mercredi 15 octobre 2014

Doctor Who 8x08 - Mummy on the Orient Express


A la fin de la saison 5, si vous vous rappelez bien, le Doctor partait avec Amy et Rory vers une nouvelle aventure, qui concernait une déesse égyptienne dans l'Orient-Express dans l'espace. A l'époque, quand l'épisode de Noël était sorti, j'avais été un peu déçue de ne pas voir ce scénario prendre vie. Mais avec un voyageur temporel, il faut s'attendre à tout, y compris qu'il revienne à une intrigue laissée en plan trois saisons plus tôt ! Attention, spoilers !


A vrai dire le menu n'est pas tout à fait identique, puisque dans cet épisode nous avons droit à une momie (et non à une déesse égyptienne) dans l'Orient-Express de l'espace. On reste néanmoins relativement dans le même référentiel avec cette momie qui tue les passagers du train l'un après l'autre, en 66 secondes précisément.

- You're doing it again.
- Doing what ?
- The smile.
- Yeah, I'm smiling.
- It's the sad smile. It's a smile but you're sad.
En parallèle à ce mystère vient se greffer l'autre intrigue de l'épisode, le maintient ou non du binôme Clara-Doctor. Il était fort chouette que le trailer nous cache la présence de Clara dans cet épisode (même si on s'en doutait un peu), ça laisse un peu de surprise au début de l'épisode. Puis vient un peu de tristesse, lorsqu'on réalise qu'il s'agit de leur dernier voyage ensemble, « the last hurrah ».

- Perkins. Chief Engineer.
- The Doctor. Nosey Parker.
Et voilà le troisième larron de l'histoire, l'invité de l'épisode. Le personnage n'est pas tellement développé, mais ça fait plaisir d'avoir pour une fois un personnage secondaire qui s'entend bien très spontanément avec le Doctor, dans le cas présent parce qu'ils sont tous les deux des scientifiques terriblement curieux.


Avançons un peu dans l'histoire. Pour être honnête j'ai trouvé qu'elle mettait un peu longtemps à se mettre en place. Des morts supplémentaires, Clara enfermée dans le compartiment bagage, quelques dialogues qui donnent l'occasion à Clara de réfléchir à sa relation avec le Doctor, tandis que celui-ci en apprend un peu plus sur cette mystérieuse momie invisible, The Foretold.

Et là on comprend enfin que les passagers sont tous des scientifiques, réunis là pour résoudre le problème de la momie tueuse invisible. Et le seul maître à bord semble être une IA nommée Gus, un joyeux drille très sympathique qui n'hésite pas à tuer les occupants d'un wagon pour motiver son équipage.

- One minute with me and this thing, it would be over!
- You know, Doctor, I can't tell if you're a genius or just incredibly arrogant.
- Well, on a good day, I'm both.
Chacun met donc ses connaissances à profit pour avancer, y compris les victimes suivantes qui font tout leur possible pour témoigner de leur expérience. On commence donc à comprendre comment la momie procède et fonctionne, si bien qu'on arrive même à déterminer sa prochaine cible.

The Doctor : Well, I don't know. Lie to her. Tell her I can save her. Whatever it takes to get her here.
Et voilà donc Clara qui sort de son placard, mais tout cela n'est guère à son goût, c'est donc reparti pour une nouvelle engueulade.

- How does he even know what it is ? Cos if he knows what it is, then he knows what you are.
- Well, he has tried to entice me here before.
- Free tickets, mysterious summons, he even phoned the TARDIS number.
- Do you know...? You knew. You knew this was no relaxing break. You knew this was dangerous.
- I didn't KNOW. I certainly hoped.
- OK, this. You see, this. This is why I'm leaving you. This. Because you lied. You lied to me, again. And now you've made me lie. You've made me your... accomplice.
Au passage on retrouve bien le lien avec la saison 5 (je l'attendais depuis le début). J'aime bien l'idée que le Doctor laisse en plan certaines choses, un peu comme si sa tête était un affreux bric-à-brac où les idées de destination s'égarent sans cesse.

Par contre pour le moment le Doctor passe quand même pour un gros bâtard. C'est vraiment le nouvel aspect introduit par Peter Capaldi. Certes Eleven déjà était parfois assez manipulateur, mais il compensait avec une certaine chaleur humaine pas forcément très présente chez Twelve. Mais on le sait bien, au fond, qu'il n'est pas méchant !

