mercredi 13 février 2013

Hanosz Prime s'en va sur Terre - Robert Silverberg


Comme je vous l’annonçais récemment, j’ai fait l’acquisition d’une liseuse, et si elle me sert principalement à lire des fanfictions, j’ai quand même chargé mes « vrais » livres électroniques dessus.

Histoire d’ouvrir le bal, j’ai choisi Hanosz Prime s’en va sur Terre, une nouvelle de Robert Silverberg que m’ont gentiment offert les éditions ActuSF pour ma première participation au challenge JLNN.

A vrai dire, je ne sais pas pourquoi je m’acharne, Robert Silverberg et moi, on n’est pas très amis. A l’exception des Monades urbaines, lu récemment, je passe toujours un peu à côté de ces textes, et celui-là n’a pas fait exception.

Hanosz Prime s’en va sur Terre se déroule dans un lointain futur, et nous raconte l’histoire (enfin…) de Hanosz Prime, qui souhaite se rendre sur Terre (oui j’admets mon résumé est particulièrement éclairant en regard du titre de la nouvelle).

Le récit se fait sur un ton assez étrange, qui se moque des textes époque âge d’or avec des civilisations millénaires et ses technologies merveilleuses. C’est clairement parodique, mais assez bizarre comme résultat, et j’avoue que la sauce n’a pas vraiment pris chez moi, car à peine je m’étais habituée au ton que la nouvelle s’est terminée, de façon plus qu’abrupte.

Ca l’est d’autant plus que le mot « fin » se trouve à la page 14, sur la vingtaine promise par la liseuse. Les six autres pages sont consacrées en grande partie au catalogue d’ActuSF ! C’est très gentil comme page de publicité (et bien pensé, les liens pointent directement vers le site d’ActuSF), mais j’avoue avoir trouvé ça légèrement ridicule, le catalogue est presque plus long que la nouvelle !

Bref cette première lecture en numérique ne restera pas dans les annales, mais ce n’est pas bien grave, j’ai plein d’autres textes à découvrir !

lundi 11 février 2013

Ma liseuse et moi

Voilà, j’ai passé le cap, j’ai franchi le Rubicon, j’ai atteint au niveau supérieur, j’ai basculé du côté obscur… bref, j’ai acheté ma liseuse. Enfin, devrais-je ajouter, parce que ça fait tellement longtemps que j’en parle que la moitié de mon entourage pensait que j’en avais déjà une !

Mais bon, je suis longue à la détente, indécise au possible quand je dois acheter quelque chose qui coûte plus de 30 euros, et les finances n’ont pas forcément été au beau fixe ces derniers temps, j’hésitais. Mais j’ai fini par arrêter mon choix, et je suis donc très fière de vous présenter ma nouvelle meilleure amie.


Bienvenue donc à CAL (qui tiendra compagnie à Voyageur, mon ordinateur, et à Highlander, mon disque dur externe). Les fans de Doctor Who apprécieront la référence (indice : « spoilers »), les autres, tant pis pour vous, ce n’est pas faute de vous en parler jour et nuit pour vous convaincre de vous mettre à la série !

CAL est un Kobo mini. Je n’étais vraiment pas partie sur ce modèle à la base, mais c’est l’argument prix qui m’a fait opté pour. J’avais quelques scrupules en fait à mettre 100/130 euros dans un modèle plus avancé, sachant que je n’avais aucune idée de l’usage réel que j’aurais d’une liseuse. Et entre les soldes de la fnac au mois de janvier et un chèque fidélité judicieusement placé, CAL m’a coûté 45 euros, un investissement bien plus raisonnable.

De plus ce modèle inclut grosso-modo tout ce qu’on peut attendre d’une liseuse en plus de la capacité à lire dessus sans s’écorcher les yeux : dictionnaires (français, anglais et un traducteur très pratique), annotations et surlignage (même si je n’ai pas encore trouvé s'il y avait moyen d’importer ça sur le PC, je n’ai pas vraiment cherché ceci dit), et étagères pour classer ses livres.

Il y a même un système de récompenses à débloquer (en testant certaines fonctionnalités, en lisant à tel créneau horaire...) qui me donne l’impression d’être en pleine partie de Dragon Age à chaque fois que j’ai une notification à ce sujet !

