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dimanche 16 décembre 2018

Les animaux fantastiques 2 : Les crimes de Grindelwald – David Yates


Il y a deux ans, la sortie du premier volet de la trilogie (désormais en cinq volumes) des Animaux fantastiques avait réveillé mon âme de fan d’Harry Potter avec son histoire plus adulte, son univers qui ne demandait qu’à être exploré et son héros attachant. Inutile de dire que j’attendais donc avec impatience la suite. Voyons en détail si elle s’est révélée aussi convaincante. Avis garanti sans spoilers, sauf sur la fin.

mercredi 23 novembre 2016

Les animaux fantastiques – David Yates


Les films Harry Potter et moi, ça n’a jamais été une grande histoire d’amour (au grand désespoir de M. Vert qui ne comprend pas que je puisse adorer les livres et passer complètement à côté des films). L’idée de faire trois films supplémentaires autour des Animaux fantastiques, un petit livre de moins de 100 pages, ne m’enchantait pas non plus (ne parlons même pas de cinq !). Du coup c’est sans aucune attente que je suis allée voir ce film (mais le jour de la sortie et en compagnie d’amis de Poudlard.org, on ne se refait pas !).


Mais je ne ferais pas durer le suspense plus longtemps, ça a été une magnifique surprise. Les animaux fantastiques, c’est tout simplement LE film qui vient de me réconcilier avec Harry Potter au cinéma. Cet article sera sans spoiler (non sans mal). Cependant si vous n’avez pas vu le film, méfiez-vous tout de même des commentaires au cas où !

Donnons quand même le cadre général, qui ne vous apprendra rien que la bande-annonce ne vous a pas montré. Durant l’année 1926, un passionné de magizoologie qui répond au doux nom de Newt Scamander (ou Norbert Dragonneau si vous préférez la VF) débarque à New York avec une valise pleine de surprises. Combien de temps lui faudra-t-il pour être plonger dans les ennuis ? Univers Harry Potter oblige, cela arrive très vite !


Cela ne m’a pas pris longtemps pour tomber sous le charme de ce film. Difficile en effet de résister à ce Newt Scamander qui réussit à être aussi brillant qu’inapte socialement (Matt Smith a été envisagé pour le rôle, ça vous surprend ?). Difficile également de ne pas être émerveillé lorsqu’on découvre le New York magique des années 30. Difficile enfin de ne pas se sentir comme chez soi dans cette histoire qui combine sujets sérieux et humour, petits détails à remarquer pour les fans et grands moments à savourer…

C’est un peu comme de retourner dans sa maison d’enfance, à ceci près que sa maison d’enfance a grandi en même temps que nous : après quelques notes de musique familières, on a vite fait de réaliser que l’atmosphère comme le schéma narratif ont changé. Même le ton a évolué et se veut plus adulte. J’ai d’ailleurs pris conscience que bien que Harry Potter ait toujours traité de sujets sérieux, jusque-là il le faisait d’un point de vue finalement assez « enfantin ».


En fait c’est comme si se libérer des livres avait fait du bien à l’univers : comme Les animaux fantastiques est une histoire originale, le spectateur a le plaisir de la découverte et n’est pas frustré par les coupes ou les changements (surtout quand c’est un livre auquel on porte assez naturellement un grand attachement).

Du côté de l’écriture comme de la réalisation, tout le monde a bien plus de marge de manœuvre, ce qui permet de partir dans une direction très différente. Même si le film n’échappe pas à quelques clichés des blockbusters, il y a tellement de bonnes choses dans ce film qu’on les pardonne facilement.


Déjà le héros, Newt Scamander est un Poufsouffle, ce qui est absolument extraordinaire. Certes on avait déjà eu Cédric Diggory mais il restait un personnage secondaire. Pour une fois la maison des laissés pour compte (dans un des livres on apprend tout de même qu’elle accueille tous ceux dont ne veulent pas les autres fondateurs) est mise à l’honneur. Et mine de rien ça a son importance !

De manière générale, ce sont de toute façon tous les personnages que j’ai trouvé bons (à part peut-être Colin Farell qui m’a semblé un peu transparent), avec une mention spéciale au side-kick comique qui n’a aucun mal à transcender son rôle.


Les visuels sont également époustouflants. Le New York d’époque, superbement reconstitué, avec quelques lieux magiques de toute beauté. Certes on perd un peu le délicieux charme anglais des premiers films (il manque parfois un peu) mais ce qu’on a à la place compense largement.

Du côté du nerf de la guerre du film, à savoir le bestiaire, c’est également un véritable régal pour les yeux. Je ne vous citerais pas toutes les créatures présentes (spoiler !) mais j’ai été sidérée du rendu, d’autant plus qu’on les reconnaît bien lorsqu’on a lu le petit livre à leur sujet.


La musique fait également un formidable travail de fond pour nous immerger dans l’univers. Composée par James Newton Howard, elle sait être selon les besoins du film magique ou épique, tout en glissant ici et là quelques références sonores. Et les petits passages jazzy ici et là s’intègrent à merveille.

Enfin, le film fourmille de petits détails qui raviront les fans (dont certains n’apparaissent que lors d’un deuxième visionnage). Entre quelques noms glissés au détour d’une conversation et quelques créatures non nommées mais fort reconnaissables par les experts, les fans peuvent savourer encore plus leur séance sans que cela nuise à la compréhension générale de l’intrigue.


Bref à tout point de vue, cette extension d’univers est une vraie réussite (je vous renvoie d’ailleurs à l’excellente vidéo du Fossoyeur de films à son sujet qui résume fort bien ses bons points). Si vous ne l’avez pas encore vu, vous pouvez courir le voir, que vous soyez fan ultime ou juste connaisseur de l’univers, vous devriez passer un bon moment, en 2D ou en 3D (elle n’est pas mauvaise même si comme toujours elle ne rend pas le film meilleur).

mardi 20 septembre 2016

Pottermore présente… (3 mini-guides sur Harry Potter) - J. K. Rowling


Après quelques années de disette, l’univers d’Harry Potter se réveille en cette fin d’année. Entre la pièce de théâtre et le premier film des Animaux fantastiques, c’est trois petits ebooks qui ont discrètement été publiés ce mois-ci, avec des titres plutôt sympathiques (surtout en VO) :
  • Poudlard Le Guide Pas complet et Pas fiable du tout (Hogwarts: An Incomplete and Unreliable Guide)
  • Pouvoir, Politique et Esprits frappeurs Enquiquinants (Short Stories from Hogwarts of Power, Politics and Pesky Poltergeists)
  • Héroïsme, Tribulations et Passe-temps Dangereux (Short Stories from Hogwarts of Heroism, Hardship and Dangerous Hobbies)
Il ne s’agit ni de romans ni de nouvelles mais de compilations de textes écrits par J.K. Rowling sur l’univers Harry Potter : on y évoque l’histoire de l’école, la vie de certains personnages ou le fonctionnement certaines choses dans le monde magique.

Quand on aime les livres et qu’on est avide de détails, c’est très agréable à lire, on retrouve bien l’humour léger caractéristique de tout l’univers et on apprend plein de choses. Après la pièce de théâtre, cette lecture a réveillé ma passion pour cet univers, et m’a donné envie de relire les livres.

J’ai beaucoup apprécié d’en savoir plus sur le Poudlard Express, de connaître en détail la vie de Minerva McGonagall (qui a eu une vie bien plus remplie qu’on pourrait le croire) et d’avoir enfin la réponse à une question capitale, à savoir Salazar Serpentard était-il un pervers pour planter l’entrée de sa Chambre des Secrets dans les toilettes des filles ?!

Ce qu’il faut savoir cependant, c’est que la plupart de ces textes ont déjà été publiés sur Pottermore. Si vous avez déjà lu tout ce qui se trouvait sur le site en question, vous risquez donc de vous sentir floué.

