mercredi 13 mars 2013

Stargate et les voyages dans le temps


Lorsque Lhisbei a ouvert cette année son Winter Time Travel aux voyages dans le temps et aux séries télé, aussi bizarre que cela puisse paraître, je n’ai pas tout de suite pensé à Doctor Who, mais surtout à Stargate SG-1, série qui a bercé mon adolescence et qui a exploité à plusieurs reprises le filon avec brio.

Pour ceux qui auraient jamais connu cette série (il y en a vraiment ?), Stargate SG-1 reprend l’univers du film Stargate sorti en 1994 (un film un poil ennuyeux comparé à la série d’ailleurs), et nous fait suivre les aventures d’une équipe d’explorateurs terriens qui visitent d’autres planètes en utilisant la porte des étoiles, et passe ainsi une bonne partie de leur temps à se fritter avec des méchants mégalomaniaques portant généralement des noms de dieux égyptiens.

Stargate SG-1 est une série pour laquelle j’ai beaucoup d’affection, car malgré des scénarios parfois faiblards et des raccourcis pas toujours très heureux, c’est un excellent divertissement. C’est sans doute dû au fait que la série ne se prend pas trop au sérieux (en témoigne des épisodes plus que second degré comme Wormhole X-Treme), et en SF, c’est le meilleur moyen de faire passer les éventuels défauts.

Série de science-fiction oblige, si Stargate SG-1 nous parle souvent vaisseaux spatiaux, téléportation et autres poncifs du genre, elle s’est essayée au voyage dans le temps à plusieurs reprises. Et c’est une petite promenade à travers ces épisodes que je vous propose aujourd’hui. Je me limiterai par contre à la série originelle (je sais qu’il y en a aussi dans Atlantis et Universe, mais à force les schémas se répètent, et puis ça ne vaudra jamais SG-1 !)

Les spoilers sont au rendez-vous, vous vous en doutez. Mais pour ceux qui n’ont jamais regardé cette série, qui sait si cela ne vous donnera pas envie de vous y mettre…



2x21 : 1969
(un des rares cas de titres laissés tels quels d’ailleurs)

Le pitch : Alors qu’ils partent sur une mission de routine, SG-1 se retrouve sur Terre… en 1969. Avec pour seule aide un post-it peu limpide du général Hammond, il va leur falloir trouver un moyen de rentrer chez eux.

Je ne sais pas pour vous, mais dans mon hit des meilleurs épisodes de Stargate, 1969 occupe une très bonne place, tant cet épisode semble dénué de tout défaut (à part peut-être pour le petit détour par le futur à la fin, qui m’a sauté aux yeux comme une fausse note inutile à mon dernier revisionnage).

1969, c’est le schéma type de la boucle temporelle stable dans toute sa splendeur, puisque c’est le post-it du général qui leur permet de trouver une solution pour revenir à leur époque, et ce post-it leur a été donné car le général se souvenait de les avoir rencontré dans le passé. Wibbly-wobbly timey-wimey, nous voilà !

Ce que j’aime dans cet épisode, c’est que la partie « voyage dans le temps » est parfaitement maitrisée (avec les explications de Carter de rigueur sur pourquoi il ne faut surtout pas changer le passé), et que là-dessus les scénaristes se sont offerts un trip sixties absolument délicieux : van multicolore, hippies, visite à une jeune Catherine Langford avec un faux accent allemand, O’Neill qui se fait passer pour un certain Kirk, puis un certain Skywalker…

Tout cela fait de 1969 un épisode léger qui ne nécessite pas de sauver le monde, mais propose à la place de bons délires, sans pour autant négliger la cohérence de l’ensemble (ce qui n’est pas forcément le cas de toutes les histoires de voyages temporels).



4x06 : Window of Opportunity (L’Histoire sans fin)

Le pitch : A cause d’une machine à voyager dans le temps dysfonctionnelle, la Terre se retrouve bloquée dans une boucle temporelle où tout le monde revit sans cesse les dix mêmes heures. Seuls O’Neill et Teal’c ont conscience du phénomène, c’est donc à eux deux de réussir à briser cette boucle.

A vrai dire ce n’est pas un « vrai » épisode de voyage dans le temps (quoique…), Windows of Opportunity, comme son titre VO l’indique si bien, est surtout prétexte à de gros délires de la part de l’équipe (plus que la partie de golf dans la salle d’embarquement, c’est Jack O’Neill faisant de la poterie qui m’a toujours traumatisée, allez savoir pourquoi !).

