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samedi 17 décembre 2022

The Sandman : Acte III 🎧 – Neil Gaiman & Dirk Maggs

Couverture de The Sandman : acte 3

Au mois de novembre, je me suis littéralement jetée sur l’acte III de l’adaptation audio de The Sandman. Parce que c’est Neil Gaiman ? Bien sûr. Parce que les deux premiers actes étaient très bons ? Évidemment. Parce que l’adaptation s’attaque à une de mes parties préférées ? Complètement.

samedi 15 octobre 2022

The Sandman – Saison 1

Affiche de la série

Si vous me demandiez quelle est la meilleure œuvre de Neil Gaiman, je vous répondrais sans aucune hésitation la série de comics Sandman. C’est pour moi un véritable chef d’œuvre pour plein de raisons et je m’en suis expliquée à de multiples occasions, lors de ma dernière relecture au format papier ou en écoutant la très récent et non moins excellente version audio. Et l’adaptation en série alors ?

samedi 26 mars 2022

The Sandman : Acte II 🎧 – Neil Gaiman & Dirk Maggs

The Sandman version audio - Couverture

L’an dernier, j’étais tombée sous le charme de l’adaptation audio de la série de comics Sandman. J’ai été tellement convaincue que dans la foulée j’ai définitivement adopté l’écoute de livres audio, même si c’est souvent à vitesse d’escargot. Forcément, je ne pouvais donc que me jeter sur l’acte 2 qui est sorti en français à la fin du mois de janvier.

samedi 26 février 2022

Sandman Death – Neil Gaiman

Sandman Death - Couverture

À la fin de l’année dernière, Urban Comics a complété le cycle de Sandman en traduisant enfin The Absolute Death, le recueil VO comprenant toutes les histoires mettant en scène grande sœur du Rêve. Même si je connaissais déjà toutes ces histoires ou presque, je n’ai pas résisté à l’achat histoire d’harmoniser ma collection (enfin…)

vendredi 28 mai 2021

The Sandman 🎧 – Neil Gaiman & Dirk Maggs

The Sandman (Audible) - Couverture

Si vous ne l’aviez pas encore remarqué, je suis légèrement accro aux créations de Neil Gaiman, peu importe leur support. Et s’il y a une œuvre que j’aime plus que toutes les autres, c’est sa série de comics Sandman. J’ai parfois du mal à la recommander parce que ce n’est pas toujours une œuvre facile à aborder, cela n’en reste pas moins pour moi un chef d’œuvre. Pour ceux qui n’en n’ont jamais entendu parler, je vous renvoie à un précédent article qui présente l’ensemble de la série (et pourquoi il faut la lire bien sûr).

mardi 10 janvier 2017

Sandman Ouverture - Neil Gaiman, J.H. Williams & Dave Stewart


Vous pensiez en avoir fini avec Sandman ? Pas tout à fait. Si la série s’est terminée il y a déjà bien des années, Neil Gaiman a décidé de raconter récemment une dernière histoire qui se déroule Préludes & Nocturnes. Comme quoi il n’y a pas que dans Star Wars que les prequels sont à la mode !

Sandman Ouverture, comme son nom l’indique, se situe donc légèrement en amont du premier volume de la série, et vise à expliquer un des derniers mystères restants de la série : qu’avait donc fait le Rêve avant le début de l'histoire pour pouvoir être capturé aussi facilement ? Il faudra le lire pour en savoir plus…

mercredi 9 mars 2016

Sandman intégrale 7 - Neil Gaiman


Et nous voilà arrivés à la conclusion. Enfin techniquement ce n’en est plus vraiment une depuis la sortie de Sandman Overture (prologue à l’histoire qui devrait bientôt arriver en France), mais c’est tout de même avec cette dernière intégrale qu’on met un point final à cet incroyable univers qu’est Sandman. Du coup comme je ne peux décemment pas parler de son contenu sans rien dire de l’intrigue, passez votre chemin si vous n’êtes pas à jour (ou mieux encore, courez acheter/emprunter toute la série, lisez-la et revenez me voir !).

Au menu de ce septième tome : La veillée (tome 10 de la série et best conclusion ever), La dernière histoire du Sandman (qui nécessitait d’être un fan ultime pour pouvoir la lire auparavant), Chasseurs de rêves bis (en version Amano cette fois-ci, sublime) et Nuits d’infinis (anciennement le tome 11, sympathique bonus). En avant pour la présentation détaillée !

La veillée

Dans l’ancienne édition, ce récit s’intitulait « Veillée funéraire », tout un programme donc. La nouvelle traduction fait preuve d’un peu plus de discrétion même si on sait vers quoi on va une fois lu le récit des Bienveillantes. Nous voilà donc partis pour un épilogue en trois parties.

Commençons par le plus long, La veillée à proprement parler. Le Rêve est donc mort, et a été remplacé par une nouvelle incarnation. Mais avant que celle-ci ne prenne officiellement ses fonctions (s’éveille en quelques sortes, il y a un joli double sens dans le titre original The Wake), une cérémonie est organisée à la mémoire du défunt.

Une cérémonie qui se déroule dans le Rêve, et où tout le monde est invité : Infinis, dieux et simples mortels humains et de manière général tous ceux qui ont pu apparaître dans la série. La particularité du récit, c’est le lecteur est également invité : la narration se fait en grande partie à la deuxième personne, ce qui fait qu’on se sent forcément impliqué.

La veillée est à tout point de vue un récit extraordinaire : dans sa narration et sa capacité à rassembler tous les personnages, mais aussi dans ses dessins réalisés par Michael Zulli. Si j’ai bien compris ils n’ont pas été colorisés mais numérisés tels quels, et le résultat est superbe :


(Je vous l’avais bien dit, Sandman mérite qu’on passe outre les dessins des premiers numéros, car on est largement récompensé par la suite !)

Je pourrais vous écrire des pages entières sur ce récit mais cela n’égalera jamais le plaisir que vous aurez à le lire, alors je m’arrête là et je vous laisse apprécier cette extraordinaire conclusion.

L’histoire aurait pu s’arrêter là, mais La veillée intègre deux autres récits, comme autant de conclusions alternatives : Exils et La tempête.

Le premier met en scène un sage chinois qui s’égare dans une zone floue. Une fois encore, la narration comme les dessins de John J. Muth sont magnifiques, et l’association des deux est parfaite.

Le deuxième, vous vous en doutez peut-être, nous ramène à Shakespeare et s’offre une très belle mise en abîme sur l’auteur anglais, sa dernière pièce (souvent présentée comme son testament) et le Rêve. Un récit très documenté donc (ayant étudié la pièce au lycée, je me suis régalée de cette façon de la revisiter) mais plus accessible que Le songe d’une nuit d’été (intégrale 2) pour qui ne connaît pas l’œuvre. On retrouve Charles Vess au dessin (comme pour Le songe d’une nuit d’été), ais-je besoin de vous dire que le résultat est merveilleux ?

La dernière histoire du Sandman

Jusqu’à maintenant c’était presque un récit inédit puisqu’il avait été publié dans le recueil des couvertures de Sandman, un bouquin qui a été édité totalement en margé de la série en France chez Reporter. L’ouvrage est fort intéressant à parcourir pour mieux profiter des œuvres de Dave McKean, mais aussi pour les étranges anecdotes qui entourent parfois leur création (il faut vraiment être fan pour vouloir le lire, je vous l’avais bien dit). Urban Comics promet de le rééditer, chic alors !

A part ça La dernière histoire de Sandman est un récit assez anecdotique en lui-même mais fort gaimanien dans cette manière de gommer les frontières entre réel et imaginaire. Je n’en dirais pas plus, c’est une petite lecture sympathique.