« Hello. I'm so pleased to finally see you. I'm the Doctor and I will be your victim this evening. Are you my mummy ? »
Même si je trouve cet épisode pas forcément extraordinaire, je suis obligée d'accorder des points supplémentaires pour ce réemploi on ne peut plus adapté du terrifiant « Are you my mummy ? » (saison 1 épisodes 9 et 10).

Sinon comme il l'avait lui-même annoncé, le Doctor réussit à organiser une confrontation avec la momie, à lui survivre et surtout à résoudre le mystère en 60 secondes. Ca c'est de l'efficacité !
« Thank you so much for your efforts. They are greatly appreciated. Unfortunately, survivors of this exercise are not required. Air will now be removed from the entire train. We hope you have enjoyed your journey on the Orient Express. »

Heureusement le Doctor est là, et « Everybody lives ! », pour continuer dans la citation. Quoique il faut omettre quelques morts au début pour que cette affirmation soit vraiment exacte.

« Sometimes, the only choices you have are bad ones. But you still have to choose. »
Joli reflet de l'épisode précédent. D'ailleurs c'est une jolie pique, parce qu'en temps que spectatrice la semaine dernière j'ai été assez choquée que le Doctor laisse le choix impossible à Clara. Mais finalement, avec cet épisode, je me rends compte que c'est ce qu'il fait tout le temps, des choix impossibles, et que ça n'a rien de facile pour lui, tout super-héros qu'il est.


Perkins et le Doctor se séparent, bien que le Doctor semble prêt à l'embaucher comme mécanicien. C'est assez rigolo parce que ça semble être un élément récurrent de cette saison, les compagnons manqués : Blue dans Into the Dalek, Psi et Saibra dans Time Heist, Courtney dans les deux épisodes précédents.

Pour le coup ça me fait beaucoup penser aux anciennes saisons, où on avait parfois des personnages très développés qui quittaient l'univers à la fin de leur histoire, en dépit de l'incroyable aventure qu'ils venaient de vivre.

- Do you love it ?
- Love what ?
- I know it's scary and difficult but do you love being the man making the impossible choice ?
- Why would I ?
- Because it's what you do. All day, every day.
- It's my life.
- Doesn't have to be. Is it like...
- Like what ?
- ...an addiction ?
- You can't really tell if something's an addiction till you try and give it up.
- And you never have.
Et il est temps pour Clara d'avoir une discussion à cœur ouvert avec le Doctor. Et de quitter ou non le TARDIS. Il n'y a pas vraiment de suspens à ce sujet à vrai dire, on se doutait qu'elle finirait par reprendre la route.

Je suis un peu surprise de la façon dont cela se goupille. On dirait qu'elle a laissé croire que c'était Danny qui l'avait poussé à arrêter, alors qu'à voir ses interventions dans cet épisode il a l'air plutôt d'encourager Clara. En fait à la tête qu'elle fait quand elle annonce la bonne nouvelle, j'ai l'impression qu'elle ment. Pas sur le fait qu'elle veut continuer à voyager, mais sur les raisons de son changement d'avis, complètement.

« Let's go. »
Bon vous l'aurez compris à la taille de l'article, je suis un peu mitigée sur cet épisode. Je l'ai pas mentionné mais il est superbe visuellement (en fait ça devient tellement une habitude que je n'y fais plus attention), un mystère plutôt sympa, quelques chouettes personnages secondaires et une belle façon de régler le conflit entre le Doctor et Clara.

Mais j'ai trouvé le rythme un peu lent (on ne rentre vraiment dans l'intrigue qu'aux 2/3 de l'épisode), et la résolution entre Clara et le Doctor n'est pas totalement satisfaisante. Un peu comme avec Time Heist, je pense que ce n'est pas un mauvais épisode en soit, mais je doute qu'il reste dans les esprits.

A noter que le fil rouge semble oublié pour cette fois-ci (on ne retrouve pas les morts au Paradis par exemple), mais le coup de l'entité qui a tout fait pour amener le Doctor à cet endroit là, ça rappelle l'autre problématique, celle de la personne qui semble tout faire pour que Clara et le Doctor restent ensemble. Je ne doute pas que les deux finissent par se croiser, dans un prochain épisode peut-être ?

lundi 13 octobre 2014

La fraternité de l'anneau [nouvelle traduction] - J.R.R. Tolkien


Ce ne sera pas une révélation pour vous je pense, je souffre d'une « légère » addiction à l’œuvre de J.R.R. Tolkien. Au point d'avoir lu presque tout ce qui est arrivé en France, y compris l'Histoire de la Terre du Milieu et des livres jeunesse complètement oubliés (je crois que j'ai juste zappé La chute d'Arthur, faut que je m'en occupe à l'occasion d'ailleurs). Et puis je n'ai aucun scrupule à collectionner les éditions.

