mardi 8 décembre 2009

Les petites fées de New York – Martin Millar



Non, je n’ai pas acheté ce roman pour la préface de Neil Gaiman, même si j’avoue que ça m’a légèrement influencée (il est quand même très convaincant quand aux qualités de ce petit bouquin). Heureusement, car la couverture à elle toute seule, elle ne m’aurait pas convaincue.

Certes on peut voir dans ce tissu écossais vert fluo une référence aux deux héroïnes féériques, mais franchement, pour un livre de ce genre, on plagie plutôt le style des couvertures de Pratchett, ça serait bien plus adapté !

Les petites fées de New York (Good Fairies of New York en VO) débute sur l’arrivée inopinée de deux fées écossaises, Heather et Morag, dans l’appartement du pire violoniste de New York. Au lieu de dire bonjour, elles commencent par vomir sur le tapis. Oui, ça commence bien, mais le vomi de fée sent la rose pour les humains, il parait. Le locataire, Dinnie, n’est pas très content, en même temps, il n’est jamais content, en grand frustré de la vie qu’il est.

La suite est assez compliquée, et implique en vrac une révolte des fées, un roi furieux, un alphabet de fleurs celtes, des cambriolages de banque, des écureuils, un général grec, des instruments de musique magiques, beaucoup d’alcool, un fantôme qui cherche sa guitare, une fleur qui passe de main en main, des champignons hallucinogènes, et je suis sûre que j’en oublie en route.

Tout ça se mélange dans une intrigue foisonnante avec des retournements de situation à tous les paragraphes, et des imprévus de partout, qui se succèdent à un rythme fou, à tel point qu’on se demande où tout ça va s’arrêter. C’est donc un roman où on ne s’ennuie jamais, plutôt léger et drôle (quoique non dénué d’un certain cynisme sur la vie new-yorkaise dans certains passages) et qui se dévore en un rien de temps.

On se prend très vite au jeu des péripéties de Morag et de Heather qui sèment le chaos sur leur passage, l’une essayant d’aider le pire violoniste à apprendre à jouer, l’autre aidant une hippie à réaliser son alphabet de fleurs. On se croirait même tombé dans Spirou à New York, quand on voit sortir les fées italiennes et chinoises !

L’humour est surtout un comique de situation et de quiproquo, avec quelques running gag fort amusants, comme les annonces de chaines X à la télé qui ponctuent de manière complètement folle certains dialogues (d’ailleurs j’espère que personne n’a eu la bonne idée de lire par-dessus mon épaule dans le métro, sinon ils n’ont pas dû être déçus du voyage), ou le cas du pavot à trois têtes qui ne reste jamais longtemps dans la même main.

C’est de la très bonne fantasy urbaine qui prend un pur élément de fantasy, les fées, et l’adapte à la sauce moderne en les plongeant dans un monde contemporain qu’elles ne connaissent pas (ou alors très mal), ce qui donne une ambiance avec juste ce qu’il faut d’étrange et juste ce qu’il faut de réalisme.

De même Neverwhere qui m’a permis d’améliorer ma connaissance de Londres et de son métro, j’ai idée que si on met les pieds à New York, on se prendra vite au jeu de repérer les lieux citer dans le roman, et imaginer ce qu’il a pu s’y passer.

Très chouette donc, et pour reprendre les mots de Neil Gaiman, mais pourquoi n’en a encore jamais fait de comédie musicale ?

jeudi 3 décembre 2009

Hero Corp - Saison 1



Je ne pouvais pas décemment parler de Hero Corp sans citer la Flander’s Company qui lui ressemble énormément, ce qui explique sans doute pourquoi cette chronique traine dans le fond du tiroir depuis un bon mois, de cette sympathique série qui pourrait se décrire comme une sorte de jumeau maléfique (enfin bénéfique plutôt) de la Flander’s avec un bon petit air de Kaamelott adapté aux temps modernes (le casting comprend d’ailleurs pas mal d’habitués de Kaamelott).

C’est un peu normal, vu qu’il s’agit d’une série écrite et réalisée par Simon Astier (petit frère du grand Alexandre), qui nous raconte la vie d’une bande de super-héros un peu rouillés mis à la retraite dans un village du fin fond de la Lozère et confrontés soudainement à la réapparition dans leur vie pépère du très méchant vilain pas beau The Lord.