Chasseurs de rêves

Je vous avais déjà parlé de la version signée P. Craig Russell intégrée au tome 5, cette fois-ci on a le droit à l’originale, la nouvelle illustrée par Yoshitaka Amano. Je ne vous referais pas le topo, Chasseurs de rêves est juste un petit bijou, et maintenant que j’ai lu les deux versions, je peux vous dire que les sensations ne sont pas les mêmes selon si on opte pour l’illustrateur japonais ou américain !

Nuits d'infinis

La dernière partie de cette intégrale est un peu à part, il s’agit de petites histoires indépendantes publiées bien après la fin de la série, et qui se consacrent chacune à un des Infinis. Chacun de ces récits adopte donc un ton différent, et fait appel à un illustrateur différent.

Forcément, il est difficile d’accrocher à tous les récits, car certains sont fort étrangement mis en page (celui du Désespoir notamment) et pas forcément faciles à appréhender. Enfin tout dépend de quand on le lit.

Pour la petite anecdote, quand Delcourt a décidé de publier Sandman, le choix a été fait de publier d’abord le tome 4 –réputé plus accessible- et le tome 11, Nuits éternelles (son titre de l'époque) soit disant excellente porte d’entrée… sauf que tout n’est pas compréhensible lorsqu’on n’est pas familiarisé avec l’univers, et que les histoires révèlent un certain nombre d’éléments (notamment la mort du Rêve ou l’identité du frère du Rêve qui est parti et qui n’est pas explicitement nommé de suite dans la série). Inutile de dire que je n’ai pas trop apprécié à l’époque.

Lu comme un bonus et à son emplacement correct (à la fin donc), Nuits d’Infinis passe beaucoup mieux, et je me suis fait la réflexion à la lecture que j’avais fini par apprécier tous les récits, même si je garde un faible pour ceux de la Mort (parce que c’est la Mort), du Délire (superbe graphiquement) et de Destruction (sans doute parce que c’est un personnage sur lequel on veut toujours en savoir plus).

Voilà pour le tour de cette septième intégrale, je ne vous détaillerais pas les bonus mais comme d’habitude on se régale des planches supplémentaires et des entretiens qui viennent éclairer ce qu’on a lu sous un jour différent.

Je me répète sans doute mais cette réédition par Urban Comics est une superbe réalisation (traduction, bonus, nouvelles colorisations bien moins agressives) qui vaut largement chaque euro que j’ai dépensé pour racheter une série que j’avais pourtant déjà dans son intégralité.

Il aura fallu presque 20 ans (depuis la première tentative par Le Téméraire en 1997) pour y arriver, mais il existe enfin une édition complète française à la hauteur d’une œuvre magnifique que je vous invite à découvrir si ce n’est pas déjà fait (en même temps si ce n’est pas déjà fait, vous n’êtes pas censés lire cet article !).

J’espère maintenant que la traduction des œuvres annexes va suivre. Sandman Overture c’est prévu (je me doute bien que ce ne sera pas aussi bon que le reste mais les dessins font envie), et j’espère bien voir réapparaître une belle édition de la mini-série Death. Et puis Lucifer tant qu’à faire, ça serait bien aussi !

CITRIQ

jeudi 23 juillet 2015

Sandman intégrale 6 - Neil Gaiman


Après la petite pause dans l’auberge Au bout des mondes du tome précédent, Sandman entre dans sa dernière phase avec cette sixième intégrale qui se compose d’un seul et unique récit, Les Bienveillantes, aussi important par sa taille (350 pages !) que par son contenu.

Tout commence lorsque le fils de Lyta (vous vous souvenez de La Maison de poupées ?), Daniel est enlevé. Sa mère, persuadée que le Rêve en est responsable, sombre dans la folie et cherche à se venger en faisant appel aux Furies (ou Bienveillantes, pour ne pas les offenser), les divinités gréco-romaines chargées de punir les meurtriers. Voilà qui pourrait bien mettre en péril le Royaume du Rêve.

Présentée comme cela, l’intrigue des Bienveillantes pourrait être incroyablement simple (et terriblement basique, on imagine déjà l’affrontement à coups d’effets spéciaux), mais univers de Sandman oblige, il n’en est rien. Au contraire, c’est de loin le récit le plus complexe de toute la série. Et il fallait bien ça pour écrire la conclusion de cette série gigantesque (les récits publiés après ne sont qu’épilogues et bonus).

Il est assez difficile de rentrer dans les détails, déjà parce je serais forcée de vous spoiler l’intrigue (à ce sujet, si vous êtes un nouveau lecteur, n’oubliez pas de sauter la préface !), mais aussi parce que même au bout de je-ne-sais combien de relectures, j’ai toujours du mal à comprendre comment Gaiman a réussi à écrire un truc aussi magistral et inattendu.

Les Bienveillantes est un récit en apparence linéaire, mais qui pourtant se déploie à la façon d’un arbre gigantesque, basculant d’un monde à un autre, d’un personnage à un autre, d’un niveau de lecture à un autre. Le résultat pourrait ressembler à un gigantesque bazar, mais pourtant tout est extrêmement structuré, rien n’est laissé au hasard et personne n’a été oublié.

C’est d’ailleurs l’élément qui m’avait bluffé dès la première lecture : l’ampleur du casting. Nombreux sont les personnages des tomes précédents à y tenir un rôle (que leur histoire soit restée en suspens ou non), et leur présence ne relève jamais du clin d’œil, elle participe à l’histoire.

Et quelle histoire avec ça ! Il est assez difficile de la décrire en quelques mots, mais je ne peux m’empêcher de lui trouver d’incroyables qualités littéraires, ce qui peut sembler un peu étrange pour un comic. Et pourtant, dans la construction, il y a vraiment de ça. Alors que cette histoire ne tiendrait pas la route sur un autre support, sans le scénario de Gaiman et les dessins de Marc Hempel (en apparence simplistes mais très expressifs et idéaux pour cette histoire).

Les Bienveillantes est donc le final en apothéose qu’on était en droit d’attendre pour une série telle que Sandman, et si vous avez apprécié votre lecture jusque-là, vous ne pourrez que savourer ce tome-ci.

Côté bonus, cette intégrale est plutôt maigrichonne (le script d’un chapitre et les traditionnels entretiens & analyses), mais comme d’habitude ils apportent de nombreux éclaircissements bienvenus. Et au moins il n’est pas mentionné au dos que cette histoire peut se lire indépendamment des autres (n’est-ce pas Panini ?).

CITRIQ

vendredi 9 janvier 2015

Sandman intégrale 5 - Neil Gaiman


Une chronique sur Sandman, cela faisait longtemps non ? Et quel meilleur moyen d'ouvrir la valse des chroniques de livres de cette nouvelle année que par un petit Neil Gaiman ? Oui je sais, avec l'épisode de Noël de Doctor Who la semaine dernière, on ne peut pas vraiment dire que je fais dans l'innovation ou dans l'originalité, mais quand on aime, pourquoi se priver ?

Au sommaire de ce volume : Ramadan, une histoire isolée qui s'intégrait autrefois au recueil Fables & Réflexions ; Au bout du monde, une histoire pleine d'histoires ; et Les chasseurs de rêves, une adaptation en BD d'un roman illustré Sandman. Ce menu n'ayant ni queue ni tête, je vais vous parler de tout en détail !

Ramadan

Illustrée par le talentueux P. Craig Russell, cette histoire courte nous emmène visiter la Bagdad des Mille et unes nuits, celle du calife Haroun Al-Rachid, une ville tellement parfaite que son dirigeant en est troublé... mais je n'en dirais pas plus, la suite c'est à vous de la découvrir.