Tenez, prenez Le Seigneur des Anneaux. Après l'avoir lu à la bibliothèque, j'ai acheté ma propre édition poche pour pouvoir le relire. Ensuite j'ai craqué pour l'édition intégrale reliée et illustrée par Alan Lee (300 francs à l'époque, toutes mes économies !). Et j'ai fini par acheter une édition anglaise lors de ma dernière relecture, pour découvrir le texte original.

Alors quand la sortie de la nouvelle traduction a été annoncée, je ne me suis pas vraiment posée de questions, après tout, je n'étais plus à une édition près ! (Monsieur a même insisté pour que je fasse une étagère Tolkien dans la bibliothèque, c'est dire...).

Et encore l'édition poche est restée chez mon père...
De toute façon, une nouvelle traduction, sur une œuvre comme Le Seigneur des Anneaux, ça ne se refuse pas. Je connais trop de gens qui se sont cassés les dents sur le texte à cause de la version française, et même moi je commençais à privilégier la VO, plus facile à lire (contre toute attente). La lourdeur du texte y était pour quelque chose, bien sûr, mais aussi un certain nombre d'incohérences et d'erreurs de traduction qui n'avaient malheureusement jamais été corrigées.

Rien que dans le prologue de l'ancienne édition par exemple, on parle tout de même de la mort de Galadriel et d'Elrond (une mauvaise interprétation du verbe « to depart »). Que le traducteur se soit trompé, c'est tout à fait compréhensible, mais ce genre de détail aurait pu être corrigé par la suite ! Bref sur le fond comme sur la forme, cela ne pouvait apporter que du mieux, surtout avec Daniel Lauzon aux manettes (vu qu'il avait déjà fait des merveilles sur Le Hobbit).
Quand M. Bilbo Bessac, de Cul-de-Sac, annonça qu'il célébrerait bientôt son onzante et unième anniversaire par une fête d'une magnificence exceptionnelle, il y eut force agitation et rumeurs à Hobbiteville.
Bon, je ne vais pas faire durer le suspens plus longtemps, cette nouvelle traduction est excellente. Si je devais la résumer en un seul mot, ce serait celui-là : fluidité. Car j'ai beau adoré Le Seigneur des Anneaux, je crois bien que c'est la première fois que je me retrouve à enchaîner ainsi les pages sur ce premier tome, tant le texte est fluide à lire.

Comme il se doit, le ton n'est pas aussi léger que pour Le Hobbit, mais c'est tout à fait à l'image du texte original, Le Seigneur des Anneaux étant écrit dans un registre plus soutenu que sa préquelle. D'ailleurs la traduction s'accorde vraiment bien au texte original, ce qui expliquerait pourquoi la VO me revenait spontanément en tête à la lecture (surtout dans le cas des dialogues qu'on connaît bien à cause des films) sans que ce soit énervant pour autant. C'est juste que la traduction « colle » bien.
Soudain, Frodo remarque qu'un homme d'allure étrange, marqué par les intempéries, prêtait également une oreille attentive à la conversation des hobbits. Assis dans l'ombre, il avait devant lui un grand pot à bière et fumait une pipe à long tuyau, curieusement sculptée. Ses jambes étaient étendues, laissant voir de grandes bottes de cuir souple qui lui convenaient bien, mais qui avaient beaucoup d'usure et étaient à présent crottées de boue.
Du coup, si je n'avais pas lu la VO, je pense que j'aurais vraiment eu l'impression de redécouvrir l’œuvre. C'est d'ailleurs tellement plaisant à lire que pendant trois jours je préférais prendre le bus pour aller travailler (quitte à arriver en retard), juste pour pouvoir profiter de ma lecture plus longtemps !