Pour ma part, ayant fréquenté le site assez rarement, j’ai trouvé plutôt agréable de découvrir ces textes, et surtout de pouvoir les embarquer sur sa liseuse pour les parcourir dans mon lit ou dans les transports en commun.

Les ebooks sont vendus à petit prix (2,99 € chacun), et il y a tout de même un peu de travail éditorial : les textes sont classés et présentés par thématique et chaque ebook est doté d’une sympathique couverture.A vous de voir s’il est nécessaire de les acheter ou non, selon votre niveau de pottermania et l’usage que vous comptez en faire (c’est une mine d’or pour les auteurs de fanfiction je pense).

Je regrette presque qu’ils n’existent pas en version papier, car si je me fie aux couvertures et aux titres, il y avait moyen de faire de très jolis livres… et tant qu’à faire, autant en profiter pour enfin concrétiser l’encyclopédie HP que projetait d’écrire J.K. Rowling à une époque.

jeudi 4 août 2016

Harry Potter and the cursed child – J.K. Rowling, Jack Thorne et John Tiffany


S’il y a bien quelque chose que je ne m’attendais pas à faire un jour sur ce blog, c’est chroniquer un nouveau Harry Potter. Bien sûr j’ai évoqué le sujet plusieurs fois au gré des relectures et des à côté littéraires ou cinématographiques, l’histoire s’était terminée en 2007 avec la sortie du 7e tome après tout.

L’annonce d’une pièce de théâtre en guise de huitième tome m’a surprise (j’aurais été moins perturbée par une comédie musicale, tout s’adapte en comédie musicale !), et à défaut de pouvoir aller la voir, j’ai vite repris mes bonnes vieilles habitudes : me jeter sur le livre dès la sortie (et encore j’ai été raisonnable, il est sorti dimanche et j’ai eu la décence d’attendre lundi pour l’acheter et mardi pour terminer ma lecture).

Difficile donc de résister à l’envie de vous chroniquer ma lecture sur le vif, comme au bon vieux temps… à condition de trier un peu mes idées. Cet article sera garanti sans spoilers.

Le plaisir des retrouvailles

Voilà donc neuf ans que nous avions laissé nos héros « dix-neuf ans plus tard » à la fin du tome 7 et c’est là que commence l’histoire de Harry Potter and the cursed child. Si tous les personnages ne sont pas de retour (une scène est après tout un espace limité, et la pièce met déjà en scène un paquet de personnages), on retrouve ceux qui sont là avec grand plaisir.

Je ne cache pas avoir un rapport trop émotionnel avec ces livres qui m’ont accompagné pendant huit années de ma vie (d’adulte en devenir en plus, ça compte triple) mais quand même, quel bonheur de revoir tout ce petit monde et de faire connaissance avec les figurants de l’épilogue : on les retrouve un peu tels qu’on les avait laissé et on suit leurs interactions et leurs péripéties avec plaisir, même s’il faut s’habituer à la forme.

Une vision imparfaite de l'histoire

Harry Potter and the cursed child est en effet une pièce de théâtre, autant dire qu’avec une simple lecture on ne fait connaissance qu’avec la moitié de l’œuvre. Une œuvre ambitieuse qui plus est vu le nombre de personnages, de lieux et d’effets magiques en tout genre (sorts, métamorphoses, déplacements magiques…).

Difficile donc de bien comprendre ce qui se passe parfois car une didascalie ne remplace pas une page d’explication et une ligne de dialogue n’exprime pas forcément clairement une pensée aussi bien qu’un acteur qui la joue. J’espère qu’il y aura une captation vidéo qui permettra de découvrir tout ça (ou qu’une version française sera montée, soyons fous !)

Cependant en bonne fan, je me suis largement contentée du texte brut et j’ai laissé mon imagination combler les trous, ça marche plutôt bien car l’histoire est entrainante.

La famille c’est pas sorcier (ou pas) !

Je vous ai promis de ne rien révéler de l’intrigue, mais je peux néanmoins vous dire qu’elle est riche en péripéties et virevolte dans tous les sens (ce qui est assez surprenant d’ailleurs vu le format). En tout cas on ne s’ennuie pas une minute et on avale les pages comme de rien. Les dialogues très vifs y sont pour beaucoup, à maintes reprises je me suis d’ailleurs surprise à sourire ou pouffer derrière mon livre, ce qui n’arrive pas si souvent que cela.

Ce qui est chouette, c’est qu’on y retrouve un peu l’âme des deux premiers Harry Potter dans la veine « aventure magique pour jeune sorcier », mais avec une thématique très adulte et fort adapté à des héros qui ont bien grandi : les relations parents-enfants (ce qui rappelle un peu le Prisonnier d’Azkaban).

Du coup c’est un peu comme si on se repassait l’épilogue du tome 7 avec son petit côté « tout est bien qui finit bien » qui en a exaspéré plus d’un et qu’on grattait un peu le vernis pour révéler les défauts cachés. Un excellent choix qui permet de s’offrir une « meilleure » conclusion après quelques développements supplémentaires bienvenus, qu’ils soient dramatiques ou juste à mourir de rire.

Un plaisir qui ne se refuse pas

On pourra reprocher à ce livre de tirer sur la corde, d’avoir un petit côté « fanfiction » dans certains éléments qu’il utilise mais personnellement je n’ai rien ressenti de cela à la lecture. J’ai eu vraiment plaisir à replonger dans cet univers magique plein de surprises (dont une qui réussit à être à la fois énorme et complètement anecdotique) et à retrouver les personnages.

C’est un peu comme de revoir des amis perdus de vue depuis longtemps : on a changé, ils ont changé, on ne communique plus tout à fait de la même façon mais la joie des retrouvailles est là et on aurait tort de se refuser ce plaisir certes un peu coupable mais tellement délicieux.

CITRIQ

samedi 16 mai 2015

Harry Potter : l'exposition à la Cité du Cinéma

 

A défaut d'aller faire un tour aux studios de Leavesden pour plonger en plein dans l'univers Harry Potter, il est possible de se consoler en ce moment avec l'exposition sur le même univers à la Cité du Cinéma à Saint Denis, qui présente des costumes, des accessoires et des éléments de décor.


Après une entrée un peu scénarisée qui ne casse pas trop trois pattes à un canard mais ravira les plus jeunes fans, on entre directement dans le vif du sujet avec des éléments du décor de la Salle Commune de Gryffondor, et nombre d'objets et costumes de ses occupants (et autres, vu qu'on y croise la tenue de Luna Lovegood !)


Ce qui est chouette, c'est de pouvoir découvrir de près les détails du décor et les accessoires qu'on aperçoit en général à peine dans le film, comme le panneau d'affichage de la salle commune (avec ses courses de rat et sa barbe de Merlin postiche qui cherche son propriétaire) ou la liste de l'Armée de Dumbledore (avec des écritures différentes).


On enchaîne ensuite sur les différents cours et professeurs de Poudlard, la section Gilderoy Lockart étant de loin la plus fun.



Et encore je n'ai pas réussi à prendre en photo son magnifique autoportrait peignant son autoportrait !


Au détour d'un chaudron, le livre du Prince de Sang-Mêlé...


Et du matériel de Quidditch. Ce qui m'a permis de constater que le Nimbus 2000 de Harry est couleur bois tandis que le 2001 de Malefoy est noir, bonjour le manichéisme jusque dans les balais !


Après avoir croisé Buck (qui est vachement grand en fait !) et visité la cabane de Hagrid où l'on peut s'asseoir dans son gigantesque fauteuil (non vous n'aurez pas cette photo !), il est temps de passer aux choses sérieuses et de baisser un peu les lumières !


La fameuse statue du cimetière de la Coupe de feu, non loin des détraqueurs et des mangemorts (un peu difficiles à photographier avec aussi peu de lumière).



Des affiches et des journaux qui rappellent les jours sombres de la série...


Une pièce d'échec du premier film...


Et enfin les fameux horcruxes pour conclure cette joyeuse promenade dans les ténèbres !


