jeudi 30 mai 2013

Star Trek Into Darkness - J.J. Abrams


Jusqu’à il y a quelques années, Star Trek était un univers qui ne me parlait absolument pas. J’ai commencé à en entendre parler lorsque je préparais mon mémoire sur les fanfictions, puis j’ai vu le premier film de J.J Abrams qui m’a bien plu. Du coup je ne pouvais qu’aller voir ce deuxième film, d’autant plus que je bavais d’envie à l’idée de voir Benedict Cumberbatch en méchant.

J’ai donc sauté sur l’occasion de le voir en avant-première avec Spocky au Grand Rex, d’autant plus que les deux films étaient projetés l’un à la suite de l’autre, idéal pour se remettre dans le bain.


Star Trek Into Darkness se déroule quelques années après le premier film. L’Entreprise explore l’univers comme il se doit, jusqu’à qu’un attentat sur les locaux de Starfleet à Londres (entre autres choses) vienne bousculer leur train-train quotidien. Assoiffé de vengeance, Kirk ne souhaite qu’une chose, mettre la main sur le coupable, au risque de mettre en danger tout son équipage.

Le début du film est absolument époustouflant : une séquence pré-générique qui m’a tout l’air d’un bel hommage à l’ancienne série (débauche d’effets visuels en plus), Kirk qui s’en prend ensuite plein la tronche suite à cette mission, et une intrigue qui se déploie peu à peu avec une ampleur qu’on ne trouvait pas dans le premier film.

Quel dommage que toute cette richesse disparaisse aux deux tiers de l’histoire, au profit d’une conclusion prévisible à l’extrême (et encore c’est pire pour les fans de la première heure selon Spocky) dénuée de toute forme de subtilité, laissant en plant toutes les réflexions intéressantes.

C’est vraiment mon grand regret, car sans cette fausse note (hélas importante, je développerai tout ça en fin d’article pour éviter de vous spoiler l’intrigue), le film aurait été un sans-faute. C’est un de ces bons blockbusters qui avancent à un rythme d’enfer, sans pour autant négliger de développer les relations entre les personnages et de ménager des touches d’humour ici et là.

On s’amuse donc bien, et on en prend plein les yeux, car visuellement, c’est un délice, certaines scènes étant vraiment très impressionnantes.


Dans le cadre de cette avant-première, le film était projeté sur leur écran « grand large » avec un système de projection 3D amélioré (si j’ai bien compris y’a un doublage des projecteurs pour augmenter la luminosité). En prime, c’était de la 3D active (ne me demandez pas d’explication, matériellement c’est les grosses lunettes lourdes qu’on n’a pas le droit de garder chez soi et qui donnent un bien meilleur relief).

Le résultat est vraiment époustouflant niveau rendu du relief, on en aurait pratiquement l’impression de rentrer dans l’image par moment (aussi parce que le film fait un usage intelligent de la 3D, pour donner une réelle profondeur plutôt que de jouer sur les trucs qui sortent de l’écran). Bref j’étais assez impressionnée, d’autant plus que pour une fois je ne suis pas sortie de la salle avec la migraine.

Ca ne fait pas oublier les failles du scénario, mais à défaut on a le droit à un très beau spectacle. C’est un peu comme cela qu’il faut appréhender ce film, un grand spectacle avec de l’action, de l’humour, parfois un peu d’émotion, un Benedict Cumberbatch qui excelle en méchant (pas bien dur, en gros il joue un Sherlock du côté obscur, mais tant bien même c’est délicieux). Pas un chef d’œuvre donc, mais un bon divertissement.


Le coin des spoilers

Star Trek Into Darkness démarre en fait sur Kirk qui se prend un sérieux pain dans la tronche lorsqu’on lui retire le commandement de l’Entreprise après ses dernières improvisations pour sauver Spock. Un character arc tout à fait intéressant : on sait que c’est son côté instinctif/dédain des règles qui lui a sauvé la mise dans le premier film, mais il est temps qu’il apprenne aussi à ne pas en faire qu’à sa tête pour ne pas mettre en danger son équipage. Ca semblait être la ligne directrice de cet épisode (dans la trailer notamment).

En parallèle, on a ce John Harrison qui joue au terroriste et s’enfuie en territoire klingon. Kirk, dévasté par la mort de l’amiral Pike, décide de se lancer à sa poursuite. Ca tombe à pic, l’amiral Marcus n’est que trop content de l’envoyer en mission d’extermination avec de belles torpilles toutes neuves.