Évidemment, les traductions des nombreuses chansons et poésies ont été revues, et là encore, c'est que du bonheur. Je crois que pour la première fois de ma vie, j'ai pu lire la chanson de Bilbo sur Eärendil dans son intégralité sans piquer du nez ou sauter des vers ! Du coup le passage avec Tom Bombadil, c'est tout simplement un régal à redécouvrir.
Le vieux Tom Bombadil est un joyeux bonhomme ;
D'un bleu vif est sa veste, et ses bottes sont jaunes.
Nul ne l'a jamais pris, car le maître, c'est lui :
Plus vite ses pieds vont ; plus forte est sa chanson.
Et si vous voulez vous faire une idée des changements radicaux qu'on peut trouver, je vous met un morceau de la chanson des elfes sur Elbereth. Voilà la traduction de Francis Ledoux (qui fait un peu pub pour le dentifrice) :
Gilthoniel ! O Elbereth !
Vifs sont tes yeux et claire est ton haleine !
Blanche-neige ! Blanche-neige ! Nous chantons pour toi
Dans une terre lointaine au-delà de la Mer.
Et voilà la nouvelle version par Daniel Lauzon :
Gilthoniel ! Ô Elbereth !
Tes yeux sont d'argent clair et ton souffle est lumière !
Nous te chantons cet hymne, Ô Neige immaculé,
D'une contrée lointaine au delà de la Mer.
(en fait la version Ledoux colle beaucoup plus au texte d'origine, mais la nouvelle traduction est quand même bien plus jolie -et fluide, au risque de me répéter-)

Les noms également ont été retraduits, comme pour le Hobbit, en s'alignant toujours sur les recommandations de Tolkien. Adieu donc aux Sacquet de Besace (et autres noms de hobbits), à Bree (et autres noms de lieux), et à Grand-Pas.

On aimera ou on n'aimera pas. Personnellement j'apprécie la démarche parce que lorsque l'orthographe varie, c'est uniquement pour conserver la même prononciation ou le même sens qu'en VO. Bree par exemple devient Brie (et comme la Comté est devenu Le Comté -bien plus logique soit dit en passant-, je me permets d'inclure la remarque de Monsieur à ce sujet : « Si y'a Brie dans le Comté, mais où sont les Monts d'or ? »).
Puis ce fut le silence complet jusqu'à ce que, soudainement, après plusieurs grandes respirations, tous les Bessac, Boffine, Touc, Brandibouc, Foussieur, Fouineur, Terrier, Bolgeurre, Blairotte, Gaillard, Serreceinture, Sonnecornet et Belpied se mettent à parler en même temps.
Bon en toute honnêteté, le seul changement que je n'ai pas adopté (pour le moment), c'est celui de Grand-Pas. Devenu l'Arpenteur, il colle tout à fait à la VO, Strider. Mais là je blâme complètement l'effet madeleine de Proust, je n'arrive juste pas à me détacher de la première traduction !

Après cette série de louanges, je dois quand même pointer du doigt les deux-trois qui m'ont chagriné, bien que ça concerne plutôt la forme que le fond. Sur la traduction en elle-même, j'ai un peu buté sur le choix du vouvoiement ou du tutoiement que je n'ai pas toujours bien compris (notamment à un endroit Elrond vouvoie Frodo et dans la foulée tutoie Sam, ça sonnait bizarre à mes oreilles). Ceci dit c'est peut-être que je n'ai pas bien saisi les règles qui régissent ce choix (c'est surtout avec les elfes que c'est pas très clair), à voir dans les tomes suivants donc.


Question forme, l'ouvrage en lui-même est superbe, d'autant plus qu'il vient avec son lot de planches illustrées par Alan Lee. Les images ont été renumérisées pour l'occasion, concrètement si je me fie à mon ancienne édition illustrée, cela donne surtout des couleurs moins vives (pas d'avis particulier dessus, mais c'est chouette de les avoir inclus dans cette édition, ça fait un plus pour qui n'a pas l'édition illustrée).

Les cartes ont également été revues, et c'est un peu la source de mon chagrin. Certes elles sont très belles, mais comme elles font partie des planches hors-texte, difficile de voir le milieu de la carte sans plier complètement le dos du livre.


Et comme pour Le Hobbit, c'est dommage que la mention nouvelle traduction n'apparaisse pas clairement (sticker, bandeau) à part en quatrième de couverture, du coup les gens risquent de passer à côté, vu qu'on hésite rarement entre un poche et un grand format à 20 euros, sauf si celui-ci a quelque chose de plus...

