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mercredi 17 mai 2023

Béa Wolf – Boulet & Weinersmith

Beowulf et moi, c’est une longue histoire. Je n’ai jamais lu ce poème épique, mais il ne cesse de croiser ma route dans les textes de Neil Gaiman et même dans un film (scénarisé par Neil Gaiman). Alors forcément, cette nouvelle adaptation en BD me faisait bien envie (et il y a un blurb de Neil Gaiman en quatrième de couverture, que demander de plus ?).

samedi 25 juin 2022

Spirou : l’espoir malgré tout (série complète)

Spirou l'espoir malgré tout : pile des 4 tomes

Émile Bravo est un auteur que je suis depuis longtemps. J’avais adoré sa série Une épatante aventure de Jules et je suis complètement tombée amoureuse de son interprétation personnelle de Spirou, le Journal d’un ingénu. Forcément, lorsqu’il a donné une suite à cette histoire qui se suffisait à elle-même, je n’ai donc pu que me jeter dessus, et maintenant que les quatre tomes sont sortis, il est temps de lui consacrer un petit article.

samedi 26 février 2022

Sandman Death – Neil Gaiman

Sandman Death - Couverture

À la fin de l’année dernière, Urban Comics a complété le cycle de Sandman en traduisant enfin The Absolute Death, le recueil VO comprenant toutes les histoires mettant en scène grande sœur du Rêve. Même si je connaissais déjà toutes ces histoires ou presque, je n’ai pas résisté à l’achat histoire d’harmoniser ma collection (enfin…)

mercredi 26 janvier 2022

Sacrées sorcières par Roald Dahl & par Pénélope Bagieu

Sacrées sorcières - le roman 

Inspirée par ma collègue du Dragon galactique, j’ai eu très envie cet hiver de relire Sacrées sorcières de Roald Dahl. Mon exemplaire ayant disparu de la bibliothèque familiale (récupéré j’imagine par la nouvelle génération et c’est tant mieux), j’ai été obligée de le racheter, et j’en ai profité au passage pour acquérir son adaptation BD. Voilà mon petit retour sur cette lecture comparée.

samedi 22 septembre 2018

The Unwritten : entre les lignes : tome 2 – Mike Carey & Peter Gross


Après avoir savouré ma relecture du premier volume, j’ai continué ma lecture des aventures de Tom Taylor, fils d’un auteur à succès qui ne sait plus très bien s’il est réel ou s’il est un personnage littéraire. Et vous savez quoi, il n’est pas au bout de ses peines !

mercredi 1 août 2018

The Unwritten : entre les lignes : tome 1 – Mike Carey & Peter Gross


Après deux volumes traduits en France chez Panini Comics en 2011, la série de comics The Unwritten a longtemps attendu qu’on s’intéresse à elle à nouveau. Urban Comics s'est enfin décidé à la sortir de ses cartons à la fin de l'année dernière. C’est donc l’occasion pour moi de dépoussiérer littéralement une vieille chronique pour vous en parler.

mardi 10 janvier 2017

Sandman Ouverture - Neil Gaiman, J.H. Williams & Dave Stewart


Vous pensiez en avoir fini avec Sandman ? Pas tout à fait. Si la série s’est terminée il y a déjà bien des années, Neil Gaiman a décidé de raconter récemment une dernière histoire qui se déroule Préludes & Nocturnes. Comme quoi il n’y a pas que dans Star Wars que les prequels sont à la mode !

Sandman Ouverture, comme son nom l’indique, se situe donc légèrement en amont du premier volume de la série, et vise à expliquer un des derniers mystères restants de la série : qu’avait donc fait le Rêve avant le début de l'histoire pour pouvoir être capturé aussi facilement ? Il faudra le lire pour en savoir plus…

mardi 26 juillet 2016

Economix – Michael Goodwin et Dan E. Burr

Cela fait déjà quelques années que je me dis que j’aimerais comprendre quelque chose à l’économie, mais il est difficile de savoir comment aborder ce très grand domaine. Jusqu’à que M. Vert fasse l’acquisition d’une excellente BD sur le sujet : Economix.


Avec plus de 300 pages, Economix retrace l’histoire économique du monde depuis 200 ans (de la révolution industrielle à nos jours) et en profite pour définir et clarifier un certain nombre de notions économiques dont on entend parler tous les jours sans vraiment comprendre de quoi il en retourne.

Choisir la BD comme support pour parler économie peut sembler étrange, mais c’est un excellent choix, plus accessible qu’un essai sans pour autant faire dans le simplisme. L’auteur des textes, Michael Goodwin, se donne vraiment du mal pour expliquer les choses et poser des jalons afin de comprendre comment l’économie a littéralement façonné notre monde actuel.

A la lecture j’ai d’ailleurs pris conscience à quel point l’économie est souvent oubliée dans les livres d’histoire alors qu’elle l’a influencé au moins autant que les décisions politiques (les deux étant souvent étroitement liées de toute façon). Certes on aborde quelques grandes idées, mais Economix donne vraiment l’occasion de revisiter l’Histoire avec un autre point de vue.

Pour être totalement honnête, je n’ai pas tout réussi à comprendre, d’une part parce que l’ouvrage est très dense et d’autre part parce que certains notions restent parfois très abstraites pour le commun des mortels (ce qui au passage en dit long sur à quel point nous pouvons être déconnectés d’une discipline qui a tant d’importance)

Cependant j’ai quand même assimilé quelques concepts, quelques figures clés de la discipline, quelques évènements capitaux et pour le reste je compte bien revenir à cette BD à l’occasion pour améliorer ma compréhension.

Mon seul regret c’est que auteurs américains oblige, la BD reste surtout centrée sur l’histoire économique américaine (et je ne suis pas sûre que tout s’applique à l’Europe) mais ça n’enlève rien à son intérêt, ça donne surtout envie d’avoir un équivalent pour la France.

Et il me faut tout de même signaler que l’auteur est très engagé dans ses propos (pour citer M. Vert : « il doit passer pour un communiste aux Etats-Unis »). Il ne s’en cache absolument pas bien au contraire (il invite même les gens à se faire leur propre opinion) et j’ai l’impression que l’économie est une discipline qui déborde de partis pris, mais du coup ça amène à s’interroger de temps en temps sur certains propos.

En tout cas c’est une lecture très intéressante, un bon moyen de mettre le nez dans une science extrêmement complexe, alors n’hésitez pas à y jeter un œil à l’occasion !

CITRIQ

samedi 25 juin 2016

Légendes de la Garde : Baldwin le brave et autres contes – David Petersen


Légendes de la Garde est une superbe bande-dessinée animalière de fantasy où l’on suit les aventures des membres de la Garde, des souris chargées d’assurer la sécurité du territoire des souris, dans une ambiance résolument médiévale.