On revient ensuite à une ambiance plus saine (enfin...) grâce au mur de décrets du Professeur Ombrage...


Avant de rentrer dans la Grande Salle où l'on trouve costumes de bal, jeux et bonbons ! (où on se dit qu'on nous vend vraiment du rêve, les fizwizbiz sont de simples bonbons moldus au goût fraise !)


Après quoi on se retrouve à la boutique, qui propose tout un tas de goodies à des prix... disons que je vous recommande de gagner le tournoi des trois sorciers avant d'y mettre les pieds ! J'ai été assez surprise de n'y trouver ni les livres, ni les DVD (ou alors ils étaient bien cachés, à moins que je ne les ai pas vu avec la foule), ce qui est bien dommage car au sortir de l'expo j'étais prête à me refaire toute la série !

Au final une exposition plutôt sympa, mais le coût de l'entrée est exorbitant (22 € l'entrée adulte sauf le mardi où on paye 19 € et 17 € pour les enfants) pour une visite finalement assez rapide (le site annonce 1h30, on y a passé 45 min en prenant le temps de faire des photos). A titre de comparaison l'expo Star Wars l'année dernière était dans la même gamme de tarif, mais j'avais moins tiqué car elle était plus riche niveau contenu et interactivité, alors qu'ici même l'audioguide est payant.

dimanche 17 juillet 2011

Harry Potter et les Reliques de la Mort partie 2 – David Yates


Je ne sais pas vous, mais depuis une semaine, mon entourage me bassine avec Harry Potter. Il y a les « alors ça fait quoi la fin d’Harry Potter ? » (rien, pour moi la fin c’était la sortie du 7ème tome en 2007). Et puis les « Tu étais à l’avant-première à Bercy le 12 ? » parce que tout le monde regarde le JT qui en a parlé (j’aime pas les films d’ordinaire et je devrais me précipiter pour aller le voir en vf ?).

Passons sur les niaiseries comme le passage à l’âge adulte, la seule question à laquelle il ne me dérange pas trop de répondre (menfin je préfèrerais qu’on me demande ma dernière lecture à la place, mais bon bizarrement Tolkien et les livres dérivés Doctor Who n’intéressent personne !), c’est le sempiternel « le film, tu en penses quoi ? », parce qu’en tant que fan, mon avis vaut forcément de l’or, semble-t-il. J’espère que vous n’en penserez pas moins, pour une fois que je ne fais pas que descendre le film !

Ce qui est bien, c’est qu’arrivée à ce huitième film, je n’avais personnellement plus aucune attente (les trois derniers David Yates m’ont achevé par leur lisseur et leur fadeur), et mon seul objectif était de me trouver des compagnons de cinéma susceptibles de supporter mes commentaires sarcastiques tout au long du film.

Forcément, avec des aprioris pareils, on ne peut qu’être agréablement surpris, et je vous le dit tout de suite, ce film n’est pas mauvais (et ceux qui me connaissent savent à quel point écrire un truc pareil à propos d’un Harry Potter signé David Yates m’est difficile).

C’est une bonne adaptation, globalement fidèle, et question réalisation, on a quelque chose de bien plus dynamique. Evidemment, vu que le film comprend à peu 90% de scènes d’action, c’est assez facile, mais tout de même. Au niveau des effets spéciaux comme du reste, on sent une certaine ambition, ce qui change agréablement des précédents films.

J’ai beaucoup apprécié la musique signée Alexandre Desplat, qui est elle aussi très ambitieuse, et toutes les citations de John Williams qui font chaud au cœur, parce c’est John Williams qui a donné son identité sonore à l’univers d’Harry Potter dans les trois premiers films, et qu’elles manquaient cruellement aux films précédents.

Bon bien sûr, la direction d’acteurs n’est toujours pas au top (et pourtant il y a de bons acteurs là-dedans !). Certains passages devraient susciter une émotion, et pourtant à l’écran ils ne dégagent rien. Pire, on en rigole parfois.

Mais globalement j’ai passé un bon moment devant mon écran, j’ai bien apprécié le début épique de la bataille de Poudlard, et mon voisin de siège, Elysio, a fait plus de commentaires sarcastiques que moi, c’est dire.

Je ne me lancerais pas dans une analyse détaillée, je préfère la laisser aux forums de discussion (y’a de quoi tenir des pages, notamment sur le fait qu’Helena Bonham Carter est plus convaincante quand elle joue Hermione que Bellatrix !), finalement, ma grande interrogation se trouve sur la nécessité de faire deux films.

A part l’intérêt financier évident, je pense qu’on aurait pu tout faire en un film (peut-être de 3h), car la première partie est définitivement trop longue et ennuyeuse, et la bataille finale aurait gagnée à être écourtée de quelques passages. Entre le moment où Harry part retrouver Voldemort dans la Forêt Interdite, et la bataille finale, on a vraiment l’impression d’un remplissage.

C’est dommage, parce que Neville y perd beaucoup en héroïsme en mettant trois plombes à tuer Nagini (sans parler du passage où tout le monde se moque de lui, spectateurs compris, ce qui casse un peu l'effet), et ce duel Harry/Voldemort qui n’en finit pas… Ce que j’ai toujours aimé dans le livre, c’est que c’était surtout un duel de mots, et que le combat en lui-même tenait en deux lignes. Ici, c’est tout le contraire : aucune parole et que des effets. Et le Expelliarmus n’est même pas prononcé à voix haute.

Au-delà de tous les détails, c’est mon plus gros regret. Pour le reste, même si ce n’est pas un grand film (ni même un film intéressant à vrai dire), c’est une adaptation honnête et pas trop déplaisante, qui relève le niveau. Et on rigole bien lors de l’épilogue avec ses acteurs mal vieillis et le super brushing de Ginny !

mercredi 1 décembre 2010

Harry Potter et les reliques de la Mort partie 1 - David Yates


Attention, cet article contient probablement quelques spoilers pour qui ne connaitrait pas l’histoire.

Je ne sais pas pourquoi, parce que j’aime Harry Potter, tout le monde est surpris que je ne sois pas allée voir le 7e film le jour de sa sortie, voir que je me sois incrustée à une avant-première en cape de sorcier. Pas que je ne l’ai jamais fait, mais je ne suis pas fanatique du travail de David Yates au point de me jeter sur ses films.

Et puis Harry Potter pour moi, c’est aussi une histoire d’amitié, si bien que quitte à aller regarder une adaptation décevante, je préfère le faire bien entourée, afin de pouvoir partager mes sarcasmes avec les voisins et les voisines. Ce qui n’a pas raté, une fois encore. Je pense que je vais me faire taper un de ces quatre au cinéma, à force de la séance à rire sous cape.

La plupart des gens basent leur appréciation des films Harry Potter sur la qualité de l’adaptation (est-ce que ça ressemble au livre ?), j’avoue que bizarrement ce n’est pas forcément ce qui joue la plus grande importance pour moi. Mais il faut le reconnaitre, avec David Yates on a une adaptation globalement fidèle, et pour les Reliques de la Mort, ça ne fait pas exception. On suit donc à peu près le livre, et tout ce qu’on est en droit d’attendre se retrouve à l’écran.

Mais pour moi c’est un peu le défaut du film. Il colle tellement au bouquin que ça en devient ennuyeux, parce qu’il n’apporte rien de plus (ou alors n’importe quoi, comme l’incendie du Terrier dans le tome 6) et passe trop vite sur tant de choses. Pour citer un de mes camarades, ils auraient pu en profiter pour montrer un peu la Résistance par exemple (pour rendre les balades dans les bois du trio moins monotones), et bien non. Et puis, il est assez fade.

