dimanche 11 septembre 2011

Doctor Who 6x10 - The Girl Who Waited


Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre avec The Girl Who Waited (le nom du scénariste ne me disait rien, le trailer était tout sauf explicite), ce qui fait que la très bonne qualité de l’épisode m’a complètement prise au dépourvu. Ce qui explique la taille de cette chronique, qui avec ses 2200 mots bat largement Let’s Kill Hitler (qui était déjà très longue).

C’est assez étrange, parce que pour moi la différence la plus flagrante entre l’ère RTD et l’ère Moffat était que le premier travaillait bien plus sa caractérisation des personnages (en leur donnant un background et une famille), tandis que Moffat privilégiait l’histoire (quitte à ce que les compagnons semblent un peu creux parfois).

Ca n'est pas si vrai que ça apparemment, puisqu’on a ici un épisode entièrement consacré au trio (et surtout à Amy et Rory), sans univers à sauver (ce qui arrive assez fréquemment cette saison). The Girl Who Waited explore une fois de plus la relation entre Amy et Rory (constamment influencée par le Doctor à son insu), et c’est juste brillant. Et c’est bourré de spoilers, bien sûr.



Tout commence alors que le Doctor amène notre couple favori sur la deuxième plus belle destination pour voyageur intergalactique, Apalapucia, qui bien évidemment ne ressemble en aucun cas à ce qu’il a décrit. Et bien évidemment, les ennuis commencent dès les premières minutes, puisque si on donne une porte et deux boutons à nos trois lascars, vous pouvez êtes sûrs qu’ils vont trouver le moyen de se séparer !

(enfin je ne sais pas vous, mais moi en général, quand on me donne le choix entre le bouton rouge et le bouton vert, en bonne terrienne j’opte pour le vert !)

Et voilà notre Amy séparée de ses hommes. En effet, ils se trouvent un environnement hospitalier construit pour les malades de la peste d’un jour (qui vous tue comme son nom l’indique en 24h), où ils peuvent vivre une vie entière pendant leurs dernières heures tandis que leurs proches les regardent.


Amy est donc bloquée dans une ligne de temps plus rapide (que l’on peut suivre via une loupe géante, très bel effet), il va donc falloir utiliser le TARDIS pour pouvoir la retrouver. Pour couronner le tout le Doctor ne peut aller la chercher en personne, puis que cette peste affecte uniquement les personnes ayant deux cœurs, tels les Apalapucians… et lui.

Mais ce n’est pas grave, parce que…


- Glasses are cool !

C’est donc Rory, chaussé de ces merveilleuses lunettes caméras (« Rorycam » donc) qui va aller chercher Amy pendant que le Doctor joue au conseiller technique en arrière-plan. Ça me rappelle un peu les lentilles magiques dans Torchwood.

Pendant ce temps, Amy explore les lieux, guidée par une sympathique interface vocale. Enfin elle est sympathique jusqu’à que vous découvriez que la voix est celle d’Imelda Staunton (aka cette chère Umbridge dans Harry Potter).

Il n’y a personne dans tous ces grands halls et couloirs, à part des robots sans visages mais avec mains (d’où leur nom de handbots), qui cherche à tout prix à vous faire vos rappels de vaccination même si cela doit vous tuer en passant.


- Do not be alarmed. This is a kindness.

Ca ne nous change pas beaucoup des « Remain calm while your life is extracted. » de Let’s Kill Hitler, et difficile de ne pas penser aux Anges-robots de Voyage of the Damned. Je commence à regretter les Daleks qui ne se sentaient pas l’obligation d’être aimables avant de vous exterminer !

Notez que les robots sont les seules « présences » en dehors du trio. La liste des acteurs au générique compte uniquement cinq personnes, dont deux interfaces (la voix avec la lumière et l’hôtesse d’accueil).

Ajoutez à ça des costumes et des décors assez minimalistes, m’est avis que cet épisode n’a pas eu un gros budget. Et pourtant il est sublime, comme toujours Doctor Who fait des merveilles avec trois trombones et deux bouts de carton.


Ce qui n’empêche pas un très joli jardin en passant, qui m’a évoqué tout de suite Alice au Pays des Merveilles (Amy ferait une très bonne Alice). La colonnade, elle, a déjà servi comme décor pour un épisode de The Sarah Jane Adventures par contre, c’est assez perturbant. Mais je m’égare.