J’avais beaucoup aimé les deux premiers tomes (j’en parle ici), le troisième est encore meilleur (bien que je n’ai pas pris le temps de lui rendre l’hommage qu’il méritait), je ne pouvais donc que craquer sur ce nouveau volume, même s’il s’agit plus d’un bonus qu’autre chose.


Baldwin le brave et autres contes est, comme son titre l’indique, un recueil de contes pour enfants mis en scène : on y croise donc quelques héros des précédents volumes avec quelques années de moins, à qui on raconte des histoires qui vont clairement façonner les souris qu’ils vont devenir.

On apprendra donc l’histoire du Rusé tisserand, les actes héroïques de Baldwin le brave, la belle histoire de Thane et Ilsa, la leçon de la vie de Alma la cuisinière et les aventures des trois filles d’Orren, avant de conclure sur une berceuse pour dormir.

On retrouve le style graphique étonnant de David Petersen, avec ici tout un travail pour différencier les différentes histoires aussi bien dans le ton que dans le style de dessin. Le résultat est superbe, tout simplement !


Les histoires en elle-même sont plutôt anecdotiques (surtout quand on a la bonne idée de relire La Hache noir avant, qui est quand même sacrément épique et je regrette vraiment de ne pas l’avoir chroniquer en bonne et due forme), mais ce petit livre de contes est un bonus sympathique qui vient compléter avec plaisir une très belle série. 

Il n’est pas indispensable, mais je pouvais difficilement laisser passer l’occasion de mettre en avant à nouveau cette excellente série, que je vous recommande vivement (en commençant par le début de préférence, même si ce tome-là peut se lire de façon indépendante).


CITRIQ

mercredi 9 mars 2016

Sandman intégrale 7 - Neil Gaiman


Et nous voilà arrivés à la conclusion. Enfin techniquement ce n’en est plus vraiment une depuis la sortie de Sandman Overture (prologue à l’histoire qui devrait bientôt arriver en France), mais c’est tout de même avec cette dernière intégrale qu’on met un point final à cet incroyable univers qu’est Sandman. Du coup comme je ne peux décemment pas parler de son contenu sans rien dire de l’intrigue, passez votre chemin si vous n’êtes pas à jour (ou mieux encore, courez acheter/emprunter toute la série, lisez-la et revenez me voir !).

Au menu de ce septième tome : La veillée (tome 10 de la série et best conclusion ever), La dernière histoire du Sandman (qui nécessitait d’être un fan ultime pour pouvoir la lire auparavant), Chasseurs de rêves bis (en version Amano cette fois-ci, sublime) et Nuits d’infinis (anciennement le tome 11, sympathique bonus). En avant pour la présentation détaillée !

La veillée

Dans l’ancienne édition, ce récit s’intitulait « Veillée funéraire », tout un programme donc. La nouvelle traduction fait preuve d’un peu plus de discrétion même si on sait vers quoi on va une fois lu le récit des Bienveillantes. Nous voilà donc partis pour un épilogue en trois parties.

Commençons par le plus long, La veillée à proprement parler. Le Rêve est donc mort, et a été remplacé par une nouvelle incarnation. Mais avant que celle-ci ne prenne officiellement ses fonctions (s’éveille en quelques sortes, il y a un joli double sens dans le titre original The Wake), une cérémonie est organisée à la mémoire du défunt.

Une cérémonie qui se déroule dans le Rêve, et où tout le monde est invité : Infinis, dieux et simples mortels humains et de manière général tous ceux qui ont pu apparaître dans la série. La particularité du récit, c’est le lecteur est également invité : la narration se fait en grande partie à la deuxième personne, ce qui fait qu’on se sent forcément impliqué.

La veillée est à tout point de vue un récit extraordinaire : dans sa narration et sa capacité à rassembler tous les personnages, mais aussi dans ses dessins réalisés par Michael Zulli. Si j’ai bien compris ils n’ont pas été colorisés mais numérisés tels quels, et le résultat est superbe :


(Je vous l’avais bien dit, Sandman mérite qu’on passe outre les dessins des premiers numéros, car on est largement récompensé par la suite !)

Je pourrais vous écrire des pages entières sur ce récit mais cela n’égalera jamais le plaisir que vous aurez à le lire, alors je m’arrête là et je vous laisse apprécier cette extraordinaire conclusion.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais La veillée intègre deux autres récits, comme autant de conclusions alternatives : Exils et La tempête.

Le premier met en scène un sage chinois qui s’égare dans une zone floue. Une fois encore, la narration comme les dessins de John J. Muth sont magnifiques, et l’association des deux est parfaite.

Le deuxième, vous vous en doutez peut-être, nous ramène à Shakespeare et s’offre une très belle mise en abîme sur l’auteur anglais, sa dernière pièce (souvent présentée comme son testament) et le Rêve. Un récit très documenté donc (ayant étudié la pièce au lycée, je me suis régalée de cette façon de la revisiter) mais plus accessible que Le songe d’une nuit d’été (intégrale 2) pour qui ne connaît pas l’œuvre. On retrouve Charles Vess au dessin (comme pour Le songe d’une nuit d’été), ais-je besoin de vous dire que le résultat est merveilleux ?

La dernière histoire du Sandman

Jusqu’à maintenant c’était presque un récit inédit puisqu’il avait été publié dans le recueil des couvertures de Sandman, un bouquin qui a été édité totalement en margé de la série en France chez Reporter. L’ouvrage est fort intéressant à parcourir pour mieux profiter des œuvres de Dave McKean, mais aussi pour les étranges anecdotes qui entourent parfois leur création (il faut vraiment être fan pour vouloir le lire, je vous l’avais bien dit). Urban Comics promet de le rééditer, chic alors !

A part ça La dernière histoire de Sandman est un récit assez anecdotique en lui-même mais fort gaimanien dans cette manière de gommer les frontières entre réel et imaginaire. Je n’en dirais pas plus, c’est une petite lecture sympathique.

Chasseurs de rêves

Je vous avais déjà parlé de la version signée P. Craig Russell intégrée au tome 5, cette fois-ci on a le droit à l’originale, la nouvelle illustrée par Yoshitaka Amano. Je ne vous referais pas le topo, Chasseurs de rêves est juste un petit bijou, et maintenant que j’ai lu les deux versions, je peux vous dire que les sensations ne sont pas les mêmes selon si on opte pour l’illustrateur japonais ou américain !

Nuits d'infinis

La dernière partie de cette intégrale est un peu à part, il s’agit de petites histoires indépendantes publiées bien après la fin de la série, et qui se consacrent chacune à un des Infinis. Chacun de ces récits adopte donc un ton différent, et fait appel à un illustrateur différent.