Ramadan est le numéro le plus populaire de la série (on apprend d'ailleurs dans les bonus qu'il s'est écoulé à 250 000 exemplaires !) et sa réputation n'est pas volée. A la limite du roman illustré parfois, cette histoire est un petit joyau. Le texte en lui-même est magnifique, rendant avec brio la sobriété et le rythme des contes, et il est superbement mis en images dans un style orientalisant parfait jusque dans les moindres détails (y compris la graphie des textes).

Cela ne se ferait décemment pas de parler plus longuement de cette histoire de quelques pages que du reste de ce volume de Sandman, du coup je ne développerais pas plus, mais Ramadan reste pour moi une des plus belles histoires de cet univers, et je ne me lasse jamais de la relire !

Au bout des mondes

Lors d'une « tempête de réalité », différents voyageurs issus de multiples mondes et de multiples époques se retrouvent dans une auberge, au bout des mondes. Fées, humains, centaures... tous ensemble, pour passer le temps, échangent des histoires : la leur, celle qu'on leur a raconté, et parfois au cœur de ces récits, on trouve encore des histoires.

Pour cette longue histoire, j'avais déjà écrit une chronique lors de sa sortie aux éditions Panini. Je l'avais alors trouvé un peu en deçà des autres tomes. Aujourd'hui je l'apprécie un peu plus, mais je l'aborde avec une meilleure connaissance de la série.

Au bout des mondes est en fait une histoire qui reprend le modèle des Contes de Canterbury de Chaucer dans sa forme (une histoire remplie d'histoires). Si je me fie aux dires de Stephen King qui signe la préface de ce volume, ce n'est que la plus évidente des nombreuses références littéraires qui jalonnent l'intrigue, mais je vous avoue que je suis probablement passée complètement à côté des dites références !

Ceci dit ça ne gâche rien au plaisir de la lecture car Au bout du monde présente en effet tout un tas de petites histoires très variées, et c’est un format où Gaiman excelle.

Le conte des deux villes, qui ouvre la valse des récits est un rien inquiétant, avec un style graphique qui contribue grandement à poser l'ambiance.

L'histoire de Cluracan (fée qui fait son retour après la Saison des brumes) est un peu insatisfaisante (Gaiman lui même n'en est pas satisfait, à lire les bonus), mais permet de remettre certains personnages en tête pour la suite.

Le Leviathan de Hob est par contre un de mes récits préférés. Outre le fait qu'il mette en scène un personnage récurrent de la série (je ne le cache pas vraiment, lisez le titre), c'est une très belle histoire sur la mer, superbement illustrée, et le petit plaisir d'en savoir plus que le narrateur dans cette histoire.

Un garçon en or est une histoire un peu étrange, le genre de conte plein d'espoir dont on ne sait pas trop si on doit y croire ou au contraire complètement le rejeter. Accessoirement il dépoussière également un vieux personnage DC, mais ça il fallait le savoir !

Linceuls est un récit un peu étrange se déroulant dans une cité de croque-morts. C'est très perturbant à la première lecture, mais il contient quelques éléments très intéressants, notamment sur la façon dont on traite les morts mais aussi des petits trucs qui prendront leur sens dans la suite de l'histoire.

Quand au dernier numéro de cette histoire, il ne contient pas vraiment de conte (quoique le récit de Charlene puisse compter comme tel, il offre un contrepoint intéressant au reste de l'histoire), mais un événement que je ne détaillerais pas, mais qui s'étale magnifiquement sur des doubles pages... et qui vous fait un peu comprendre qu'Au bout du monde était une sorte d'interlude.

La tempête de réalité prenant fin, il est ensuite grand temps de reprendre la route...

Les chasseurs de rêves

Mais avant de continuer à suivre la grande histoire de Sandman, faisons un petit détour par le Japon avec Les chasseurs de rêves. J'ai été surprise que cette histoire (plutôt récente) s'intercale ici, mais j'imagine que c'était ça ou couper le tome suivant en deux, ce qui n'est pas imaginable.

Les chasseurs de rêves, dans la version présentée ici, est l'adaptation BD d'un roman illustré réalisé par Neil Gaiman et Yoshitaka Amano. L'histoire est un (pseudo) conte japonais mettant en scène un moine et une renarde, bien évidemment lié au monde des rêves.

J'ai personnellement la chance d'avoir la version illustrée par Amano dans ma bibliothèque, et la comparaison fait un peu mal, je vous laisse juger :


Même si l'adaptation de P. Craig Russell est superbe, elle ne me fera jamais oublier la version originale de l'histoire. Ceci dit si vous ne la connaissez pas, vous serez sans aucun doute ravi par ce superbe conte faussement japonais.

(oui dans la postface de l'édition illustrée par Amano, Gaiman prétend s'être inspiré d'une vraie légende japonaise, tout le monde l'a pris au mot alors qu'il raconte dans les bonus de l'édition Russell qu'il a tout inventé parce qu'ils avaient besoin d'une page supplémentaire de remplissage !)

L'ambiance fait parfaitement illusion, et l'univers de Sandman s'invite de façon plutôt discrète et fort agréable dans cet environnement japonais. Un moment de lecture très agréable... pourvu qu'on ait oublié Amano !

Les bonus

Comme toujours l'édition Urban Comics est richement pourvue : entretiens très enrichissants avec l'auteur, script de Ramadan (Gaiman ayant en gros écrit le texte et laissé Russell se débrouiller tout seul), quelques beaux crayonnés et variantes de couverture... un petit dessert délicieux pour conclure une lecture comme toujours très agréable !

CITRIQ

jeudi 24 juillet 2014

Sandman intégrale 4 - Neil Gaiman


Et nous voilà arrivés à mi-chemin avec ce quatrième volume de Sandman (sur les sept que devrait compter cette nouvelle édition française). Je ne suis pas certaine que ce soit le milieu exact de la série en ce qui concerne la numérotation, mais en matière d'intrigue, il n'y a pas à douter, on a atteint le tournant de l'histoire.

Le tome 4 mélange, comme le précédent, des histoires courtes (qui formaient auparavant le volume Fables et réflexions) et une intrigue plus dense, celle de Vies brèves. Alors que j'avais trouvé le mélange étrange dans le tome 3, celui-ci est bien mieux passé cette fois-ci, sans doute parce que les histoires courtes sont moins nombreuses (trois seulement), et que l'une d'elle est en lien direct avec la grande intrigue, ce qui la met finalement beaucoup plus en valeur.

La peur de choir

Cette petite histoire porte sur un metteur en scène qui s'apprête à tout lâcher juste avant la première de sa pièce, et qui fait alors un rêve très étrange. Même si c'est un récit assez anecdoctique, je l'aime bien car il met bien en avant toute l'étrangeté des rêves qu'on faire, et offre une jolie mise en bouche avant la suite de l'histoire.

Le parlement des freux

L'histoire suivante continue à nous faire explorer le rêve, au travers d'une séance de thé et de contes chez Abel et Cain. L'ambiance est forcément étrange, et c'est assez délicieux de voir interagir les différents habitants du Rêve entre eux. J'aime aussi les différentes histoires racontées, certaines restant à l'esprit bien après la lecture.

Le chant d'Orphée

Après deux récits plutôt courts, on s'attaque à un texte plus consistant qui réécrit le mythe d'Orphée en l'intégrant à la mythologie Sandman, détaillant enfin l'histoire d'un personnage évoqué dans Calliope et au centre de l'histoire de Thermidor.

C'est assez marrant parce que la réécriture n'a rien d'extraordinaire en elle-même (même si c'est assez rigolo de croiser les Infinis à un mariage en Grèce antique), mais j'ai été frappée en relisant cette histoire par le rôle centrale qu'elle joue dans l'intrigue.