Son seul défaut, c’est sa taille, 5 pouces au lieu de 6. C’est très pratique (je peux lire d’une seule main dans le métro), par contre les numéros de page qui devraient s’afficher dans la marge des livres s’affichent sur le texte, c’est très énervant de devoir jouer à deviner le mot !

(Ceci dit entre temps j’ai découvert qu’on pouvait simplement désactiver l’affichage des numéros de page, ce qui règle la question !)

A part ce petit détail et des ralentissements inexpliqués parfois (on clique pour tourner une page, rien ne se passe, on reclique et du coup on se retrouve deux pages plus loin), je n’ai rien trouvé à redire à cette petite merveille qui est un très bon outil de lecture.

J’y ai chargé quelques ebooks bien sûr, romans et nouvelles, quelques classiques libres de droits que je prévois de lire un jour, mais surtout, ce qui a changé ma vie (ou peu s’en faut), c’est d’y avoir chargé mes fanfictions.

J’ai un vice caché (du moins assez peu visible sur ce blog), je suis une véritable mordue de fanfictions. C’est bien simple, si je consacrais le temps que je passe à lire des fanfictions à lire des vrais livres, je pense que je doublerais la quantité de livres lus par an, au moins. Le seul problème, c’est que lire sur un écran d’ordinateur, c’est épuisant, du coup jusque-là je faisais souvent l’impasse sur les histoires longues.

Mais désormais, je les enregistre en epub (certains sites le proposent d’office, comme Archive of our own, sinon je vous recommande le génial site FLAG, qui fait lui-même le boulot pour la plupart des grands sites de fanfictions), je les charge sur ma liseuse, et je lis ça tranquillement dans mon lit, dans le métro, sur un coin de table pendant que je mange, etc.

C’est juste magique, et pour cette raison, je ne regrette pas du tout mon investissement ! En plus c’est très déculpabilisant comme lecture : ça ne me coûte rien, ça ne prend pas de place sur les étagères, je ne m’oblige pas à finir une histoire qui ne me plait pas, et je n’ai pas de chronique de blog à faire derrière, ce qui me laisse un peu de temps pour me remettre à jour. Merci CAL, tu as changé ma vie !

samedi 9 février 2013

Le faiseur d'histoire - Stephen Fry


Cela me surprend toujours, à quel point les plus gros monstres de ma bibliothèque, ceux que je regarde avec méfiance des mois durant (1 an et demi dans le cas de celui-là) sans oser les ouvrir, se révèlent finalement totalement addictifs, au point de leur faire un sort en une semaine à peine (avec une pointe de vitesse sur les deux cents dernières pages qui m’a même carrément surprise).

Le faiseur d’histoire est un roman de Stephen Fry, éminente personnalité britannique dont j’avoue connaitre surtout sa voix (c’est lui la voix du Guide galactique dans le film du même non, notamment). Et si ce n’est pas comme l’écouter, j’avoue avoir retrouvé son ton à la lecture de son roman, assez étrangement.

Mais parlons d’abord de l’histoire, et même de l’Histoire avec un grand H. Michael Young est un jeune doctorant en histoire qui vient de mettre un point final à sa thèse sur l’enfance d’Hitler, et de se faire plaquer par sa copine accessoirement. Alors qu’il s’apprête à déposer un exemplaire de son chef d’œuvre à l’université, il rencontre le professeur Zuckermann, un physicien fasciné par son sujet d’étude.

Mettant en commun leurs connaissances, ils vont donc se lancer dans un projet fou : empêcher les atrocités de la seconde guerre mondiale grâce à quelques tours de passe-passe temporel. Voyage dans le temps à tendance sérieusement uchronique, nous voilà !

En toute honnêteté, j’ai trouvé le début du Faiseur d’histoire assez poussif. Sans doute parce qu’il ne s’agit pas d’un « vrai » roman de SF, l’auteur ne va pas droit au but, et prend plutôt le temps de dresser un portrait moqueur de Cambridge, de son université, et même du monde en général.

C’est drôle et sacrément pertinent sur certains points, mais ce héros qui bavarde, disserte et soliloque à n’en plus finir m’a pratiquement épuisé, je l’aurais presque étranglé avant qu’il ne trouve son idée géniale de réécrire l’histoire. En comparaison, je me suis bien plus attachée au personnage de Zuckermann, prototype du savant un peu dérangé, avec de très bonnes répliques et une histoire personnelle très intéressante.