Enfin ça, c’est ce qu’on apprend en voyant le générique (très beau générique façon BD que je vous recommande, à voir ici), mais il faut bien 3 épisodes au héros de l’histoire, John pour découvrir ça, vu qu’il vient juste de débarquer dans la place pour l’enterrement de sa tante (qui n’est pas morte, d’ailleurs). Il avait l’impression d’être juste tombé dans un village de fous furieux, et bien non ! Surtout qu’il est lui-même promis à une beau Destin (la majuscule a son importance).

L’ensemble est bien évidemment une vaste parodie de l’univers de super-héros, qui peut rappeler un peu les Indestructibles, mais en bien plus fondu. Même si on n’atteint pas le niveau de la Flander’s Company, en terme de pouvoirs pourris, de personnages cinglés et d’aventures ubuesques, y’a déjà de quoi se faire plaisir.

Après une phase d’échauffement sur les mystères du village et John qui essaye de fuir par tous les moyens, on s’amuse avec la rencontre de supers-héros tous aussi moisis les uns que les autres, les complots entre villageois, les séances d’entrainement, le travail sur les costumes et les gimmicks. Entre deux, on relèvera la magnifique histoire d’amour de John avec sa « copine » (la seule habitante « normale » du village), à coté de laquelle celle de Bella et Edward passe pour une plaisanterie !

Avec 30 minutes par épisode, cela permet d’avoir une vraie histoire, de bien présenter les différents personnages, et de conclure sur des chutes rigolotes ou des cliffhangers pseudo-haletants. Globalement il y a très peu de retournements non prévisibles, ça fait aussi partie de la parodie à mon avis. D’ailleurs j’attends toujours la révélation de type « je suis ton père », ça ne détonnerait pas dans le paysage.

C’est plutôt sympathique à suivre, même si y’a quelques points pas très cohérents (notamment sur John), et quelques fils laissés en suspens comme s’ils avaient été oubliés en route.

Néanmoins, c’est une série qui se regarde très bien malgré ses (très) rares défauts, et quand on a commencé à plonger dedans, il est difficile de s’arrêter, surtout avec un rythme de plus en plus rapide sur la fin. C’est drôle, plutôt bien ficelé, et on s’attache assez vite à John, héros malgré lui particulièrement doué en répliques sarcastiques.

La série compte 15 épisodes. Les 14 premiers forment l’intrigue principale, tandis que le suivant fait plus introduction à la saison 2 (ça se ressent dans le rythme et les lieux de tournage). D’ailleurs ne le regardez pas avant que celle-ci arrive à la télé, parce que c’est hyper frustrant !

mardi 1 décembre 2009

Cristal qui songe – Theodore Sturgeon



Lecture du mois du Cercle d’Atuan, Cristal qui songe est un tout petit roman, à mi chemin entre la SF et le fantastique (la 4e de couv parle de « l’étrange », c’est tout à fait adapté), qui, du haut de ses 245 pages, se révèle plus riche qu’on ne l’aurait cru.

Il raconte l’histoire d’Horty, étrange enfant qui ne se sépare jamais de son Diable en boite dont les yeux sont des cristaux. Renvoyé de l’école parce qu’il mangeait les fourmis, il fuit ses affreux parents adoptifs et trouve refuge au sein d’un cirque dirigé par le Cannibale, un être étrange qui n’aime personne et qui est obsédé par des étranges cristaux.

Tout au long du livre, avec une écriture efficace qui va droit au but, on suit les traces d’Horty de son enfance à l’âge adulte, parfois directement, parfois par des faits rapportés, l’auteur changeant souvent de point de vue au cours de l’histoire, ce qui permet de semer le doute dans l’esprit du lecteur, et de se poser encore plus de questions.

Car des questions, ce roman en pose beaucoup. Il fourmille en effet de mystères (qui ou qu’est Horty ? Comment réussit-il ces prodiges ? Pourquoi Zena agit-elle comme elle le fait ? Que sont ou font ces cristaux ? Pourquoi le Cannibale serait-il intéressé par Horty ?), dont on ne découvre la solution (ou la vérité) dans les dernières pages. Auparavant, l’auteur prend plaisir à nous égarer parfois dans des impasses, et à glisser quelques allusions par ci par là.

Et surtout, Cristal qui songe interroge sans cesse sur la question de la différence, et de ce qui fait un être humain. Les humains « normaux » de la série semblent tous les plus horribles les uns que les autres (comme Armand Bluett, ou le Cannibale), tandis que les « monstres » (les nains comme Zena, Horty qui mange des fourmis) sont ceux qui font le plus preuve de qualités humaines (avec toutes les notions de compassion et de sympathie que peut sous-entendre l’adjectif).