Forcément, il est difficile d’accrocher à tous les récits, car certains sont fort étrangement mis en page (celui du Désespoir notamment) et pas forcément faciles à appréhender. Enfin tout dépend de quand on le lit.

Pour la petite anecdote, quand Delcourt a décidé de publier Sandman, le choix a été fait de publier d’abord le tome 4 –réputé plus accessible- et le tome 11, Nuits éternelles (son titre de l'époque) soit disant excellente porte d’entrée… sauf que tout n’est pas compréhensible lorsqu’on n’est pas familiarisé avec l’univers, et que les histoires révèlent un certain nombre d’éléments (notamment la mort du Rêve ou l’identité du frère du Rêve qui est parti et qui n’est pas explicitement nommé de suite dans la série). Inutile de dire que je n’ai pas trop apprécié à l’époque.

Lu comme un bonus et à son emplacement correct (à la fin donc), Nuits d’Infinis passe beaucoup mieux, et je me suis fait la réflexion à la lecture que j’avais fini par apprécier tous les récits, même si je garde un faible pour ceux de la Mort (parce que c’est la Mort), du Délire (superbe graphiquement) et de Destruction (sans doute parce que c’est un personnage sur lequel on veut toujours en savoir plus).

Voilà pour le tour de cette septième intégrale, je ne vous détaillerais pas les bonus mais comme d’habitude on se régale des planches supplémentaires et des entretiens qui viennent éclairer ce qu’on a lu sous un jour différent.

Je me répète sans doute mais cette réédition par Urban Comics est une superbe réalisation (traduction, bonus, nouvelles colorisations bien moins agressives) qui vaut largement chaque euro que j’ai dépensé pour racheter une série que j’avais pourtant déjà dans son intégralité.

Il aura fallu presque 20 ans (depuis la première tentative par Le Téméraire en 1997) pour y arriver, mais il existe enfin une édition complète française à la hauteur d’une œuvre magnifique que je vous invite à découvrir si ce n’est pas déjà fait (en même temps si ce n’est pas déjà fait, vous n’êtes pas censés lire cet article !).

J’espère maintenant que la traduction des œuvres annexes va suivre. Sandman Overture c’est prévu (je me doute bien que ce ne sera pas aussi bon que le reste mais les dessins font envie), et j’espère bien voir réapparaître une belle édition de la mini-série Death. Et puis Lucifer tant qu’à faire, ça serait bien aussi !

CITRIQ

mardi 23 février 2016

Fables 25 : Adieu – Bill Willingham



Avec un titre comme cela, vous vous en doutez, ce 25e tome (ou 23e, si vous avez attendu l’édition corrigée Urban Comics pour commencer votre collection) est le dernier de Fables. J’avais arrêté de chronique en détail chaque volume depuis quelques temps, mais je me devais de me fendre d’un billet pour faire le bilan d’une lecture qui m’aura occupé pendant huit ans, mine de rien !

Pour ceux qui ont un train de retard, Fables est une série de comics qui propulse des personnages de contes de fées dans notre monde moderne, après qu’ils aient fuit leurs royaumes conquis par un ennemi impitoyable déterminé à éliminer toute magie.

Dans notre monde, les Fables humains vivent au cœur de New York, sous la houlette d’un maire paisible, le roi Cole, et de son adjointe à la poigne de fer, Blanche-Neige. Bigby (aka le grand méchant loup) occupe le poste de shérif, seul monstre autorisé dans ce quartier, alors que les animaux parlants, monstres et autres créatures magiques sont reléguées à la campagne, à la ferme, ce qui crée quelques tensions.

L’histoire commence avec une intrigue policière, alors que la sœur de Blanche-Neige, Rose-Rouge, est assassinée (ou bien ?), et va peu à peu s’étendre dans toutes les directions : alors que l’Adversaire s’intéresse à cette enclave qui lui échappe, action, amour, politique, grandes scènes de combats et petites séquences intimistes seront au rendez-vous.

Les personnages sont nombreux, et on trouve autant de célébrités (comme Cendrillon ou la Belle et la Bête) que de personnages moins connus (Blue Boy). Et ce qui est chouette, c’est qu’ils ont vite fait de nous faire oublier Disney, surtout quand on croise le Prince Charmant (invétéré dragueur divorcé de Blanche-Neige, de Cendrillon et de la Belle au bois dormant) Pinocchio (qui en veut à mort à la Fée bleue de l’avoir coincé dans un corps d’enfant qui l’empêcher de draguer des filles !) ou Cendrillon qui officie comme agent secret.

Le premier cycle, qui court sur les 14 (ou 12) premiers tomes (jusqu’à La guerre des nerfs) et met en scène la lutte contre l’adversaire, est superbe. L’intrigue est superbe, on a vite fait d’accrocher à tous les personnages et à vibrer avec eux dans leurs moments difficiles comme dans leurs petits bonheurs.

Je suis par contre obligée d’avouer que j’ai par la suite commencé à décrocher, la série semblant s’éparpiller dans tous les sens sans réelle cohérence. Un coup on invite un nouveau méchant encore plus puissant (Mr. Dark, terrifiant mais peut-être trop puissant), un coup on se penche sur les enfants de Blanche-Neige (destinés à faire de grandes choses, un chouette moment d’ailleurs) et finalement on revient à la génération d’avant (Blanche-Neige et Rose-Rouge) pour le final.

Les deux derniers tomes, Et ils vécurent heureux… et Adieu mettent donc en scène une confrontation entre les deux sœurs, comme pour mieux refermer une histoire qui avait déjà commencé sur leur opposition (il y a bien longtemps dans le premier tome, Légendes en exil). Il y a une montée en puissance digne d’un film à gros budget, mais j’ai pour ma part eu un peu de mal à y accrocher tant j’ai eu du mal à rassembler les fils des intrigues précédentes.

(d’ailleurs en reparcourant les tomes précédents, j’ai réalisé que ça faisait déjà quelques volumes que j’avais du mal à m’y retrouver)

Je suis un peu passée à côté de cette intrigue, même si j’ai tout de même apprécié que ce soit des personnages féminins qui occupent le devant de la scène, et des chouettes personnages féminins bien forts avec ça (et je dis pas ça uniquement pour le challenge de Lhisbei, de manière générale Fables met bien en valeur ses nombreux personnages féminins).

La deuxième moitié de Adieu est ensuite occupée par les nombreux épilogues qui permettent de faire une dernière fois le tour des personnages pour leur dire au revoir (tout en éclairant les propos de la mystérieuse prophétie énoncée quelques tomes auparavant), ce qui est plutôt plaisant.

Bref Adieu est une conclusion qui ne m’a pas totalement convaincue (sans doute parce que c’est l’aboutissement d’une intrigue qui me semble assez brouillonne), mais je referme quand même avec un petit pincement au cœur ce volume, car Fables est une chouette série de comics qui m’aura accompagné pendant pas mal d’années, mine de rien !