Je ne sais pas si c’est moi qui suis blasée, mais j’ai trouvé les acteurs mauvais (à part Rupert Grint qui fait un Ron tout à fait convaincant, Harry et Hermione ne sont pas franchement exceptionnels), y compris ceux qui sont censés savoir jouer, comme Helena Bonham Carter dont la Bellatrix m'a laissé de marbre, contrairement au 5e film.  La réalisation n’est pas franchement marquante, et question effets spéciaux ce n’est pas formidable non plus (Dobby avait une meilleure tête dans le film 2).

Et j’ai ri aux morts importants. J’aimerais avoir honte, mais je n’y arrive même pas. Soit je suis irrécupérablement cynique, soit c’était juste mal fait.

Bon il faut quand même relever deux points positifs au milieu de tout ça. La musique, signée Alexandre Desplat, montre une nette amélioration par rapport aux précédents films, et surtout, la séquence animée du Conte des Trois Frères est de toute beauté (ceci dit c’est un peu le seul moment du film où j’ai senti la salle vraiment prise dans le film, c’est un peu triste tout de même).

Et puis, on ne passe pas si un mauvais moment que ça. Il y a quelques scènes bien drôles (les sept Harry par exemple), quelques scènes niaiseuses drôles à leur insu (je ne sais pas qui remporte la palme du lacet entre Harry fermant la robe de Ginny et Harry dansant avec Hermione), et j’avoue avoir plutôt apprécié tout le passage au Ministère.

Mais c’est un peu comme le 6, je vais le voir presque plus par devoir qu’autre chose, et si le DVD rejoint mes étagères un jour, ça sera sûrement parce qu’ils les bradaient dans la Fn** la plus proche !

vendredi 22 janvier 2010

Les nombreuses vies de Harry Potter - André-François Ruaud



J’ai beau être une mordue d’Harry Potter, je ne lis que rarement les ouvrages d’analyse et d’étude sur le sujet. Le contenu est souvent le même (ou pas très creusé, en tout cas), et il est difficile de ne pas buter sur leur caractère souvent très commercial.

Mais quand les Moutons électriques, ma maison d’édition fétiche, a annoncé la sortie d’un ouvrage dans leur collection Bibliothèque Rouge, j’ai quelque peu revu mon avis sur la question. Après tout, ça promettait au moins d’être un très beau livre. Et puis, ça me ferait l’occasion de lire un Bibliothèque Rouge, jusqu’à maintenant je m'étais toujours contenter de baver sur cette collection.

Pour ceux qui ne la connaissent pas, la Bibliothèque rouge est une collection d’ouvrages consacrés à de grandes figures de la littérature populaire sous le titre Les nombreuses vies de…. Au début très axé sur les policiers (Sherlock Holmes, Hercule Poirot, Miss Marple…), d’autres héros ont ensuite été mis à l’honneur comme James Bond, ou dans un registre plus fantastique et fantasy, Dracula, Cthulhu ou Conan.

Ces ouvrages se composent ainsi : une biographie qui s’amuse à rendre cohérente la vie d’héros racontée dans des histoires qui ne cessent de se chevaucher et de se contredire (selon les supports et les époques), différentes études sur le personnage, l’œuvre et ses adaptations, un panorama des œuvres similaires et parfois même quelques nouvelles. Le tout, bien sûr, est illustré (affiches, couvertures, dessins réalisés pour ce livre…).

Evidemment, un tel ouvrage, sur Harry Potter, cela fait rêver, mais non sans quelques doutes. Harry Potter est un héros qui a moins vécu que Sherlock Holmes, après tout on a que les romans de JKR et les adaptations en film, et vu son succès, on ne peut que flairer une opportunité commerciale pour l’éditeur (même si je comprends bien qu’il faut payer son abonnement à Nolife chaque mois).

Cependant, le résultat est plutôt bon, bien que pas vraiment ce à quoi je m’attendais. Plutôt que de se centrer sur Harry Potter, ce qui rendrait le propos vite répétitif, les Nombreuses Vies de Harry Potter s’intéresse autant à Harry qu’à ses grands-parents, frères, cousins et autre parentèle éloignée, bref à toute cette littérature jeunesse parlant de magie et d’école de magie, qui existait souvent bien avant Harry Potter.

Du coup, la « biographie » d’Harry Potter devient une sorte de gigantesque essai qui s’amuse à tirer le portrait d’un monde magique où l’on croise des élèves de Poudlard et de Verteloi (les Collèges de Magie de Caroline Stevermer), les enfants Pevensie (les Chroniques de Narnia de C. S. Lewis), Jonnhy Maxwell (série éponyme de Terry Pratchett), et même Buffy ! Sans parler d'éléments moins connus comme la série Isabelle (en partie scénarisée par Franquin).

Ce coté vraie/fausse étude (qui aborde tous ses exemples avec un sérieux fou, comme si, bien sûr, les armoires amenaient dans des pays magiques) rend la lecture très agréable, et c’est un vrai plaisir de découvrir et de confronter tous ces univers. Même si le propos requiert beaucoup d’attention de la part du lecteur (ce n’est pas le genre de livres qu’on lira en diagonale en pleine réunion bruyante de famille, croyez-moi j’ai essayé), cela en vaut la peine et les touches d’humour disséminées çà et là font sourire.

Cette biographie s’accompagne ensuite d’une chronologie qui mélange elle aussi allègrement faits potteriens et non potteriens (ça peut toujours servir pour écrire des fanfictions), et surtout d’une liste non-exhaustive d’ouvrages proches d’Harry Potter, promesse de ne jamais tomber à court de lecture dans le domaine (même si certains n’ont malheureusement pas été traduits en français, comme le comic The Books of Magic, la série de romans The Dark is rising).

Quelques essais complètent l’ouvrage, un sur les symboles dans Harry Potter, intéressant et bien documenté, mais qui n’apporte rien de vraiment nouveau sur le sujet (qui n’avait jamais fait le lien Sirius Black = chien noir), et d’autres portant moins sur Harry Potter que sur d’autres points de la littérature jeunesse, les œuvres de Roald Dahl, le mythe de l’orphelin et la série Benett au collège.

Au final l’ouvrage est un peu décevant pour le fan d’Harry Potter pur et dur qui trouvera que ça ne parle pas assez de son sujet favori (ou sans apporter du nouveau). D’autant plus que celui-ci tiquera sûrement sur les choix de traduction. Garder les noms originaux est tout à l’honneur des auteurs, et éclaire bien mieux la série. Par contre, certains passages traduction maison (sans doute pour des raisons de droits, je présume) donnent lieu à des appellations étranges (un manteau d’invisibilité !).

Ceci dit, si vous n’avez jamais lu d’étude sur Harry Potter, celle-ci en vaut bien une autre, vu qu’elle reste bien documentée, intelligente et drôle (comment ça, la Samaritaine cacherait un bâtiment sorcier ?), avec une présentation inhabituelle. C’est un bon moyen de réviser ses classiques via une autre approche que les sept livres.

Si en plus, vous aimez la littérature jeunesse de fantasy et que vous aimeriez en savoir plus sur le sujet, et bien n’hésitez pas à vous lancer, d’autant plus que c’est un bel ouvrage, comme toujours chez les Moutons électriques (on passera sous silence les quelques coquilles et problèmes de numérotation, marque de fabrique de l’éditeur !).

mardi 8 septembre 2009

Harry Potter Reboot (8/8) : Bonus Track


Excusez le retard pour le dernier volet de cett saga estivale (allez l’été prochain je fais même chose avec le Seigneur des Anneaux, chiche !), j’avais eu la brillante idée de laisser mon exemplaire des Contes de Beedle le Barde à Paris. Et comme il était bien sûr impensable de conclure sans revenir sur ce dernier ouvrage...

Harry Potter ce sont les romans, mais aussi des adaptations ciné qui plaisent ou non, une pléthore de livres dérivés, de jeux dérivés, de produits divers dérivés à l’écharpe aux chaussettes en passant par le cahier de textes et l’assiette pour bébé trouvée dans les placards de la location de vacances (véridique !).