Certains passages, tout particulièrement ceux concernant Zena (le plus beau personnage du roman) et sa recherche d’« humanité », sont tout simplement poignants, sur le sujet : « L’humanité est un concept familier aux anormaux : à leur grand désespoir, ils s’en sentent en effet tout proches ; ils expriment leur parenté avec elle dans un sanglot de regret et ne cessent jamais de tendre vers elle leurs bras difformes ».

Pour un roman qui date de 1950, Cristal qui songe conserve donc une portée assez universelle, et montre peu de signes de vieillissement à quelques détails près. On peut citer quelques anecdotes rigolotes comme l’emploi du terme geek pour désigner, je cite « quelqu’un qui avale des tas de saleté et qui coupe avec ses dents des têtes de lapins et de poulets vivants ». Le terme a sacrément évolué depuis !

Une lecture fort intéressante, et je ne manquerais point de jeter un œil à son autre chef d’œuvre, les Plus qu’humains, en passant à la bibliothèque.

dimanche 29 novembre 2009

L’imagination des (grands) enfants

Hier j’ai organisé un petit goûter chez moi, et ça a été l’occasion d’inaugurer un de mes cadeaux d’anniversaire (merci les cousins), à savoir une énorme boite de lego Harry Potter (il s’agit du château de Poudlard, tout simplement –de Poudlard ou Poudlard tout court d’ailleurs ?).

Cette boite a un énorme potentiel, avec ses différents personnages (même si le Harry Potter est manquant), ses briques bizarres et ses accessoires de folie (escalier en colimaçon, miroir de Risèd, portrait pivotant, livres, boule de cristal…).

Potentiel atteint, bien sûr, quand on la met à disposition des personnes les plus douées dans le domaine, à savoir les adultes, qui combinent une incroyable maitrise technique de la construction à une imagination plus que débordante.

Des fois je me demande pourquoi ils osent encore mettre 8-12 ans sur les boites de lego, il est évident que ceux qui s’amusent le plus ont au moins 20 ans, si ce n’est plus. Je vous ai parlé de ma maison avec ascenseur que j’avais réalisé en duplo avec (enfin plutôt pour) mon filleul ?

Bref, je ne suis pas sûre que les concepteurs de la boite de lego avaient prévu d’en arriver à ceci :



Aux dires de ses créateurs (moi j'étais surtout là en spectatrice), il s’agit d’un vaisseau spatial magique avec des propulseurs en forme de tête de lion, un superbe gouvernail, et des canons animaux (qui ont disparu dans la mouture finale, je crois). Il fonctionne avec un réacteur au naquadriadria (une forme encore plus instable et puissant du naquadah) et dispose d’un canot de sauvetage avec pilote automatique (qui pilote avec une souris), pouvant aussi servir de missile.

A l’intérieur, ses trois passagers (Ron, Hermione et Dumbledore) disposent d’un globe de télévision HD et d’un frigo, ainsi que d’une épée et d’un bouclier au cas où ils voudraient s’entretuer. Les trucs verts en dessous serviraient à planter des arbres, en tout cas l’hypothèse a été suggérée il me semble.

Drago Malfoy, qui était jaloux, s’est construit son propre engin plus adapté à son statut de génie du mal :



Celui-ci alimenté par Hagrid qui fait du vélo sous le trône (vous ne le verrez pas sur la photo, donc). Il dispose d’une porte des étoiles avec iris, et en face de son trône, Drago n’oublie jamais ses objectifs grâce à un tableau noir avec ses plans de conquête du monde, et une photo de son ennemi, Harry Potter.

Le professeur Rogue, lui, boude au fond de la boite. On lui fera sa fête une prochaine fois ! Lorsqu'on construira un château fort avec des lego Star Wars, par exemple !

vendredi 27 novembre 2009

Sur des mers plus ignorées – Tim Powers



(ce n'est pas le cas sur celle-ci, mais sur la couverture de mon édition, on y voit clairement une sorte de vaisseau spatial... j'avoue, je cherche toujours à comprendre...)

Tim Powers est vraiment un auteur à découvrir. Ce n’est pas vraiment le genre qu’on portera aux nues, en chantant les louanges de son écriture, le développement de ses personnages ou le caractère exceptionnel de ses romans qui en fait une sorte de référence ultime en terme de fantasy…

Non, rien de tout cela, Tim Powers écrit juste des histoires amusantes et divertissantes, et on n’en demande pas plus. C’état déjà l’idée que je m’en faisais sur Les Voies d’Anubis, Sur des mers plus ignorées le confirme.

