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lundi 7 décembre 2015

Seconds – Bryan Lee O’Malley


Il y a quelques années de cela, j’étais tombée sous le charme de Scott Pilgrim, un hybride manga-comic qui racontait les déboires (amoureux entre autres) d’un jeune adulte un peu à la masse qui se retrouve à combattre les sept ex maléfiques de sa nouvelle petite copine avec moult références vidéoludiques. Tout cela était fort geek mais les références étaient utilisées avec beaucoup de justesse pour parler des choses de la vie.

J’ai donc été ravie de découvrir grâce à Lhisbei l’album Seconds réalisé par le même auteur, où l’héroïne s’appelle cette fois-ci Katie. Elle est chef dans un restaurant à succès et rêve d’ouvrir son propre restaurant. Alors que son rêve prend du retard, elle tombe un soir sur son ancien petit ami, ce qui la bouleverse et entraîne des conséquences malheureuses.

Heureusement, elle trouve dans sa chambre le soir un champignon magique qui lui permet d’effacer son erreur pendant la nuit. Qui ne tente n’a rien, Kathy tente l’aventure et constate à son réveil le lendemain matin que les évènements ont été légèrement altérés comme elle le souhaitait. Très vite, elle cherche à corriger d’autres choses, et les ennuis commencent.

Seconds, c’est un peu une sorte de Scott Pilgrim 2.0 au féminin : le format est plus grand, la couleur est au rendez-vous (Scott Pilgrim a aussi été colorisé entre temps ceci dit) et le récit s’éparpille un peu moins (je n’ai pas eu cette sensation de confusion qui m’avait accompagné parfois dans Scott Pilgrim).

Les références geek sont bien moins nombreuses (ce qui le rend plus accessible), mais j’ai retrouvé cette même capacité à très bien parler de choses simples de la vie (l’amour, l’amitié, l’accomplissement personnel) avec des moyens qui ne sont pas conventionnels (et qui ne sont donc pas barbants).

Ici l’histoire exploite le registre du fantastique et du voyage dans le temps, une belle manière de prendre un peu de distance pour mieux voir les choses (à l’image de beaucoup de littératures de l’imaginaire), mais à une dose très légère qui fait qu’on trouve tout à fait normal de pouvoir réécrire sa vie en mangeant des champignons avant de se coucher !

Seconds se révèle donc un très chouette moment de lecture, autant pour ses petits écarts avec la réalité que pour son ton extrêmement juste. Pour ma part, c’est un livre qui m’a immédiatement parlé, et j’espère qu’il en sera de même pour vous s’il croise votre chemin.

CITRIQ

mardi 19 juillet 2011

Scott Pilgrim finest hour - Bryan Lee O’Malley


Et voilà enfin arrivé le sixième et dernier volume de Scott Pilgrim en version française. Je l’attendais avec une certaine impatience, et le résultat est tout à fait à la hauteur de mes espérances. Pour bien faire, il faudrait que je relise la série d’une traite pour mieux apprécier cette conclusion, mais ça attendra les vacances.

Ce dernier tome reprend l’histoire après le départ de Ramona, et nous emmène logiquement vers la confrontation finale avec Gidéon, bien que celle-ci prenne son temps pour arriver, et qu’elle ne ressemble en rien à celle du film.

Si vous avez vu l’adaptation, ne croyez donc pas déjà tout savoir, si on retrouve pas mal d’éléments, ils ne sont jamais là où on les attend. A part peut-être la vie supplémentaire, bien évidemment, et encore.

A l’image des tomes précédents, c’est extrêmement agréable à lire, et si on a toujours l’impression d’être un peu égaré dans l’histoire, à force de suivre les pérégrinations de Scott qui est dans le brouillard 24h/24, on commence à mieux connaitre le casting et retrouver ses marques.

Comme d’habitude, on retrouve les dialogues qui fusent et les retournements de situation absurdes et très vidéoludiques, voir un mélange des deux qui est toujours très savoureux :
Désolé Maman, fausse alerte. Je t’avais bien dit que Scott avait gagné une vie dans le volume trois.
Oui, l’auteur aime briser le 4e mur, je devrais presque lui reprocher, mais c’est tellement assumé que ça passe très bien.