Mais bon, s’il y a incontestablement des produits dérivés qui sont vraiment sympas, ce sont les petits livres écrits par JKR comme des à coté de la saga : les Animaux fantastiques et le Quidditch à travers les âges, sortis en 2001, et les Contes de Beedle le Barde, sorti en décembre 2008.


Les Animaux fantastiques de Newt Scamander
&
Le Quidditch à travers les âges de Kennilworthy Whisp

Honnêtement, je ne sais pas à quoi pensait JKR en écrivant ces petits livres, mais si j’étais d’humeur hérétique je dirais que c’est le meilleur de Harry Potter qui est condensé là, ou presque.

Le premier est le manuel cité sur la liste de livres de Harry dans le tome 1, Fantastic Beasts and where to find them, écrit par Newt Scamander (Norbert Dragonneau, j’admire d’ailleurs les grands écarts du traducteur pour arranger sa sauce à ce sujet). Sur le sujet des animaux magiques, on en apprend les bases, à se demander pourquoi Hagrid a jugé nécessaire d’en demander un autre en troisième année (sinon pour le fait qu’il soit « marrant »).

J’adore ce livre. Il reprend tous les animaux déjà rencontrés dans les livres à l’époque du tome 4, en présente pas mal qu’on verra par la suite (avec presque quelques présages dissimulés), et de manière générale, c’est un essentiel pour qui veut écrire des fanfictions, ou creuser l’univers d’Harry Potter

Certes on y parle faune magique, mais en lisant l’historique, on relève pas mal d’éléments sur l’histoire sorcière. On notera quand même qu’il existait une confédération internationale sorcière très tôt, ce qui semble assez paradoxal pour une société sorcière qui a plutôt toujours l’air d’avoir trois siècles de retard.

En plus, il est très drôle (il est écrit un peu dans le même esprit que le tome 1 quand on découvre le monde sorcier), et les graffitis d’Harry et ses amis lui donnent une sympathique valeur ajoutée. Pour le coup je serais curieuse de voir la version actualisée jusqu’au tome 7 !

Le second est le fameux Quidditch through the ages cité également dans le premier tome, et qui explique en long, en large, et en travers ce sport magique : origines, règles, équipes… En prime on s’offre une bonne tranche d’histoire sorcière, notamment sur l’invention du balai volant.

Comme les animaux fantastiques, c’est un livre assez drôle avec ses extraits de journaux et de correspondance, ses petits dessins, ses anecdotes humoristiques. Jetez un œil aux autres jeux de balai si vous voulez la preuve que les sorciers sont des gens cinglés. Et comme les animaux fantastiques, en prêtant attention aux détails, on trouve quelques infos intéressantes sur le monde sorcier (que je n’ai évidemment pas noté, c’est bien dommage).

Bref ces deux là sont des vrais indispensables, et on regrette qu’il n’y en ai pas plus dans ce genre : imaginez un peu qu’elle nous sorte l’Histoire de Poudlard dans le même format !


Les Contes de Beedle le Barde

Je ne vais pas rentrer dans les détails, j’ai déjà assez déblatéré sur la question jadis. Finalement en le relisant, ce fameux recueil de contes à la base de l’intrigue du tome 7, je l’ai trouvé beaucoup moins frustrant.

Certes, ça ne casse pas trois pattes à un canard, et les contes, sinon bien écrits, sont assez anecdotiques si on omet le Sorcier au cœur velu. Mais une fois encore on trouve quelques informations intéressantes, notamment sur comment Nick Quasi-sans-tête a trouvé la mort. Et l’anecdote sur le théâtre à Poudlard est bien marrante aussi.

Ceci dit, il manque la fraîcheur des deux autres ouvrages, et accessoirement la présence incessante des notes de JKR qui parle de Dumbledore comme d’un grand ami brise le « 4e mur ». Autant pour les Animaux fantastiques et le Quidditch à travers les âges, on s’y croirait (j’ai cherché partout, JKR n’est mentionné que dans le copyright, et le nom du traducteur n’est même pas donné !), autant là, l’effet d’immersion se perd un peu. Ca reste ceci dit un bonus sympathique.


Et donc, Harry Potter…

Ca fait tout bizarre de finir cette relecture. Il me semble que c’est dans le Panorama illustré de la fantasy et du merveilleux qu’il est dit, à la fin de l’article sur le sujet, que ce n’est pas forcément un chef d’œuvre, juste une très bonne série.

Je crois que c’est un peu ça, le secret d’Harry Potter. Certaines personnes le dénigrent parce que c’est devenu une grosse machine marketing. Mais ce serait oublié que si la série a marché, au départ, c’est par le bouche à oreille. Parce que c’est juste un bon livre, susceptible de plaire à un très large public.

C’est drôle et léger, mais sérieux quand même, dur parfois. Ca se lit très facilement de manière générale. Le monde sorcier est fascinant à découvrir, et riche en références en tout genre (les prénoms, les créatures…). Les histoires, à tiroir, happent le lecteur et ne manquent pas de surprise à la première lecture. Les personnages forment une incroyable galerie où chacun se retrouve au moins dans un, à un moment donné. On suit les pas du héros, de l’enfance à l’âge adulte.

Certes ça ne révolutionnera pas la littérature, tout ça. En même temps, les livres révolutionnaires, précurseurs etc., c’est souvent aussi très chiant à lire, alors tant qu’à se faire plaisir…

Il y a plein de raisons d’aimer Harry Potter. Si je ne devais retenir que deux images pour résumer toute la série, ou plutôt, ce qu’elle représente pour moi, ce serait les suivantes, qui assez bizarrement, proviennent toutes deux du tome 1 :

- Dumbledore proposant un esquimau au citron au Professeur McGonagall en pleine nuit, dans une banlieue de Londres et au mois de novembre

- Harry devant le miroir de Riséd, découvrant sa famille.

Le premier résume très bien la folie douce qui règne dans le monde sorcier où on aime faire fondre les chaudrons, où l’on fabrique des bonbons au goût « crotte de nez » et où on considère comme extraordinaire un jeu où on peut se faire fracasser le crâne par des grosses balles en métal.

Le deuxième représente plutôt l’aspect affectif de la série. Toute l’histoire d’Harry est marquée par cette recherche de la famille, celle qui a disparu mais celle qu’il peut se construire aussi. Ca va être sa raison principale de se battre et d’aller de l’avant. Ce n’est pas pour rien que le tome 3 est un des plus poignants de la saga… et que « l’Amour » se révèle être la plus grande force de Harry.

Voilà donc pour la séance de relecture harrypotterienne de l’été. Ca me fait tout bizarre de conclure, après un mois et demi de lecture intensive de romans et de fanfictions. Je suis bien contente que la Stratégie d’Ender (lecture du mois du Cercle d’Atuan) soit un roman prenant, parce que mes autres lectures me semblent un peu fades après tant d’Harry Potter.

On n’a pas fini de parler d’Harry Potter ceci dit. Deux films sont encore à sortir (quoique j’en attende pas grand-chose). Il semblerait que JKR travaille toujours sur son projet d’encyclopédie, et accessoirement les Moutons électriques préparent pour novembre un Bibliothèque rouge sur notre sorcier préféré : les nombreuses vies d’Harry Potter. Celui-là, je l’achète, même si je dois manger des pâtes pendant trois mois pour le payer !

Et comme je pense qu’Harry Potter doit son incroyable pouvoir aussi bien aux livres d’origine qu’à toute la communauté qui gravite autour, en guise de bonus, voilà trois sites internet fort sympathiques à consulter pour aller plus loin, et trois coups de cœur fanfiction du moment (même si je pourrais vous faire une liste des 50 fanfictions essentielles sans aucun problème !).


Petite sitographie sorcière

Le site est ultra connu, ça n’en reste pas moins une référence quand vous cherchez une info sur la série. Tout y est rentré, jusqu’au moindre détail donné dans une interview, ce qui est quand même très pratique quand on vérifie un détail pour une fanfiction. Une traduction française existe, mais elle a l’air d’avoir pris des vacances ces temps-ci.