Nous voilà donc embarqués en plein XVIIe siècle, à bord d’un navire à destination du Nouveau Monde. A son bord, John Chandagnac, héros de l’histoire, qui fait la connaissance de Beth Hurwood, une charmante jeune femme, juste avant une attaque de pirates… après quoi, les choses deviennent un peu plus compliquées pour tous les deux, avec des histoires de vaudou, de fontaine de jouvence, et j’en passe des meilleurs...

D’autant plus que l’intrigue étant tout l’intérêt de l’histoire, je ne vois pas l’intérêt d’aller plus avant dans les détails, contrairement à la 4e de couv. Cette folle histoire de 350 pages passe son temps à nous promener autour des Caraïbes avec des personnages qui ont tous leurs propres objectifs, des seconds rôles hauts en couleurs et des rebondissements à tous les chapitres. Autant dire qu’une fois rentré dans l’histoire, il est difficile de lâcher le morceau.

Bien sûr, le roman n’est pas parfait. Par exemple, le héros principal, Chandagnac, a très peu de personnalité et enchaine les retournements de situation à reculons, mais c’est parce qu’il sert avant tout d’ancre au lecteur, et de prétexte pour en voir de toutes les couleurs.

Ceci dit, ça ne l’empêche pas d’avoir un petit grain de folie à lui. Bon allez, je vous gâche la surprise, mais le sieur est marionnettiste, à la base. Reconnaissez que comme antécédent, ça vaut le détour.

Tout est comme ça dans ce roman : certes on trouve quantité de poncifs (y compris la fille qui est juste là  pour être sauvée), mais ils sont très bien utilisés, et il y a souvent un petit grain de sable qui surprend, un retournement imprévu ou un petit détail astucieux. En plus, le mélange des genres entre pirates et vaudou fonctionne à merveille, ce qui donne une très jolie patine à l’ensemble.

En soit, ce roman vaut le détour, et c’est assez intéressant de le lire en regard ce qu’il a inspiré.  à savoir les univers de Monkey Island et de Pirates des Caraibes. Ca m’étonne qu’il n’ait pas été réédité ou mis en avant en pleine folie de Pirates des Caraibes, parce que l’influence de ce livre sur le film est plus que perceptible (dans les ambiances pirates et les plans de dernière minute). Il était plus que temps qu’ils achètent officiellement les droits pour le 4e volet !

jeudi 26 novembre 2009

Twilight Chapitre 2 : Tentation – Chris Weitz



Et oui, comme la grippe, ça revient tous les hivers, ce phénomène Twilight, et avec quel plaisir. Non, je n’attends pas chaque film en trépignant comme une ado qui fantasme sur Robert Pattison (beurk !). Mais j’avoue garder un œil dessus, parce que, franchement, pourvu qu’on soit dans de bonnes dispositions, ce sont des films très drôles (à leur insu).

Tentation aka New Moon (ce qui colle bien mieux avec l’apparition du titre au début du film) est la suite de Twilight aka Fascination. On retrouve donc nos deux tourtereaux niais, Bella l’humaine et Edward le vampire, qui s’aimeeeeeeeuuuh beaucoup (passionnément, par contre, pas vraiment, évitez d’enchainer sur les Tudors après ce film, ça risque de vous choquer une telle débauche après autant de retenue).

Bella voudrait être vampire pour ne pas devenir vieille et mourir alors que son Eddie d’amour restera beau et vivra éternellement. Le Eddie d’amour, lui, n’a pas envie de damner éternellement sa Bellichou adorée. Quel cruel dilemme !

(J’espère que vous sentez bien à quel point je suis émue par une situation aussi tragique)

Et puis, en plus, d’un coup, Edward décide de quitter Bella parce qu’il ne supporte pas qu’elle soit en permanence en danger du fait de leur relation. Là, c’est le drame. Enfin personnellement je trouve que ne pas voir Robert Pattison pendant presque la moitié du film est un don du ciel, mais c’est une question de point de vue…

Donc, Edward disparait, Bella s’enfonce dans la dépression, et finit par retrouver un peu de joie de vivre grâce à son ami Jacob… avant de se reprendre le même refrain qu’avec Eddie, parce que Jake, lui aussi, est dangereux pour Bella… pas qu’il soit un vampire non, lui, c’est plutôt un problème de fourrure qu’il a.

(Après quoi on recommence dans le troisième tome, où Bella rencontrera un fantôme, et la tragédie sera qu’ils ne peuvent s’aimer parce qu’ils ne vivent pas sur le même plan d’existence… Après quoi on pourra décliner la formule avec un extraterrestre, un dragon, une licorne asthmatique, un homme marié, un incube convoqué par l’extraterrestre pour se débarrasser du dragon… pardon je m’égare)

Vous avez donc là la base de l’intrigue minus quelques points que je vous laisse découvrir si vous résistez encore et toujours à la lecture de cette série (et que vous n’avez pas vu les 40 bandes annonces et extraits vidéo, je suis sûre que les ¾ du film doivent s’y retrouver).