Après une première partie consacrée à la mise en place du plan, la deuxième partie du roman est logiquement dédiée aux conséquences du dit plan, et c’est à partir de là que j’ai commencé à avaler les pages, tellement cette découverte d’un monde dont l’histoire a été complètement réécrite est délicieuse.

L’auteur prend tout son temps, une fois encore, pour nous le faire visiter, mais cette fois-ci on ne sent pas la longueur. J’aime beaucoup la façon dont il dévoile les tenants et les aboutissants de cette réalité alternative par petites touches, jusqu’à que le héros se retrouve à remettre sérieusement en doute son action, après quoi on bascule dans un véritable page-turner, tout simplement.

Cela est dû à l’excellente narration dont dispose le roman. L’histoire est très bien construite, et se révèle très addictive avec cette alternance entre les aventures de Michael Young (parfois sous forme de scénario de film) et les fragments de la vie d’Hitler (qui se révèlent en fait des extraits de la thèse de Michael).

Il y a tout un jeu de réponse entre les chapitres, qui devient carrément intéressant dans la deuxième partie où les fragments historiques (qui ne concernent bien évidemment plus Hitler) répondent complètement à ceux de la première partie. Bref, j’ai vraiment apprécié toute cette construction narrative qui fait toute la saveur de l’ouvrage.

L’autre grande qualité du faiseur d’histoire, c’est son intelligence. J’ai trouvé que Stephen Fry prenait un peu à contre-pied le principe de la réécriture de l’histoire. En effet, il créé un point de divergence majeur en faisant disparaitre Hitler de l’équation, et au final, le résultat n’est pas aussi spectaculaire qu’on ne l’aurait cru, parce qu’il est loin d’être le seul élément dans la grande équation du XXe siècle.

Ajoutez à cela un ton moqueur plutôt sympathique, et une intrigue diablement efficace, et vous comprendrez que ce roman se dévore à une vitesse folle. A vrai dire, à part quelques lenteurs au début, je n’ai aucun reproche à lui faire, même la postface qui dresse un portrait plutôt complet de l’auteur (ce qui est fort intéressant pour les ignares dans mon genre) est passionnante à lire !

Une petite diatribe sympathique de Michael pour finir :
« Les films, c’est l’action. Dans les films, il se passe des choses. Vous êtes ce que vous faites. Le contenu de votre tête ne signifie rien tant que vous n’agissez pas. Geste, expression, action. On ne pense pas. On agit. On réagit. A des choses. Des évènements. On provoque des évènements.
[…] On n’a jamais le temps de penser. Vos yeux peuvent aller du monstre extra-terrestre aux câbles à haute tension qui crépitent tandis qu’un plan vous vient en tête, mais vous n’êtes jamais obligés de penser.
Hamlet représenter le parfait héros de théâtre. Lassie résume le parfait héros de cinéma.
Votre histoire – votre « back-story », comme on dit à Hollywood – ne compte que dans la limite où elle informe le présent, le maintenant, l’Action du film de votre vie. Et voilà comment nous vivons tous, aujourd’hui. Par scènes. Dieu n’est pas l’Auteur de l’Univers, c’est le scénariste de votre biopic. »

CITRIQ

jeudi 7 février 2013

Ernest et Célestine - Benjamin Renner, Vincent Patar & Stéphane Aubier


Je me suis un peu précipitée, juste avant sa disparition des salles, pour aller voir ce film. Ce n’était pas vraiment prévu au programme (en dépit d’un scénario signé Daniel Pennac), étant complètement passée à côté d’Ernest et Célestine dans mon enfance. Mais j’ai entendu tellement de retours positifs que j’ai tenté l’aventure, et je ne le regrette pas.

Ernest et Célestine se déroule dans un monde où les ours vivent en haut et chassent les souris, tandis que les souris vivent en bas et ont peur des ours. Mais Célestine, une souris courageuse ne croyant pas en tous ces contes de fées ridicules va tenter de devenir amie avec un ours un peu grognon, Ernest.


Comme je disais, je ne connais absolument rien à Ernest et Célestine, j’ai donc pris l’histoire pour ce qu’elle est, une sympathique aventure pleine de bons moments, parfois mignons, parfois presque effrayants (j’adore l’histoire de la vieille souris au début, visuellement c’est excellent).

Le film a un petit côté déviant (l’histoire du petit ours avec son papa qui vend des bonbons et lui interdit d’en manger, tandis que sa mère vend des dents, on dirait du Roald Dahl), et j’ai trouvé la conclusion qui rend hommage aux albums (enfin si j’ai bien suivi !) très touchante.


