planètes, Autremer, un monde recouvert d’eau, attire de nombreux curieux qui aimeraient percer les secrets de ses superbes vaisseaux spatiaux, les Abîmes.

Le premier volume, Les Abîmes d’Autremer (réintitulé L’élue dans cette intégrale) met en scène Sandiane, une apprentie reporter qui va donc mener l’enquête avec son père, ce qui va l’amener à rencontrer un futur pilote d’Abîme, Mel, et à s’interroger sur la déontologie (ou plutôt l’absence de déontologie) qui règne dans les médias galactiques.

La suite, L’envol de l’Abîme (L’envol dans l’intégrale) se déroule quelques années plus tard alors que nos héros ont bien grandi. C’est une nouvelle génération qui part à l’aventure, avec notamment un nouveau venu issu d’une planète infernale qui se retrouve à son insu héros de télé-réalité, et le retour d’un Abîme disparu qui amène plein de questions.

L’histoire trouve ensuite sa conclusion dans L’Appel des Abîmes (L’appel dans l’intégrale) qui met en scène un nouveau personnage féminin qui n’est pas sans rappeler Sandiane, et qui s’intéresse à la question de l’Autre. Le volume comprend également une nouvelle L’enfant et l’Abîme, qui avait été publiée dans une anthologie qui permet de revenir aux sources de l’univers en guise de dessert.

Dans l’ensemble, Les Abîmes d’Autremer est une histoire très plaisante à lire grâce à un univers est bien fouillé (notamment tout l’écosystème et l’organisation de la planète Autremer) et grâce à une intrigue qui privilégie l’aventure humaine aux scènes de baston ou aux explosions.

Ce cycle m’a beaucoup fait penser d’ailleurs à La Ballade de Pern, notamment pour les Abîmes (du coup si vous ne saviez pas encore quel est le secret des Abîmes, vous devriez avoir une bonne piste désormais). Cela tient aussi au fait que c’est une SF plutôt positive.

L’histoire explore de plus plein de thématiques comme l’écologie, le rapport à l’Autre et –ce que j’ai trouvé pour ma part le plus intéressant-, le pouvoir des médias. Il y a beaucoup de personnages journalistes dans la trilogie, et cela fait beaucoup réfléchir, notamment sur comment un groupe industriel qui contrôle un média peut influencer l’actualité.

Il faut néanmoins garder à l’esprit que c’est une œuvre de littérature jeunesse. Avec mon regard d’adulte j’avoue avoir tiqué de temps en temps sur certaines facilités et sur le manque certain de nuances. A titre personnel ce n’est donc pas la lecture de l’année (c’est un peu trop simpliste pour la vieille routarde de la SF que je commence à devenir)

Cependant c’est un cycle que je recommanderais avec enthousiasme à de jeunes lecteurs : l’univers est chouette, l’intrigue prenante et les thématiques très intéressantes… j’aurais bien aimé que tous les romans que je lisais à 14-15 ans ressemblent à ça !

D’autres avis : Book en stock (sur le volume 1), Daily Mars, Les pipelettes en parlent, Ptitetrolle

mardi 14 mars 2017

Dimension Merveilleux scientifique (anthologie)


Dimension Merveilleux scientifique est une anthologie de nouvelles qui est entrée dans ma PàL dans le cadre du challenge CRAAA de Cornwall. Comme j’ai eu la bonne idée de ne pas la lire avant la fin du challenge, elle a un peu pris la poussière jusqu’à que je me décide à la sortir de mes étagères pour le plaisir de partir dans un voyage hommage à la SF des temps anciens.

Comme son titre l’indique, cette anthologie se veut en effet un hommage au merveilleux scientifique (ou à ce qu’on appelait aussi l’anticipation), ces récits de science-fiction des années 1850-1950 à l’imaginaire souvent débridé. Afin de remplir cet objectif, Dimension Merveilleux scientifique propose donc 14 nouvelles. Voyons voir le menu.

L’anthologie démarre avec Jamil Fouas, pupille de la Brigade Aérotractée Toulousaine de Sylvain Lamur, une excellente introduction sous la forme d’une enquête policière dans une Toulouse rétro-futuriste.