Du coup je trouve qu'il est bien plus agréable de la trouver dans le même tome et juste avant Vies brèves plutôt que séparée comme dans l'ancienne édition, tant elle permet de mesurer le chemin parcouru par le Rêve depuis l'histoire d'Orphée, tout en donnant le contexte nécessaire pour aborder le dernier acte de l'histoire.

Vies brèves

J'avais déjà eu l'occasion de chroniquer ce récit il y a quelques années de cela, et c'est assez marrant de voir à quel point j'ai toujours autant de mal à parler de cette aventure où le Rêve part en compagnie du Délire à la recherche de son frère disparu, Destruction. Il faut dire que c'est vraiment le début du dernier acte, après la lecture de cette histoire, il n'est juste plus possible de revenir en arrière (et ne parlons même pas d'abandonner la lecture).

J'aime beaucoup le fait que ce soit une histoire d'Infinis, où tous font au moins une apparition, ce qui donne l'occasion de leur découvrir tout plein de nuances (notamment lorsqu'on croise le Désespoir). Et il est difficile de résister au duo formé par le Rêve (extrèmement sérieux) et le Délire (tellement colorée et excentrique).

J'aime également leurs pérégrinations dans le monde réel et la belle galerie de personnages rencontrés (ou manqués de peu). Comme d'habitude, les petites histoires sont aussi intéressantes que la grande, et on savoure les appartés et flash-backs éventuels autant que le reste.

Bref c'est une superbe histoire comme on ne peut en lire que dans Sandman, et on relit ça avec le même plaisir que lors de la première lecture (d'autant plus qu'on en profite pour éclaircir certaines allusions au passage, vu qu'on a toutes les cartes en main).

Les bonus

De ce côté-ci on est plutôt gâté dans ce volume : de très belles galeries d'images, les habituels et très enrichissants entretiens avec l'auteur, et Comment ils se sont rencontrés, une petite histoire avec le Désir que je ne suis pas sûre d'avoir comprise (mais il doit me manquer quelques références culturelles).

Bref, comme d'habitude, on n'est pas volé sur la marchandise. Il ne me reste plus qu'à patienter jusqu'au volume suivant, qui arrivera très vite je l'espère !

CITRIQ

mercredi 19 mars 2014

Sandman intégrale 3 - Neil Gaiman


Je continue ma redécouverte de Sandman avec cette troisième intégrale publiée par Urban Comics. Si globalement, c’est toujours un plaisir de se replonger dans la série, j’ai trouvé ce volume un peu en dessous.

Je blâme complètement le découpage, qui suit l’ordre de publication originel et non celui des anciennes éditions. Cela me perturbe un peu de perdre l’ensemble si particulier qu’était Fables et réflexions, un volume uniquement composé d’histoires courtes. A la place, les différentes histoires courtes sont dispatchées au gré des intégrales et perdent un peu de leur force.

Rien de grave ceci dit, il me tarde juste que les autres intégrales sortent pour récupérer les histoires qui m’ont manqué à la lecture (et les bonus qui vont avec puisque du coup l’entretien avec l’auteur ne couvre que Le jeu de soi). En attendant et comme toujours, une petite revue détaillée :

Thermidor
On commence avec les aventures de Lady Johanna Constantine (déjà croisée dans La maison de poupées) qui se retrouve embauchée par le Rêve pour retrouver un objet bien particulier en France, en plein milieu de la Terreur. On a donc une sacrée héroïne (dont on aimerait lire toutes les aventures) et de belles références historiques, très plaisant à lire.

Auguste
Auguste, le premier empereur de Rome, embauche un nain comédien pour passer avec lui une journée déguisé en mendiant. Pourquoi donc ? C’est tout le propos de cette histoire qui offre une vision très intéressante de cet empereur de Rome. C’est mon énième relecture et je crois que je viens enfin de capter quelque chose dans ce que raconte l’empereur. Il m’en aura fallu du temps.

Trois septembres et un janvier
De toute la série, c’est une de mes histoires préférées, qui met en scène le seul et unique empereur des Etats-Unis, Norton Ier qui se retrouve au cœur des conflits entre le Rêve et ses frères/sœurs. C’est à la fois drôle et émouvant, et tellement absurde qu’on croirait qu’il s’agit d’un personnage inventé. Et bah non.

Le jeu de soi
Le plus gros morceau du recueil est une histoire difficile à résumer, mettant en scène le personnage de Barbie (qu’on avait croisé dans La maison de poupées) qui se retrouve prise au piège de ses rêves de fantasy plus vrais que nature. C’est une histoire qui m’a toujours un peu posé problème.

Elle déborde pourtant de choses très intéressantes : les rêves de Barbie qui rendent un joli hommage à Oz, Narnia et j’en passe des meilleure ; l’extraordinaire personnage de Wanda ; l’histoire touchante de Foxglove et Hazel ; ce côté « le monde est très petit » si caractéristique des univers de Neil Gaiman où des personnages mineurs des tomes précédents se retrouvent au premier plan, croisant des relations d’autres héros de la série et ainsi de suite.

Et pourtant j’ai toujours un peu de mal à rentrer dedans, et je n’en sors pas pleinement satisfaite. Dans les bonus, l’auteur dit qu’il s’agit d’une histoire « qui dérange », et il n’a pas complètement tort je crois.

A noter que je ne peux que saluer la nouvelle traduction de Patrick Marcel, qui a pris la peine de s'aligner sur la nouvelle traduction du Hobbit pour une petite référence qui est faite à l'oeuvre dans cette histoire. J'ai apprécié ce sens du détail !

La chasse
Un grand-père raconte à sa petite fille une histoire qui se déroule dans une Russie des temps anciens. J’aime beaucoup le format (un conte) les dialogues délicieux entre les deux interlocuteurs, et la conclusion assez rigolote dans son genre. Une histoire certes anecdotique, mais délicieuse.

Zones floues
Après la Rome, le Paris révolutionnaire et la San Francisco du XIXe siècle, nous voilà encore avec vrai-faux récit historique, qui s’intéresse cette fois à Marco Polo dans sa jeunesse. Je n’ai pas vérifié, mais je suppose que l’auteur s’appuie sur un extrait des voyages de Marco Polo pour imaginer ce désert où l’on peut s’égarer par mégarde dans le monde du rêve. Le résultat est onirique juste comme il faut.

Le théâtre de minuit
Et un texte inédit jusque là, un ! Cette étrange histoire met en scène Wesley Dodds alias Sandman, un super-héros qui combat le crime en jetant du gaz soporifique sur les criminels. Menant son enquête à Londres, son chemin croise celui des protagonistes de Préludes et nocturnes, vous savez, la joyeuse bande qui a capturé le rêve. Les dessins sont vraiment sympas, et une petite confrontation entre le Sandman originel, et celui créé par Gaiman, ça ne se refuse pas.

Les fleurs de l’amour
Cachée dans les bonus, cette petite histoire parle du Désir et d’une de ses créatures, le satyre. Ce court récit est plutôt anecdotique, mais les dessins superbes valent le détour.

Voilà pour cette fois, il ne me reste plus qu’à attendre patiemment le volume 4, prévu pour fin mai !

CITRIQ


samedi 15 février 2014

Sandman intégrale 2 - Neil Gaiman


Je continue petit à petit ma redécouverte de Sandman à travers la nouvelle édition Urban Comics, et une chose est sûre : on en a pour son argent ! Même s'ils pèsent un peu sur les bras, ce sont des volumes vraiment plaisants à manipuler et les bonus sont un régal : un long et passionnant entretien avec l’auteur (qui attire l’attention sur plein de détails et éclaircit quelques interrogations quant à l’intrigue), ainsi que les esquisses de deux numéros avec les annotations de l’auteur (que j’ai survolé mais qui feront plaisir aux amateurs de détails).