CITRIQ

Item 9 : Lire un roman graphique ou une BD ou un comic avec une femme pour héroïne.

(techniquement là il y en a même deux, et si on cherche un peu c'est un vrai festival d'héroïnes cette conclusion)

vendredi 15 janvier 2016

Replongeons dans Star Wars (3) – L’univers étendu « Legends »

Pour la plupart des gens, Star Wars se résume à six sept films. Les plus observateurs auront noté l’existence de quelques films et séries dérivées (comme Clone Wars), mais il n’y a guère que les fans purs et durs pour connaître l’immensité de ce monde, grâce à tout l’univers étendu qui s’est déployé sur bien des supports au fil des années.

Avec l’arrivée de l’épisode VII, c’est une nouvelle continuité qui s’ouvre. Si bien que tous les livres, BD, jeux vidéo et dessins animés sortis avant lui (à quelques exceptions près) sont donc partis à la corbeille… enfin dans une sorte d’univers alternatif appelé « Legends ».

C’est tout à fait logique (ne serait-ce que d’un point de vue marketing), mais je vous avoue ressentir une pointe de tristesse à voir toutes ces belles histoires tomber dans l’oubli… enfin dans un univers parallèle. J’ai en effet passé d’excellents moments avec Jacen et Jaina Solo, les Spectre et le grand amiral Thrawn (parmi tant d’autres).

Alors avant de leur dire adieu (pour aller peut-être découvrir les nouvelles aventures qui les remplacent), je tenais à faire un petit tour des histoires qui m’ont le plus marqué (pour des raisons plus ou moins valides, comme vous allez le voir). La présentation suit la chronologie Star Wars (l’an 0 étant la bataille de Yavin, l’épisode IV).

  • Autour de -4000 – Knights of the old republic (jeux vidéo – comics)
Se déroulant bien avant les films, cet univers a commencé en jeu vidéo, avec l’excellent Knights of the old republic (un rpg Star Wars vraiment bien fichu, classique mais avec un twist digne de L'Empire contre-attaque, sa suite aurait été grandiose si son développement n’avait pas été rushé, et ça reste un jeu à la Planescape Torment qui soulève plein de questions pertinentes) et s’est étendu aux comics avec l’excellent Chevaliers de l’ancienne république où un jeune padawan est accusé du meurtre de ses camarades en pleine guerre mandolorienne.
J’ai aimé ce bond dans le passé qui permet de s’affranchir des films, de faire du neuf avec du vieux (ou plutôt du vieux avec du neuf)… on s’étonnera parfois de l’absence de décalage technologique (qui existait dans d’anciennes BD se situant à la même époque et beaucoup plus kitschs), mais sinon c’est un excellent univers (qui aurait pu être conservé en plus vu sa distance…).

  • De -44 à -40 – Les apprentis Jedi (romans jeunesse)
Cette série pour la jeunesse se penche sur l’apprentissage d’Obi-Wan (avant La Menace fantôme), où on le voit galérer à se trouver un maître et se comporter parfois comme un ado idiot (mais par rapport à Anakin Skywalker ce n’est rien du tout). C’est un vrai bonheur à lire car c’est du jeunesse qui ne prend pas les enfants pour des idiots, et on apprécie d’autant plus le duo qu’il forme avec Qui-Gon dans l’épisode I. J’ai prescrit la série à mon filleul, c’est comme ça qu’il est entré dans l’univers Star Wars !

  • -22 – Point de rupture (roman)
Un roman écrit par Matthew Stover qui se penche sur le personnage de Mace Windu pendant la Guerre des Clones, alors qu’il retourne sur sa « charmante » planète natale. Point de rupture donne une épaisseur formidable à un personnage qui jusque-là était classe uniquement à cause de son sabre violet et de son interprète. C’est donc ultra-intéressant de plonger dans sa tête, et quand il passe à l’action, on comprend pourquoi il est maître Jedi (rien à voir avec sa performance dans l’épisode III !). La plupart des romans de l’époque Guerre des Clones sont intéressants, mais celui-là est de loin le meilleur.

  • De -22 à -19 – Clone Wars (comics)
De tous les comics Star Wars que j’ai acheté, voilà une des trois séries de comics que je ne revendrais jamais (avec Chevaliers de l’ancienne république et Legacy, si vous voulez tout savoir). Sautant d’un personnage à l’autre, mettant en scène autant Anakin et Obi-Wan que les Jedi d’arrière-plan (notamment l'excellent Quinlan Vos et son ancienne apprentie Aayla Secura), Clone Wars est un excellent moyen de combler les trous entre les épisodes II et III, avec des petites et des grandes histoires.

  • An 3 – Les ombres de l’empire (roman)
Cet excellent roman fait le pont entre L’Empire contre-attaque et Le Retour du Jedi, expliquant les progrès faits par Luke dans sa maîtrise de la Force, comment Leia a acquis son déguisement et bien d’autres choses (par exemple ce que magouillait Vador pendant ce temps). C’est sans doute le roman le plus accessible de Star Wars, qui se lit avec grand plaisir (sauf un ou deux passages avec Xizor, pas qu'ils soient graphiques ou quoi que ce soit, mais je pense que Star Wars n’est juste pas un univers adapté aux prédateurs sexuels !).

  • An 5 – Luke Skywalker and the Shadow of Mindor (roman)
Le dernier roman de l’univers étendu que j’ai lu (à ce jour, ça changera peut-être) est une aventure très fun qui met en scène Luke, Han, Leia et toute la bande dans une aventure rocambolesque juste après Le Retour du Jedi, avec de l’action, de l’humour, plein de rebondissements et de délicieux renvois à l’épisode III. Un régal ! Et j’en dis plus sur cette page.

  • Ans 6-7 – Les X-Wings (romans & les comics sont bien aussi même si j’en parle pas)
Il n’est pas toujours aisé de rentrer dans des romans Star Wars quand les héros traditionnels ne sont pas au rendez-vous… sauf pour les X-Wings, où l’on suit les traces de l’Escadron Rogue dirigé par Wedge Antilles en pleine reconquête de Coruscant. Presque que des inconnus au casting (Wedge, Wes et Hobbie sont juste des figurants dans les films), mais on se retrouve tous à les aimer pour leurs exploits, leurs troubles intérieurs et bien sûr leur humour ! La suite évoque les aventures l’Escadron Spectre, improbable assortiment de pilotes aux talents inattendus (dont un ancien acteur de films de propagande impériale et un gamoréen génie des mathématiques), c’est encore plus drôle. Yub yub commandant !