Un très vieux site que je connais depuis mes débuts de fans. La dernière mise à jour remonte à Mathusalem, et le site est envahi par les pubs, mais son contenu reste très intéressant, avec notamment une très bonne analyse de la série qui n’a pas pris une ride, et des dossiers sur les noms des personnages ou les animaux fantastiques qui sont superbement illustrés. C’est un peu l’ancêtre de la Pensine, site dans le même genre mais sans les dessins.

Ma dernière trouvaille, par un ancien du Lexicon, il s’agit d’une mini analyse chapitre par chapitre des livres Harry Potter, en relevant les détails, en mettant en lumière certains passages, en pointant du doigt les incohérences (je ne verrais plus jamais le Quidditch de la même façon). Chaque chapitre est présenté avec une sélection de fan arts, que du bonheur pour les yeux !


Bibliographie fanfictionnaire


Sur le poncif du frère jumeau d’Harry Potter que tout le monde prend pour le Survivant, ksomm814 écrit un récit prenant avec quelques particularités (Harry ne sait pas qu’il est Harry), qui n’est pas, pour citer l’auteur, ni un « Potter bashing » ni un « twin vs twin », mais juste une histoire de mauvais choix et des conséquences qui en découlent. Les trois premiers livres sont couverts, et pour le moment, c’est une très bonne réécriture avec un twist bien maitrisé.

Les Survivants (et les Bâtisseurs) de Alixe

Si après avoir fermé le tome 7, vous ressentez l’envie compulsive de continuer l’histoire, la longue fanfiction d’Alixe est là pour vous. A partir des éléments donnés par JKR, reprenant le fil de l’histoire, elle comble le vide entre le dernier chapitre et l’épilogue du tome 7. C’est bien écrit, c’est riche, et bourré de réflexions pertinentes sur le monde sorcier. Ajoutez à cela des enquêtes chez les aurors dignes de romans policiers… y’a de quoi se faire (très) plaisir !

Azkaban Break et ses suites de Colibri Vert

Inspiré de la série Prison Break (qu’il n’est pas la peine de connaitre pour apprécier la fic), Azkaban Break est un UA où Regulus Black, ayant échappé à la mort, se fait enfermé à Azkaban sous une fausse identité pour faire échapper son frère, avec l'aide (un peu contrariée) de Rogue… C’est prenant, haletant, et les suites (qui parlent de Harry et de Horcruxes, entre autres) sont toutes aussi juteuses, surtout quand Rita Skeeter rentre en scène. A lire, c’est du très bon.

mardi 11 août 2009

Harry Potter Reboot (7/8) : The end of all things


Harry Potter et les Reliques de la Mort
(spoilers comme d'habitude, vous l'aurez compris)

On en pensera ce qu'on veut, mais la lecture est un phénomène magique. Les mots ont une capacité à faire voyager si forte qu'en fermant le 7e tome des aventures d'Harry Potter, il ne reste qu'une sensation de vide, un peu comme si on devenait soudainement orphelin. Sans doute aussi parce que le petit sorcier à lunettes a rempli une partie de ma vie pendant longtemps. Quelque chose comme 7 ans de lectures, d'attentes, d'hypothèses, de débats.

Quand j'ai fini le 7 pour la première fois, je me rappelle d'avoir été partagée entre un sentiment de satiété (enfin, toutes les questions trouvaient des réponses !) et ce vide béant provoqué par le fait qu'il s'agissait du dernier tome. Après, je n'ai quasiment plus lu une fanfiction. C'est un retour récent les fics, causé par la relecture.

Bref contrairement aux autres tomes, ce tome-ci a été une vraie redécouverte, dans la mesure où je ne l'avais jamais lu en français, sinon pour quelques passages clés par curiosité. Avec une seule lecture au compteur, et en anglais, mes souvenirs étaient plus que flous. Du coup, c'était comme si je redécouvrais soudainement l'histoire et son foisonnement de détails passés inaperçus dans la langue de Shakespeare.

Ce qui frappe dans les Reliques de la Mort, c'est le rythme d'abord, et le ton ensuite. Contrairement aux autres qui démarrent doucement et montent en crescendo jusqu'à la fin, celui-là démarre sur les chapeaux de roues... et termine de même. J'avais ressenti un creux au milieu à la première lecture, mais il est passé inaperçu cette fois-ci. En fait, il s'agit du passage où l'action laisse la place à la réflexion. Quand on lit vite (et en anglais), cela se ressent comme un passage à vide. En français avec les détails, on se rend compte qu'il s'agit de réflexions au moins aussi intenses que si nos héros étaient en train de faire la révolution avec des piques et des fourches.

D'ailleurs, pour un tome qui aurait pu être (et s'annonçait quand même comme) une simple chasse au trésor (modèle magie noire niveau 7), on ne peut que relever la complexité de l'intrigue qui va chercher des éléments à droite à gauche sans qu'on ne comprenne de suite ce qu'ils viennent faire là : la vie de Dumbledore, les Reliques de la Mort, les Horcruxes, Rogue, Poudlard, le Ministère de la magie, les gobelins, les baguettes... On est bien content qu'on revienne de temps en temps sur les liens entre tout ça.

Quel joyeux bordel donc... quel affreux et angoissant bordel, plutôt. Le ton est dur, dans ce tome. S'il m'arrivait encore de rire dans les autres tomes, dans celui-ci, c'est très rare (sauf un peu au début). Les personnes tombent comme des mouches, sans qu'on puisse parfois s'attarder sur le pourquoi du comment de la raison. C'est un peu la leçon du tome d'ailleurs : il n'y a pas de morts "utiles", ici, toutes semblent injustes (Fred, Dobby, Hedwige), inutiles (Colin Creevey), inappropriées (Remus et Tonks quoi !).

En plus de l'hécatombe permanente, il y a quelque chose d'affreux que le salut du monde sorcier repose sur trois gamins qui ne savent même pas se faire à manger, ou transplaner correctement pour certains. Certes ils ne sont pas les seuls à œuvrer, on se rend vite compte en avançant de l'incroyable travail dans l'ombre de tous les résistants (l’émission de radio notamment), mais tout de même, les longs mois d'impasse à camper dans la forêt sont sérieusement perturbants de ce point de vue.

Il y a aussi l'horreur des actions de Voldemort qui tue tout le monde sur son passage, perdu dans son obsession d'Harry Potter (quoique bizarrement, c'est tellement cliché que ça frappe moins), il y a le Ministère qui fait froid dans le dos (et là j'ai du mal à ne pas faire d'analogies avec la 2de guerre mondiale sur certains points), il y a le drame de la vie de Rogue... et le drame de la vie d'Harry aussi (la lettre de Lily et la visite du cimetière sont poignants).

Bref un tome vraiment dur, mais qui s'offre aussi ses plus belles tranches d'action à couper le souffle (puisse David Yates ne pas en faire nawak au ciné) : le début avec les sept Harry Potter, l'infiltration du ministère, le passage chez les Malefoy, le cambriolage de Gringotts, la bataille de Poudlard. On s'en prend plein la tronche de ce coté-là.

En parallèle, on a des histoires passionnantes. Celle de Dumbledore permet enfin de boucher les trous dans l'histoire du personnage, notamment, même si comme je le disais, son plus bel hommage est encore dans le Prince de Sang-Mêlé. C'est étrange de voir que Grindelwald n'a pas toujours été sa némésis (alors qu'on aurait pu s'attendre à un parcours similaire à celui d'Harry), et quel point ses erreurs de jeunesse l'ont marqué à vie.

Quelque part, on comprend mieux son admiration pour Harry qui n'a jamais été tenté en dépit de leurs points communs, de devenir comme Voldemort (comme Dumbledore le dit si bien dans le Prince de Sang-Mêlé).