La grande qualité de ce tome (qu’on trouvait déjà dans les autres, même si ce n’était pas toujours aussi flagrant), c’est que l’histoire ne s’arrête pas à des combats façon jeux vidéo d’ex maléfiques, au contraire, elle aborde des choses très terre à terre.

Sous ses délires, toute l’histoire de Scott est un peu celle du passage à l’âge adulte, et sa relation compliquée avec Ramona lui donne l’occasion de mûrir (tous les deux mûrissent d’ailleurs), d’apprendre à s’accepter et à accepter que l’autre ne soit pas non plus parfait(e).

On ne s’attend pas du tout à trouver ça dans ce genre de texte (moi je ne m’y attendais pas du tout), et c’est une chouette réussite d’arriver à parler de choses banales au travers d’un univers très geek, en tout cas moi ça m’a tout de suite parlé.

C’est une opinion très personnelle, mais j’ai l’impression qu’à sa manière, Bryan Lee O’Malley fait comprendre que toute la culture geek parfois regardée avec dédain (super-héros, jeux vidéo et autres), ce n’est (certainement) pas, et même jamais au grand jamais, un retour en enfance (le premier qui me parle d’adulescent se prend une baffe), c’est aussi une façon de parler de soi, de manière assez obscure pour ceux qui n’ont pas les codes, mais n’empêche.

Bien sûr que déclarer son amour à qui ce soit ne permet pas de se sortir une épée du cœur, et que personne n’a jamais gagné des vies supplémentaires en dégommant les ex de sa petite copine, mais finalement c’est juste une autre manière de parler de la vie, d’une façon un peu folle ce qui la rend nettement attirante qu’une histoire plus terre à terre.

Bref, je trouve que la série Scott Pilgrim est une très belle réussite à ce titre, et si on pourra lui reprocher un côté parfois un peu confus, et des personnages pas évidents à situer au début, c’est drôle, parfois émouvant, et très agréable à lire.

Un vrai délice de geek, alors maintenant que la série est complète, n’hésitez pas (et si vous êtes pas geek, c’est bien aussi pour vous !).

CITRIQ

mardi 22 mars 2011

Scott Pilgrim vs the universe - Bryan O'Malley


Petit à petit, la France rattrape son retard et voilà que le tome 5 de Scott Pilgrim (l’avant-dernier, donc) arrive enfin sur les tables des librairies, juste avant la sortie en DVD comme l’indique si bien l’autocollant collé sur le volume d’ailleurs (et je ne peux que lui souhaiter une plus longue vie sur DVD que sur les écrans de cinéma, ce qui ne devrait pas être dur en même temps…).

Dans le dernier épisode, Scott venait donc de vaincre le 4e (enfin la 4e) ex maléfique de Ramona, de trouver un boulot et d’emménager avec l’amour de sa vie, tout allait bien donc, mais ça n’allait pas durer, bien évidemment…

Scott Pilgrim vs the universe, qui porte très bien son titre, nous emmènera assister à l’affrontement de Scott contre les jumeaux ex maléfiques (les ex maléfiques jumeaux ? les ex jumeaux maléfiques ? je vous laisse choisir…), mais aussi contre la vie de couple, le passé de Ramona, les soirées à thème de Julie, un groupe qui se délite…

C’est toujours un peu difficile de faire le résumé d’un tome vu l’enchainement improbable de scènes qui le composent, mais comme toujours c’est un plaisir à lire.

Bryan O’Malley a vraiment le don de croquer des scènes de vie qui sonnent incroyablement vraies (Ramona et Scott dans leur appartement, avec des dialogues parfois très touchants), entre lesquels s’intercalent des passages complètement absurdes d’inspiration très vidéoludique, qui sont aussi épiques que drôles.

Evidemment, comme tout avant-dernier tome qui se respecte, le cliffhanger est de mise pour la fin, et même si je sais plus ou moins à quoi m’attendre grâce au film, j’ai tout de même hâte de lire la « vraie » fin.

