10 titres VF qui n'ont rien à voir avec leur équivalent en VO
(légèrement adapté en « mais à quoi pensait le traducteur/l’éditeur quand il a pondu ça ? »)
J’ai eu un peu de mal à rassembler mes titres pour ce top ten, car autant je pourrais écrire un véritable roman sur les traductions de titres de films, autant j’ai moins de souvenirs de titres français particulièrement exaspérants pour des romans (du moins dans ceux que j'ai lu récemment ou que j'ai retrouvé dans ma bibliothèque).
Comme quoi à l’heure actuelle les éditeurs préservent en général assez bien le titre originel finalement. Mais quand même, des fois, j’aimerais comprendre…
Difficile de faire l’impasse sur toute cette série, où l’éditeur semble multiplier les prétextes pour ne surtout pas coller aux titres originaux (sauf pour le tout premier roman de la première série !). D’où ce résultat :
- Farseer trilogy => L’assassin royal (La citadelle des ombres en omnibus)
- Liveship traders => Les aventuriers de la mer (L’arche des ombres en omnibus)
- The tawny man => L’assassin royal (La citadelles des ombres en omnibus)
- Rain wild chronicles => Les cités des anciens
Mais sinon tout cela est parfaitement logique… Et encore, je ne vous fait pas le comparatif des titres des romans en eux-mêmes (avec le découpage), sous peine d’y être encore dans une semaine !
Neil Gaiman est un auteur chanceux, il est en général extrêmement bien traduit en VF, avec des titres très respectueux (oui bon d’accord, la plupart du temps ils ne les traduisent même pas, et c’est sans doute tout aussi bien !). Il n’y a qu’un seul cas de figure où ça n’a pas été le cas, et je n’ai toujours pas pardonné cette faute de goût à l’éditeur. Oh bien sûr, c’est tellement facile d’évoquer L’étrange noël de Monsieur Jack pour aguicher le client, mais du coup c’est toute la référence au Livre de la Jungle (qui domine tout le livre) qui tombe à l’eau.
3. Chroniques des années noires / Years of rice and salt – Kim Stanley Robinson
Des fois, on ne peut que se poser des questions sur le choix du titre. Pourquoi casser toute la symbolique du titre qui évoque la réécriture de l’histoire en mettant l’Islam et la Chine au premier plan ? Pourquoi diable des années noires ? Cette version uchronique de l’histoire de l’humanité n’est pas plus noire que la nôtre (elles se valent bien), alors pourquoi ce choix de titre ?
4. A la croisée des mondes / His dark materials – Philip Pullman
C’est sans doute dans le domaine de la jeunesse qu’on retrouve le plus souvent des traductions complètement à l’ouest des titres. Si globalement je n’ai jamais rien eu contre le titre du cycle (A la croisée des mondes est plus évocateur que His dark materials finalement), j’aurais autant préféré que les deux premiers romans gardent leurs titres originaux : Les royaumes du nord ne valent pas les Northern Lights, et surtout, La tour des anges n’évoque pas grand-chose dans le livre, contrairement au Subtle Knife…
5. La compagnie des fées / A Midsummer's Nightmare - Garry Kilworth
Parce qu’un roman qui met en scène les fées d’une des plus célèbres pièces de théâtre de Shakespeare, c’est tout à fait logique de ne surtout pas garder la référence dans le titre, ça risquerait de faire fuir le lecteur de fantasy qui prendrait peur à l’idée de lire du théâtre, à n’en point douter…
Histoire de varier un peu, plutôt que de parler tout le temps des titres français, parlons un peu des traductions françaises… en anglais ! C’est tellement logique comme technique d’ailleurs. Encore que dans ce cas, le choix ait relativement du sens (mais on dirait quand même qu’ils cherchent à attirer le client avec un roman sur la mort du président).
Par contre dans le cas de ce roman, le concept de traduire de l’anglais par de l’anglais trouve sérieusement ses limites. Non parce que si Fevre Dream a tout à fait son sens dans le texte (c’est le nom d’un bateau et ça joue sur la ressemblance Fevre/Fever), Riverdream… je cherche encore !
Et après les traductions anglaises en anglais, l’autre cas qui me fait toujours rire, c’est la demi-traduction. Comprenez qu’on garde le titre originel, mais on lui adjoint un sous-titre pour l’éclaircir. Ou pour éviter de mélanger VO et VF lorsqu’on passe sa commande en ligne ? En tout cas, ce sous-titre qui n’a pas forcément grand sens d’ailleurs. Au jour le jour, c’est au moins aussi limpide que Daytripper tiens !
Même cas, autre comic. A se demander comment on a échappé à des choses comme
Sandman : Le maitre des rêves ou pire encore,
Star Wars : La guerre des étoiles (en fait
ce dernier existe vraiment, mais à la décharge de Pocket, le titre
Un nouvel espoir n’existait pas encore en 1992).
10. Elle qui chevauche les tempêtes / Windhaven – George R.R. Martin & Lisa Tuttle
Ceci dit je râle et je râle encore sur les traductions de titres, mais il y a parfois des cas où l’on remercie le traducteur, parce que le titre vf donne bien plus envie de s’intéresse au roman que le titre originel. J’en veux pour preuve le très beau Elle qui chevauche les tempêtes, que j’ai lu il y a très longtemps d’abord pour son titre et sa couverture de chez Lunes d’Encres. L’édition J’ai lu, sous le titre de Windhaven, ça m’inspire beaucoup moins. Comme quoi, des fois, ça vaut la peine de s'éloigner de la VO, finalement...