Parce qu’elle est maligne, Amy finit par trouver un endroit sûr pour attendre Rory et le Doctor.


Ca tombe bien, la cavalerie arrive enfin (sous forme de Rory avec ses grosses lunettes caméra et une loupe géante à la ceinture, ça c’est de la tenue de super-héros)… mais un peu tard. Trente-six années trop tard exactement.


- You didn't save me.

A partir de cette réplique, accrochez-vous les enfants, parce que ça va vraiment faire mal. J’avais de la peine pour Rory pendant tout cet épisode. Amy aussi, mais Rory est celui qui se prend tout l’épisode dans la tronche.


- I hate him. I hate the Doctor. I hate him more than I've ever hated anyone in my life. You can hear every word of this through those ridiculous glasses, can't you, Raggedy Man ?

Quoique le Doctor se mange une belle mandale (virtuelle) dans la tronche. En même temps difficile d’en vouloir à Amy, ce n’est que la troisième fois qu’il lui fait le coup, et cette fois-ci elle a attendu seule toutes ses années.


- I got old, Rory, what did you think was going to happen ?
- Hey ! I don't care that you got old ! I care that we didn't grow old together.

Ce que je trouve très chouette dans cet épisode, c’est toute la réécriture des thèmes musicaux d’Amy et Rory de façon un peu dissonante et nostalgique. J’ai vu une interview de Murray Gold où il citait Morricone comme un de ses compositeurs favoris, ça s’entend dans cet épisode.

Le Doctor a un plan pour sortir Amy de là sans passer par trente-six ans de calvaire, mais la vieille Amy ne veut pas en entendre parler.
- But you'll die in here.
- Not if you take me with you. You came to rescue me, so rescue me.
- Leave her and take you ?
- We could take this Amy with us, easy, but if we do, our Amy has to wait 36 years to be rescued.
- So I have to choose -which wife do I want ?
Et nous voilà arrivé au nœud de l’intrigue, après Amy’s Choice dans la saison 5, cet épisode aurait pu être nommé « Rory’s Choice ». Cela donne l’occasion à Rory de rappeler au Doctor que son train de vie n’affecte pas toujours en bien ceux qui l’entourent.
- I'm so sorry, but Rory...
- No ! This is your fault !
- You should look in a history book once in a while, see if there's an outbreak of plague or not.
- That is not how I travel.
- Then I do not want to travel with you !
On pourrait reprocher Amy de mener la vie dure à Rory, après que lui-même ait attendu 2000 ans pour la revoir. Mais les circonstances ne sont pas les mêmes, et surtout, il faut le dire, Amy est quand même sacrément perturbée question relationnel. Entre ses parents qui ont disparu dans la faille avant de revenir, et le Doctor qui revient toujours en retard, c’est tout à fait compréhensible qu’elle en veuille un peu à son mari de l’avoir fait poireauter aussi longtemps.

D’une certaine façon je pense que de tous ses compagnons c’est celle que le Doctor a le plus amochée, et pour quelqu’un qui a passé trente-six ans seule (avec un robot muet et une interface vocale en guise de conversation) à éviter les handbots, elle se tient même plus que bien.

Finalement, celle qui va réussir à faire changer d’avis Amy, c’est… Amy elle-même.


- That's why Old Me refused to help then... that's why I'm refusing to help now... and that's why you'll refuse to help when it's your turn. Nothing you can say will change that.
- Three words. What about Rory ?
[…]
- You're asking me to defy destiny, causality, the nexus of time itself, for a boy ?
- You're Amy... he's Rory... and oh, yes, I am.

Ca peut paraître incroyable, mais c’est en revisionnant cet épisode pour mon compte rendu que je me suis dit : « en fait j’aime Amy ». J’ai toujours eu beaucoup de mal avec ce personnage, à vrai dire j’ai commencé à l’apprécier quand Rory est rentré dans l’équation (Amy&Rory est une entité plus intéressante qu’Amy seule).

Mais dans cet épisode, entre la jeune Amy complètement amoureuse et la vieille Amy amère, je crois que ça y’est, je l’aime enfin. Il était temps !