  • An 8 – Le mariage de la Princesse Leia (roman)
C’est l’un des tous premiers romans Star Wars que j’ai lu, du coup je le cite plus pour le souvenir que pour son intrigue, digne de Feux de l’amour (avec Leia qui est coincée entre deux soupirants). Mais c’est les Feux de l’amour à la sauce Star Wars où dans ce cas un des prétendants enlève la belle et l’emmène sur l’étrange planète Dathormir (un must à visiter avec ses sorcières dompteuses de rancors qui asservissent les hommes et qui ont collé une peignée à Yoda 400 ans auparavant !) tandis que le deuxième (ce n'est pas Han, lui c'est le kidnappeur !) part la sauver avec le frérot en quête d'archives Jedi… avec du recul, cette intrigue est une honte, mais mettez-vous à la place de l’ado qui lisait son premier vrai roman Star Wars, c’était magique ! (et en plus les sorcières de Dathormir se sont vraiment fondues dans l’univers étendu ensuite)

  • An 9 – La croisade noire du Jedi fou (romans)
Sans doute les meilleurs épisodes VII-VIII-IX non officiels, où un grand amiral de l’Empire semble bien parti pour mettre à bas la toute nouvelle république, alors que Luke continue ses recherches sur la Force et que Han et Leia commencent à fonder une famille. On retrouve tous les personnages des films avec plaisir, on se régale des nouveaux venus (la fameuse Mara Jade notamment), l’intrigue est riche et prenante, et accessoirement le grand amiral Thrawn restera toujours pour moi le meilleur méchant de tous les temps Star Wars (alors qu’il n’a même pas la Force, un comble !). C'était si artistiquement fait.

  • An 10 – L’empire des ténèbres (comics)
Pendant longtemps ça a été la BD que je voulais lire à tout prix à cause de son intrigue alléchante où l’Empereur revient à la vie et où Luke passe du côté obscur. J’avoue qu’après tant d’attente (d'ailleurs je venais enfin de dénicher le dernier tome quand toute la série a été rééditée chez Delcourt... pfff), le résultat n’a pas été à la hauteur de mes espérances, notamment à cause d’une colorisation juste affreuse tout en vert et rose et de dessins qui ne vendent pas du rêve (vous comprendrez pourquoi je trouve Sandman est de toute beauté en comparaison).


Le scénario non plus ne brille pas particulièrement par son intelligence ou sa complexité (amateurs de super armes, venez découvrir les dévastateurs de monde et le canon galactique !). Aujourd’hui cette série de comics a un côté complètement désuet à côté de la plaque, mais en même temps elle a un petit côté fondateur qui m’oblige à la mentionner.


  • Ans 22-24 – Les Jeunes chevaliers Jedi (romans jeunesse)
Encore une de mes premières lectures, cette fois-ci il s’agit d’une série jeunesse qui met en scène les aventures des enfants Solo à l’académie Jedi. On suit les enfants de Han et Leia, le neveu de Chewbacca et la fille de l'ancien soupirant de Leia et d'une sorcière de Dathormir (je savais bien qu'il fallait que je vous parle de son mariage pour quelque chose) qui accomplissent des exploits improbables (et apprennent à devenir des Jedi parfois). Du coup ça ressemble parfois un peu trop au Club des Cinq v 2.0 apprend à maîtriser la Force, mais on s’amuse des caractères parfois inversés des héros (Jaina aime la mécanique tandis que Jacen s’occupe des animaux !), des caméos des héros traditionnels. Et la série n’oublie pas de traiter quelques sujets graves ici et là (la drogue notamment).

  • Ans 25-29 – Le Nouvel ordre Jedi (roman)
Cette série de livres est difficile à oublier puisque c’est avec elle que s’est ouvert l’ère des grands chambardements. Après des années de romans plutôt tranquilles (une menace arrive, les héros sont en danger, ils gagnent au bout de trois tomes maximum), voilà qu’est lancée une série ambitieuse mettant en scène des méchants à la limite de l’invincible car invisibles dans la Force (autant dire que les Jedi prennent cher). L’Univers étendu a alors pris un sacré virage, puisque le premier roman mettait en scène la mort d’un personnage qu’on n’aurait pas cru mortel (bon remarquez il a quand même fallu qu’il se prenne une lune sur la tête !). Après ça, tout semblait permis, ou presque, ce qui a contribué à tenir en haleine jusqu’à la conclusion. Une belle saga épique qu’on garde en tête !

  • An 137 et + – Legacy (comics)
Cette série de comics se déroule plus de 100 ans après Le Retour du Jedi, et pour le coup c’est un sacré vent d’air frais, car même si on suit les pas d’un descendant inattendu de Luke Skywalker qui fait face au côté obscur, Cade Skywalker n’a rien d’un héros au début. J’ai beaucoup aimé cette série pour son inventivité à se projeter dans le futur, pour l’ambiance très sombre et pour les étranges conversations du dernier Skywalker avec son ancêtre Luke (où il explique à son aïeul qu’il se drogue pour ne plus avoir à lui parler !).

Voilà, cette petite promenade au pays des légendes Star Wars est terminée. Pour compléter cette sélection éclectique, je vous renvoie à deux articles que j’avais déjà fait sur ce sujet (ici pour les romans et ici pour les comics), que j’aurais dû relire avant d’écrire celui-là, ça m’aurait évité d’oublier la trilogie Yan Solo (son cousin est un authentique connard, et sa première copine voulait devenir conservatrice de musée, vous le saviez ça ?). Maintenant que cette rétrospective est terminée, je vais enfin vous parler de l’épisode VII !

lundi 7 décembre 2015

Seconds – Bryan Lee O’Malley


Il y a quelques années de cela, j’étais tombée sous le charme de Scott Pilgrim, un hybride manga-comic qui racontait les déboires (amoureux entre autres) d’un jeune adulte un peu à la masse qui se retrouve à combattre les sept ex maléfiques de sa nouvelle petite copine avec moult références vidéoludiques. Tout cela était fort geek mais les références étaient utilisées avec beaucoup de justesse pour parler des choses de la vie.

J’ai donc été ravie de découvrir grâce à Lhisbei l’album Seconds réalisé par le même auteur, où l’héroïne s’appelle cette fois-ci Katie. Elle est chef dans un restaurant à succès et rêve d’ouvrir son propre restaurant. Alors que son rêve prend du retard, elle tombe un soir sur son ancien petit ami, ce qui la bouleverse et entraîne des conséquences malheureuses.

Heureusement, elle trouve dans sa chambre le soir un champignon magique qui lui permet d’effacer son erreur pendant la nuit. Qui ne tente n’a rien, Kathy tente l’aventure et constate à son réveil le lendemain matin que les évènements ont été légèrement altérés comme elle le souhaitait. Très vite, elle cherche à corriger d’autres choses, et les ennuis commencent.