Cette deuxième intégrale reprend le découpage des anciens volumes 3 et 4, Le domaine du rêve et La saison des brumes, je vais donc le suivre pour ma chronique. Etant dans l’impossibilité de parler de ce tome sans dévoiler une bonne partie de l’intrigue, cette chronique contient des spoilers, vous êtes prévenus !

Le domaine du rêve

Composé de quatre histoires indépendantes, Le domaine du rêve laisse de côté la grande intrigue générale, ce qui lui confère un petit côté anecdotique (d’autant plus que c’est le volume le plus petit de l’ensemble). Pourtant on aurait tort de passer à côté, car à l’exception de la dernière toutes les histoires ont leur importance.

- Calliope : Cette histoire d’une muse capturée par un écrivain en panne d’inspiration est absolument glaçante ; elle a la particularité de mettre en scène un ancien amour du Rêve, faisant ainsi rentrer dans le jeu des éléments qui prendront toute leur importance au fur et à mesure de l’intrigue (car rien n'est jamais dû au hasard dans cette série).

- Un rêve de mille chats : Cette histoire est elle purement anecdotique mais je l’adore parce que c’est une histoire de chats, et une histoire de rêves, et franchement vous ne regarderez plus votre compagnon félin de la même manière ensuite ! Accessoirement, elle peut aussi être un excellent point d’entrée à l’univers de Sandman.

- Le songe d’une nuit d’été : Dans ce récit, William Shakespeare qui vient de terminer d’écrire Un songe d’une nuit d’été à la demande du Rêve, se retrouve à donner une représentation devant un public bien étrange, composé des personnages féériques qu’il met en scène.
Mis à part les très féeriques dessins de Charles Vess, j’avoue avoir mis longtemps à vraiment apprécier le génie de cette histoire… jusqu’à que je vois la pièce d’origine, après quoi tout est devenu limpide. C’est une histoire assez intellectuelle en un sens, vous voilà prévenus ! A noter que ce comic a remporté le World Fantasy Award de la meilleure nouvelle (après quoi les règles ont été changées pour que cela ne se reproduise pas !).

- Façade : C’est peut-être bien l’histoire la plus bizarre du recueil, mettant en scène une vieille super-héroïne oubliée qui ne supporte pas sa vie et cherche à mourir. Les entretiens disponibles en annexe éclaircissent le sens que cherchait à donner Neil Gaiman à ce récit, mais il reste néanmoins très anecdotique dans la série.


La saison des brumes

Après quelques récits indépendants, La saison des brumes est un sacré morceau d’histoire. C’est peut-être parce que c’est un des récits que j’ai le plus relu qu’il impacte autant sur mon opinion, mais je ne peux m’empêcher de lui trouver un petit côté fondateur.

La saison des brumes, c’est le récit où on commence à vraiment prendre conscience de la façon dont Neil Gaiman entrelace les intrigues, puisque suite à une réunion de famille des plus étranges, le Rêve décide de retourner aux Enfers (visités dans Préludes & Nocturnes) pour y délivrer Nada (dont l’histoire est évoquée en prologue de La maison de poupées).

Sauf que Lucifer lui joue un bien vilain tour et lui remet la clé des enfers. Le voilà donc propriétaire d’un domaine que tous lui envient, et c’est toute la crème des dieux, démons et autres créatures mythiques et fantastiques qui débarquent chez lui pour lui réclamer la propriété du lieu.

La saison des brumes a un petit côté proto-American Gods dans sa manière de mettre en scène cette grand messe où se côtoient fées, démons, dieux égyptiens, japonais ou nordiques. Le résultat est absolument délicieux, et je me régale à chaque relecture des entretiens individuels où le Rêve ne cesse de changer d’apparence pour s’adapter à son interlocuteur.

L’intrigue est peut-être ce qui prend le plus au dépourvu : le Rêve fait de longs préparatifs pour une confrontation qui n’a pas lieu, et l’histoire se termine sur un authentique Deus ex-machina qui fait qu’on se demande finalement qui est le héros de cette histoire, entre le Rêve et Lucifer.

Il y a plein de jolis passages dans cette histoire : la réunion de famille qui ouvre l’intrigue (où l’on découvre l’entourage du Rêve, dont le mystérieux « fils prodigue » qui a disparu voilà des années) ; l’histoire du garçon dans son pensionnat anglais où les morts reviennent ; la visite de la bibliothèque du Rêve (qui contient tous les livres jamais écrits, voilà de quoi faire baver bien des lecteurs).

Bref comme toujours avec Sandman, l’histoire s’apprécie autant dans ses grandes lignes que dans ses détails, et on en redemande !

CITRIQ

mardi 28 janvier 2014

Sandman intégrale 1 - Neil Gaiman


Puisque l'introduction de cet article a fini par prendre son indépendance, je vais pouvoir rentrer directement dans le vif du sujet avec cette chronique de la première intégrale de Sandman, version Urban Comics.

Comme j'ai gardé l'habitude de l'ancien découpage en dix volumes, je vous parlerais séparément des deux entités qui constituent ce recueil, Préludes & Nocturnes (Sandman #1-8) et La maison de poupée (Sandman #9-16). Pas de spoiler à ma connaissance, je n’évoque l’intrigue que dans ses grandes lignes.

PRELUDES ET NOCTURNES

Porte d'entrée dans l'univers de Sandman, cette première histoire est peut-être bien une des plus déstabilisantes de toute la série. L'intrigue est pourtant simpliste : le Seigneur des rêves est capturé, il est emprisonné pendant 70 ans, il s'échappe et part en quête de ses outils pour pouvoir reconquérir son royaume.

Mais le ton est assez inattendu, y'a un côté horreur assez affirmé, un melting pot de références DC comme pour donner une légitimité à l'univers (Constantine, la Ligue de Justice, l'Asile d'Arkham), des personnages mythologiques qui s'incrustent à la fête (Abel et Cain, les Parques, Lucifer)

Même à la relecture je ne trouve pas ce récit toujours facile d'accès, bien qu'on y trouve en germe tout Sandman (dont certains éléments qui feront sens quelques chapitres plus loin). Cependant cela n'empêche pas d'y trouver quelques morceaux d'anthologie :

- Un espoir en enfer, dans lequel s'impose vraiment la figure de Rêve, être clairement aussi dessus de tout qui est capable de remporter la victoire à la force de ses mots ;

- 24 heures, qui commence sur un petit récit du quotidien comme Neil Gaiman sait si bien le faire, avant de dégénérer en film d'horreur affreusement glaçant ;

- Bruit et fureur, sa suite directe, dont j'admire toujours autant ses pages d'introduction et de conclusion ; lors de la première lecture c'est peut-être bien là que j'ai commencé à réaliser la perle que j'avais sous les yeux ;

- Le bruit de ses ailes, étrange conclusion de cette histoire qui ouvre vers de nouveaux horizons en faisant apparaître la grande sœur du Rêve, certainement le personnage le plus marquant de la série.


LA MAISON DE POUPEE

Après une première histoire un peu perturbante, la deuxième grande histoire de Sandman, La maison de poupée, est une de mes favorites. Deux intrigues s'y entrecroisent : d'un côté le Rêve qui reconstruit son royaume, et qui constate que certains de ses habitants ont pris la poudre d'escampette, pendant qu'une jeune fille tout à fait ordinaire, Rose Walker, part à la recherche de son frère disparu. Evidemment, tout cela est lié...

La maison de poupée est pour moi un récit plus fluide et plus prenant que Préludes et nocturnes. En partant de quelques détails de l'histoire précédente (Unity Kinkaid, Rose Walker et Nada ont été mentionnées auparavant), Gaiman construit une histoire très riche, parfois drôle, parfois émouvante, et parfois complètement terrifiante.