Sauf que poussé par ses amis, Kirk décide de capturer John Harrison plutôt que de le tuer, et découvre que celui-ci n’est pas un simple officier de Starfleet (même qu’il s’appelle Khan *insérez ici les applaudissements*). On comprend vite que Marcus a son propre plan, et qu’il n’était que trop content que de faire d’une pierre deux coups en se débarrassant de Khan et de Kirk.

Avec ça, on avait un potentiel énorme : jouer sur le côté tête brûlé de Kirk, ici confronté à une situation plus que glissante, entre un amiral de Starfleet qui a clairement fait des choses pas catholiques, et un génie machiavélique qui semblerait presque dans son bon droit.


Et pourtant, toute cette richesse semble très vite disparaitre. Marcus est très vite éliminé de l’équation (et on ne reparle même pas de lui à la fin alors qu’il cherchait à déclencher le conflit avec les klingons), et l’histoire vire à la confrontation Khan vs. Enterprise (parce que Khan est méchant, c’est à peu près aussi téléphoné que ça).

Puis tout à coup l’Entreprise est sur le point de s’écraser donc on oublie complètement Khan pendant tout ce temps, puis Kirk nous sauve le vaisseau en solo et en faisant sa tête brûlée comme d’habitude. Spock s’en sort un peu mieux je trouve (à croire que les scénaristes se sont plus intéressés à lui qu’à Kirk), mais je trouve le finale où il cavale après Khan et tente de lui casser la gueule assez OOC (même si je comprends bien qu’il soit en pétard).

Et on termine sur un final expéditif où Kirk est ressuscité (et n’a pas évolué d’un iota sur deux heures de film) et Khan commodément recongelé sans autre forme de conclusion. Ce qui amène à se demander si les scénaristes ont pris des vacances avant la fin de l’histoire, ou s’il y a eu de sacrées coupes au montage.

Mais peu importe la raison, c’est quand même dommage d’avoir fait si mauvais usage de si bonnes bases. Ca reste un bon moment de cinéma, mais j’ai l’impression qu’on est passé à côté de quelque chose, et le premier film, en dépit de ses quelques défauts, m’apparait finalement comme bien plus solide scénaristiquement parlant.

5 commentaires:

  1. Chanceuse(s) ! ;)

    Je n'ai évidemment pas lu la deuxième partie de ta critique, mais j'irai de toutes façons de maire ma propre idée. Et j'ai hâte, ça fait plaisir de revoir du Star Trek sur le devant de la scène, même si les traits caractéristiques de la série d'origine sont un peu laissés de côté...

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  2. OMG je crois que je ne couperai pas à ce film (Space op, M. Lhisbei etc etc), je souffre d'avance ^^

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  3. @Lorkhan
    J'espère que tu apprécieras ta séance ^^ (et tu pourras venir lire la 2e partie après :P).

    @Lhisbei
    Tu peux mettre ton cerveau en veille et profiter du spectacle au pire ^^ (bon ils ont coupé la scène avec Benedict Cumberbatch sous la douche, mais c'est pas grave il est quand même très présent *sort très loin*)

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  4. Bon, ça y est, je l'ai vu.

    Et je te rejoins totalement sur ta partie spoilers sur le scénario. Ce film est un grand huit, mais les enjeux potentiellement très graves pour Starfleet (et très intéressants pour le spectateur selon moi) sont totalement laissés de côté au profit d'un conflit très manichéen... Grosse déception de ce côté là. Et je comprends que les trekkies ne voient pas dans ce film un vrai Star Trek, parce que l'âme de la série de Gene Roddenberry est bien loin... Dommage dommage tout ça...

    J.J. Abrams a tout de même réussi à faire redécoller la franchise, mais je pense qu'il sera bien plus adapté à la franchise Star Wars sous l'égide de Disney.

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  5. Oui j'ai regardé en diagonale les vieux films quand ils sont passés sur Arte, et on comprend mieux toute la distance qu'il peut y avoir entre la série d'origine et ce que fait Abrams (y'a tout un côté relations/réflexion qui passe vraiment à la trappe).

    Moi aussi j'aime bien le fait que Abrams ait réussi à remettre ST au goût du jour, mais là il m'a un peu déçu et j'espère que son Star Wars ne sera pas qu'une longue suite d'explosions avec un Han Solo Jr en guise de héros qui porte tout le film (oui je sais ça peut pas être pire que l'épisode II, mais bon xD).

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