Seconds, c’est un peu une sorte de Scott Pilgrim 2.0 au féminin : le format est plus grand, la couleur est au rendez-vous (Scott Pilgrim a aussi été colorisé entre temps ceci dit) et le récit s’éparpille un peu moins (je n’ai pas eu cette sensation de confusion qui m’avait accompagné parfois dans Scott Pilgrim).

Les références geek sont bien moins nombreuses (ce qui le rend plus accessible), mais j’ai retrouvé cette même capacité à très bien parler de choses simples de la vie (l’amour, l’amitié, l’accomplissement personnel) avec des moyens qui ne sont pas conventionnels (et qui ne sont donc pas barbants).

Ici l’histoire exploite le registre du fantastique et du voyage dans le temps, une belle manière de prendre un peu de distance pour mieux voir les choses (à l’image de beaucoup de littératures de l’imaginaire), mais à une dose très légère qui fait qu’on trouve tout à fait normal de pouvoir réécrire sa vie en mangeant des champignons avant de se coucher !

Seconds se révèle donc un très chouette moment de lecture, autant pour ses petits écarts avec la réalité que pour son ton extrêmement juste. Pour ma part, c’est un livre qui m’a immédiatement parlé, et j’espère qu’il en sera de même pour vous s’il croise votre chemin.

CITRIQ

jeudi 23 juillet 2015

Sandman intégrale 6 - Neil Gaiman


Après la petite pause dans l’auberge Au bout des mondes du tome précédent, Sandman entre dans sa dernière phase avec cette sixième intégrale qui se compose d’un seul et unique récit, Les Bienveillantes, aussi important par sa taille (350 pages !) que par son contenu.

Tout commence lorsque le fils de Lyta (vous vous souvenez de La Maison de poupées ?), Daniel est enlevé. Sa mère, persuadée que le Rêve en est responsable, sombre dans la folie et cherche à se venger en faisant appel aux Furies (ou Bienveillantes, pour ne pas les offenser), les divinités gréco-romaines chargées de punir les meurtriers. Voilà qui pourrait bien mettre en péril le Royaume du Rêve.

Présentée comme cela, l’intrigue des Bienveillantes pourrait être incroyablement simple (et terriblement basique, on imagine déjà l’affrontement à coups d’effets spéciaux), mais univers de Sandman oblige, il n’en est rien. Au contraire, c’est de loin le récit le plus complexe de toute la série. Et il fallait bien ça pour écrire la conclusion de cette série gigantesque (les récits publiés après ne sont qu’épilogues et bonus).

Il est assez difficile de rentrer dans les détails, déjà parce je serais forcée de vous spoiler l’intrigue (à ce sujet, si vous êtes un nouveau lecteur, n’oubliez pas de sauter la préface !), mais aussi parce que même au bout de je-ne-sais combien de relectures, j’ai toujours du mal à comprendre comment Gaiman a réussi à écrire un truc aussi magistral et inattendu.

Les Bienveillantes est un récit en apparence linéaire, mais qui pourtant se déploie à la façon d’un arbre gigantesque, basculant d’un monde à un autre, d’un personnage à un autre, d’un niveau de lecture à un autre. Le résultat pourrait ressembler à un gigantesque bazar, mais pourtant tout est extrêmement structuré, rien n’est laissé au hasard et personne n’a été oublié.

C’est d’ailleurs l’élément qui m’avait bluffé dès la première lecture : l’ampleur du casting. Nombreux sont les personnages des tomes précédents à y tenir un rôle (que leur histoire soit restée en suspens ou non), et leur présence ne relève jamais du clin d’œil, elle participe à l’histoire.

Et quelle histoire avec ça ! Il est assez difficile de la décrire en quelques mots, mais je ne peux m’empêcher de lui trouver d’incroyables qualités littéraires, ce qui peut sembler un peu étrange pour un comic. Et pourtant, dans la construction, il y a vraiment de ça. Alors que cette histoire ne tiendrait pas la route sur un autre support, sans le scénario de Gaiman et les dessins de Marc Hempel (en apparence simplistes mais très expressifs et idéaux pour cette histoire).

Les Bienveillantes est donc le final en apothéose qu’on était en droit d’attendre pour une série telle que Sandman, et si vous avez apprécié votre lecture jusque-là, vous ne pourrez que savourer ce tome-ci.

Côté bonus, cette intégrale est plutôt maigrichonne (le script d’un chapitre et les traditionnels entretiens & analyses), mais comme d’habitude ils apportent de nombreux éclaircissements bienvenus. Et au moins il n’est pas mentionné au dos que cette histoire peut se lire indépendamment des autres (n’est-ce pas Panini ?).

CITRIQ

vendredi 9 janvier 2015

Sandman intégrale 5 - Neil Gaiman


Une chronique sur Sandman, cela faisait longtemps non ? Et quel meilleur moyen d'ouvrir la valse des chroniques de livres de cette nouvelle année que par un petit Neil Gaiman ? Oui je sais, avec l'épisode de Noël de Doctor Who la semaine dernière, on ne peut pas vraiment dire que je fais dans l'innovation ou dans l'originalité, mais quand on aime, pourquoi se priver ?

Au sommaire de ce volume : Ramadan, une histoire isolée qui s'intégrait autrefois au recueil Fables & Réflexions ; Au bout du monde, une histoire pleine d'histoires ; et Les chasseurs de rêves, une adaptation en BD d'un roman illustré Sandman. Ce menu n'ayant ni queue ni tête, je vais vous parler de tout en détail !

Ramadan

Illustrée par le talentueux P. Craig Russell, cette histoire courte nous emmène visiter la Bagdad des Mille et unes nuits, celle du calife Haroun Al-Rachid, une ville tellement parfaite que son dirigeant en est troublé... mais je n'en dirais pas plus, la suite c'est à vous de la découvrir.

Ramadan est le numéro le plus populaire de la série (on apprend d'ailleurs dans les bonus qu'il s'est écoulé à 250 000 exemplaires !) et sa réputation n'est pas volée. A la limite du roman illustré parfois, cette histoire est un petit joyau. Le texte en lui-même est magnifique, rendant avec brio la sobriété et le rythme des contes, et il est superbement mis en images dans un style orientalisant parfait jusque dans les moindres détails (y compris la graphie des textes).

Cela ne se ferait décemment pas de parler plus longuement de cette histoire de quelques pages que du reste de ce volume de Sandman, du coup je ne développerais pas plus, mais Ramadan reste pour moi une des plus belles histoires de cet univers, et je ne me lasse jamais de la relire !

