
Terry Bisson est un auteur qui avait croisé ma route il y a bien longtemps, par le biais d'un roman, Homme qui parle, étrange road-trip à travers les États-Unis. Je l'avais un peu oublié jusqu'à que Baroona chronique deux de ses recueils, Meucs et Echecs et maths. Comme j'ai croisé le deuxième à la bibliothèque, je l'ai emprunté, et en le commençant, j'ai eu le sentiment inexplicable de rentrer chez moi !
Echecs et maths est un recueil de trois nouvelles qui s'amusent à mélanger gaiement hard science et humour : Le trou dans le Trou nous apprend qu'il est possible d'aller sur la Lune depuis une casse de voitures à Brooklyn, Le bord de l'Univers nous fait observer la fin de l'univers à partir d'un revêtement de siège de taxi et Lune de miel à New York nous apprend que quand les avions sont à l'heure, c'est qu'il y a un problème !
Toutes ces histoires sont racontés par Irving, le narrateur, un avocat (enfin...) qui a pour ami un certain Wilson Wu. Et « tout le monde devrait avoir un ami comme Wilson Wu », dont les domaines de compétence étaient des plus variés, du droit à la cuisine, de la médecine chinoise aux mathématiques et à la météorologie (qui n'est pas l'étude des météores!) en passant par l'incroyable capacité de vous joindre au téléphone n'importe où.
Il m'arrive souvent de dire à propos d'un livre que je ne l'ai pas lu au bon moment. Pour une fois, c'est le contraire, je n'aurais rêver de meilleur moment pour m'attaquer à cet ouvrage alors que je venais de finir Tau Zéro.
Passer d'un texte très sérieux plein d'explications physiques certes fascinantes mais parfois franchement hermétiques à ce recueil qui vous fait pratiquement de la poésie mathématique en vous balançant des termes barbares comme « adjacence méta-euclidienne néotopologique », c'est absolument délicieux comme contraste.
Echecs et maths m'a un peu fait pensé aux écrits de Sean Stewart (L'oiseau moqueur) dans cette manière de mettre en scène avec beaucoup de précision la vie quotidienne en y ajoutant une légère dose de fantasy (ce qui explique sans doute cette impression de retour à la maison à la lecture).
Sauf qu'ici on se retrouve plutôt avec de la SF, quoique j'aurais plutôt tendance à qualifier les aventures d'Irving et de Wilson Wu de fantaisie science-fictionnesque (et tant pis si mon dictionnaire ne connaît pas ce mot) tant il utilise des éléments de SF pour broder des histoires très... fantaisistes.
Léger et délicieux à lire, Echecs et maths est donc une excellente petite trouvaille qui me donne bien envie de me replonger dans le reste des ouvrages de l'auteur.






