On retrouve cette manie typiquement gaimanienne de glisser des petits récits « anecdotiques » au le long de l'intrigue principale (le superbe Contes dans le sable qui ouvre l'histoire, et le très sympathique Hommes de bonne-encontre à mi-parcours).

On croise également pléthore de personnages mémorables : Rose Walker dont j'aime beaucoup les petites notes d'humour tapées à la machine, Gilbert (le plus remarquable locataire de la maison de fous où vit Rose, mais j'avoue adorer tous les autres également), et enfin le terrifiant Corinthien.

D'ailleurs à ce sujet, le chapitre Collectionneurs est peut-être un des trucs les plus flippants écrits par Gaiman. Sincèrement, je m'étonne que personne n'ait pensé à en faire un film, même déconnecté de Sandman il y aurait un potentiel horrifique énorme.

Dense et prenant, avec une belle quantité d'intrigues qui se rassemblent à la fin, La maison de poupées est un excellent moyen de rentrer dans l'univers (ça peut être une alternative si le début ne vous botte pas).

Cette première intégrale déjà exceptionnelle vient en plus avec un lot de bonus très intéressant qui revient sur la conception du comic (avec des images, des synopsis) et offre quelques éclaircissements via un entretien avec l’auteur, c'est donc un très bel objet livre qui donne envie de poursuivre le renouvellement de la collection.

A noter que la traduction a été revue par Patrick Marcel (qui a traduit moult oeuvres de Neil Gaiman), ce qui me fait grand plaisir. Pour le moment j'ai un peu de mal avec certains choix (après des années à dire Dream, passer à la vf ne se fait pas tout seul), mais je suis contente de voir que certains noms vont enfin être harmonisés et surtout traduits avec plus de finesse (parce que bon Fiddler's Green qui devient Finaud la Verdure... no comment).

CITRIQ

mercredi 22 janvier 2014

Sandman - Neil Gaiman : petite introduction

Sandman - Petite introduction

C’était une de mes résolutions 2013, chroniquer Sandman sur ce blog. Certes je suis très en retard, mais j’hésitais un peu à m’y attaquer, tant il est difficile de trouver ses mots pour rendre hommage à un tel monument. Accessoirement je voulais me baser sur la nouvelle édition française, et à 35 euros le volume chez Urban Comics, ça fait un peu mal au portefeuille. Mais cette fois-ci j’ai craqué, et à raison d’un volume par mois je devrais être à jour d’ici mars (avant la sortie du tome 4 en mai).

Ceci dit étant dans l’impossibilité de vous parler de la première intégrale sans en passer par une très longue préface, j’ai préféré faire deux articles : le premier (celui-ci) vous présentera donc Sandman de manière générale et sans aucun spoiler, et je reviendrais ensuite plus en détail sur le contenu de la première intégrale un peu plus tard.


Sandman ce n’est pas bien compliqué : pour moi c’est tout simplement le chef d’œuvre de Neil Gaiman, ce qui n’est pas banal pour ce qui est une de ses plus anciennes réalisations. Cela peut paraitre présomptueux comme affirmation, mais cette série de comics est tellement riche, dense et complexe qu’à côté American Gods passe pour un roman simpliste.

Ceci étant dit, Sandman a deux défauts : ses dessins (j’y reviendrai), et le fait que c’est une œuvre impossible à résumer, ce qui fait qu’à chaque fois que j’essaye d’en parler, c’est la croix et la bannière pour présenter la chose.

Soit on fait comme Neil Gaiman qui a résumé sommairement la chose en « The Lord of Dreams learns that one must change or die, and makes his decision. », ce qui est une description ô combien exacte mais absolument pas parlante pour ceux qui n’ont pas lu les comics. Soit on se lance dans de longues explications métaphysiques et on espère que le lecteur suivra.


Sandman, comme son nom l’indique, renvoie donc au Marchand de Sables et au monde des rêves. Son héros est d’ailleurs Dream (ou Rêve selon les versions) qui comme son nom l’indique est le Seigneur du domaine du rêve. Ce n’est pas un dieu (il est au dessus d’eux) mais une sorte d’incarnation du rêve, qui gouverne ce domaine depuis les premiers rêves des étoiles en gestation, et jusqu’à que plus personne ne rêve (bref, la fin de l’univers).

Au début de l’histoire, ce Seigneur des Rêves est capturé lors d’un rituel magique, et passe une bonne partie du XXe siècle enfermé dans le monde réel. Lorsqu’il s’échappe, il doit reprendre le contrôle de son royaume qui va à vau-l’eau depuis sa disparition imprévue.

Cela peut sembler simpliste comme histoire, mais c’est sans compter sur le fait que le héros est le Seigneur des Rêves, dont le règne tend s’étendre également à l’imagination et la création, si bien que c’est mille figures et lieux mythologiques, historiques et fictifs qui s’invitent à la fête.


C’est ce qui fait toute la saveur de Sandman, cet incroyable capacité à juxtaposer toutes les histoires (avec ou sans H majuscule) comme si c’était parfaitement normal, comme si tout n’était finalement qu’un seul et grand récit.

Toute la série est construite comme cela, alternant d’ailleurs entre des histoires courtes (plus ou moins indépendantes de l’intrigue) et scénarios plus complexes liés aux aventures du Rêve. Il est d'ailleurs fréquent qu’on se rende compte à posteriori que la petite anecdote n’était pas si anecdotique que cela. L’auteur ne laisse rien au hasard, si bien chaque mot, chaque image, tout compte.

Le résultat est donc un univers formidablement riche où on s’offre de fantastiques voyages. On y croise des héros de comics (Constantine et quelques membres de la Ligue de Justice), des écrivains (comme Shakespeare ou Mark Twain), des personnages historiques (Marco Polo, Auguste ou Robespierre), des dieux (Bastet, Odin), des créatures fantastiques (fées, gargouilles), des personnages mythologiques (Orphée, Lucifer, les Parques) mais aussi des Monsieur et Madame tout-le-monde (enfin quand ils n’ont pas décidé d’arrêter de mourir comme ce cher Hob Gadling).


Ce gigantesque mélange fonctionne à merveille, c’est même fascinant de découvrir petit à petit les liens qui unissent tous ces personnages entre eux. On rencontre par exemple dans un volume une jeune fille qui appelle une amie pour avoir des nouvelles de sa petite amie avec laquelle elle s’est disputée. La dite amie apparait dans l’histoire suivante, et la petite amie quelques volumes plus loin, et ainsi de suite.

Il y a certainement d’autres aspects de ce comic que je pourrais mettre en avant (il suffirait de philosopher sur le propos de l’auteur ou de parler des nombreuses références littéraires) mais si je ne devais retenir le point fort de Sandman, c’est définitivement son univers incroyable, formidable hommage aux histoires sous toutes leurs formes.


Ceci dit Sandman a un défaut : son dessin, qui a tendance à rebuter tout lecteur qui s’y attaque. Personnellement j’ai eu la (mal)chance de connaitre les comics Star Wars du début des années 90, qui sont parfois des horreurs (style l’Empire des ténèbres tout en rose et en vert fluo), je suis donc immunisée dans le domaine.

Mais il est vrai que les premiers numéros de Sandman ont des couleurs parfois carrément flashy et un dessin… disons qu’on est habitué à mieux. Cela n’empêche pas une réelle intelligence de la mise de la page : le découpage des pages change du tout au tout selon les chapitres, et ce n’est jamais hasardeux. Sandman est d’ailleurs la première BD à m’avoir fait prêter attention au découpage, justement.


