Ou les Préludes au Trône de Fer, pour ceux qui préfèrent les sous-titres. Ce qui est bien avec les hasards de la vie, c’est que j’ai failli acquérir d’occasion les premiers tomes du Trône de Fer à maintes reprises, sans jamais me décider.
Et évidemment
le Cercle d’Atuan dissimulant pour moitié une secte d’adorateurs de G. R. R. Martin (y’a aussi quelques mordues d’
Harry Potter mais ça c’est normal, où irait le monde sinon ?), il fallait bien qu’on se penche sur ce recueil de deux nouvelles pour le mois d’août.
Le chevalier errant et l’épée lige sont deux nouvelles originellement écrites pour les recueils Légendes (et Légendes de la Fantasy pour la 2e série) de Silverberg. Il s’agit de deux anthologies de nouvelles sur les cycles « célèbres » de la Fantasy, qui propose pour chaque univers une petite intro explicative et une nouvelle.
On y trouve donc en vrac du Anne McCaffrey pour les Dragons de Pern, du Robin Hobb pour l’Assassin Royal, du Stephen King pour le Pistolero, un Neil Gaiman, un pour American Gods (qui est pas franchement un cycle à proprement parlé menfin), etc.
Et entre les deux volumes, on trouve deux nouvelles se passant dans l’univers du Trône de Fer, que Pygmalion s’est fait une joie de rééditer en un ouvrage histoire de bien appâter le fan moyen, à l’image de Retour au Pays pour Robin Hobb et Dette d’os pour Goodkind. Vous l'aurez compris, ça m'exaspère ^^.
Bref revenons à nos moutons, ou plutôt à nos chevaliers.
Le Chevalier Errant, comme l’Epée Lige, sont deux nouvelles qui se situent dans l’univers du Trône de Fer. Pour ce que j’ai pu en appréhender, c’est un monde médiéval sans magie, avec une famille royale qui ferait rougir de honte un jeu de sept familles, pas mal d’histoires de politique, et une carte des territoires qui ressemble étrangement aux deux Amériques (c’est intéressant car peu courant).
L’histoire, dans le Chevalier Errant, est celle de Dunk, ou comme il se fait appeler, Ser Duncan le Grand. Longtemps écuyer d’un chevalier errant, il décide, à la mort de celui-ci, de poursuivre une belle carrière de chevalier, en commençant notamment par s’engager dans un tournoi.
Ce qui n’est pas une chose facile quand on est un chevalier errant inconnu, sans un sou et que personne ne connait… Ainsi commence donc l’histoire, qui prend assez vite un tour imprévu que je vous laisse découvrir.
L’Epée Lige revient sur le cas de Dunk et de son écuyer. Un an plus tard et au service d’un seigneur dont je n’ai pas trouvé le lieu de résidence sur la carte (damned !), il plonge jusqu’au coup dans un problème d’approvisionnement d’eau qui menace de dégénérer en guerre rangée entre voisins.
Je ne suis pas mécontente de cette lecture du mois. Même si je ne vais pas me jeter sur le Trône de Fer dans la première bibliothèque qui passe, je pense que j’y jetterais un œil un jour.
Tout particulièrement dans le Chevalier Errant, G. R. R. Martin dresse en quelques pages une quantité de portraits de personnages plutôt chouette. Il y a les plus importants bien sûr : Dunk, rare « vrai » chevalier à respecter les principes de la chevalerie ; l’Œuf, qui n’a pas la langue dans sa poche, et tous les autres, joueurs de marionnettes, forgerons, princes ou seigneurs.
C’est un peu dommage que la taille des récits ne laisse pas le temps d’en voir plus d’eux, mais bon c’est des nouvelles, pas des romans.
Autre point intéressant, c’est la qualité des dialogues qui sont vraiment bien écrits, avec des répliques acérées comme des couteaux qui ont tendance à fuser comme des boulets de canon. En comparaison, le reste du texte fait un peu pâle figure.
Enfin, sur une aussi petite l’échelle (à 100/120 pages la nouvelle), les intrigues se payent le luxe d’être retorses et riches en surprises, alors qu’elles tiendraient très bien la route sous une forme linéaire déjà.
Par contre, ce qui est un peu dommage (enfin ça dépend du point de vue), c’est que l’univers du Trône de Fer est assez complexe : une famille royale à tiroir, des noms de domaines et de seigneurs qui pleuvent de partout, et des liens compliqués entre tout ça. Le tout est très mal présenté, voir pas du tout, dans les nouvelles, et on nage souvent dans la plus grande perplexité dans certains passages.
C’est de toute évidence des clins d’œil laissés là pour les connaisseurs, mais parfois ils s’accumulent un peu trop pour la pauvre novice que je suis.
Ceci dit c’est un peu le défaut des nouvelles de Légendes. Je pense qu’elles sont plus destinées aux fans qu’aux nouveaux lecteurs (même si elles peuvent donner envie de lire), parce qu’elles s’amusent plus souvent à parler d’un à coté, d’un point de détail d’un univers.
Menfin, si ces nouvelles sont à moitié représentatives du
Trône de Fer, et bien ça m’a l’air d’une série intéressante.
Avis des autres Atuaniens : Arutha,
boulaxx,
Daenerys 1,
Daenerys 2,
El Jc,
Iani 1,
Iani 2,
Olya 1,
Olya 2,
Spocky,
Tortoise