Ceci dit moi les Imperium -certes nécessaires- et le Doloris de la fin me font tiquer à ce sujet... Ca m'avait déjà choqué dans l'Ordre du Phénix, surtout vu le manque complet de conséquences à ce sujet, on n'en parle jamais. Dans la Coupe de Feu, il était clairement statué que c'était Impardonnable avec un grand I, pourtant.

C'est assez étonnant les réflexions que cela provoque chez Harry, la découverte du passé de Dumbledore. Déjà il est assez rare qu'Harry s'offre des pages entières d'introspection sur ses relations avec autrui (Cho et Ginny ne comptent pas, il a toujours un peu l'air d'un crétin à ces moments-là). C'est plus perturbant qu'il se sente trahi, lésé, surtout qu'arrivé à la fin de son histoire, il se rend finalement compte que ça ne change rien. En tout cas ça ne l'empêche pas d'accomplir la mission que Dumbledore lui avait confiée.

Harry est étonnant dans ce tome : fidèle à lui-même (colérique, borné, parfois un poil stupide et complètement imprudent), mais en même temps, il a vraiment atteint définitivement sa maturité. Il réfléchit beaucoup plus, résout aussi bien les énigmes qu'Hermione, bien que d'une manière différente, et assume son rôle de "chef".

Il utilise sa connexion avec Voldemort envers et contre tout, et c'est ce qui finalement lui donne la victoire. C'est assez étrange ce retournement par rapport au 5. Comme je le lisais à quelque part, le fait que cette histoire de lien soit complètement absente du tome 6 rend la chose un peu capilotractée. Ceci dit je ne peux m'empêcher de me demander si Dumbledore, voyant que Voldemort ne peut posséder Harry, n'aurait pas délibérément laissé Harry abandonner l'occlumancie dans le but qu'il puisse se servir de leur lien pour trouver les horcruxes.

Le grand talent d'Harry, dans ce tome, c'est son intuition. Contrairement à Hermione qui raisonne, Harry, lui, agit en suivant son instinct, parfois en mal, parfois en bien. Sa compréhension très intuitive de Voldemort est assez surprenante, mais étonnamment cohérente. Les leçons de Dumbledore ont porté leurs fruits.

D'ailleurs, il s'affirme fort bien comme l'héritier de Dumbledore sur la fin, quand on voit son dernier échange extrêmement intellectuel avec Voldemort par rapport à leurs dialogues habituels. Joli écho au tome 5, et belle réponse au tome 4 où Voldemort avait le dessus.

Je me rends compte que je n'ai toujours pas parlé des éléments clés de l'histoire dans tout ça. Le rôle de Rogue (et son passé), ne sont pas une surprise, mais c'est assez émouvant, et triste surtout. Quand on voit sa vie, on se dit que c'est quand même un personnage qui n'a jamais vraiment été heureux.

Et, pour quelqu'un qui a joué double-jeu pendant la moitié de sa vie, a été manipulé jusqu'à la fin de sa vie. C'est le personnage qui a été le plus manipulé par Dumbledore (bien plus qu'Harry qui avait des clés de compréhension), uniquement pour racheter ses fautes. Ca fait de la peine quand même.

La résolution de l'énigme des Horcruxes est plutôt dans la lignée de ce qu'on aurait pu prévoir : beaucoup de hasards et d'aides extérieures imprévues. J'aime le passage avec l'épée de Gryffondor, et le retour de Ron. Pour une fois, le rouquin acquiert un rôle autre que celui du meilleur pote d'Harry qui est toujours là mais qu’on ne le remarque pas tant que cela d'ordinaire.

L'histoire parallèle, celle des Reliques, est intéressante : riche en symboles, en réflexions, et typiquement Harrypotterienne avec ses mythes qui ont une réalité (c'est un peu comme la légende de la Chambre des Secrets).

Plus que les Horcruxes, c'est une quête, et je trouve assez intéressant que finalement, le maitre de la Mort ne soit pas celui qui retrouve les trois objets, mais bien celui qui accepte la mort comme le fait Harry.

C'est un des points intéressants de la fin. Je n'ai jamais été fan de la théorie "Harry=Horcruxe", parce qu'elle rendait caduc le fait qu'Harry détruise Voldemort (puisqu'il faudrait qu'il se tue avant). Cependant la façon dont J K Rowling aborde le problème rend la chose beaucoup plus intéressante : hasard des probabilités, et retournement des problèmes qui fait que ce qui protégeait Voldemort devient ce qui préserve la vie d'Harry.

Et accessoirement ce passage est un des plus forts du bouquin, avec le chapitre "King's Cross" qui est un peu la conclusion avant l'heure du roman. Bah oui une discussion avec Dumbledore, normalement, ça clôt un livre !

Sauf que ce n'est pas le cas et qu'on a encore quelques évènements derrière. La fin est... surprenante. L'épilogue fait débat, et je connais peu de gens qui l'apprécient. Moi je l'aime bien. Certes il est sommaire, peut-être un peu trop guimauve, et accessoirement il fait un peu incomplet quand on voit toutes les infos que JKR a donné dans les interviews et non dans le dit épilogue.

C'est un peu bête qu'elle ait préféré garder en quelque sorte la version originelle de son épilogue au lieu de le densifier un peu, ce qui n'aurait pas fait de mal je pense. On peut s'interroger en passant sur les noms des enfants (les pauvres, un psy aurait beaucoup à dire sur le sujet !)

Mais personnellement je reste persuadé qu'avec un prénom pareil, Albus Severus ira très loin dans la vie ! Et puis, il faut reconnaitre que ça permet de conclure l'histoire comme elle avait commencé.

Le tome 7 est en effet, malgré sa dureté, le tome le plus proche du tome 1 par certains aspects : il reprend des éléments abordés presque uniquement dans le tome 1 : le sacrifice de la mère d'Harry, Dumbledore et le miroir de Risèd, Ollivander, Gringotts, Godric's Hollow, la moto de Sirius, la cape d'invisibilité. J'ai même surpris un joli clin d'oeil avec un "Mais tu es un sorcier ou quoi" de Hermione à Ron (celui qui retrouve le chapitre me prévient).

Il n'y a pas à dire, c'est donc une très bonne fin de saga, si on omet un épilogue un peu bancal. Je l'aime moins que le 3 et 6, mais il vaut largement le 4 (avec le 5, puis le 2, derrière).

Voilà donc la presque fin de mon cycle Harry Potter de l'été. Reste à relire le Quidditch à travers les Ages, les Animaux Fantastiques, et les Contes de Beedle the Bard. Et en bonus je ferais peut-être une petite sélection de fanfictions. En ce moment je suis dans la suite du tome 7 qu'écrit Alixe, et c'est très chouette ma foi.

jeudi 6 août 2009

Harry Potter Reboot (6/8) : Souvenirs, potions et oh my…


Harry Potter et le Prince de Sang-Mêlé
(spoilers mais pour une fois je ne dis pas qui meurt à la fin)

Waouh, mes problèmes d’informatique s’améliorent, j’en suis à rédiger mes articles sur papier pour éviter les pertes lors des plantages. L’électronique s’envole, les écrits restent. Amis lecteurs, si vous vous sentez d’une âme généreuse pour mon anniversaire…

Mais ce n’est pas -trop- grave (même si quand même…), parce que ça me permet de lire le 6ème Harry Potter tranquille, et ça, c’est que du bonheur ! Voilà donc mes 6 pages écrites à la main sur mon petit cahier d’écriture vert.

C’est un tome que je lis avec une aisance et une facilité incroyable, au point d’en planifier ma lecture pour éviter qu’elle ne perturbe mes journées. Hier soir, je me suis consciencieusement arrêtée à la fin du chapitre « Les Horcruxes » afin d’arriver à une sorte de résolution sans pour autant être « happée » par le final et ne pas en dormir de la nuit avant de l’avoir lu.