Bref, ça donne quoi au cinéma sur grand écran et son de qualité ? Et bah beaucoup de fous rires. Et pas juste de moi et de mon cerveau tordu, toute la salle rigolait allègrement. Et personne ne m’a frappé quand je me bidonnais toute seule dans les moments tragiques, c’est dire…

(bon c’était pas le jour de la sortie ceci dit, et la moyenne d’âge du public dépassait la vingtaine, ça joue)

A l’image de son précédent opus, New Moon est un pur film pour ado, avec son lot de clichés, ses envolées lyriques de caméra, et son histoire d’amour complètement mièvre soutenue par des dialogues abominablement niais.

Il faut ajouter à ça pas mal de scènes qui valent leur pesant de cacahouète. Le fait que la bande à Jacob se balade en bermudas tout au long du bouquin, c’était déjà limite, mais quand ça vire au défilé pour Mister Univers dans le film, difficile de ne pas se marrer…

Et puis, franchement, si votre copine se casse la gueule après cent mètres en moto, qui aurait l’idée d’enfourcher une deuxième moto pour aller l’aider à se relever, puis à enlever son tee-shirt pour éponger son sang ?

Le tout a un look franchement grand guignol donc, surtout que les acteurs principaux ne mériteraient même pas un razzie (le jeu d’acteur de Robert Pattison se limite à :-( ou :-\). Heureusement les seconds rôles s’en sortent vaguement mieux.

Et puis bon questions costumes ridicule, la robe de chambre rouge tue l’amour restera mon souvenir le plus marquant du film, ou comment pourrir ce qui est censé être le passage le plus haletant du film.

Comme ça, on a l’air d’assister à un navet infâme, mais entre amis adeptes du bon délire, il y a de quoi passer un moment franchement sympathique à se moquer de tout, y compris des sous-titres de la VO qui se révèlent assez foireux (Bella ne fait pas dans le « jeunisme »).

La musique, au passage, est signée Alexandre Desplat, rien que ça, ceci dit ça ressemble assez furieusement à la Jeune fille à la perle en un peu plus rythmé… joli, mais pas indispensable. De toute façon un seul morceau est sur le CD de la BO (faudrait pas ennuyer les jeunes avec des belles musiques de facture classique, bien sûr…).

mardi 24 novembre 2009

Brèves d’expo

En deux semaines je ne crois que je n'ai jamais autant parcouru les musées (enfin pas depuis que j’ai fini l’Ecole du Louvre), et je ne suis toujours pas allée à la BNF !

Lanterne magique et film peint : 400 ans de cinéma à la cinémathèque française



C’est assez marrant, pour une structure consacrée au cinéma, de proposer quelque chose sur l’« avant-cinéma », et pourtant, tout cela est logique. La Lanterne magique, c’est un peu l’ancêtre du projecteur à diapos, sauf que les images sont peintes sur verre. Et c'est, comme le cinéma, d'abord un art populaire.

On la retrouve à toutes les sauces : évocations de pays lointains, histoires qui font peur, images de science (insectes, constellations), contes, éducation religieuse, il y en a pour tous les goûts (même de l'érotisme, c'est dire). Et avec des tas de systèmes mécaniques, il est possible de rendre du mouvement, ce qui place le dessin animé en droite ligne dans les successeurs de la lanterne magique.

C’est une belle expo très intéressant qui permet de découvrir ce média, la richesse de ses thématiques, et la virtuosité des réalisations (voyez un peu la taille des verres), et quelques liens avec des choses plus modernes (dont de la peinture sur pellicule au XXe siècle).

La chose à ne pas rater, c’est les démonstrations du Théâtre optique, qui utilise technique de la Lanterne magique et procédés pour reconstituer le mouvement pour obtenir un « dessin animé » rudimentaire. Aussi intéressant à voir projeté qu’à regarder la technique que cela demande au « projectionniste ».

Deadline au MAM de Paris



Dans un tout autre registre, cette exposition s’intéresse aux dernières réalisations d’artistes contemporains, et à comment ils ont intégré la notion de mort prochaine dans leur œuvre, tous étant plus ou moins condamnés (maladies génétiques, SIDA, tuberculose, Alzheimer… que des choses joyeuses donc !).

