vendredi 13 mai 2011

L’Agence - George Nolfi


J’ai été entrainée au cinéma un vendredi soir par Elysio (si vous voulez comparez les avis) de façon complètement improvisée, et comme c’était pour voir une adaptation d’une nouvelle de Philip K. Dick, je n’ai pas trop protesté. Voilà donc comment on se retrouve à aller voir l’Agence.

Adapté de la nouvelle Adjustment team (Rajustement en vf), ce film nous emmène sur les traces de David Norris, candidat pour le poste de sénateur de New York, qui rencontre le soir de sa défaite une femme alors qu’il répète son discours. Elle est belle, drôle, forcément, c’est le coup de foudre.

Mais elle s’enfuit sans lui laisser de nom, et sa vie reprend son cours normal. Jusqu’à un matin où il ne renverse pas son café, re-rencontre cette femme (danseuse au doux nom d’Elise) et assiste à son travail à une étrange scène d’ajustement de la réalité par une mystérieuse bande de types qui portent des chapeaux.

C’est pour le Plan (avec un P majuscule), il parait. Evidemment, il ne peut parler de ça à autrui (on lui promet un beau lavage de cerveau sinon), et il ne doit pas revoir Elise, ce n’est pas prévu par le Plan. Mais lui, il veut, c’est la femme de sa vie, il en est sûr.

L’idée de départ est plutôt bonne, mais le problème est qu’on se retrouve avec un film qui multiplie les ellipses (un an plus tard, trois ans plus tard, six mois plus tard…) et où au final il ne se passe pas grand-chose.

Je ne pense pas qu’un film plus orienté action (comme la bande-annonce le laissait penser) aurait été meilleur, bien au contraire, mais le fait de délayer l’histoire sur plusieurs années créé une certaine sensation de vide (sans parler des je t’aime moi non plus qui vont avec, j’aime les guimauves mais avec modération ou alors à bord d’un TARDIS *sort*).

C’est dommage, parce qu’il y a du potentiel, et la mise en images de l’Agence est plutôt bien trouvée, avec des effets spéciaux discrets qui se limitent aux cahiers où l’on suit le Plan, et aux portes qui n’ouvrent jamais sur la destination la plus logique (la course poursuite finale est d’ailleurs bien sympathique).

La réflexion sur le libre-arbitre est également tout à fait pertinente, mais si je trouve que le film ne fait qu’effleurer le sujet, en étant très loin du cynisme de la nouvelle de Philip K. Dick.

Parce qu'en passant, je n'ai pu m'empêcher de la relire après le film (elle se trouve dans le recueil Souvenir en vf). A part l’idée de base des ajustements, tout diffère, le ton du texte oscillant entre le côté un peu sinistre (une absence totale de choix, le gars doit garder le secret ou mourir) et un certain humour avec l’intervention inopinée d’un représentant en aspirateurs (imaginez un peu éviter la mort grâce à un démarcheur téléphonique, ça fait rêver non ?).

Pas la meilleure adaptation qu'on ait fait d'une de ses œuvres, donc.

2 commentaires:

  1. Moi j'ai aimé le film (mais je te l'avais déjà dit :D).
    Tout à l'heure, à la Fnac, j'ai failli me prendre le recueil Souvenir, mais en lisant les premières lignes de la 1ère nouvelle, en fait j'ai préféré laisser tomber ... je l'emprunterai à la biblio, il vaut mieux je pense :D

    RépondreSupprimer