CITRIQ

samedi 18 décembre 2010

Scott Pilgrim gets it together - Bryan Lee O'Malley


Après tout il ne faut pas s’arrêter en si bon chemin ! Juste après le film, j’ai profité du retour des trois tomes précédents en ma possession pour les relire (même que j’ai trouvé la 2e lecture plus agréable, le film aidant à mieux replacer tous les personnages), et c’est donc tout naturellement que je me suis jetée sur le tome 4 de Scott Pilgrim en librairie.

Je vous épargne le résumé riche en spoilers, pour faire simple il faut chaud, la vie de Scott est une fois de plus bouleversée, et accessoirement le 4e ex maléfique de Ramona en veut à sa vie… que du classique quoi !

Ceci dit j’ai été surprise d’entrée de jeu. Ou plutôt en fin de jeu, parce que j’ai machinalement regardé la dernière page en faisant la queue à la caisse. Je vous invite à faire de même, c’était bien drôle et complètement inattendu. L’autre surprise, c’est que les premières pages sont en couleur. Ca fait presque peur d’ailleurs, et au bout de quatre pages, je préfère autant la version monochrome.

A part ça que dire ? Dans la lignée des tomes précédents, ce 4e Scott Pilgrim est très drôle, plein de références tordues, de dialogues cinglants, de scènes aberrantes et de retournements de situation absurdes. La galerie de personnages est tartinée, et doucement mais sûrement, on commence à s’attacher à eux (sauf Julie, il ne faut pas exagérer !).

Sous cet air de comédie, on découvre petit à petit des gens normaux, des jeunes adultes un peu paumés (surtout Scott), complètement à la ramasse dans leurs relations, fauchés, rêveurs… toute la bande est tout de même drôlement attachante.

Et la suite n’arrive en France qu’en mars…
En plus la VO me tente, les jeux de mots étaient tellement meilleurs dans le film…

CITRIQ

mardi 26 octobre 2010

Scott Pilgrim 1-3 - Bryan Lee O’Malley


1. Scot Pilgrim : Precious little life
2. Scott Pilgrim vs the world
3. Scott Pilgrim & the infinite sadness

Comme j’avais beaucoup entendu parler de cette série, pendant que son adaptation cinématographique se fait attendre, j’ai décidé de me mettre aux comics pour me mettre en appétit. Comics qui sont au demeurant assez étrange : petit format, pas de papier glacé, en noir et blanc, complètement à l’opposé de ce que je lis d’habitude donc. Pour un peu je m’attendais à un sens de lecture inversé d’ailleurs !

Côté style graphique, c’est assez sommaire également, mais plutôt plaisant une fois qu’on est rentré dans l’histoire. Le seul point négatif, c’est que les personnages ne sont pas forcément évidemment à différencier, ayant souvent la même tête.

Mais c’est excellent comme série, dès le premier chapitre. Pas tant à cause du pitch de Scott Pilgrim qui doit vaincre les sept petits amis maléfiques de sa chère et tendre, mais plutôt dans la façon dont tout cela est raconté.


Le tome 1 commence sur une sorte de teen-movie avec des échanges bien mordants entre potes et des romances à l’eau de rose. Si ce n’est pour le mode de déplacement particulier de Ramona Flowers, on jurerait qu’on est dans un monde normal.

Et tout à coup avant même de comprendre de quoi il en retourne, sur la fin du tome 1, on bascule dans une forme de grand n’importe quoi à mi-chemin entre le jeu vidéo et l’histoire de super-héros où Scott se castagne avec le premier petit copain maléfique de Ramona.

Les deux tomes suivants suivent la même recette, avec ce jeu déjanté où on bascule sans cesse d’une parfaite normalité avec parfois des passages plutôt émouvant à des délires complètement hallucinants, notamment sur les combats. A cela il faut ajouter une bonne dose de second degré, notamment quand l’auteur met en valeur ses propres ficelles pourries : « Ce qu’il me faut, c’est une sorte de… genre… un deus ex machina tout bidon de dernière minute ! »

Bref, c’est un peu confus, voir complètement barré, autant dire que c’est le genre de délire qui me plait tout à fait. La galerie des personnages est sacrément tartinée, et les dialogues sont plutôt succulents dans leur genre, je me suis même surprise à rire franchement dans certains passages. Vivement la suite !

CITRIQ