Par ailleurs il faut savoir que les dessinateurs changent fréquemment (ce qui reflète à merveille le fait que le héros est un personnage dont l’apparence change selon qui le regarde), et que les derniers numéros ne ressemblent en rien aux premiers. Certains sont d’ailleurs de toute beauté, notamment Ramadan de Craig Russel, ou les deux numéros « shakespeariens » signés par Charles Vess. Il faut aussi parler de l’incroyable travail de Dave McKean : il a réalisé l’ensemble des couvertures de la série (dont je me sers pour illustrer cet article), et cela donne une touche très particulière à l’ensemble.

Bref c’est parfois moche, mais Sandman mérite que l’on passe outre. De plus, dans la nouvelle édition française réalisée par Urban Comics dispose d’une nouvelle colorisation, bien moins flashy et bien plus agréable à l’œil. Et aussi d’une nouvelle traduction revue, corrigée et harmonisée, autant dire que toutes les raisons sont bonnes pour découvrir enfin cette série !
 
Voir les chroniques des différents volumes (édition Urban Comics) : 
 Depuis 2020, il existe également une adaptation audio de la série disponible sur Audible :

En 2022 est sortie la première adaptation en série sur Netflix :

 

vendredi 24 avril 2009

Sandman 10 : Veillée Mortuaire - Neil Gaiman


Une semaine pour trouver le courage de se poser devant un clavier pour parler de ce dernier tome de Sandman. C’est assez étrange. Je pourrais vous raconter comment sa lecture a été un véritable cérémonial : installée confortablement sur mon lit, ordi éteint, téléphone aussi, juste une tisane, le livre, et moi, à l’opposé de tous les tomes précédents que j’ai souvent lu à moitié dans le métro/bus/tram, à moitié sur l’ordi, avide de grappiller chaque bride d’histoire.

Veillée funéraire est un peu différent. C’est la conclusion, la fin, the End, le rideau tombe, les lumières se rallument, au revoir et adieu.

(Faisons abstraction du tome 11, deuxième tome sorti quand Delcourt a repris la série (dans un désordre chronologique total) et qui a été réalisé pour les 10 ans de Sandman si ma mémoire est bonne. Il se compose d’histoires sur les Eternels, parfois comics, parfois à mi-chemin du livre illustré… qui peuvent quasiment se lire n’importe quand, sauf que quand même ca spoile quelques passages. Bref)

Je disais donc que le tome 10 est une conclusion. Et quelle conclusion. Pas que ce soit ce soit la première série qui s’étend en une conclusion aussi expansive, qui prend bien le temps d’arrêter tous les fils et d’éteindre la lumière en sortant (bien que laissant quand même quelques questions en suspens).

Veillée mortuaire se compose de trois histoires : le final éponyme de la série (après les Bienveillantes dont la fin, étrangement, avait la même saveur) ; Exils, qui est également une conclusion à sa façon ; et enfin, la Tempête, miroir au Songe d’une Nuit d’Eté du tome 3, qui… conclue également.

Ce qui nous fait trois conclusions, sur des registres différents, dans des styles de dessin différents, mais toutes s’insérant parfaitement dans l’univers éclectique de Sandman, et étant au demeurant fortement agréables.

Veillée Mortuaire est une véritable réunion de famille où l’on recroise je pense l’intégralité du casting de la série… je n’ai pas vérifié personnage par personnage mais on n’est pas loin du compte. C’est un peu l’illustration parfaite de ce que disait Gaiman dans Anansi Boys :

« Il existe une théorie selon laquelle le monde entier n’abrite que cinq cents véritables personnes (les acteurs, pour ainsi dire ; tous les autres habitants de la Terre ne sont que des figurants), qui, en outre, se connaissent toutes. Et c’est la vérité, au moins dans une moindre mesure. En fait le monde se compose de milliers de milliers de groupe d’environ cinq cents personnes qui passent leur vie à se croiser par hasard, à tenter de s’éviter, et à se rencontrer dans le même improbable salon de thé de Vancouver. »

Voilà qui résume la situation. Ajoutez à ça une narration assez étonnante qui inclut le lecteur, et ça vous donne une idée de l’étrangeté de la chose. Les dessins au passage sont probablement les plus beaux de la série (bon en même temps on arrive dans les années 90, le style change…).

Exils joue plutôt sur le registre du conte ou de la fable (fable est plus adapté, il ne dépareillerait pas dans le recueil Fables et Réflexions) et est très sympathique à lire.

Enfin la Tempête entremêle étroitement Shakespeare et Sandman en une histoire assez poignante, il faut le dire, illustrée par Charles Vess avec des reprises de l’œuvre de Shakespeare . Le parallélisme étrange entre le maître des rêves et l’auteur de théâtre, et la réflexion sur l’art et la renommée qu’on en retire sonne incroyable juste, et c’est finalement dans cette histoire courte et sa précédente qu’on trouve la fin la plus satisfaisante de Sandman.

Tout ça sans parler réellement de ce qu’il s’y passe, mais cela se révèle finalement facultatif.
En tout cas, une fois fermé ce dernier volume, on reste une fois n’est pas coutume sous le charme de cette série si particulière avec ses incroyables personnages et ses étranges histoires.
(que je vous présenterais un de ces 4 dans sa globalité si l’occasion s’offre à moi…)

samedi 25 octobre 2008

Sandman 9 : Les Bienveillantes - Neil Gaiman



« J’ignore si j’ai réussi ou non à faire ce que j’avais en tête, mais c’est le plus gros volume de la série. Sous emballage cartonné, il peut toujours servir à assommer un éventuel cambrioleur. Je ne vois pas de meilleur définition de l’art »
Neil Gaiman dans la postface

Il faut avouer que la conclusion de Neil Gaiman résume bien le bouquin en apparence : un pavé (ce qui est pas courant en terme de BDs quand même), fort d’au moins trois cents pages (pas pu vérifié, les pages sont pas numérotés), qui pèse le poids d’un petit dictionnaire, et coûte le prix de trois BDs (30 euros, et oui ça fait mal au porte-monnaie).

Mais bon, une fois n’est pas coutume, c’est un très bon investissement, qui me nécessitera sûrement encore une dizaine de relectures pour bien tout capter. Bien que la couverture persiste à l’annoncer, ce n’est pas possible de lire ce tome séparément des autres, je ne vois pas comment on pourrait comprendre un seul mot de l’histoire.

En effet, c’est le tome de conclusion (le tome 10 correspond à l’épilogue, et le 11 est un bonus sur les Eternels sorti bien longtemps après), qui ramène tous les fils laissés en suspens dans la plupart des tomes précédents pour mieux les rassembler en une vaste tapisserie (vu ce qui ouvre et ferme le livre, mes métaphores de fileuses ne sont pas anodines).

L’histoire reprend à peu près à la suite des deux tomes précédents, et part d’un évènement à priori anodin qui va déclencher une véritable tempête. Daniel, le fils de Lyta Hall (qu’on a croisé dans le tome 2… et le 4… et même un peu le 6), se fait enlevé, et sa mère fait appel aux Furies (les fameuses « bienveillantes » du titre) pour qu’elles traquent celui qu’elle pense être responsable, à savoir Dream.

Une fois n’est pas coutume, ce résumé est hautement non représentatif de l’ouvrage, mais il serait impossible d’en dire plus sans gâcher toute l’histoire, et qui plus est en moins de 15 pages. Il faut donc se contenter du résumé mode « 4e de couv ». Comme je le disais, une grande partie des personnages des précédents tomes réapparaissent ici, alors qu’on ne s’y attendait pas toujours. Cela explique probablement la taille de l’ouvrage, et le fait qu’on ait du mal à trier tous les éléments.

En effet, certains passages semblent ne pas avoir de rapport avec l’histoire, et pourtant. Il y a un petit coté « le monde est en fait composé de 500 personnes qui se recroisent sans cesse » (reprise très approximative d’un paragraphe de Anansi Boys) avec tous ces gens qui se croisent et entrecroisent leurs histoires le temps d’une ou deux pages avant de partir chacun de leur coté (le cas Rose Walker est exemplaire dans le domaine je pense).

