mardi 16 juillet 2013

The ocean at the end of the lane - Neil Gaiman


Mine de rien, ça faisait bien longtemps que je n'avais pas eu un roman inédit de Neil Gaiman à me mettre sous la dent. The Graveyard Book c'était en 2008 ! Autant dire que quand je l'ai vu à Gibert, je me suis jetée dessus !

Ce que j'aime bien avec Neil Gaiman, c'est que si ses œuvres tournent souvent autour des mêmes thématiques, cela ne l'empêche pas d'arriver à nous surprendre à chaque fois avec une idée improbable.

Dans le cas de The ocean at the end of the lane, il a par exemple décidé qu'il n'y avait rien de plus drôle que que d'écrire une histoire de fantastique à tendance horrifique, pour adultes, mettant en scène un enfant de sept ans.

Enfin c'est drôle pour l'auteur qui ricane sans nul doute en pensant à ses lecteurs absolument tétanisés à la lecture. Pourtant je le sais bien qu'il est capable d'écrire des choses horrifiantes (Sandman en déborde), mais reconnaissez qu'avec une jolie couverture comme ça, c'est inattendu.

The ocean at the end of the lane débute avec le retour du narrateur (sans nom) sur les terres où il a passé son enfance. Visitant la maison d'une amie d'enfance, il commence à se souvenir de ce qui était arrivé là lorsqu'il avait sept ans.
« It was only a duckpond, out at the back of the farm. It wasn’t very big.
Lettie Hempstock said it was an ocean, but I knew that was silly. She said they’d come here across the ocean from the old country. »
The ocean at the end of the lane m'a beaucoup fait pensé à Violent Cases et Mr. Punch (du même auteur bien sûr), car il partage avec eux cet art de jouer la carte de la fausse autobiographie. L'auteur et le narrateur semblent être la même personne, et il y a suffisamment d'éléments personnels dans le récit pour brouiller les pistes, si bien qu'on ne sait plus si ce qu'on lit est pure vérité ou pure fiction.

Cela rend d'autant plus horrible les mésaventures de cet enfant, qui contiennent certes une bonne part de « joli » fantastique (la famille Hempstock et leur maison, sans parler de leurs repas qui m'ont fait salivé tout du long) mais aussi une partie de fantastique noir, voire de pure horreur (oui j'y reviens mais certains passages sont vraiment horribles).

Ceci dit, rassurez-vous, ce roman n'est pas juste horrible. C'est aussi l'histoire d'un enfant qui découvre que l'univers est plus grand (et plus fantastique) qu'il ne pourrait l'imaginer. Le texte parle de peur et de courage (en cela il évoque un peu Coraline), d'identité (un peu), des relations familiales, de grandir et devenir une personne. Et puis il y a des chats aussi.

Comme souvent chez Neil Gaiman, il est un peu difficile de sortir une grande ligne, tout est dans une foultitude de petits détails et de dialogues disséminés ici et là, et chacun est libre de retenir ce qui l'a le plus touché. Pour ma part, j'ai retenu cela :
« Nobody actually looks like what they really are in the inside. You don't. I don't. People are much more complicated than that. »
(qui ne me rappelle pas du tout The Doctor's Wife)

Et un peu plus loin :
« Grown-ups don't look like grown-ups on the inside either. Outside they're big and thoughtless and they always know what they're doing. Inside, they look just like they always have. Like they did when they were your age. The truth is, there aren't any grown-up. Not one, in the whole wide world. […] Except for Granny, of course. »
Bref sans être un nouveau chef d'oeuvre (en même temps après Sandman et American Gods, il n'a plus à faire ses preuves), on y retrouve dans ce nouveau texte de Neil Gaiman tous les ingrédients qui font la grande qualité de ses œuvres, et l'histoire se lit avec grand plaisir (et non sans quelques sueurs froides). Pas de raison de se priver, d'autant plus que l'objet-livre est en lui même fort joli avec sa tranche irrégulière.

13 commentaires:

  1. Pour ma part, j'attendrai la traduction, qui arrivera sans aucun doute !

    RépondreSupprimer
  2. ah nan mais là de toute façon, j'ai même pas besoin de lire ta chronique pour dire "VEUUUX, VEUUUUUUX !!!".
    Pis j'imagine bien la réaction chez Gibert aussi... x)

    RépondreSupprimer
  3. @Lorhkan
    Vu sa taille ça devrait arriver assez vite ^^

    @Raven
    Oh que oui, j'étais sur le point d'envoyer un texto à Olya pour lui demander si ça valait le coup de prendre un tel bouquin, j'ai vu le Gaiman, j'ai reposé le bouquin et jamais posé ma question xD

    RépondreSupprimer
  4. J'avais vu ton billet mais j'ai attendu d'avoir terminé le livre pour le lire. J'ai beaucoup aimé aussi, beaucoup plus qu'Entremonde et Graveyard book, les deux derniers lus. Il m'a bien fait peur aussi en tout cas ^_^.

    RépondreSupprimer
  5. @Tigger Lilly
    Même réponse qu'à Lorhkan alors :P

    @Cachou
    Oui c'est inattendu ce côté terrorisant ^^

    RépondreSupprimer
  6. idem que Lorhkan et TG ^^ j'espère que Le Diable Vauvert a pris une option dessus !

    RépondreSupprimer
  7. Y'a pas de raison qu'ils ne l'aient pas fait ^^

    RépondreSupprimer
  8. J'ai aussi beaucoup aimé. Mais bon, je ne suis pas tout à fait objective avec Gaiman, je pense. J'avoue avoir boudé un peu quand j'ai vu l'épaisseur du roman!

    RépondreSupprimer
  9. Oui c'est vrai que ses derniers textes n'étaient pas des pavés ^^

    RépondreSupprimer
  10. J'ai été pour ma part complètement séduite, il faut toujours de l'horrifique avec beaucoup de poésie, c'est ce qui me charme le plus dans ses roman.

    RépondreSupprimer
  11. J'ai vraiment adoré, ce mélange d'horrifique avec ce côté poétique me séduit toujours chez Gaiman ^^

    RépondreSupprimer
  12. @Endea
    Oui on est charmé et en même temps on est glacé, c'est ce qui fait la saveur de la plupart de ses écrits !

    RépondreSupprimer