Ceci dit, je pinaille sur l'ouvrage en lui-même, mais ça n'enlève rien au bonheur qu'a été cette relecture. Cette nouvelle traduction est vraiment excellente et donne un sacré coup de jeune à un texte qui en avait bien besoin. Si vous aimez Le Seigneur des Anneaux, elle me semble presque indispensable. Et si vous n'avez jamais eu l'occasion de lire ce chef d’œuvre, c'est avec cette nouvelle traduction qu'il vous faut commencer votre voyage.

Par contre attendez peut-être que les deux autres volumes soient sortis, sans quoi vous allez au devant d'une grande frustration. J'ai beau connaître l'histoire sur le bout des doigts, je vous avoue qu'à la fin de ce premier volume, je n'avais qu'une envie : poursuivre l'aventure !

Et je pense que Morwenna comprendra tout à fait que ce livre-là,
je l'ai acheté sans même me poser la question.

samedi 11 octobre 2014

Guide des métiers pour les filles qui ne veulent pas finir princesses - Catherine Dufour


« À Noël dernier, j’ai feuilleté le catalogue Jouets d’un grand magasin. Sur fond bleu : des autos, des motos et des bateaux. Sur fond rose : des poupées qui marchent et parlent, dix Barbie princesse et une Barbie fait le ménage. Materner c’est très bien, faire le ménage c’est nécessaire, et s’habiller comme une princesse peut être agréable, mais ce ne sont pas les seules façons, pour une fille, de gagner sa vie. Il y a beaucoup d’autres métiers, bien mieux payés. »
Forcément, avec une introduction comme ça, je ne pouvais que me jeter sur ce livre, tant je me reconnais dans ces paroles. Je ne pense pas jamais avoir été particulièrement bridée dans mon enfance dans le choix de mon orientation (avec une mère conseillère d'orientation, c'eut été un comble !), mais c’est une question à laquelle je suis sensible. Et la façon dont elle est traitée par Catherine Dufour fait le plus grand bien.

En effet, ce Guide des métiers… nous propose de découvrir 48 professions (ou styles de vie parfois) en tout genre. Pour chaque métier, elle propose la présentation d'une pionnière, d'une femme exerçant le métier actuellement, et quelques conseils aussi drôles que pertinents pour s'engager sur la même voie.

Je ne vais pas vous faire la liste des métiers, mais entre l'agent secret, la femme d'affaire, l'ingénieure, la cosmonaute, l'informaticienne, l'héroïne, la chef d'orchestre, la peintre et j'en passe des meilleures, il y a de la variété. Et c’est une jolie déconstruction que de montrer que des professions à priori souvent associées à l’homme peuvent parfaitement être exercées par des femmes (comme celle d’aventurière où l'on découvre une femme garde du corps !).

Ce qui est chouette, c’est que le livre ne se contente pas de bêtement retourner les stéréotypes (infirmière = femme et médecin = homme par exemple), puisqu’il n’hésite pas à présenter des métiers des plus étranges (barfly, teufeuse) voir des carrières dans lesquels en général on s’encourage pas spécialement les vocations qu'on soit fille ou garçon (mafieuse, tortionnaire).

C’est toute la force de l’ensemble, de donner à voir cet ensemble de portraits de femmes absolument fascinantes, sans pour autant porter un jugement. Les carrières les plus sûres ne sont pas plus mises en avant que les autres, on croise des personnalités sympathiques et d’autres franchement antipathiques. Le tout servi par l’excellente plume de Catherine Dufour, riche en pointes d’humour bien piquantes.

On oscille donc entre la démarche historique (combien de noms oubliés découvre-t-on entre ses pages… ce qui fait toujours plaisir à mon côté féministe) et une sorte de conseil d’orientation qui ne cherche pas spécialement à nous montrer du doigt un métier en particulier, mais plutôt à démontrer que même si on ne naît pas dans le bon pays, avec les bons parents et à la bonne époque, on peut quand même devenir quelqu'un.

Bref c’est un chouette ouvrage qui met du baume au cœur tout au long de sa lecture. Bien sûr il plaira à plein d’adolescents en quête d’avenir, mais on aurait grand tort de s’en priver même quand on a trouvé sa voie, parce que c'est un livre très agréable à lire, aussi fin qu'intelligent, aussi drôle que touchant. Et ne croyez pas qu'il est réservé au genre féminin ! (d'ailleurs j'ai découvert ce livre sur le blog d'Efelle, si c'est pas une excellente preuve)

Petit bonus sympathique, on peut mettre des visages sur les personnalités présentées sur le site de l’auteure.