Au bout des mondes

Lors d'une « tempête de réalité », différents voyageurs issus de multiples mondes et de multiples époques se retrouvent dans une auberge, au bout des mondes. Fées, humains, centaures... tous ensemble, pour passer le temps, échangent des histoires : la leur, celle qu'on leur a raconté, et parfois au cœur de ces récits, on trouve encore des histoires.

Pour cette longue histoire, j'avais déjà écrit une chronique lors de sa sortie aux éditions Panini. Je l'avais alors trouvé un peu en deçà des autres tomes. Aujourd'hui je l'apprécie un peu plus, mais je l'aborde avec une meilleure connaissance de la série.

Au bout des mondes est en fait une histoire qui reprend le modèle des Contes de Canterbury de Chaucer dans sa forme (une histoire remplie d'histoires). Si je me fie aux dires de Stephen King qui signe la préface de ce volume, ce n'est que la plus évidente des nombreuses références littéraires qui jalonnent l'intrigue, mais je vous avoue que je suis probablement passée complètement à côté des dites références !

Ceci dit ça ne gâche rien au plaisir de la lecture car Au bout du monde présente en effet tout un tas de petites histoires très variées, et c’est un format où Gaiman excelle.

Le conte des deux villes, qui ouvre la valse des récits est un rien inquiétant, avec un style graphique qui contribue grandement à poser l'ambiance.

L'histoire de Cluracan (fée qui fait son retour après la Saison des brumes) est un peu insatisfaisante (Gaiman lui même n'en est pas satisfait, à lire les bonus), mais permet de remettre certains personnages en tête pour la suite.

Le Leviathan de Hob est par contre un de mes récits préférés. Outre le fait qu'il mette en scène un personnage récurrent de la série (je ne le cache pas vraiment, lisez le titre), c'est une très belle histoire sur la mer, superbement illustrée, et le petit plaisir d'en savoir plus que le narrateur dans cette histoire.

Un garçon en or est une histoire un peu étrange, le genre de conte plein d'espoir dont on ne sait pas trop si on doit y croire ou au contraire complètement le rejeter. Accessoirement il dépoussière également un vieux personnage DC, mais ça il fallait le savoir !

Linceuls est un récit un peu étrange se déroulant dans une cité de croque-morts. C'est très perturbant à la première lecture, mais il contient quelques éléments très intéressants, notamment sur la façon dont on traite les morts mais aussi des petits trucs qui prendront leur sens dans la suite de l'histoire.

Quand au dernier numéro de cette histoire, il ne contient pas vraiment de conte (quoique le récit de Charlene puisse compter comme tel, il offre un contrepoint intéressant au reste de l'histoire), mais un événement que je ne détaillerais pas, mais qui s'étale magnifiquement sur des doubles pages... et qui vous fait un peu comprendre qu'Au bout du monde était une sorte d'interlude.

La tempête de réalité prenant fin, il est ensuite grand temps de reprendre la route...

Les chasseurs de rêves

Mais avant de continuer à suivre la grande histoire de Sandman, faisons un petit détour par le Japon avec Les chasseurs de rêves. J'ai été surprise que cette histoire (plutôt récente) s'intercale ici, mais j'imagine que c'était ça ou couper le tome suivant en deux, ce qui n'est pas imaginable.

Les chasseurs de rêves, dans la version présentée ici, est l'adaptation BD d'un roman illustré réalisé par Neil Gaiman et Yoshitaka Amano. L'histoire est un (pseudo) conte japonais mettant en scène un moine et une renarde, bien évidemment lié au monde des rêves.

J'ai personnellement la chance d'avoir la version illustrée par Amano dans ma bibliothèque, et la comparaison fait un peu mal, je vous laisse juger :


Même si l'adaptation de P. Craig Russell est superbe, elle ne me fera jamais oublier la version originale de l'histoire. Ceci dit si vous ne la connaissez pas, vous serez sans aucun doute ravi par ce superbe conte faussement japonais.

(oui dans la postface de l'édition illustrée par Amano, Gaiman prétend s'être inspiré d'une vraie légende japonaise, tout le monde l'a pris au mot alors qu'il raconte dans les bonus de l'édition Russell qu'il a tout inventé parce qu'ils avaient besoin d'une page supplémentaire de remplissage !)

L'ambiance fait parfaitement illusion, et l'univers de Sandman s'invite de façon plutôt discrète et fort agréable dans cet environnement japonais. Un moment de lecture très agréable... pourvu qu'on ait oublié Amano !

Les bonus

Comme toujours l'édition Urban Comics est richement pourvue : entretiens très enrichissants avec l'auteur, script de Ramadan (Gaiman ayant en gros écrit le texte et laissé Russell se débrouiller tout seul), quelques beaux crayonnés et variantes de couverture... un petit dessert délicieux pour conclure une lecture comme toujours très agréable !

CITRIQ

jeudi 24 juillet 2014

Sandman intégrale 4 - Neil Gaiman


Et nous voilà arrivés à mi-chemin avec ce quatrième volume de Sandman (sur les sept que devrait compter cette nouvelle édition française). Je ne suis pas certaine que ce soit le milieu exact de la série en ce qui concerne la numérotation, mais en matière d'intrigue, il n'y a pas à douter, on a atteint le tournant de l'histoire.

Le tome 4 mélange, comme le précédent, des histoires courtes (qui formaient auparavant le volume Fables et réflexions) et une intrigue plus dense, celle de Vies brèves. Alors que j'avais trouvé le mélange étrange dans le tome 3, celui-ci est bien mieux passé cette fois-ci, sans doute parce que les histoires courtes sont moins nombreuses (trois seulement), et que l'une d'elle est en lien direct avec la grande intrigue, ce qui la met finalement beaucoup plus en valeur.

La peur de choir

Cette petite histoire porte sur un metteur en scène qui s'apprête à tout lâcher juste avant la première de sa pièce, et qui fait alors un rêve très étrange. Même si c'est un récit assez anecdoctique, je l'aime bien car il met bien en avant toute l'étrangeté des rêves qu'on faire, et offre une jolie mise en bouche avant la suite de l'histoire.

Le parlement des freux

L'histoire suivante continue à nous faire explorer le rêve, au travers d'une séance de thé et de contes chez Abel et Cain. L'ambiance est forcément étrange, et c'est assez délicieux de voir interagir les différents habitants du Rêve entre eux. J'aime aussi les différentes histoires racontées, certaines restant à l'esprit bien après la lecture.

Le chant d'Orphée

Après deux récits plutôt courts, on s'attaque à un texte plus consistant qui réécrit le mythe d'Orphée en l'intégrant à la mythologie Sandman, détaillant enfin l'histoire d'un personnage évoqué dans Calliope et au centre de l'histoire de Thermidor.

C'est assez marrant parce que la réécriture n'a rien d'extraordinaire en elle-même (même si c'est assez rigolo de croiser les Infinis à un mariage en Grèce antique), mais j'ai été frappée en relisant cette histoire par le rôle centrale qu'elle joue dans l'intrigue.