On rentre bien plus dans le vif du sujet avec Cadrans lunaires. Témoignage concernant les coulisses de la presse scientifique moderne de Beryl Asterell, un texte très XIXe siècle dans sa façon de raconter façon chronique journaliste un voyage sur la Lune. Il n’est en conséquence pas toujours facile à suivre, mais cela fait partie du jeu !

Klotzmobile de Alain Rozembaum nous permet de découvrir la prochaine étape dans l’évolution de l’humanité : l’homme voiture ! L’idée est bien exploité, et le résultat plutôt effrayant.

On retourne sur la Lune avec Les Lunatiques de Angou Levant, mais sous forme d’une fantaisie scientifique assez archaïsante. L’histoire n’est pas transcendante mais le côté reconstitution a son petit effet.

Transcientisation de Alexandre Rallo démarre sur un meurtre avant de nous amener à réfléchir aux maux nécessaires pour garantir la paix. L’histoire est bien menée et l’ambiance plutôt réussie.

Paulo de la Lune de Bertrand Dumeste est ma nouvelle favorite de tout le recueil. On y visite un monde où l’Homme a tourné le dos aux étoiles, sauf un petit garçon qui les regarde encore avec fascination et se pose plein de questions. C’est un texte très touchant, très juste et assez universel.

Vient ensuite ma deuxième nouvelle favorite, L'architecte et la nef des étoiles de Julien Heylbroeck. Ce texte s'intéresse au parcours de l'architecte Gaudi avec une petite touche de science-fiction et de fantastique à l'ancienne. C’est très bien trouvé et ça s'intègre merveilleusement à la légende du personnage.

Le Messager de l'Antarctique de Florence Cochet s'inspire et offre une suite de la nouvelle Le messager de la planète écrite par José Moselli (à priori ça date de 1925). C’est une jolie manière de remettre au goût du jour une histoire d'exploration et d'aliens, tout en y ajoutant une touche actuelle.

Les naufragés de la Rivière d'Argent de Michel Stéphan mélange de façon assez étonnante légendes bretonnes et tunnel transatlantique, pour une nouvelle très sympathique qui fourmille d’idées.

Avec Stupre et faction de Jean-François Thomas, on voyage de l’autre côté de l’Atlantique avec un concept bien délirant, à savoir des hommes et des femmes qui se baladent en sous-vêtements dans le métro. Le récit à l’ancienne par un narrateur qui assiste aux évènements et ne peut s'empêcher de tout ramener à lui est plutôt sympa.

L'Eclat d'Anna de Sylvain Lamur est ma troisième nouvelle favorite. Elle explore le concept bien barré de la planète invisible dans le ciel de la Terre pour parler des relations sociales de l’être humain. Si si je vous le jure.

Il y a par contre assez peu de merveilleux dans Projet Ambroisie de Alain Blondelon, qui parle de voyages spatiales et de lutte contre le vieillissement. J’avoue néanmoins avoir bien apprécié la chute.

L'Origine du Mal de Faust Netschaiev est une histoire de fin du monde au style (sans doute volontairement) lourd, dans laquelle j’ai eu beaucoup de mal à rentrer.

L’anthologie se termine avec J'étais, je suis, je serais de Luc Pleudon, une histoire assez complexe qui fait voyager dans le temps autour du projet de République soviétique dans les années 1910-1920. L’auteur connaît clairement son sujet mais j’ai eu un peu de mal à tout comprendre faute d’être dans la même situation.

Pour accompagner les nouvelles, l’anthologie propose également trois essais (que j’avoue avoir zappé, honte à moi) ainsi qu’une bibliographie et une sitographie bien fournies. Dimension Merveilleux fantastique est donc un ouvrage très abouti et fort complet.

Pour ma part j’ai trouvé sa lecture sympathique, surtout quand les nouvelles réussissaient à susciter l’émerveillement. Cependant j’ai souvent buté sur le style volontairement daté des écrits qui ne facilite pas toujours la lecture. Par ailleurs il m’a sans doute manqué quelques références si je me fie aux postfaces qui suivent chaque nouvelle.