Mais quand même, il y a une certaine virtuosité dans l’écriture de ces scènes qui se répètent sans cesse (O’Neill et les céréales, Daniel et ses papiers, Sam et le général Hammond qui se disent qu’ils ne se souviendront pas de cette conversation la prochaine fois), avec juste assez de changements pour qu’on ne se lasse pas, et mieux encore, qu’on en rigole, tandis que Jack et Teal’c se démènent pour apprendre le latin, car leur mémoire est la seule chose qui n’est pas effacée à chaque retour en arrière !



4x16 : 2010

Le pitch : Il y a dix ans, SG-1 a rencontré les Aschen, qui les ont aidé à vaincre les Goa’ulds, et apporté maintes avancées technologies merveilleuses sur Terre. Sauf que les intentions des Aschen ne semblent pas être si bienfaisantes que cela, et pour éviter la disparition complète de l’espèce humaine, toute la bonne vieille bande de SG-1 ne voit qu’une solution : modifier le passé.

Autre épisode de voyage dans le temps, autre approche. Cette fois-ci, il n’est point question d’éviter de modifier le passé, bien au contraire. Ayant identifié le point de divergence idéal (la première rencontre avec les Aschen), les voilà qui se démènent pour faire dévier l’Histoire, mais de la façon la moins dangereuse possible, en se contentant d’un message.

2010 est un chouette épisode qui sait être très émouvant (dans son côté dix ans après notamment), mais aussi ménager quelques moments drôles (la visite de Cheyenne Moutain devenu un haut lieu touristique). Mais ce que j’aime le plus, c’est le duo qu’il forme avec l’épisode 2001, une saison plus tard.



5x10 : 2001 (Les faux-amis)

Le pitch : SG-1 revient d’une mission en vantant les mérites de leurs futurs alliés les Aschen. Aïe aïe aïe, se dit le spectateur, l’histoire se répètera-t-elle ? Heureusement, entre les suspicions naturelles du général Hammond, et les dons d’archéologues de Daniel, SG-1 découvrira plus vite la vérité sur les Aschen !

Je triche un peu avec cet épisode qui n’implique nul mécanisme temporel, mais en tant que suite directe de 2010, il est difficile de ne pas en parler. C’était une bonne idée de revenir sur les Aschen, et même si je pense qu’il aurait plus intéressant de développer leur histoire sur plus d’épisodes (ils avaient un potentiel de méchanceté plutôt intéressant je trouve), cet épisode est plutôt marrant à suivre, ne serait-ce que pour voir comment l’Histoire semble désespérément chercher à suivre son cours en dépit des interventions de SG-1 !

En cherchant des captures d’écran sur cet épisode, j’ai découvert qu’un troisième épisode avec les Aschen a été envisagé (où ils arriveraient sur Terre pour se venger, dans la grande tradition des vilains pas beaux), c’est presque dommage que cela soit resté à l’état de projet !



8x19&20 : Moebius (Retour vers le futur)

Le pitch : Après la mort de Catherine Langford, Daniel Jackson récupère dans ses affaires un livre qui lui indique qu’un ZPM pourrait être caché en Egypte. Le seul problème, c’est que sa dernière localisation connue remonte à 3000 ans. Oh, ce n’est pas grave, ce n’est pas comme si nous n’avions pas un vaisseau capable de voyage dans le temps, allons le chercher ! Sauf qu’en faisant cela, SG-1 pourrait bien modifier toute l’histoire…

Il faut savoir que la saison 8 de Stargate SG-1 a bien failli être la dernière, ce qui explique que Moebius, double-épisode final de cette saison, fonctionne tellement bien comme un point final à huit années d’aventure. Il m’a été très dur de poursuivre la série après, qui n’a d’ailleurs connue de conclusion aussi satisfaisante que celle-là.

Pour ce qui aurait dû être la dernière des aventures de SG-1, les scénaristes s’offrent donc un beau retour aux sources, en ouvrant sur le décès de Catherine Landford (sans qui le SGC n’aurait pas vu le jour, la boucle est donc bouclée), et en ressortant les « anciens » de la bande : Kawalsky, Apophis, et même Ra !

Là-dessus se brode une intrigue de voyage dans le temps qui explore un autre type de voyage dans le temps. Après la boucle temporelle et la réécriture de l’histoire, cette fois-ci on a le droit à une belle réalité alternative (façon Retour vers le futur 2, ce qui explique sans doute le titre vf même si Moebius est infiniment plus subtil, menfin je ne vais pas rouvrir le débat sur pourquoi en France on se sent obligé de nous faire des titres d’épisodes à la noix).