Il y a de très jolis dialogues (avec de très bons doublages), une chouette musique de fond, et surtout, des dessins absolument merveilleux. Rien que pour ça il faut voir le film.

C’est vraiment un film d’animation qui sent le « à la main » avec son animation parfois un peu rudimentaire, et son style qui évoque les albums jeunesse et les aquarelles. Esthétiquement, c’est absolument magnifique, si bien que j’aurais regardé le film même sans aucun son je crois !

Autant dire que si vous n’avez pas eu l’occasion de voir ce petit bijou d’animation, je vous conseille d’y courir avant qu’il disparaisse des salles, il vaut vraiment le détour, rien que pour la beauté de ses images.

mardi 5 février 2013

Top Ten Tuesday (11) : 10 titres VF qui n'ont rien à voir avec leur équivalent en VO


10 titres VF qui n'ont rien à voir avec leur équivalent en VO
(légèrement adapté en « mais à quoi pensait le traducteur/l’éditeur quand il a pondu ça ? »)

J’ai eu un peu de mal à rassembler mes titres pour ce top ten, car autant je pourrais écrire un véritable roman sur les traductions de titres de films, autant j’ai moins de souvenirs de titres français particulièrement exaspérants pour des romans (du moins dans ceux que j'ai lu récemment ou que j'ai retrouvé dans ma bibliothèque).

Comme quoi à l’heure actuelle les éditeurs préservent en général assez bien le titre originel finalement. Mais quand même, des fois, j’aimerais comprendre…

1. L’assassin royal / Farseer Trilogy et toutes ses suites – Robin Hobb

Difficile de faire l’impasse sur toute cette série, où l’éditeur semble multiplier les prétextes pour ne surtout pas coller aux titres originaux (sauf pour le tout premier roman de la première série !). D’où ce résultat :
- Farseer trilogy => L’assassin royal (La citadelle des ombres en omnibus)
- Liveship traders => Les aventuriers de la mer (L’arche des ombres en omnibus)
- The tawny man => L’assassin royal (La citadelles des ombres en omnibus)
- Rain wild chronicles => Les cités des anciens
Mais sinon tout cela est parfaitement logique… Et encore, je ne vous fait pas le comparatif des titres des romans en eux-mêmes (avec le découpage), sous peine d’y être encore dans une semaine !

2. L’étrange vie de Nobody Owens / The Graveyard Book – Neil Gaiman

Neil Gaiman est un auteur chanceux, il est en général extrêmement bien traduit en VF, avec des titres très respectueux (oui bon d’accord, la plupart du temps ils ne les traduisent même pas, et c’est sans doute tout aussi bien !). Il n’y a qu’un seul cas de figure où ça n’a pas été le cas, et je n’ai toujours pas pardonné cette faute de goût à l’éditeur. Oh bien sûr, c’est tellement facile d’évoquer L’étrange noël de Monsieur Jack pour aguicher le client, mais du coup c’est toute la référence au Livre de la Jungle (qui domine tout le livre) qui tombe à l’eau.

3. Chroniques des années noires / Years of rice and salt – Kim Stanley Robinson

Des fois, on ne peut que se poser des questions sur le choix du titre. Pourquoi casser toute la symbolique du titre qui évoque la réécriture de l’histoire en mettant l’Islam et la Chine au premier plan ? Pourquoi diable des années noires ? Cette version uchronique de l’histoire de l’humanité n’est pas plus noire que la nôtre (elles se valent bien), alors pourquoi ce choix de titre ?

4. A la croisée des mondes / His dark materials – Philip Pullman

C’est sans doute dans le domaine de la jeunesse qu’on retrouve le plus souvent des traductions complètement à l’ouest des titres. Si globalement je n’ai jamais rien eu contre le titre du cycle (A la croisée des mondes est plus évocateur que His dark materials finalement), j’aurais autant préféré que les deux premiers romans gardent leurs titres originaux : Les royaumes du nord ne valent pas les Northern Lights, et surtout, La tour des anges n’évoque pas grand-chose dans le livre, contrairement au Subtle Knife

5. La compagnie des fées / A Midsummer's Nightmare - Garry Kilworth

Parce qu’un roman qui met en scène les fées d’une des plus célèbres pièces de théâtre de Shakespeare, c’est tout à fait logique de ne surtout pas garder la référence dans le titre, ça risquerait de faire fuir le lecteur de fantasy qui prendrait peur à l’idée de lire du théâtre, à n’en point douter…

6. Dead Kennedy / Perfect circle – Sean Stewart

Histoire de varier un peu, plutôt que de parler tout le temps des titres français, parlons un peu des traductions françaises… en anglais ! C’est tellement logique comme technique d’ailleurs. Encore que dans ce cas, le choix ait relativement du sens (mais on dirait quand même qu’ils cherchent à attirer le client avec un roman sur la mort du président).