Pour les passionnés du domaine, je pense que cette anthologie doit être excellente (d’ailleurs deux autres volumes ont été publiés, c’est bien la preuve qu’il existe un public intéressé). Pour ma part j’ai eu un peu de mal à rentrer complètement dedans. Cela ne m’a pas empêché cependant d’être touchée par certains textes (Paulo de la Lune, définitivement) et d’avoir envie de m’intéresser à ce pan de la SF que je connais extrêmement mal.

samedi 11 mars 2017

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire - Saison 1


Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire est une série de treize romans jeunesse publiée dans les années 2000. Elle met en scène trois jeunes orphelins poursuivis par le terrifiant Comte Olaf, un machiavélique personnage qui en a après leur fortune.

J’avais lu le premier tome de cette série sans jamais trouver l’opportunité d’aller plus loin. J’avais cependant bien apprécié le ton à la fois sombre et plein d’humour, avec de nombreuses interventions du narrateur. Il y avait un petit côté Roald Dahl dans ces interventions et dans cette manière de mettre en scène des adultes aveugles et idiots. Le ton est cependant plus dramatique, la vie des orphelins Baudelaire ressemblant avant tout à une longue de naufrages et de catastrophes.

Lorsque Netflix a sorti une nouvelle adaptation en série, j’ai sauté sur l’occasion de replonger dans cette aventure, histoire d’avancer un peu plus dans l’intrigue qu’avec le film de 2004 (qui faisait certes du bon travail mais nous laissait en plan à la fin du troisième tome).


Ce qui est chouette lorsqu’on adapte une série de livres en en série télé, c’est qu’on a bien plus d’espace pour développer l’intrigue, ce que l’adaptation Netflix a bien compris : avec deux épisodes pour reprendre l’intrigue d’un livre, il y a bien plus d’espace pour développer les personnages, l’univers… et à peu près tout de manière générale !

Je n’ai lu qu’un seul roman donc je suis loin de connaître toutes les subtilités de cet univers, mais j’ai eu l’impression qu’il y avait vraiment une grande fidélité dans cette adaptation, dans le déroulement de l’histoire mais aussi dans la façon dont elle est racontée.

La série inclut notamment des interventions de Lemony Snickett qui s’intercalent ici et là dans l’intrigue, parfois de manière assez loufoque, et cela contribue grandement à poser l’atmosphère très particulière des Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire.


Visuellement, j’ai trouvé cette série superbe parce qu’elle est très particulière : que ce soit dans les décors, les costumes ou même dans la façon de filmer, j’ai eu l’impression d’avoir une réalisation de Wes Anderson, mais un Wes Anderson qui aurait succombé au côté obscur (avec une petite touche de Tim Burton parfois).

J’ai beaucoup aimé aussi la façon dont est racontée l’histoire, avec tout un jeu sur la répétition et sur les avertissements. Il arrive en effet assez fréquemment que l’auteur annonce des évènements à venir, mais cela ne gâche pas le visionnage, au contraire cela vient rajouter une dose de décalage (et cela n’empêche pas les surprises d’ailleurs).

Evidemment si vous n’appréciez guère l’humour noir, les tons décalés et les histoires qui forcent le trait volontairement, vous risquez de passer à côté de cette série. Mais si au contraire vous avez envie de voir quelque chose de différent, vous allez vous régaler dès les premières minutes, ne serait-ce qu’avec ce générique superbe visuellement, qui vous invite à aller voir ailleurs et en même temps vous présente le synopsis de l’histoire en cours !


Bref cette série est un régal à tout point de vue : intrigue, visuels mais aussi personnages. Les trois enfants (enfin surtout les deux grands, Violet et Klaus) sont très bons face un Neil Patrick Harris en Comte Olaf en grande forme. J’apprécie beaucoup le caractère très posé du personnage de l’auteur joué par Patrick Warburton.

Du coup arrivée à la fin de cette première saison, je me rends compte que je vais être obligée de reprendre ma lecture des livres. J’ai vraiment envie d’avoir le fin mot de l’histoire, et j’aimerais également mieux comprendre certains éléments de la série aussi.

En tout cas si vous avez envie d’une série qui change un peu, je vous recommande grandement d’accompagner les orphelins Baudelaire dans leur tragique vie, vous ne devriez pas être déçus !