Du coup je trouve qu'il est bien plus agréable de la trouver dans le même tome et juste avant Vies brèves plutôt que séparée comme dans l'ancienne édition, tant elle permet de mesurer le chemin parcouru par le Rêve depuis l'histoire d'Orphée, tout en donnant le contexte nécessaire pour aborder le dernier acte de l'histoire.

Vies brèves

J'avais déjà eu l'occasion de chroniquer ce récit il y a quelques années de cela, et c'est assez marrant de voir à quel point j'ai toujours autant de mal à parler de cette aventure où le Rêve part en compagnie du Délire à la recherche de son frère disparu, Destruction. Il faut dire que c'est vraiment le début du dernier acte, après la lecture de cette histoire, il n'est juste plus possible de revenir en arrière (et ne parlons même pas d'abandonner la lecture).

J'aime beaucoup le fait que ce soit une histoire d'Infinis, où tous font au moins une apparition, ce qui donne l'occasion de leur découvrir tout plein de nuances (notamment lorsqu'on croise le Désespoir). Et il est difficile de résister au duo formé par le Rêve (extrèmement sérieux) et le Délire (tellement colorée et excentrique).

J'aime également leurs pérégrinations dans le monde réel et la belle galerie de personnages rencontrés (ou manqués de peu). Comme d'habitude, les petites histoires sont aussi intéressantes que la grande, et on savoure les appartés et flash-backs éventuels autant que le reste.

Bref c'est une superbe histoire comme on ne peut en lire que dans Sandman, et on relit ça avec le même plaisir que lors de la première lecture (d'autant plus qu'on en profite pour éclaircir certaines allusions au passage, vu qu'on a toutes les cartes en main).

Les bonus

De ce côté-ci on est plutôt gâté dans ce volume : de très belles galeries d'images, les habituels et très enrichissants entretiens avec l'auteur, et Comment ils se sont rencontrés, une petite histoire avec le Désir que je ne suis pas sûre d'avoir comprise (mais il doit me manquer quelques références culturelles).

Bref, comme d'habitude, on n'est pas volé sur la marchandise. Il ne me reste plus qu'à patienter jusqu'au volume suivant, qui arrivera très vite je l'espère !

CITRIQ

vendredi 18 juillet 2014

Saga (tomes 1-2) - Brian Vaughan & Fiona Staples


L’an dernier, j’avais beaucoup entendu parler de Saga, nouvelle série de comics de Brian Vaughan qui avait l’air d’être le nec plus ultra du space-opera. Il était donc assez logique (d’autant plus que j’ai apprécié Y le dernier homme) de finir par l’emprunter à la bibliothèque pour me faire mon propre avis.

Le problème, c’est qu’on m’avait tellement chanté les louanges de cette histoire que je me suis retrouvée dans cette affreuse situation où on est déçu juste parce qu’on ne sautille pas sur place à la lecture tellement c’est bon. Et pourtant c’est pas mal comme lecture !

Mais je m’avance un peu, commençons déjà par parler de l’histoire. Dans Saga, nous suivons les pas d’Alana et de Marko, un couple contre nature puisqu’ils appartiennent à des peuples ennemis depuis tellement de générations qu’ils en sont arrivés à délocaliser leur conflit sur d’autres planètes.

Forcément, leur relation ne plait pas à tout le monde (et même à personne), du coup une bonne partie de la galaxie est à leurs trousses, d’autant plus qu’ils ont osé en plus concevoir un enfant (l’histoire commence d’ailleurs sur l’accouchement d’Alana, on découvrira bien après l’histoire de leur rencontre).

Comme je le disais, je m’attendais à être époustouflée par ce comic (à l’image de Y le dernier homme), du coup j’ai été un peu déçue en lisant le premier tome. C’est finalement avec le tome 2 que j’ai abordé avec moins d’exigence (et sans passer par la case découverte de l’univers), que j’ai commencé à vraiment apprécier l’histoire.

Saga est en effet un space-opéra assez particulier, puisque son intrigue joue franchement la carte de l’amoûûûr, et pas forcément dans son aspect le plus guimauve. Non Brian Vaughan préfère nous balancer toutes les difficultés de la vie de couple, certes avec beaucoup d’humour mais pour le coup c’est vraiment délicieux, rafraichissant et pas nunuche pour deux sous.

L’univers dans lequel se déroule Saga se révèle plutôt riche : mercenaires impitoyables (ou presque), bordels galactiques, royautés robotiques, et même une touche de magie… on est vraiment dans le pur space-opera complètement décomplexé.

Bref sans être une révélation, Saga est une série qui se lit avec plaisir, plutôt drôle, assez adulte (ça peut sembler bon enfant mais y’a deux trois scènes pour lecteurs avertis comme on dit), qui fait parfois mouche sur certains sujets.

J’espère juste qu’avec un nom comme ça, on n’en prend pas pour une série de 25 tomes !

CITRIQ

mercredi 7 mai 2014

Mezolith tome 1 - Haggarty & Brockbank


Je n’avais pas vraiment prévu d’ouvrir mon challenge par cette lecture, mais je suis tombée par hasard sur cette BD (un comic anglais en fait) à la bibliothèque, je ne pouvais donc que l’emprunter et la lire vu sa thématique on ne peut plus préhistorique.

Edité dans la collection Soleil Celtic (voilà qui va rouvrir le début sur la place des Celtes dans la préhistoire ou non !), Mezolith a l’immense atout d’être une histoire complète (ou plutôt un recueil d’histoires courtes). Un tome 2, recueil d’autres récits est néanmoins prévu cette année, du moins en VO.


Mezolith nous emmène donc comme son titre l’indique au mésolithique, cet âge « de transition » quelque part entre le paléolithique et le néolithique, où les hommes commencent à se sédentariser sans pour autant se faire agriculteurs et tout le tintouin.

On y suit principalement les déambulations de Poika, un jeune garçon qui voudrait bien être assez grand pour pouvoir chasser avec les hommes, et qui au gré des aventures se frotte autant à la dure réalité de la vie qu’à la magie des histoires qu’on raconte dans son clan.


Chaque petite histoire vient en effet avec sa légende ou son conte, ce qui donne vraiment un ton très particulier à ce récit : on alterne entre vie quotidienne de l’époque (avec un parti-pris très réaliste de ce que je peux en juger) et histoires dignes d’un recueil de contes modernes (géantes, femmes-cygnes ou corbeaux, etc.).

Cela donne une vraie profondeur à l’univers, et on s’offre donc une promenade bien sympathique à travers ces temps anciens. Je serais bien contente de poursuivre l’aventure, si la suite arrive un jour en France.

CITRIQ