7. Riverdream / Fevre dream – George R.R. Martin

Par contre dans le cas de ce roman, le concept de traduire de l’anglais par de l’anglais trouve sérieusement ses limites. Non parce que si Fevre Dream a tout à fait son sens dans le texte (c’est le nom d’un bateau et ça joue sur la ressemblance Fevre/Fever), Riverdream… je cherche encore !

8. Daytripper : au jour le jour / Daytripper - Fábio Moon & Gabriel Bá

Et après les traductions anglaises en anglais, l’autre cas qui me fait toujours rire, c’est la demi-traduction. Comprenez qu’on garde le titre originel, mais on lui adjoint un sous-titre pour l’éclaircir. Ou pour éviter de mélanger VO et VF lorsqu’on passe sa commande en ligne ? En tout cas, ce sous-titre qui n’a pas forcément grand sens d’ailleurs. Au jour le jour, c’est au moins aussi limpide que Daytripper tiens !


Même cas, autre comic. A se demander comment on a échappé à des choses comme Sandman : Le maitre des rêves ou pire encore, Star Wars : La guerre des étoiles (en fait ce dernier existe vraiment, mais à la décharge de Pocket, le titre Un nouvel espoir n’existait pas encore en 1992).

10. Elle qui chevauche les tempêtes / Windhaven – George R.R. Martin & Lisa Tuttle

Ceci dit je râle et je râle encore sur les traductions de titres, mais il y a parfois des cas où l’on remercie le traducteur, parce que le titre vf donne bien plus envie de s’intéresse au roman que le titre originel. J’en veux pour preuve le très beau Elle qui chevauche les tempêtes, que j’ai lu il y a très longtemps d’abord pour son titre et sa couverture de chez Lunes d’Encres. L’édition J’ai lu, sous le titre de Windhaven, ça m’inspire beaucoup moins. Comme quoi, des fois, ça vaut la peine de s'éloigner de la VO, finalement...

Le Top Ten Tuesday est une initiative de The Broke and the Bookish, reprise en version française par Iani.

dimanche 3 février 2013

Langues de serpents (Téméraire 6) - Naomi Novik


A la fin du cinquième volume, nous avions laissé Laurence et Téméraire en route pour l’Australie avec trois œufs de dragons. Arrivés-là bas, ils découvrent là-bas une atmosphère tendue (la colonie vient de connaitre un coup d’état), et alors qu’ils partent en exploration pour trouver une route à travers les montagnes, quelques péripéties vont sérieusement prolonger leur périple.

A la lecture, Langues de serpents m’a fait l’effet d’un tome de transition, où finalement bien peu de choses se passent, à part cette longue expédition à travers le continent australien, certes fascinante (comme toute exploration en territoire inconnu), mais assez monotone.

Et dans un pays désert et que je connais trop peu, j’ai manqué d’éléments pour vraiment apprécier la visite, même si Wikipedia a résolu quelques-unes de mes questions (cela m’a permis de vérifier la véracité de l’existence de personnages comme Bligh ou MacArthur).

Ceci dit il se passe tout de même quelques petites choses dans ce tome. Déjà, il y a Laurence qui évolue. Cet homme qui a toujours vécu sous le joug de millions de règles et de principes (ce qui le rendait assez antipathique au début, d’ailleurs) a déjà dû prendre des décisions difficiles (notamment dans le tome 4) parce que son instinct et son sens moral lui soufflaient d’ignorer les règles.

Ici, sans aller jusqu’à le voir faire la révolution (il ne faut pas pousser, tout de même), j’ai senti comme un basculement, comme s’il se décidait enfin à bousculer les choses pour écouter son cœur. C’est léger, mais perceptible ici et là (notamment à la fin), et je me demande ce que l’auteur compte faire à ce sujet.

