mercredi 7 décembre 2011

Contes de villes et de fusées (anthologie)


Voilà le genre d’anthologie qu’il est facile de me convaincre de lire. Je cultive depuis très jeune une passion pour les contes de fées, et j’adore quand les auteurs modernes se les réapproprient à leur façon. Je ne ferais certainement pas dans l’originalité en vous citant Tanith Lee ou Neil Gaiman (Neige, verre et pommes reste une de ses plus belles nouvelles).

Chez les auteurs anglophones, c’est quelque chose de très courant, mais très peu de textes arrivent finalement en version française (je pense à Belle qui est loin d’être la seule réécriture de Robin McKinley). Heureusement, quelques auteurs français s’amusent aussi avec le sujet, il faudrait d’ailleurs que je pense à noter les quelques références données par Lucie Chenu en introduction.

Bref, Contes de villes et de fusées, sans surprise, est une anthologie qui revisite les contes de fées, avec pour particularité de les situer dans un univers moderne ou futuriste, comme le suggère son titre.

L’idée est sympathique, je n’y ai cependant pas tant accroché que ça. Je pense que je suis assez attachée au « Il était une fois » qui situe l’action à une époque et dans un lieu lointains, du coup le côté terre à terre ne passe pas toujours très bien.

Et puis le conte tel qu’on le connaît est une histoire efficace qui ne s’attarde pas sur les personnages (souvent brossés en deux coups de crayons) ou sur des réflexions, et du coup j’ai un peu buté sur les nouvelles qui le faisaient, je ne me sentais pas dans un conte du coup.

Ca se ressent assez quand on voit les nouvelles que j’ai préféré, ce sont souvent les plus légères, les plus efficaces, et les plus SF du lot :

- Une histoire de Désir, de Delphine Imbert, la Belle au bois dormant (en version complète ogresse incluse !) remixée à la sauce SF, particulièrement fine dans ses parallèles (j’ai beaucoup aimé les fées qui deviennent des généticiens) ;

- Grain de sel et bretelle, de Pierre Gévart, une réécriture rigolote de Hansel et Gretel dans le futur qui ne se prend pas la tête ;

- La Petite Capuche rouge de Nico Bally, extrêmement courte et diablement efficace, je ne sais pas si c’est prévu mais j’ai bien rigolé en lisant ce petit chaperon rouge revisité dans les cités ;

- Corner Girl de Charlotte Bousquet, bel univers, histoire prenante, en dépit du fait que je n’ai aucun souvenir du conte dont elle s’inspire ;

- Le Pacha Botté de Silvie Miller et Philippe Ward, qui suit apparemment d’autres nouvelles dans le même univers égyptomaniaque avec des dieux égyptiens de de partout, il va falloir que je m’y intéresse, c’est très drôle comme univers ;

- Swan le bien nommé, de Mélanie Fazi, sans doute parce que je reste obsédé par le conte d’origine, et que comme toujours avec cette auteure, on retrouve cette atmosphère dense presque oppressante. C’est une des rares nouvelles « sérieuses » du recueil à laquelle j’ai accroché ;

- Sacrifices de Léonor Lara, délicieusement noire, et dont j’ai trouvé le petit texte en fin de nouvelle diablement intéressant, c’est le genre de technique pour retourner le conte que j’apprécie particulièrement.

J’aurais pu en relever quelques autres mais globalement ce sont celles-ci qui m’ont le plus marqué. Sur une anthologie qui en contient 16, c’est plutôt un bon score. Même si je n’ai pas tout aimé, ça fait plaisir de lire des anthologies, je devrais m’y remettre plus sérieusement (je garde toujours de très bons souvenirs de celles publiées chez l’Oxymore).


4 commentaires:

  1. Le Pacha Botté c'est l'une des nouvelles que j'ai préféré, et je veux aussi découvrir ses autres aventures.

    Par contre, le conte revisité du Petit chaperon rouge, elle m'a totalement dégoutée et brrrrrr. J'ai pas du tout aimé celle ci ^^

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  2. C'est vrai que j'ai beaucoup aimé Une histoire de désir, Corner Girl, Swan le bien nommé. J'ai eu un peu plus de mal avec La petite Capuche rouge, il faut bien l'avouer. Par contre, je ne me souviens pas de sacrifices :/
    Je suis sans doute davantage rentrée que toi dans le livre, j'ai trouvé que ces nouvelles étaient un joli tour de main :)

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  3. Pour la petite capuche, en fait c'est assez bizarre. D'un côté je trouve le texte révoltant avec une narration qui m'a pas forcément plus, mais la façon dont le conte est détourné/retourné m'a marqué, et du coup ça m'a fait rire. Et je l'ai gardé en mémoire.

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