Il y a ceux pour qui la mort ou la maladie deviennent leur obsession et le pivot de leur réalisation, ceux dont les œuvres n’ont jamais été aussi exubérantes, ceux dont on voit peu à peu la dégénérescence… un peu de tout quoi, que ce soit au travers de tableaux, de photographies, de vidéos ou d’installations.

C’est une exposition étrange à cause de son propos (et on pourrait philosopher un moment dessus), mais assez didactique : les textes sont bien faits et donnent une bonne partie des clés, et même le catalogue avait l’air assez intéressant (mêlant entretiens et analyses).

Il manque juste une possibilité de comparaison, puisque finalement on ne voit que leurs dernières œuvres, et personnellement vu que je ne connaissais personne sinon Hartung et De Kooning (et encore plus de nom que d’œuvre), j’avais un peu de mal à me faire une idée.

En tout cas pour des œuvres récentes (post 1980), ça reste accessible et regardable, et j’ai découvert quelques réalisations intéressantes, comme celles de Gilles Aillaud ou de Jörg Immendorff.

Matisse & Rodin au musée Rodin



Je suis toujours assez hésitante sur les confrontations de géants de l’art (Picasso/Matisse m’avait beaucoup déçu dans le propos, alors que Picasso/Ingres était fichtrement bien pensé), mais comment résister quand on aime Rodin ET Matisse (surtout que le musée Rodin, en lui-même, est déjà un très beau musée) ?

Comme Rodin est tout sauf un peintre (enfin il a bien fait quelques toiles mais bon…), la confrontation se fait ici par la sculpture, évidemment, mais aussi le dessin, que tous deux ont abondamment pratiqué.

C’est assez… perturbant. En effet la scénographie de l’exposition (sous forme de thématique) met côte pas mal d’œuvres, dont on ne sait plus à la fin qui a réalisé laquelle. Méfiez-vous et vérifiez les cartels, vous risquez d’avoir des surprises.

Beaucoup sont de petites ébauches pas forcément très connues, avec un coté très brut de décoffrage, mais on a aussi quelques œuvres plus connues, comme l’Homme qui marche de Rodin qui côtoie le Serf de Matisse ou la série des Nus de Dos de Matisse.

Les points communs sont particulièrement intéressants en ce qui concerne le traitement des sculptures (l’un comme l’autre n’hésitaient pas à éliminer un bras pour obtenir une forme plus satisfaisante), ou leurs intérêts communs (la danse).

Il n’y a guère que la conclusion de l’exposition que j’ai trouvé légèrement prétentieuse, comme quoi Matisse au travers de ses dernières œuvres accomplissaient une citation de Rodin. C’est une idée de vouloir lier entre elles deux carrières d’artistes, mais faudrait voir à pas pousser le bouchon un peu trop loin Auguste…

dimanche 22 novembre 2009

Away we go – Sam Mendes



C’est assez marrant à quel point une même personne peut produire deux œuvres aussi diamétralement opposées en si peu de temps. Le film précédent de Sam Mendes, Les noces rebelles étaient un drame qui prenait aux tripes et qui donnait envie de se jeter dans la Seine en sortant du cinéma.

Rien à voir donc avec celui-ci, drôle, plein de vie et positif. Away we go parle d’amour et de couple, mais de façon très différente. Verona et Burt sont deux trentenaires un peu égarés par et dans la vie, qui vont prochainement être parents. Normalement, les grands-parents doivent les aider dans cette aventure, sauf que voilà, les grands parents décident de partir s’installer ailleurs…

Nos deux tourtereaux qui n’ont pas vraiment d’attache décident de partir trouver ailleurs l’endroit idéal pour élever leur bébé, à proximité de la famille et des amis qui ont bien souvent déjà une famille, eux. Et en avant pour une traversée de l’Amérique !

Le film n’est pas très long (une heure trente), et la fin un peu abrupte, ce qui n'empêche pas de passer un bon moment à rire et à s'émouvoir des différentes ambiances familiales (souvent parodiques, parfois moins), mais aussi à sourire devant la tendresse des échanges de ce couple (très eux-mêmes et loin des stéréotypes).

Forcément, il restera moins dans les mémoires que les tragiques Noces Rebelles, mais c’est un bon petit film qui se laisse apprécier, avec une BO toute en chansons assez sympathique, en plus.

jeudi 19 novembre 2009

Les collines aux mille grottes (le cycle de Merlin 2) – Mary Stewart



En ce moment je nage en permanence dans un univers de légende arthurienne… Kaamelott terminé, j’ai repris le Merlin-série de la BBC, et là-dessus je continue le Merlin-livre de Mary Stewart, tout en lorgnant l’exposition à la BNF que je vais bien finir par aller voir… Non je ne frôle pas du tout l’overdose !