Par ailleurs, même si on est bien loin du monde occidental, et donc des guerres napoléoniennes, quelques éléments glissés ici et là rappellent qu’on nage en pleine uchronie, l’histoire commençant d’ailleurs à prendre un tournant radicalement différent.

Les conflits prennent une dimension mondiale (et non juste européenne), avec l’implication de la Chine (un retour bienvenue, on ne les avait guère entendu depuis le volume 2), d’une certaine nation africaine rencontrée dans le volume 4, et à en juger par les allusions, on devrait bientôt entendre parler plus en détails des Amériques.

C’est l’effet de la présence des dragons, force aérienne sans commune mesure pour l’époque, bien sûr, mais aussi véritable peuple d’être conscients qui ont aussi leur rôle (politique) à jouer dans ce conflit, qu’ils le décident par eux-mêmes, ou qu’ils soient manipulés.

Du coup, même si ce tome m’a laissé sur ma faim, quelques allusions ici et là (et je l’admets, la quatrième de couverture du prochain tome) augurent une intrigue qui reprend du poil de la bête par la suite, je n’aurais donc aucun scrupule à poursuivre ma lecture !


CITRIQ

vendredi 1 février 2013

Loin, très loin de tout - Ursula K. Le Guin


Parmi mes magasins favoris à Paris, il y a Boulinier, spécialiste du livre au prix du papier (donc pas cher, cela va de 20 cts à 2 euros pour du poche). Il faut aimer fouiller dans les bacs (les livres étant tout juste classés par genre), mais de temps en temps, c’est un peu comme à la loterie, on déniche le gros lot.

Dans le cas présent, c’était un petit roman jeunesse (une novella même, avec ses 100 petites pages) de Ursula Le Guin que je cherchais depuis longtemps, ainsi qu’un livre absolument collector dont je vous parlerais sûrement à l’occasion.

Loin, très loin de tout est un roman assez inattendu, dénué de tout caractère fantastique/fantasy-ste/science-fictionesque, qui évoque avec beaucoup de simplicité et de justesse le passage à l’âge adulte, et l’époque des premiers amours.

Owen, dix-sept ans, est un jeune homme brillant, mais associable, étant clairement plus intéressant par les livres et les expériences scientifiques que par le sport et la recherche d’amis (un peu au désespoir de ses parents). Cependant, un jour, il rencontre Nathalie, un peu dans la même situation que lui (elle préfère la musique à tout), et une étrange amitié se noue entre eux alors qu’ils terminent leur dernière année au lycée.

Sur le papier, ça ne paye pas de mine, et pourtant, comme tout ce qu’écrit Ursula Le Guin, c’est un texte qui fascine, et qui se révèle très perspicace sur les sujets qu’il aborde : les enfants qui ne rentrent pas dans le moule à l’école (oh combien je me reconnais là-dedans), les relations parents-enfants (conflictuelles, mais pas que), la difficulté des premiers amours (tout le monde ne murissant pas à la même vitesse, chacun ayant sa perception de la chose, parfois influencée par l’environnement).

C’est un roman jeunesse un peu atypique finalement, mais terriblement juste, qui m’a personnellement beaucoup parlé. Le genre de roman à mettre dans toutes les (jeunes) mains, somme toute, surtout vu sa toute petite taille.
« Lorsqu’on découvre qu’on est seul, vraiment seul, je crois que le plus souvent on panique. On se jette dans la situation exactement opposée et on se mêle à un groupe : club, équipe, association. On commence à s’habiller exactement comme les autres. C’est un moyen de se rendre invisible. La façon de coudre ses pièces sur les trous des jeans devient d’une importance incroyable. Si elles ne sont pas cousues comme il faut, vous n’y êtes pas. Vous devez y être. Y être. Vous avez remarquez comme ces mots sont bizarres ? Etre où ? Etre avec eux. Avec les autres. Tous ensemble. C’est le nombre qui fait la force. Je, ça n’existe pas. […] Ce que vous voyez, c’est nous. Seulement nous. Ensemble, peinard.
Et si Nous Vous apercevons, vous là-bas, tout seul dans votre coin, ou bien la chance est avec vous et nous vous ignorerons, sinon il se pourrait que nous vous lancions des pierres. Car nous n’aimons pas ceux qui ont sur leurs jeans des pièces différentes des nôtres, et qui nous rappellent que chacun de nous est seul, qu’aucun d’entre nous n’est peinard. »

CITRIQ