dimanche 15 juillet 2012

La transe du crystal (série) - Anne McCaffrey


1. La chanteuse crystal / 2. Killashandra / 3. La mémoire du crystal

Toujours en pleine relecture de la Ballade de Pern, je me permets de faire une petite digression pour vous parler d’une autre série de Anne McCaffrey qui m’a au moins autant (sinon plus) marqué que Pern, La transe du crystal.

La coutume voudrait que je vous détaille chaque tome individuellement, mais ayant lu les trois romans à la suite, en à peine trois jours, vous comprendrez que j’ai un peu de mal à les différencier.

Quittons un peu le domaine du planet-opera avec des dragons pour celui du space-opera, dans un lointain futur où les humains se sont dispersés dans toute la galaxie et vivent dans une fédération de mondes pensants.

Killashandra est une jeune femme qui étudie la musique au Conservatoire de Fuerte pour devenir soliste. Le jour où ses rêves sont brisés par un jury (elle devra se contenter d’une place de chef de chorale à cause d’un léger défaut de sa voix), elle décide de tout quitter.

Le hasard va mettre sur son chemin un chanteur crystal de la planète Ballybran, qui va lui entrouvrir la porte d’une autre carrière. En effet, cette planète est l’unique endroit où l’on peut extraire du crystal (oui avec un y), matériel indispensable pour les systèmes de communication, les ordinateurs, les tractions des vaisseaux spatiaux…

Mais petite particularité, son extraction ne peut se faire qu’avec une lame sonique (ce qui nécessite d’avoir l’oreille absolue et de savoir chanter accessoirement), et la planète en elle-même affecte tous ses habitants, si bien qu’ils y gagnent en santé, mais ne peuvent jamais s’en éloigner pour de longues durées. Quant aux chanteurs, tailler le crystal affecte leur mémoire, et ils risquent facilement leur vie dans les montagnes où les vents peuvent les rendre fous.

Malgré tous les avertissements (y compris ceux du chanteur-crystal lui-même), Killashandra décide donc de se lancer dans l’aventure. Le premier tome, La chanteuse crystal, tient pratiquement du roman d’initiation, et raconte son parcours pour devenir chanteuse crystal.

Killashandra, sa suite, se déroule quelques temps après, alors que des déconvenues dans la chasse au crystal noir obligent Killashandra à accepter une mission sur un monde à priori utopiste, où elle doit profiter de sa mission d’installation d’un nouveau clavier en crystal blanc pour découvrir si la planète est aussi idyllique que les prospectus le laissent penser.

Quant à La mémoire du crystal, il se déroule bien des années plus tard, alors que Killashandra souffre de plus en plus de ses troubles de mémoire, au point d’en oublier l’homme qu’elle aime, ce qui met peu à peu sa vie en danger.

La transe du crystal est une trilogie qui n’est pas exempt de défauts, il est même difficile de ne pas les voir, surtout à la deuxième lecture. Killashandra pourrait tout aussi bien s’appeler Mary-Sue, tant elle est douée et que tout lui réussit, ce qui est un poil exaspérant, d’autant plus qu’elle n’a pas un caractère forcément facile.

Par ailleurs, les intrigues contiennent une bonne dose de Deus ex-machina (avec une mention spécial pour le troisième tome où ce qui aurait pu être une excellente ouverture sur les intelligences non-humaines se révèle le plus grossier Deus ex-machina de l’histoire), qui peuvent de temps à autre porter sur les nerfs.

Mais pourtant, je porte toujours une grande affection à cette série, ce n’est pas pour rien que j’ai littéralement dévoré ces trois tomes.

Il faut dire que l’univers est enchanteur, notamment par son côté très musical (c’est un peu comme la trilogie des Harpistes pour Pern, de manière générale j’adore les histoires qui parlent de musique).

La planète Ballybran, avec son mystérieux crystal qui chante et ses spores qui affectent ses habitants, est un monde fascinant, de même que les quelques autres planètes que visite Killashandra qui permettent de se faire une idée de la diversité des mondes.

(D’ailleurs petite anecdote en passant, La transe du crystal se déroule dans le même univers que le Vaisseau qui chantait. On croise d’ailleurs des vaisseaux astronefs cyborg, et Helva y est mentionné une fois.)

Et puis, aussi exaspérante que puisse être Killashandra, elle se révèle un personnage assez fort : on la voit se battre pour devenir chanteuse crystal, et lorsqu’elle est envoyée en mission hors-planète, c’est assez marrant de la voir réutiliser ses anciens talents acquis au conservatoire pour « jouer des rôles ».

C’est une héroïne féminine, plutôt indépendante et débrouillarde finalement. Ce qui, pour un roman de SF écrit en 1982 pour le premier tome (qui est lui-même une compilation de nouvelles écrites antérieurement), n’est pas si courant que ça.

D’ailleurs si le roman a un peu vieilli sur certains aspects technologiques (ah les disquettes…), certaines parties restent assez intemporelles. Il est en effet difficile de ne pas penser à la maladie d’Alzheimer quand on suit la déchéance progressive de Killashandra dans la Mémoire du Crystal.

Bien sûr, on n’échappe pas à la grande histoire d’amour un peu fleur bleue (on est bien chez Anne McCaffrey), mais je me suis surprise à fondre telle une guimauve en relisant Killashandra. Je n’arriverais jamais à identifier exactement la raison, mais la prose d’Anne McCaffrey est toujours aussi agréable à lire. C’est sans doute parce que ces romans contiennent un peu de tout ce que j’aime dans les romans.

En fait, j’ai pris tellement de plaisir à relire cette série que je ne dirais pas non à une réédition chez Pocket, histoire de ne pas avoir à les emprunter à la bibliothèque systématiquement. Mais comme je doute que cela se fasse, je vais me contenter de courir après une édition en occasion…



CITRIQ

6 commentaires:

  1. Je vois que ton avis rejoins le mien ;)

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    1. Vi, c'est des bons souvenirs de lecture ^^

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    1. C'est pas les plus connus de l'auteur je pense.

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  3. Ca y est ! blogué le 2nd tome. Je suis un peu moins enthousiasme qu'avec le premier....Le côté fleur bleue je crois.
    Par contre, cette histoire d’aliénation de la culture est passionnante et enfin, c'est du McCaffrey, très agréable à lire :)

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    1. Tout à fait, la guimauve passe généralement comme une lettre à la poste avec elle ^^

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