La suite contient un élément très intéressant pour l’intrigue générale de la saison :
- I am now officially changing my own future. Hold on to your spectacles. In my past, I saw my future self refuse to help you. I'm changing that future and agreeing. Every law of time says it's impossible.
- Yes, except sometimes knowing your own future enables you to change it, especially if you're bloody minded, contradictory and completely unpredictable.
- So, basically, if you're Amy, then ?
- Yes, if anyone could defeat pre-destiny, it's your wife.
« Bloody minded, contradictory and completely unpredictable », ça décrit bien le Doctor aussi non ? Plus on avance, plus que je pense que réécrire son futur est son seul moyen d’échapper à sa mort programmée. Et maintenant qu’il est courant…

Mais revenons à nos moutons, la vieille Amy consent à sauver la jeune, à condition que toutes les deux reviennent à bord du TARDIS (et tant pis pour le paradoxe). Rory intervertit quelques fils électriques, et grâce à une pensée commune, Amy rejoint Amy.


- Macarena.

Le petit détail délirant qui rappelle qu’on est bien dans Doctor Who, ça c’est de la pensée commune ! C’est la première fois que Rory et Amy se sont embrassés, c’est mignon (ça doit dater quand même, parce que la Macarena je n’étais pas bien grande quand c’est devenu un tube). Dieu merci ils n’ont pas mis la chanson en fond sonore.

Après des retrouvailles bizarres (décidément la thématique des doubles est à la mode cette saison-ci, il n’y a guère que Rory qui y échappe jusque-là), Rory et ses femmes (après Amy et ses hommes…) repartent vers le TARDIS, non s’en s’offrir une belle séquence baston.


C’est assez rigolo ce côté Amy « action-girl » qui manie le bâton et le katana (Rory le romain fait presque petit joueur à côté). Je ne sais pas ce que Moffat a en réserve pour les Pond, mais elle ira loin cette petite, même sans le Doctor.

D’ailleurs en parlant de lui, à peine la jeune Amy rapatriée dans le TARDIS qu’il claque la porte au nez de la plus vieille, bien décidé à ne garder qu’une seule Amy à bord pour éviter les paradoxes (ce qu’il avait prévu depuis le début, ce onzième Doctor est vraiment un menteur manipulateur de premier ordre… je l’adore !). Puisque Rory n’est pas d’accord, il lui laisse le choix :
- It's your choice.
- This isn't fair. You're turning me into you.
Je vais finir par croire que par quelque imbroglio temporel, Rory est le fils caché de Donna, ça expliquerait ce genre de réplique qui appuie bien là où ça fait mal.

- Tell Amy, your Amy, I'm giving her the days. The days with you. The days to come. The days I can't have. Take them, please. I'm giving you my days.
Les adieux entre la vieille Amy et Rory sont déchirants, bien évidemment, d’ailleurs j’avais les larmes aux yeux à la fin de l’épisode (ce qui n’est pas rien dans mon cas). En même temps comment rester de marbre face au sacrifice de la vieille Amy.

Ca, et la noirceur dans les yeux du Doctor sur la fin, qui a parfaitement conscience qu’il a menti, manipulé et causé la mort d’Amy, même si ce n’était pas tout à fait son Amelia.


- Did you always know it would never work ? Saving both Amy ?
- I promised you I'd save her and there she is.

Pfiou, quel épisode. J’ai beau cherché, je ne vois pas de reproche à lui faire. L’histoire, même si elle ne ressemble pas du Doctor Who classique, est incroyablement émouvante et permet de voir notre trio sous un angle très intéressant. Son scénariste, Tom MacRae a un sacré potentiel, d’ailleurs je suis étonnée qu’il n’ait pas écrit plus que ça pour Doctor Who (juste le double épisode avec les Cybermen de la saison 2, et un épisode finalement refusé pour la saison 4).

Côté réalisation, le résultat est assez incroyable (pour un budget il me semble assez ridicule), et les acteurs sont vraiment au top. Bref, un très bel épisode, qui si on laisse de côté les épisodes de Moffat (qui sont hors compétition), se classe juste derrière The Doctor’s Wife sur mon podium personnel.

(Et à vrai dire Gaiman gagne parce que c’est Gaiman, en qualité ils se valent amplement)

5 commentaires:

  1. Alors, cette fois-ci, je ne suis pas du tout d'accord ! Oui, il y a de belles scènes entre Amy et Rory, mais il manque vraiment un univers et une histoire autour pour faire un bon épisode ! Et puis, la manière de les séparer, c'était vraiment maladroit ! Je n'ai pas trouvé les handbots angoissants et l'univers minimaliste m'a frustré !

