vendredi 24 avril 2009

Sandman 10 : Veillée Mortuaire - Neil Gaiman


Une semaine pour trouver le courage de se poser devant un clavier pour parler de ce dernier tome de Sandman. C’est assez étrange. Je pourrais vous raconter comment sa lecture a été un véritable cérémonial : installée confortablement sur mon lit, ordi éteint, téléphone aussi, juste une tisane, le livre, et moi, à l’opposé de tous les tomes précédents que j’ai souvent lu à moitié dans le métro/bus/tram, à moitié sur l’ordi, avide de grappiller chaque bride d’histoire.

Veillée funéraire est un peu différent. C’est la conclusion, la fin, the End, le rideau tombe, les lumières se rallument, au revoir et adieu.

(Faisons abstraction du tome 11, deuxième tome sorti quand Delcourt a repris la série (dans un désordre chronologique total) et qui a été réalisé pour les 10 ans de Sandman si ma mémoire est bonne. Il se compose d’histoires sur les Eternels, parfois comics, parfois à mi-chemin du livre illustré… qui peuvent quasiment se lire n’importe quand, sauf que quand même ca spoile quelques passages. Bref)

Je disais donc que le tome 10 est une conclusion. Et quelle conclusion. Pas que ce soit ce soit la première série qui s’étend en une conclusion aussi expansive, qui prend bien le temps d’arrêter tous les fils et d’éteindre la lumière en sortant (bien que laissant quand même quelques questions en suspens).

Veillée mortuaire se compose de trois histoires : le final éponyme de la série (après les Bienveillantes dont la fin, étrangement, avait la même saveur) ; Exils, qui est également une conclusion à sa façon ; et enfin, la Tempête, miroir au Songe d’une Nuit d’Eté du tome 3, qui… conclue également.

Ce qui nous fait trois conclusions, sur des registres différents, dans des styles de dessin différents, mais toutes s’insérant parfaitement dans l’univers éclectique de Sandman, et étant au demeurant fortement agréables.

Veillée Mortuaire est une véritable réunion de famille où l’on recroise je pense l’intégralité du casting de la série… je n’ai pas vérifié personnage par personnage mais on n’est pas loin du compte. C’est un peu l’illustration parfaite de ce que disait Gaiman dans Anansi Boys :

« Il existe une théorie selon laquelle le monde entier n’abrite que cinq cents véritables personnes (les acteurs, pour ainsi dire ; tous les autres habitants de la Terre ne sont que des figurants), qui, en outre, se connaissent toutes. Et c’est la vérité, au moins dans une moindre mesure. En fait le monde se compose de milliers de milliers de groupe d’environ cinq cents personnes qui passent leur vie à se croiser par hasard, à tenter de s’éviter, et à se rencontrer dans le même improbable salon de thé de Vancouver. »

Voilà qui résume la situation. Ajoutez à ça une narration assez étonnante qui inclut le lecteur, et ça vous donne une idée de l’étrangeté de la chose. Les dessins au passage sont probablement les plus beaux de la série (bon en même temps on arrive dans les années 90, le style change…).

Exils joue plutôt sur le registre du conte ou de la fable (fable est plus adapté, il ne dépareillerait pas dans le recueil Fables et Réflexions) et est très sympathique à lire.

Enfin la Tempête entremêle étroitement Shakespeare et Sandman en une histoire assez poignante, il faut le dire, illustrée par Charles Vess avec des reprises de l’œuvre de Shakespeare . Le parallélisme étrange entre le maître des rêves et l’auteur de théâtre, et la réflexion sur l’art et la renommée qu’on en retire sonne incroyable juste, et c’est finalement dans cette histoire courte et sa précédente qu’on trouve la fin la plus satisfaisante de Sandman.

Tout ça sans parler réellement de ce qu’il s’y passe, mais cela se révèle finalement facultatif.
En tout cas, une fois fermé ce dernier volume, on reste une fois n’est pas coutume sous le charme de cette série si particulière avec ses incroyables personnages et ses étranges histoires.
(que je vous présenterais un de ces 4 dans sa globalité si l’occasion s’offre à moi…)

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