Les dessins sont comme toujours un peu vieillots, avec un style relativement uniforme qui a un je ne sais quoi de naïf. J’ai du mal à le définir exactement mais les traits sont me semble-t-il bien plus simplifiés que dans certains opus (exception faite de l’incursion de Charles Vess au milieu, mais ça ne compte pas), tous en angles et non en rondeurs, avec des fonds assez abstraits tous en restant très expressifs.

Une fois n’est pas coutume, si on fait abstraction du style de dessin qui ne plaira pas à tout le monde, c’est un sacré morceau de littérature qui s’offre, une histoire extrêmement riche qui ne laisse pas indifférent, et qui se savoure d’autant plus si on a bien en tête les tomes précédents. Les références mythologiques sont nombreuses et fort appréciables, de même qu’un certain nombre d’à-cotés anecdotiques assez touchants.

Il ne reste donc plus qu’à attendre le tome 10 (The Wake) pour trouver les quelques réponses qui manquent, et la boucle sera vraiment bouclée (et je pourrais me faire un week-end entier Sandman pour tout relire ^^).

Bon et ce n’est pas le dernier Gaiman du moment, vu que je viens de m’acheter The Graveyard Book (langue de Shakespeare obligatoire ce coup-ci…).

mercredi 28 mai 2008

Sandman 8 : Au bout des mondes - Neil Gaiman



Il est là, il est enfin là ! Ils l’annonçaient au moi d’avril, y’a fallut l’attendre jusqu’à mi-mai, mais bon du moment qu’on finit par l’avoir, que demander de plus, et ce sachant qu’en prime ils vont rééditer la mini série Death ?
(enfin que demander de plus à part qu’ils se grouillent de traduire la suite ?)

Au bout des mondes (At Worlds’ end, ça fait penser à Pirates des Caraïbes mais ça n’a rien à voir…) est un épisode à part dans la série Sandman. Si on y retrouve tout ce qui fait le succès de l’histoire, j’avoue qu’il m’a un peu moins plus que les autres, parce qu’il laisse un sacré sentiment d’inachevé sur la fin. J’ai presque l’impression d’avoir lu le prologue du tome suivant (The Kindly Ones) qui est, pour l’avoir feuilleté, incroyable. Mais ne nous égarons pas…

Au bout des mondes, c’est une espèce de poupée russe géante ou les histoires s’emboîtent les unes dans les autres. C’est l’histoire d’un homme qui pris dans une tempête au volant de sa voiture, échoue dans l’auberge du bout du monde, où ses occupants se racontent des histoires pour passer le temps, histoires qui contiennent parfois elles-même des histoires, et même des histoires d’histoires. Enfin en même temps, rien d’étonnant, on parle d’un scénario de Neil Gaiman là.

Chaque histoire est illustrée par un dessinateur différent, et il y en a pour tous les goûts dans le style… Et chaque histoire a sa propre histoire, aucune ne se ressemblant. Elles sont d’ailleurs assez éloignés du casting habituel, même si on y croise tout de mêmes des habitués. Dream lui-même semble quasiment absent… Ce sont des histoires qui parlent de rêves, de légendes, de modèles, de vies, des histoires qui font peur ou rêver, rire pas trop j’avoue, ou alors c’est de l’humour assez noir…

C’est donc une bonne BD, et vu que c'est un Sandman c'est forcement un sacré morceau de... littérature ou va savoir quoi d'autre, mais j’avoue que je la trouve pas au niveau de Fables&Réflexions (le tome 6) qui dans la série recueil de tous pleins d’histoire était un vrai chef d’œuvre. Ceci dit, si j’ai bien compris, je reviendrais peut-être sur mon avis avec la sortie des deux derniers tomes, il semblerait que tout ça soit lié…

Affaire à suivre donc… reste à résister à la tentation de lire tout ça en anglais (de toute façon c’est trop cher…)

jeudi 29 novembre 2007

Sandman 7 : Vies brèves - Neil Gaiman



D’habitude je suis pas trop pour faire les critiques à chaud, vu qu’on y écrit généralement n’importe quoi. Mais bon là, je peux difficilement dire n’importe quoi, vu que mon unique pensée en refermant ce 7e volume de Sandman est ma foi bien simple : Whoah !

(2 jours et une relecture plus tard : en fait c’est toujours ma pensée, alors on va faire avec et essayer de détailler un peu plus ^^)

On est en droit de pas accrocher au dessin, qui est bien daté (personnellement je suis guère fan sauf quand c’est signé Craig Russell, ou pour les couvertures de McKean), mais ne pas lire Sandman, ça relève de l’hérésie. Il est quasiment impossible de faire une liste claire de tout ce que les différents récits brassent en terme d’histoire, de références, de réflexion, et d’interrogations…

Vies brèves ne fait pas exception à la règle, loin de là, et c’est d’autant plus poignant que cet album là est une histoire à part entière, et non un recueil. Autant dire que les problématiques ont le temps d’être abordées, de préférence par différents cotés et de différentes manières, et avec assez de renvois dans tous les sens pour vous égarer.

Je n’en recommanderai pas la lecture seule, ou du moins sans avoir lu le volume précédent, qui plante pas mal d’éléments du décor, mais sans hésitation, allez-y, courrez le lire. Chaque opus de cette série apporte à chaque fois son lot de surprises, mais celui-ci est… encore une fois tout ce que je peut trouver pour le qualifier est « whoah ».

On retrouve pas mal de thématiques chères à la saga : les êtres immortels ou du moins très vieux qui parcourent encore la terre, qu’est ce qu’un dieu (une vraie obsession gaimanienne),un Eternel (Endless) est-il une fonction, une incarnation, quel est son rôle, mais aussi les relations de famille que cette étrange fratrie entretient.

Bref ça parle de vie, de mort, de rêve, d’amour, de désespoir, de folie, de destruction et de destin… remarquez c’est normal qu’on parle d’Eux après tout ^^.

Point fort de ce tome, c’est que c’est un des rares à mettre en scène tous les éternels, qui interagissent dans une même histoire, ce qui est assez rare… c’est même l’une des rares occasions de croiser le frère disparu, le fameux Destruction, qui est l’objet de la quête dans cet ouvrage, même si on peut se poser des questions vis-à-vis du rapport au titre… en fait peut-être que non, il n’est pas l’objet de l’histoire… en fait cela reste à déterminer ^^.

C’est aussi l’occasion de faire un peu plus connaissance avec Delirium (excellente dans son registre, puisqu’elle est drôle mais dérange et met mal à l’aise en même temps) et Despair, qui a plus de profondeur qu’on ne pourrait le croire quand on pense aux précédents opus…

Et au milieu de tout ça, il y a Dream, Morphée, Sandman, le héros quoi. Peut-être finalement le pivot de l’histoire, enfin c’est ce qu’on pourrait penser à la fin. Il apparait ici sous un jour très troublé, presque humain (même si ses paroles et ses actes rappellent assez souvent qu’il ne l’est pas), ou du moins soumis à des émotions et des interrogations plus que conflictuelles.

Il passe au début pour quelqu’un de superficiel qui accompagne Delirium dans sa recherche juste pour se changer les idées après s’être fait largué par sa dernière conquête… mais plus tard… je n’en dirais pas plus, mais c’est… « whoah »

(ou comment résumer un comic de plus de 200 pages en un mot…)

Bref, si vous n’avez jamais lu Sandman, voilà une raison de plus de lire cette série. Je me languis déjà de la suite personnellement… encore une preuve que Gaiman sait maitriser son sujet, sur des romans tous seuls comme sur des longues séries