Nous voilà donc avec un Daniel et une Sam qui n’ont jamais autant eux l’air de geeks (au sens vraiment négatif du terme), un O’Neill qui s’en fiche, un Teal’c qui n’a pas déserté, et si la raison pour laquelle tout le monde finit par se retrouver n’est pas toujours très cohérente, les dialogues absurdes et les péripéties qui conduisent à un retour à une ligne temporelle « normale » sont juste excellentes.

J’aime beaucoup la conclusion, où nos héros se rendent compte qu’ils n’ont finalement rien à faire (ils l’ont déjà fait !), et surtout, cette dernière image :


Après cet épisode, il y eut encore un autre épisode à voyage dans le temps, plus précisément un film, Continuum, mais je vous avoue l’avoir assez peu apprécié à l’époque (j’en ai parlé ici), du coup je ne vous en reparlerai pas.

Une chose est sûre, sans pour autant en faire le moteur de son intrigue, Stargate SG-1 a su ménager de très bonnes histoires de voyages dans le temps (surtout 1969 et Moebius), bien délirantes certes, mais sans pour autant négliger ni la construction ni la cohérence.

Si j’ai un peu de temps, je finirais cette balade sur les voyages dans le temps par un petit tour des schémas qu’utilise Doctor Who dans le domaine, mais comme il y a nettement plus de matière à trier, je ne promets rien !

8 commentaires:

  1. Personnellement, j'ai beaucoup aimé "2010". Je l'ai trouvé très réussi. "Moebius" m'a moins enchanté, sans doute parce que j'ai trouvé dommage que *attention spoiler* l'idylle entre Jack O'Neill et Sam ne trouve pas sa conclusion heureuse dans notre boucle temporelle. Mais bon...
    En tout cas, tu as fait là un joli récap des épisodes temporels de SG1, bravo.
    Je n'en ai jamais parlé sur mon blog, mais j'ai vu et beaucoup aimé l'intégralité des 8 premières saisons (j'ai laissé tombé au milieu de la 9e, déçue du tour qu'elle prenait sans mon ami Jack O'Neill) et j'apprécie que tu en reparles ici !

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  2. Je regardais pas mal quand j'étais ado cette série, par contre, dans un désordre sans nom, et je n'ai surement pas du voir la moitié de la série.

    P'têt qu'un jour je m'y remettrai rien que pour retrouver Mc Gyver :D

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  3. @Blop
    *spoiler inside aussi* C'est marrant moi j'ai toujours trouvé que sans rien montrer, tout était dit pour Jack et Sam, parce qu'on voit leurs doubles conclurent, et eux deux qui pêchent, pour moi c'est une manière de dire qu'ils se sont enfin mis ensemble (vu que Sam n'était jamais venue à son chalet auparavant).
    Et puis y'a des allusions dans ce sens dans les deux autres saisons je crois. Ou au moins dans Atlantis (mais genre une scène coupée). Et la seule chose que j'ai retenu de Stargate Universe, c'est qu'il l'appelle Sam (oui je suis une shippeuse irrécupérable et j'assume xD).

    @Olya
    Moi je suis très tentée de tout revoir... j'ai plus qu'à me payer le beau coffret de la fnac pour ça quoi ^^

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  4. Aaaah l'épisode de la boucle (saison 4) est l'un de mes préférés !
    J'ai tout vu, plutôt deux fois qu'une (bon plus, mais c'était contre ma volonté).

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  5. Les deux premiers sont parmi ceux qui m'ont le plus marquée parce qu'ils sont vraiment très drôles. Et ils arrivent à bien faire passer la pilule du voyage dans le temps, un truc qui ne m'a jamais emballée. Peut-être parce que les personnages eux-mêmes trouvent ça incompréhensible ou complètement rageant. :p

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  6. @ J.a.e._Lou
    Roh voyons, Stargate on ne regarde jamais ça contre sa volonté :P

    @Alys
    C'est génial les voyages dans le temps pourtant, je ne t'ai jamais parlé de Doctor Who par exemple ? *sors très loin*

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  7. Oh làlà Stargate ! Cela date ^^ J'aimais bien regarder même si je n'ai pas tout suivi, loin de là, mais c'était toujours un moment agréable.

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  8. C'est une bonne vieille série, c'est comme ça qu'elle se définit le mieux ^^

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