mercredi 11 juillet 2012

Les renégats de Pern - Anne McCaffrey


En général, j’ai plutôt une bonne mémoire des livres que je lis. Mais des fois j’en lis trop et trop vite, et comme je n’ai pas toujours tenu un blog (allié indispensable contre les trous de mémoire), il m’arrive de me retrouver face à un livre et de me dire « mais je l’ai lu ce livre ? ».Ce qui n'est pas forcément bon signe...

Les renégats de Pern rentrait dans cette catégorie, j’avais bien quelques souvenirs, mais j’aurais juré que ces évènements se déroulaient dans un autre livre ! Du coup je craignais une fois de plus la relecture, d’autant plus qu’on est souvent plus intransigeant la deuxième fois.

Mais bizarrement avec Pern, peut-être est-ce dû au charme de l’univers et des récits d’Anne McCaffrey, mais je redécouvre tous ces textes, bien que non exempts de défauts, avec un réel plaisir, et j’apprécie d’ailleurs beaucoup de les disséquer, des fois que ça vous ai échappé jusqu’ici…

Les renégats de Pern, comme son titre l’indique, s’intéresse aux laissés pour compte de Pern : ceux qui ne vivent ni dans les Ateliers, ni dans les Forts, ni dans les Weyrs. Jusque-là, on ne s’était jamais posé la question du devenir des gens qui ne rentraient pas dans les cases d’un système à priori parfait, erreur que voilà réparée.

Il faut dire qu’on trouve de tout dans ces sans-forts : des commerçants, des nomades, des criminels expulsés de leurs forts, des victimes qui fuient l’oppression d’un seigneur, ou des enfants qui partent chercher fortune en dehors de leur fort ou de leur atelier (notamment Toric, qu’on connait plutôt comme Seigneur du fort méridional).

Au travers du prologue du roman qui saute d’un personne à un autre, Anne McCaffrey tire le portrait de tous ces types de renégats, qui se croiseront ensuite pour la plupart au gré du récit. Cela donne un côté un peu ludique, puisqu’on passe le restant de l’histoire à attendre de savoir ce que sont devenus untel ou unetelle (assez laconiquement parfois).

L’histoire débute avant le retour des Fils, et évoque brièvement l’ascension au pouvoir de Fax et les évènements du Vol du Dragon. Cela permet de prendre conscience que cette population sans fort, qui n’avait aucun problème de survie jusque-là, est durement impactée par le retour des Fils.

La première chute de Fils à laquelle assiste Jayge, jeune nomade et principal protagoniste de l’histoire, est d’ailleurs assez traumatisante. La Ballade de Pern est un univers assez gentillet en général, mais Les renégats... se démarquent un peu par des passages et des personnages assez violents (Thella, l’autre protagoniste principale vous ferait presque regretter l’affreux Meron de Nabol).

A première vue, Les renégats de Pern semble être une histoire relativement indépendante du reste de l’univers où l’on croise quelques personnages familiers. Et pourtant, le roman raccroche assez vite les wagons de l’histoire, en commençant par boucher quelques trous (notamment sur les aventures de Piémur entre Les tambours de Pern et Le dragon blanc).

Ensuite, il se paye le luxe de servir de pont entre Le dragon blanc et Tous les Weyrs de Pern, grâce à une découverte forte intéressante au Terminus qui va ouvrir la voie au grand final de Pern (Tours les Weyrs de Pern, même s’il n’est pas chronologiquement le dernier roman, a un sacré parfum de fin).

Du coup, pour un roman qui ne paye pas de mine à première vue, Les renégats de Pern est plutôt intéressant à lire (même si à priori on peut s’en passer). Il apporte quelques informations supplémentaires, et s’inscrit bien dans la lignée de ces chroniques de Pern qui semblent tellement denses qu’on s’étonne qu’on en ait pas fait cinq romans avec (on rate notamment un superbe remake de Robinson Crusoé avec Jayge…).

Seule question qui reste à résoudre, pourquoi l’intégrale 2 ? Je veux bien qu’on opte pour l’approche chronologique, et techniquement ce roman démarre avant Le vol du dragon (et même avant Le Maitre-harpiste de Pern). Mais plus des deux tiers du roman se situent après Les tambours de Pern, voir après Le dragon blanc.

Je suis bien contente de ces rééditions intégrales qui m’ont permis de redécouvrir Pern, mais j’aurais apprécié un peu plus de bon sens à l’attention des nouveaux lecteurs (et même des anciens…).

Enfin bref, je ne vais pas refaire mon laïus sur le sujet et plutôt enchainer sur la suite, Tous les Weyrs de Pern. A noter qu’en finissant ce roman, j’en finis de l’intégrale 2. Plus que trois intégrales à finir !


CITRIQ

4 commentaires:

shaya a a dit…

Tu vas y arriver ! Je l'ai très peu relu celui-là, m'en souviens plus trop également, mais j'ai un bon souvenir !

Calenwen a dit…

Je finis la Chute des fils là, autant dire que je touche au but (il m'en reste 4 à lire, plus éventuellement les nouvelles éparpillées à droite à gauche)

Endea a dit…

Ces histoires qui se croisent et se décroisent et font avancer la trame principale, sont passionnantes, je trouve que c'est ce qui fait tout l'intérêt de cette Ballade de Pern. Je suis bien d'accord avec toi, plus je la lis et plus je trouve que l'ordre des Intégrales est une aberration.
Et puis la découverte finale est juste incroyable !

Vert a dit…

Oui c'est vrai que si on ne lit pas celui-là, on a une belle ellipse sur une découverte majeure ^^