Reprenant le récit là où il s’était arrêté dans le tome précédent (la bonne vieille légende de la conception d’Arthur), les Collines aux mille grottes continuent la relecture du mythe arthurien vu par Merlin, de la naissance d’Arthur à son arrivée sur le trône.

On y voit donc Merlin courir à droite à gauche pour convaincre Uther et Ygraine de lui confier l’enfant, monter un stratagème pour l’escamoter discrètement loin du monde, lui trouver une famille d’adoption pour faire son éducation, et s’il a un peu le temps, l’éduquer lui-même, ce futur roi.

Sauf que la rencontre entre Arthur et Merlin arrive assez tardivement, ce qui rend la première moitié du roman assez longuette : Merlin voyage, Merlin s’offre des vacances dans le sud, et Merlin court après la future Excalibur… il y a quelques bons passages, mais surtout pas mal de longueurs (Merlin tout seul c’est assez rébarbatif, faut qu’il soit accompagné pour que ça ait de l’intérêt).

On est content de voir enfin débarquer le futur roi, et de voir se tisser une relation entre lui et l’Enchanteur, même si on est loin de l’Epée dans le roc de T.H. White. Après quoi les évènements s’accélèrent enfin, espérons que le troisième tome bougera un peu plus.

Certes, c’est toujours bien écrit, mais il n’y a rien qui marque vraiment. C’est juste une relecture de la légende…

mardi 17 novembre 2009

The Longest Journey



(Oui, Silvère, tu vas enfin pouvoir le récupérer, ton jeu, ça fait juste un an et des brouettes que tu me l’as prêté !)

A défaut d’avoir l’ordinateur approprié pour faire tourner mes rpg favoris (et les nouveaux, auxquels j’évite de penser parce que Dragon Age fait bien envie, mine de rien), je continue à faire chauffer mes neurones avec les vieux jeux d’aventure, légers, faciles à installer, et pas trop bouffeurs de temps. Le dernier point étant relatif, si vous me cherchiez dimanche, j’ai bien peur d’avoir passé la journée à finir ce jeu…

Oui, une fois qu’on est lancé, on ne le lâche plus, ce petit The Longest Journey, finalement. Il s’agit d’un jeu d’aventure point’n’click norvégien datant de la fin du XXe siècle, et qui fête ses 10 ans cette année (il n’est sorti en France qu’en 2000 mais passons sur les détails).

Il suit les pas d’April Ryan, jeune étudiante en arts qui vit à Venise, banlieue tranquille de Newport, grande mégalopole des années 2200. Elle souffre de cauchemars récurrents ayant tendance à lui pourrir ses nuits, d’autant plus qu’ils sont remplis de monstres étranges, et notamment d’un dragon, pour ne citer que celui qui sert de prologue à l’histoire.

Evidemment, cela n’est pas dû au hasard, et April va vite être appelée à une destinée hors du commun nettement plus passionnante que de peindre dans son atelier et servir des capuccino dans le café du coin. Je préfère ne pas rentrer trop dans les détails (d’ailleurs je vous déconseille vivement la lecture du résumé au dos de la boite, qui ôte une bonne partie du mystère qui plane sur le début de l’histoire) mais pour simplifier disons qu’elle ne visitera pas que son monde à elle.



Si l’histoire est un peu longue à démarrer, d’autant plus que les premiers chapitres sont ceux qui comprennent les énigmes les plus tordues (vous savez, celles à la Monkey Island, comme une où on improvise une canne à pêche à la McGyver avec un anneau en or, une bouée canard, une corde à linge et une pince récupérés de préférence aux 4 coins des zones de jeu) et des dialogues parfois assez longs qui sont là plus pour donner un contexte que pour le jeu en lui-même.

C’est d’ailleurs intéressant dans ce jeu, à quel point les concepteurs ont veillé à autant à l’histoire en elle-même qu’à donner une crédibilité à l’univers où elle se déroule, et aux personnages qui y évoluent. Du coup, on ramasse des objets inutiles (non ne cherchez pas, la feuille en plastique organique ne vous servira jamais !), on discute avec les potes de tout et de rien, et on écoute de longs monologues juste pour l’ambiance. Un des exemples les plus frappants est une visite dans une bibliothèque où un seul ouvrage est à consulter pour faire avancer le jeu. Les autres sont uniquement là pour la culture.