    En fait, j'ai l'impression que cet épisode est un prétexte pour introduire la possiblité de changer son futur (comme tu le dit), et les deux versions (une jeune, une vieille) d'une personne qui vivent temporairement au même moment. La mort du Doctor et sa survie pour la saison 7, tout est expliqué dans cet épisode. Mais je trouve que ça risque de tuer le suspens du finale ne étant introduit comme ça !

    Bref, un épisode décevant que je mettrai au niveau (voire en-dessous) de celui des pirates !

    RépondreSupprimer
  2. Question d'affinités je suppose, moi je suis complètement rentrée dedans. Les handbots ne sont pas franchement terrifiants, mais j'ai trouvé l'univers minimaliste très adapté (ça renforce vraiment le huis clos).
    D'ailleurs y'a plein de trucs que j'ai oublié de mettre dans mon article xD

    RépondreSupprimer
  3. Tiens première fois depuis que j'ai découvert la série que j'y prends du retard, ça sera bientot rattrapé.
    Tjrs est-il qu'apres visionnage et lecture (tes articles sont cools ils prolongent la magie :p )je voulais rebondir sur un truc:
    tu dis que tu finis par aimer Amy après cet épisode. Pour ma part ça m'a rappelé que je l'aimais beaucoup au début de sa première saison et que j'avais oublié... je m'explique, en énorme fan de Tennant, je partais négativement pour le début de la saison 5, et j'ai vrmt bcp aimé Amy, sûrement mon compagnon préféré me disais-ja à l'époque, et donc j'ai aimé la saison 5 dès le premier episode grace a elle. Et puis j'ai appris a apprécier Matt Smith et, comme toujours, j'ai fini par totalement mettre de coté les compagnons et ne regarder la série que pour le docteur, mon personnage préféré tout support confondu... et voilà, un episode qui me rappelle que même si les compagnons comptent peu pour moi, Amy est parfaite (drole, touchante, bonne actrice, fouillée....)
    A part ça, très chouette épisode, qui fait réfléchir (sur la réaction de la vieille Amy qd elle ne veut pas sauver la jeune notamment etc...) et surtout qui se paye le luxe d'émouvoir sur des difficultés ou des sentiments de personnages principaux, ce qui, au final, n'arrive pas tant que ça (en général ils essayent d'aider les autres et parfois s'attristent pour eux avec nous...). Ca serait à tous les épisodes ça serait saoulant, mais c'est tellement rare que pour une fois c'est plutot agréable.

    Un bémol quand même: la première fois si je ne m'abuse que je suis vraiment immensément décu par une action du docteur, qd il referme la porte du Tardis au nez de Don... vieille-Amy, j'ai vrmt détesté ce geste... Alors comme ça le docteur rend parfois les gens malheureux... et même les tue (ou plutôt nie leur existence)... volontairement? Nan vraiment c'est super triste qu'il ait agit comme ça... et puis même si elle était blindée de maquillage c'était Amy quoi... Nan vraiment... je dirais pas que j'ai pas aimé la fin, c'est pas mal parfois d'être très surpris, même négativement, par un personnage, mais quand même... pour moi y aura un avant et un après ce geste dans la vision que j'ai du personnage :'(

    RépondreSupprimer
  4. Pour moi le Docteur a toujours eu cette part d'ombre, ça ne m'a pas choqué plus ça. Au contraire, je trouve que ça enrichie carrément la série qu'on le voit en direct pour une fois. Et narrativement ça s’enchaîne bien ^^

    RépondreSupprimer
  5. Exactement, on sait qu'il a une face sombre (je me souviens surtout de ça par rapport à Tennant, se sentant toujrous coupable de choses qu'il a faites dans son passé etc...) mais comme tu dis, le voir en direct, et face à une version âgée de son compagnon actuel... C'est dérangeant je trouve. On aurait pu éspérer qu'il aurait appris de ces erreurs passées, qu'il se serait juré de ne pas mentir à ceux qu'il aime, même pour le bien de l'univers... mais non... snif. M'enfin, ça apporte de la nouveauté, comme j'ai dit je ne déteste pas cette fin en tant que spectateur... mais en tant qu'admirateur du personnage, si.
    Bon allez j'vé mater l'épisode 11 :) J'ai revu l'épisode avec le colocataire sur France 4 y'a 3 jours en plus, ca cartonne :D

    RépondreSupprimer