vendredi 1 février 2013

Loin, très loin de tout - Ursula K. Le Guin


Parmi mes magasins favoris à Paris, il y a Boulinier, spécialiste du livre au prix du papier (donc pas cher, cela va de 20 cts à 2 euros pour du poche). Il faut aimer fouiller dans les bacs (les livres étant tout juste classés par genre), mais de temps en temps, c’est un peu comme à la loterie, on déniche le gros lot.

Dans le cas présent, c’était un petit roman jeunesse (une novella même, avec ses 100 petites pages) de Ursula Le Guin que je cherchais depuis longtemps, ainsi qu’un livre absolument collector dont je vous parlerais sûrement à l’occasion.

Loin, très loin de tout est un roman assez inattendu, dénué de tout caractère fantastique/fantasy-ste/science-fictionesque, qui évoque avec beaucoup de simplicité et de justesse le passage à l’âge adulte, et l’époque des premiers amours.

Owen, dix-sept ans, est un jeune homme brillant, mais associable, étant clairement plus intéressant par les livres et les expériences scientifiques que par le sport et la recherche d’amis (un peu au désespoir de ses parents). Cependant, un jour, il rencontre Nathalie, un peu dans la même situation que lui (elle préfère la musique à tout), et une étrange amitié se noue entre eux alors qu’ils terminent leur dernière année au lycée.

Sur le papier, ça ne paye pas de mine, et pourtant, comme tout ce qu’écrit Ursula Le Guin, c’est un texte qui fascine, et qui se révèle très perspicace sur les sujets qu’il aborde : les enfants qui ne rentrent pas dans le moule à l’école (oh combien je me reconnais là-dedans), les relations parents-enfants (conflictuelles, mais pas que), la difficulté des premiers amours (tout le monde ne murissant pas à la même vitesse, chacun ayant sa perception de la chose, parfois influencée par l’environnement).

C’est un roman jeunesse un peu atypique finalement, mais terriblement juste, qui m’a personnellement beaucoup parlé. Le genre de roman à mettre dans toutes les (jeunes) mains, somme toute, surtout vu sa toute petite taille.
« Lorsqu’on découvre qu’on est seul, vraiment seul, je crois que le plus souvent on panique. On se jette dans la situation exactement opposée et on se mêle à un groupe : club, équipe, association. On commence à s’habiller exactement comme les autres. C’est un moyen de se rendre invisible. La façon de coudre ses pièces sur les trous des jeans devient d’une importance incroyable. Si elles ne sont pas cousues comme il faut, vous n’y êtes pas. Vous devez y être. Y être. Vous avez remarquez comme ces mots sont bizarres ? Etre où ? Etre avec eux. Avec les autres. Tous ensemble. C’est le nombre qui fait la force. Je, ça n’existe pas. […] Ce que vous voyez, c’est nous. Seulement nous. Ensemble, peinard.
Et si Nous Vous apercevons, vous là-bas, tout seul dans votre coin, ou bien la chance est avec vous et nous vous ignorerons, sinon il se pourrait que nous vous lancions des pierres. Car nous n’aimons pas ceux qui ont sur leurs jeans des pièces différentes des nôtres, et qui nous rappellent que chacun de nous est seul, qu’aucun d’entre nous n’est peinard. »

CITRIQ

7 commentaires:

  1. Celui là je le note même s'il n'est pas SFFF :)

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  2. Tu peux y aller sans hésiter, en plus c'est pas comme s'il était particulièrement long ^^

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  3. L'extrait est très chouette.
    Il donne envie ce petit livre, en plus c'est du Ursula Le Guin quoi ^^

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  4. C'est un argument en soi pour le lire en effet ^^

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  5. Eh bien grand merci pour m'avoir donné envie de le lire, c'est un chouette petit roman, de plus me suis sentie vraiment touchée.
    Le Guin sait vraiment aller au fond des choses et nous atteindre.

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  6. Mais de rien ^^
    (moi par contre je patauge dans la vallée de l'éternel retour en ce moment xD)

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  7. Ah vi ? Remarque il est vrai que c'est un livre très particulier qu'il faut aborder comme ça vient, et se laisser guider.

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