samedi 7 juillet 2012

Le silence de la Cité - Elisabeth Vonarburg


Encore une fois, je ne rends pas ma chronique en avance, puisqu’il m’aura fallu un bon mois pour rédiger cette chronique. Il faut dire qu’il y a eu les Imaginales, et je n’ai pas cessé de repousser l’échéance. Il n’est vraiment jamais facile de se lancer dans une chronique d’un livre d’Elisabeth Vonarburg. J’en avais déjà fait une chronique précédemment, mais j’ai préféré la dépoussiérer un peu.

Lors du Déclin (série de catastrophes qui a ravagé la Terre, le détail n’est jamais donné mais ça implique certainement des bombes nucléaires), certains hommes se sont réfugiés dans des Cités, des abris souterrains à la pointe de la technologie, où ils vivent désormais reclus, repoussant la mort grâce à leurs robots.

A l’extérieur, les rares survivants humains ont régressé à une technologie, et les mutations provoquées par le Déclin font entre autres qu’il nait plus de filles que de garçons. Un des habitants de la Cité étudie ces mutations, dans le but de produire l’humain parfait qui sauvera l’espèce humaine. Sa première tentative réussie sera Elisa, et le Silence de la Cité raconte son histoire.

C’est l’histoire d’une femme dotée de talents très spéciaux, qui va s’aventurer à l’Extérieur pour voir ce que sont devenus les autres humains, et qui va mettre en place son propre plan pour sauver l’humanité.

Si certains détails vous semblent familiers dans ce très vague résumé, et si vous faites partie des lecteurs des Chroniques du Pays des Mères, c’est tout à fait normal. Les Chroniques sont en fait la suite du Silence de la Cité (à quelques siècles d’écart).

De façon assez étrange ceci dit, il vaut mieux lire le Silence de la Cité en second, il se révèle bien plus intéressant en regard des Chroniques qu’en lui-même. Comme je le disais lors de ma première lecture, c’est un peu le paradoxe de ce roman. Seul, c’est un roman presque bancal, alors qu’il offre des informations supplémentaires très intéressantes sur certains détails du Pays des Mères.

Ceci dit, j’ai bien apprécié de le relire, avec le Pays des Mères très frais dans ma tête cette fois-ci. Cela m’a permis de bien plus apprécier les références à celui-ci. Même si certains trous restent à combler, le Silence de la Cité permet de mieux se représenter le temps des Harems et celui des Ruches, comment la religion d’Elli s’est mise en place…

Mais je trouve que ça reste un roman assez froid, et un peu malsain sur les bords : le personnage de Paul est tout sauf agréable, et Elisa est une héroïne qui reste finalement assez passive et froide, ce qui ne la rend pas facile à aimer (même si c’est certainement dû à ses dons particuliers, comme Tulla), contrairement à Lisbeï par exemple.

Et puis ce roman est hyper frustrant, car en lui-même il pose plus de questions qu’il n’en apporte (sur l’univers et les évènements qui s’y déroulent). Le roman est divisé en quatre parties, et c’est finalement les ellipses entre les parties (notamment tout le voyage qu’Elisa effectue à l’Extérieur entre la première et la deuxième partie) qu’on aurait vraiment envie de lire.

Cependant, c’est le premier roman de l’auteure il me semble, ce qui pourrait expliquer qu’il ne soit pas aussi abouti que les suivants. On y retrouve sa patte (notamment dans les allers retours temporels parfois un peu chaotiques notamment au début) , et ses thèmes de prédilection.

Aux Imaginales, elle avait expliqué lors de son entretien que la métamorphose et la mémoire étaient toujours au cœur de ses histoires, et c’est ô combien vrai pour ce roman (avec quelques belles histoires d’inceste aussi pour mettre mal à l’aise, un bon thème récurrent aussi !).

Au final, ce n’est pas donc pas le meilleur roman de la Terre (ça c’est Chroniques du Pays des Mères), mais c’est un complément intéressant, dans lequel il est amusant de chercher les références. Je l’ai d’ailleurs lu en lecture commune sur le Cercle d'Atuan, et c’était d’autant plus enrichissant de faire cette chasse aux indices à plusieurs !
Pas très grandiose comme révélation. Ni très nouvelle. Mais c'en était peut-être une qu'il faut avoir de temps en temps ? Là est peut-être la révélation en définitive : apprendre qu'on n'a jamais fini de s'arracher à ses illusions, jamais fini de se surprendre à se mentir à soi-même, à se manipuler. Jamais fini de se mettre au monde ?
Lecture commune avec Yume, ...
Nos discussions sur le forum (pour tous les petits détails que je n'ai pas abordé ici pour ne pas spoiler)

CITRIQ

9 commentaires:

  1. Han mais ça a l'air top, et en plus si ça complète les Chroniques, je note !!

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  2. Je l'ai quand même bien aimé, celui-là et je suis très d'accord avec toi, vaut mieux lire les chroniques avant. Je vais publier mon billet en septembre, pour mon mois québécois!

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    1. Je guetterais ta chronique alors. TU comptes lire d'autres Vonarburg ?

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  3. Je ne le connaissais pas celui-là...
    Bon, de toutes façons, il faut déjà que je lise "Chroniques du pays des mères" avant...

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  4. Non seulement il n'est pas facile de chroniquer un livre de Vonarburg mais encore plus quand il s'agit du Silence de la cité, pour ne pas spoiler ceux qui n'ont lu que les Chroniques et ceux qui veulent découvrir le tout.
    "si certains trous restent à combler" seulement quelques trous ? Moi j'ai quand même plus de questions sans réponse à la fin de la lecture du Silence que des Chroniques :D (ah tu le dis plus loin dans ta chronique)
    Oh ! Moi aussi je l'ai trouvé froid ! En même temps, comment faire mieux avec l'empathie que déclenche le journal de Lisbeï ?
    En tout cas, j'avais grandement apprécié nos discussions :)

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    1. Moi aussi, je trouve que c'est des romans qui se prêtent bien aux discussions, c'est très agréable ^^

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