samedi 17 octobre 2026

La vallée aux échos – Scott Alexander Howard

Couverture de La vallée aux échos

Il y a des livres qu'on pense par avance adorer et à côté desquels on passe complètement, et j’en ai beaucoup chroniqué dernièrement. Heureusement, il y en a d'autres dont on n'attend pas forcément grand chose et qui font mouche, malgré tout. Et ça fait toujours plaisir.

Je dois avouer que sur le papier, ce roman ne m’attirait pas plus que ça avec sa « vision époustouflante du voyage dans le temps » dixit le blurb sur la couverture. J’ai tellement lu sur le sujet que j’ai un peu de mal à être encore réellement émerveillée par le sujet.

Mais les bons retours m'ont convaincue de lui donner sa chance. Ça et le fait de l'avoir croisé sur le présentoir des nouveautés à la bibliothèque (et c’est généralement le seul endroit que j'ai le droit de regarder avant de devoir aller vérifier que mes enfants ne sont pas en train de faire n'importe quoi dans la section jeunesse 😂). Et puis j’étais en train de caler sur Les irresponsables alors j’ai tenté ça en lecture du soir et j’ai lu 50 pages avant de dormir, mais quel pied !

La vallée aux échos
se déroule dans une vallée assez particulière puisque celle-ci est entourée d’une frontière lourdement gardée qui interdit tout voyage et pour cause : si l’on part vers l’Est, on arrive à la même vallée, mais 20 ans dans le futur, et phénomène inverse à l’Ouest, on remonte le temps.

Tout déplacement n’est cependant pas interdit, mais doit faire l’objet d’une demande motivée au Conseil. Et c’est justement ce Conseil que pourrait bien rejoindre Odile, une jeune fille de 16 ans qui cherche un apprentissage.

Ce roman travaille donc la question du voyage dans le temps avec un concept de base qui sans être époustouflant (sans doute parce que dans mon cas j’ai pensé directement à Jo Walton et Pierre-de-Vie même si ce n’est pas tout à fait ça) est quand même un peu plus original que l’habituelle machine ou faille spatio-temporelle.

Et petite originalité, La vallée aux échos aborde le sujet par l’aspect moral, et c’est ce que j’ai trouvé très original. Le voyage dans le temps est un concept qui a son charme pour les paradoxes, l’interrogation sur les conséquences, et le roman explore bien sûr ces questions, mais il y ajoute une vraie réflexion sur la légitimité de ces voyages d’un point de vue personnel : typiquement, est-ce qu’un époux endeuillé a le droit à revoir une dernière fois sa femme en vie ? Même s’il risque de modifier le passé ?

Ajoutez à ça une figure d’adolescente qui se cherche plutôt attachante (c’est un peu cliché mais ça fonctionne toujours pour s’ancrer à un personnage), un univers bien pensé et une histoire finalement très intime et un récit qui globalement se lit tout seul et vous obtenez une très chouette lecture.

Pour être honnête je pense qu’il y a un peu d’euphorie de ma part lié au fait que ça m’a fait du bien de dévorer un livre après avoir autant ramé sur mes lectures précédentes, mais tant bien même, il y a dans ce roman des idées et un ton très intimiste qui méritent qu'on y jette un œil.

Infos utiles : La vallée aux échos (The other valley) est un roman de Scott Alexander Howard sorti en 2024 en VO et en 2026 en VF chez Nouveaux millénaires. Traduction d’Hélène Collon. Couverture d’Antoine Beauvois. 379 pages.

D’autres avis : Les lectures du Maki, Le Syndrome Quickson

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