Je trouve qu’il retrouve une certaine légèreté propre aux premiers tomes, sans pour autant négliger l’aspect dur et adulte de la situation. Sur un univers angoissant, le récit reste souple, et c’est fort plaisant après l’interminable Ordre du Phénix.

Je ne sais pas exactement ce qui fait qu’il fonctionne si bien (du moins pour moi). Déjà il commence sur de bonnes bases. Certes deux chapitres sans voir Harry, c’est long, mais ça pose pas mal d’éléments d’intrigues pour la suite : les actions de Voldemort et le changement de ministre ; la mystérieuse tâche de Drago ; la promesse de Rogue.

Ces fils vont hanter une bonne partie de l’ouvrage en arrière plan, sans être pour autant les éléments majeurs. Parce qu’il y a aussi l’histoire du Prince de Sang-Mêlé (c’est le titre du bouquin quand même !), et surtout parce qu’il y a les « leçons » de Dumbledore.

Albus (Perceval Wulfric Brian) Dumbledore. Sans doute la première (et la meilleure) raison pour lequel ce tome est incroyable. Bon certes, du coup, toute personne qui ne l’aime pas se voit fâchée avec cette histoire, mais pour les amateurs, le Prince de Sang-Mêlé, c’est l’apothéose de Dumbledore. On mange du APWBD un chapitre sur deux, on en voit tous les aspects, et on boit ses paroles comme du petit lait.

Le début chez les Dursleys est excellentissime. Et la suite ne dément pas en qualité : drôle ou sérieux, fou ou sage, parfois touchant, parfois énervant. Certes, le tome 7 nous raconte sa vie, mais le tome 6, lui parle du personnage avec brio. J’avoue que sa phrase « mais l’harmonica n’était rien d’autre qu’un harmonica » m’a hanté pendant longtemps comme la parfaite réplique Dumbledorienne aux cotés du « C’est ce que tu viens de faire mais tu peux recommencer », de la paire de chaussettes du Miroir du Risèd et du « Ce sont nos choix qui déterminent ce que nous sommes ».

Petite parenthèse fanfictionnaire, j’ai jadis travaillé sur un OS sur le pire souvenir de Dumbledore, à la suite de celui sur Salazar. Je ne l’ai jamais fini (voir pas commencé du tout en fait), et le tome 7 l’a rendu un peu caduc, mais c’est marrant de voir qu’avec le peu d’éléments du 6, j’avais imaginé des trucs pas totalement idiots. On y croisait notamment une mère qui élève seul ses enfants, une petite sœur au destin tragique et la présence de Grindelwald (mais dans un tout autre rôle). C’est toujours marrant de voir comment on peut toucher juste avec un peu d’intuition et trois phrases dans une cave… et y'en a des bien pires que moi dans le monde des fanfics.

Bref si les Reliques de la Mort comblent (de mémoire, je l’ai lu qu’une fois celui-là) des trous, le Prince de Sang-Mêlé met tout de même en scène la seule personne à avoir suivi les débuts et l’ascension de Voldemort, tout en cherchant en même temps à le contrer. Si on creuse un peu la chronologie, c’est quasiment 50 ans de recherches qu’il relate dans ses leçons.

L’histoire de Voldemort, en elle-même, est intéressante, mais ce qui la rend fascinante, c’est la façon dont Dumbledore la raconte : le récit se construit par fragments, par déductions, avec des allers-retours incessants entre passé et présent. Ca relève parfois de l’archéologie, parfois de l’enquête policière, et on attend avec impatience chaque épisode.

A chaque relecture du 6 (et il m’est arrivé de ne relire que les chapitres concernant Voldemort), je suis à chaque fois happée dans ce feuilleton à cliffhanger, ce puzzle humain. C’est étonnant, parce que si on regarde, Voldemort n’est pas un méchant hyper intéressant. Il est quand même complètement dénué de toute ambiguïté ou de nuance de gris. Il n’y a guère que l’histoire des trophées qui m’a fait haussé les sourcils de perplexité à l’époque. Pour le reste, il est juste fondamentalement mauvais jusqu’à la moelle. Mais peu d’ouvrages s’offrent une analyse comportementale aussi détaillée du big bad guy, tout de même.

L’histoire des horcruxes, en elle-même, est très bien trouvée et pas bête du tout. J’étais contente d’y avoir pensé moi-même avant la sortie du livre, mais il faut dire aussi qu’entre Planescape Torment et Baldur’s gate, le principe d’immortalité par l’objet ne m’était pas inconnu. Par contre le nombre ! Et la symbolique des objets surtout ! Du coup ça ouvre la voie à une intéressante chasse au trésor, ce qui plait forcément quand on aime l’archéologie de comptoir.

Ironie du sort, le lecteur attentif remarquera d’ailleurs (et même sans avoir lu le 7 pour les pires geeks HP) que Harry a croisé le chemin ou eut en main tous les horcruxes ou presque bien avant les Reliques de la Mort. Une bonne chose que le dernier tome ne tourne pas que autour de cela, sans quoi on aurait baillé d’ennui tout du long !

Pour le reste que dire d’autre ? Il y a l’arrivée de Slughorn, je vous renvoie à mon article sur l’Ordre du Phénix sous peine de me répéter, rayon nouveaux personnages. C’est sympa toutefois de noter le twist du professeur de potions, un de ces moments drôles au début de l’ouvrage où JK Rowling fait un pied de nez à ses lecteurs en rompant avec la tradition du nouveau prof de Défense.

(d’ailleurs en parlant de tradition, vous noterez qu’à partir du tome 5, l’éternel résumé qui donne le contexte et explique « Harry est un sorcier qui va à Poudlard et qui est célèbre parce qu’il a survécu à un sortilège de mort à l’âge de 1 an » disparaît quasi complètement, ça fait du bien en fait –parce que du coup les gens ne se sentent pas obligés d’en faire un dans leurs fics, ce qui était toujours profondément lourd)

Après, il y a des passages qui font rire, d’autres qui font pleurer –ou en tout cas qui prennent aux tripes, surtout les derniers chapitres. Il y a des histoires d’amour, oui, mais c’est loin de faire de livre à la façon dont elles font l’adaptation en film. Le Harry/Ginny est réduit (et la conclusion laisse sceptique, mais j’attend de relire le 7 pour me prononcer).

Et puis il y a l’énigme du Prince de Sang-Mêlé, qui semble presque peser trop lourd dans l’ouvrage tant Hermione revient dessus, alors que ça pourrait être anecdotique. Sauf que… Du coup à la fin, ça claque (même quand on le sait déjà), surtout couplée à la trahison de Rogue

En toute honnêteté je n’y ai jamais cru d’ailleurs, et je ne suis pas la seule à en juger par les réactions sur les forums à l’époque (et les avatars « I believe in Severus Snape » sur les LJ, tout un programme). C’est sans doute stupide mais pour moi Dumbledore ne pouvait pas se tromper de toute façon. Ce qui manquait au lecteur, c’était surtout la raison, l’explication, le mobile. C’est pour le 7 ça.

Harry, de son coté, est le seul fermement convaincu que Rogue est un connard de première (bon certes sur certains points…). C’est assez ironique parce que ça le place en porte à faux vis-à-vis du lecteur, alors que d’ordinaire Harry est le lecteur (du fait de son statut de narrateur, et accessoirement parce qu’il découvre en permanence le monde magique). Pour une fois, on se détache un peu de lui.

Ceci dit, pour le reste, notre binoclard a un comportement plus qu’honorable. Fini la crise d’adolescence, Monsieur a grandi, et pour le coup, c’est un homme, un adulte, que dis-je, il dit et pense même parfois des choses intelligentes ! On sent le héros qui se développe (un peu au sens tragédie grecque du terme menfin), notamment dans ses résolutions, lorsqu’il discute de la mort de Sirius avec Dumbledore, ou à la fin du chapitre des Horcruxes (décidément celui-là, on y revient tout le temps).

Y’a pas à dire, on sent que la fin est proche…
(A suivre si mon PC le veut bien)