Une fois les personnages et la trame posée, c’est un véritable plaisir. A l’exception de quelques passages, on avance assez facilement, pourvu qu’on ait relativement bien exploré les zones, repéré de suite les éléments utiles et pensé à inspecter les objets dans l’inventaire, histoire de bien connaitre leurs capacités (bref ne faites pas comme moi !).

C’est l’histoire, surtout, qui est fort prenante. Elle brasse allègrement les grands poncifs de la fantasy : une héroïne avec un don et une destinée, sur qui repose les espoirs de tous ; un ou deux vieux sages qui parlent souvent de façon sibylline ; un compagnon comique ; un méchant au rire machiavélique, et j’en passe des meilleurs.

April elle-même est vraiment l’archétype du héros, peu confiante en elle mais dotée d’une grande force intérieure quand même, qui affronte les épreuves avec courage mais se lamente entre deux qu’elle ne comprend pas pourquoi cela lui incombe, et qu’elle ne va jamais réussir. Et cerise sur le gâteau, elle soigne les bobos du monde en même temps que les siens, que demander de plus ?

Ca pourrait être lourd, c’est finalement prenant. April est une bonne héroïne, forte et fragile à la fois, drôle et amère, qui a une véritable personnalité, et dont les commentaires peuvent faire sourire, ou émouvoir. Elle tient d’ailleurs un journal intime régulièrement mis à jour qui est assez marrant à lire.

L’histoire ne détonne pas forcément pour son originalité, mais elle est bien menée et fonctionne très bien dans la mesure où les tâches à accomplir sont variées, font voir du pays, et le tout à un rythme assez élevé. Si les deux premiers chapitres sont relativement calmes, à partir du moment où l’on commence à voyager entre les mondes, tout s’accélère, d’autant plus qu’il arrive qu’on laisse une quête en plan à un endroit pour la reprendre bien plus tard.

Dans un univers de jeu d’aventure où on a généralement un certain nombre de tâches à accomplir pour conclure une partie, c’est assez surprenant de devoir laisser comme ça les choses en plan.

La plupart des dialogues sont très réalistes et bien écrits, avec pas mal d’humour et un ton qui se veut assez adulte dans ses allusions. Il est possible parfois de choisir entre différentes attitudes, ce qui ajoute une petite valeur ajoutée même si ça n’a pas une grande influence sur le jeu (il n’y a qu’un seul choix qui influence le jeu, et ça ne concerne que la vidéo de fin du chapitre 1).

Le seul problème vient de la traduction française, littéralement truffée de fautes d’orthographe, et des énormes en plus (genre des « touts » par exemple), ce qui est franchement bête pour un jeu qui repose quand même sur ses dialogues.



L’autre point fort du jeu est la large gamme de paysages et d’ambiances visitées. On a de la ville futuriste avec un petit air de Blade Runner, avec ses bas-quartiers glauques et son élite dans les hauteurs. Et, dans l’autre monde, on a la cité type de medieval fantasy, la forêt mystérieuse, les marais, les voyages en mer, les îles perdues, avec un bestiaire très diversifié… bref, on voit du pays, normal vu le titre.

Le rendu est plutôt agréable pour ce qui est des décors. Coté animation des personnages, par contre, c’est loin d’être magnifique. Les personnages sont assez rigides et peu gracieux (le prix de l’animation la plus moche revient à April mettant un oiseau dans sa poche). C’est de la 3D, et j’ai tendance à trouver que ça vieillit bien plus vite que la bonne vieille 2D finalement (personnellement le seul intérêt que je vois à la nouvelle édition de Monkey Island 1, c’est le doublage, c’est dire !).

Les cinématiques, nombreuses mais brèves sont assez belles par contre, ce qui compense. D’autant plus qu’une fois rentré dans l’histoire, on ne prête plus guère attention aux graphismes. Bref sans le qualifier de « un des titres les plus passionnants que le PC ait connu » et autres superlatifs comme la boite l’indique (parce que bon rien ne vaut Planescape Torment !), c’est un très beau jeu d’aventure qui fait rêver sans avoir à trop se prendre la tête sur les énigmes, un très bon divertissement donc.

J’hésite d’ailleurs à le refaire une fois histoire de bien tout comprendre, parce que certains détails m’ont un peu échappé, pressée que j’étais de le finir. Il existe aussi une suite, Dreamfall, mais j’hésite à m’y mettre vu qu’il finit parait-il en cliffhanger et que la suite se fait sérieusement attendre (ça me rappelle Gabriel Knight tiens…). Du coup autant rester sur la fin de The Longest Journey, non ?