mercredi 21 décembre 2011

Le Songe d’une nuit d’été (théâtre)


La semaine dernière, je suis allée au théâtre voir une pièce (ce qui explique sûrement la tempête qui a suivi pendant la nuit pour célébrer ce fait exceptionnel), et pas n’importe laquelle, puisqu’il s’agit du Songe d’une nuit d’été de William Shakespeare, monté en ce moment au théâtre de la Porte Saint Martin.

En fait ma cousine de passage à Paris voulait avoir un spectacle, et avait des vues sur Cabaret, sauf que les places qui restaient étaient un peu trop chères. Assez ironiquement, entre la scénographie et les costumes de certains acteurs du Songe d'une nuit d'été, on s’y serait parfois cru, dans un cabaret…

Le Songe d’une nuit d’été est une pièce que j’avais toujours rêvé de voir, sans doute parce qu’on trouve tellement de références à elles dans le domaine de la fantasy qu’on finit par avoir l’impression de la connaître sans l’avoir vu (merci notamment à Neil Gaiman et Garry Kilworth).

Et puis, la première vraie pièce de théâtre que j’ai eu l’occasion de voir au lycée était la Tempête (du même auteur, pour ceux qui ne suivraient pas), que nous avions étudié en long, en large et en travers (en français, en théâtre, en histoire de l’art…) et ça a été un pur moment d’éblouissement que j'avais bien envie de retenter l'expérience.

Bref, le Songe d’une nuit d’été nous conte l’histoire de quatre jeunes gens : Lysandre aime Hermia (et réciproquement), mais Hermia doit se marier à Demetrius, qui ignore complètement Helena, folle amoureuse de lui. Lorsque les deux premiers s’enfuient ensemble, Helena révèle leur fuite à Demetrius, et tout ce joyeux monde se retrouve dans les bois où rôdent Obéron, Titiana et leurs cohortes, si bien que les quatre jeunes gens vont vite se retrouver mêlés à des histoires de fées.

C’est évidemment l’argument qui attire tout bon fan de fantasy qui se respecte, et dans la première partie de la pièce, entre deux querelles d’amoureux, on a le droit à une bonne dose de magie : transformation en âne, filtre d’amour, et querelles de fées en veux-tu en voilà, avec un Puck dont on a du mal à savoir s’il écoute réellement son roi ou s’il n’en fait qu’à sa tête.

Je ne m’attendais par contre pas du tout à cette deuxième partie complètement différente (pour citer ma cousine, « on dirait du Molière »), bien plus axée comédie, avec toute une mise en abîme sur le théâtre particulièrement bien orchestrée. Je suis même allée vérifier en rentrant si ça faisait bien partie de la pièce, c’est dire.

En tout cas c’est une très belle pièce, facile à suivre (il y a une vingtaine d’acteurs sur scène sans qu’on s’y perde), légère sans être frivole (Helena m’a même beaucoup émue dans certaines de ses répliques), avec tout ce jeu sur le théâtre que je trouve absolument merveilleux.

Côté adaptation, cette version au théâtre Saint Martin était vendu pour ses deux têtes d’affiche (Lorànt Deutsch et Mélanie Doutey), mais ce ne sont pas les acteurs qui portent la pièce (le premier interprète Puck, un rôle taillé sur mesure, et la deuxième ne m’a pas marqué plus que ça), j’ai plus apprécié les « vrais » acteurs de théâtre dont le nom est écrit en tout petit sur l’affiche.

La mise en scène est signée Nicolas Briançon, et j’ai trouvé le parti pris esthétique tout à fait intéressante pour les décors, l’ambiance, les costumes… on ne sait jamais trop si on est dans une forêt ou dans un cabaret, et les fées (bien qu’ayant peu de répliques) contribuent à donner une atmosphère assez étrange à l’ensemble quand on les voit se tortiller dans leurs costumes moulants tout en imitant les écureuils.

Bref, j’ai trouvé cette pièce fort chouette sur le fond comme sur la forme, et a réveillé mes envies de théâtre. Elle est présentée jusqu'au 2 janvier, donc si vous êtes en région parisienne, n’hésitez pas, on trouve des places soldées sur Internet avec un placement tout à fait correct même au troisième balcon.

4 commentaires:

  1. Nous y allons pour le 31 ! On cherchait une soirée de nouvel an un peu différente des autres années.

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  2. C'est une bonne idée ça, et vous échapperez aux hordes de lycéens dans la salle ^^

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  3. Cette pièce de Shakespeare était l'une de mes préférées, ado, j'étais complètement tombée sous le charme de ce Songe.
    Cela donne envie de le découvrir au théâtre en tout cas.

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  4. C'est très chouette à voir jouer en vrai en effet, comme toute pièce de théâtre d'ailleurs ^^

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