samedi 3 juillet 2021

Le livre écorné de ma vie – Lucius Shepard

Le livre écorné de ma vie - Couverture

Lucius Shepard est un auteur que j’apprécie beaucoup, autant pour sa superbe plume que pour sa capacité à nous faire venir de notre plein gré dans des univers dans lesquels on ne mettrait pas les pieds normalement. Ce nouveau texte paru dans la collection Une heure-lumière ne fait pas exception.

Le livre écorné de ma vie met en scène Thomas Cradle, un écrivain qui découvre qu’il a un homonyme qui a également publié un roman, un étrange récit de voyage le long du Mékong. Curieux, il l’achète et note d’étranges similitudes, si bien qu’il décide de partir sur ses traces le long du fleuve.

Ce livre est une expérience assez dérangeante. Le personnage principal est détestable, ses manières le sont tout autant et son voyage brasse des sujets assez glauques… et pourtant, je l’ai lu avec une espèce de fascination malsaine.

Il y a quelque chose de « griaulesque » dans ce texte : il y plane la trace d’une puissance supérieure, mais difficile de ne pas se dire en même temps que cette entité a bon dos pour justifier les actions d’un homme.

Le résultat est un récit poisseux, qui peut fasciner autant qu’il peut révulser. Les amateurs et amatrices de Lucius Shepard devraient l’apprécier sans souci. Pour les autres… ce n’est peut-être pas la meilleure porte d’entrée qui soit, à vous de voir.

Infos utiles : Le livre écorné de ma vie (Dog-Eared Paperback of my Life) est une novella de Lucius Shepard parue en 2009 en VO. La version française est parue aux éditions du Bélial’ en 2021 dans la collection Une heure-lumière, avec une traduction de Jean-Daniel Brèque et une couverture d’Aurélien Police. 135 pages.

En VO, la novella est éditée dans un recueil intitulé Five Autobiographies and a Fiction qui contient aussi Les attracteurs de Rose Street. Je n’avais pas connaissance de cet aspect « autobiographie fictive », cela donne un autre éclairage à ce texte.

D’autres avis :
Au pays des Cave Trolls, L’épaule d’Orion, Quoi de neuf sur ma pile, Diaspora galactique


9 commentaires:

Anonyme a dit…

Vous avez raison de faire part d’un avis mitigé sur ce nouveau Shepard qui ne s’adresse pas à tout le monde.
J’ai lu Griaule avec plaisir mais ce côté récurrent par la suite des personnages qui connaissent tout du sexe mais rien de l’amour j’avoue que c’est lassant.
Ce côté esclave sexuelle m’avait déjà dérangé dans ses œuvres.

Baroona a dit…

"Les amateurs et amatrices de Lucius Shepard devraient l’apprécier" : je me demande bien si je vais aimer ce texte du coup... 😇

lutin82 a dit…

Je l'ai dans ma PAL!!
J'aime souvent le travail de Shepard, mais je ne suis pas une inconditionnelle.

Tigger Lilly a dit…

Intriguée ... Plus qu'environ 15 Heures Lumière avant de le lire :D

shaya a dit…

Pas sûr que ça me plaise ça, mais bon, on verra bien !

Vert a dit…

@Anonyme
C'est bien pour ça que je préviens, je pense que ça ne plaira clairement pas à tout le monde.

@Baroona
As-tu vraiment le choix ? 🐲

@Lutin82
Tu vas pouvoir te faire ta propre opinion

@Tigger Lilly
Rendez-vous dans un an et 3 mois c'est ça ?

@Shaya
Sur celui-là je préfère ne pas faire de pronostics 😅

Tigger Lilly a dit…

Voilà 😬

Yuyine a dit…

J'apprécié l'auteur donc je ne fais pas trop de soucis mais vu le côté révulsant/poisseux/glauque, je sais aussi que je dois attendre le bon état d'esprit pour le lire.

Vert a dit…

@Yuyine
Je comprends, c'est pas forcément très estival comme lecture ^^