CITRIQ

jeudi 9 octobre 2014

[Théâtre] L'Exoconférence d'Alexandre Astier


Des fois, il y a des gens qui sont limite énervants tellement ils excellent dans leur domaine. Prenez le cas d'Alexandre Astier par exemple. Donnez-lui la légende du roi Arthur, il vous sort Kaamelott (série aussi drôle qu'intelligente, et vu que j'en suis au énième revisionnage en ce moment, je peux vous dire que ça passe toujours aussi bien). Confiez-lui Bach, il vous invente Que ma joie demeure ! (spectacle sur le compositeur, encore une fois aussi drôle qu'intelligent).

Du coup, si vous vous mettez à lui parler de l'existence des extraterrestres, vous pouvez être sûr qu'il va vous inventer un chouette truc sur le sujet. Et ça s'appelle L'Exoconférence. J'ai dit énervant ? En fait ce type est génial !

L'Exoconférence porte bien son titre, puisqu'il s'agit d'un spectacle prenant la forme d'une conférence (problèmes de diaporama inclus) qui étudie la question de la vie dans l'univers. Cela passe par l'étude de quelques principes d'astronomie, de quelques hauts faits divers aliens, et pour le détail je vous invite à venir assister à une séance, histoire de conserver le plaisir de la découverte.

Ca fait un peu court comme présentation, mais cela me laisse de la place pour les éloges, et il y a matière à. Le spectacle dure 1h30, et on ne voit absolument pas le temps passer (c'est bien la première conférence pendant laquelle je ne pique pas du nez au bout de 30 minutes !).

Alexandre Astier est tout seul sur scène, mais il arrive parfaitement à occuper l'espace (et le temps) tout au long du spectacle, n'hésitant pas à jongler entre les rôles quand c'est nécessaire. Il est aidé par une scénographie ma foi fort simple mais parfaitement adaptée au format « conférence », « effets spéciaux » inclus.

Et puis le texte en lui-même est bien évidemment de très grande qualité. Oh oui on rigole souvent, comme il se doit. Mais comme toujours avec Alexandre Astier c'est aussi extrêmement érudit. Pas au sens élitiste qui étale sa science (bien qu'il étale, sa science), mais plutôt au sens très documenté et finalement fort pédagogique.

On sent de sacrées connaissances dans le domaine de l'astronomie et de la physique, et pour le coup j'ai même appris quelques trucs. Et comme c'est fait avec humour, on se dit par moment qu'on aurait bien aimé avoir Alexandre Astier au lycée pour nous expliquer le principe des forces, ça serait certainement mieux passer qu'avec le manuel.

Bref Astier fait du Astier, autant dire que c'est excellent. Si vous aimez tout ce que fait le personnage, vous n'avez plus qu'à courir réserver votre place si ce n'est pas déjà pas fait. Je recommande également ce spectacle aux amateurs de science (bien sûr), de science-fiction (évidemment !), aux gens qui aiment rêver en regardant les étoiles, aux gens qui ont envie de découvrir l'astronomie en s'amusant, et de manière générale à tout le monde ou presque (passez juste votre chemin si vous êtes créationniste, parce qu'avec l'évocation du Big bang et tout ça, pas sûr que ça passe très bien).

mardi 7 octobre 2014

Doctor Who 8x07 - Kill the Moon


Ce qui est marrant avec l'exercice des comptes rendus hebdomadaires de Doctor Who, c'est que même sans partir dans de folles théories, on se retrouve souvent le samedi suivant à constater qu'on était complètement à côté de la plaque quant à la direction qu'allait prendre l'intrigue. Moi qui voyait Courtney comme un élément mineur, voilà qu'on la retrouve, et ne parlons même pas de la relation entre Clara et Danny que j’imaginais voir retomber dans l’ombre... attention, spoilers !

« Hello, Earth. We have a terrible decision to make. It is an uncertain decision and we don't have a lot of time. The man who... normally helps, he's gone. Maybe he's not coming back. In fact, I... I really don't think he is. We're on our own. So... An innocent life versus the future of all mankind. We have 45 minutes to decide. »
Le grand classique de l'épisode qui démarre au point critique de l'épisode pour revenir en arrière, et déjà avec une telle introduction, on ne peut qu'être intrigué. Pourquoi le Doctor n'est pas là (en plus c'est tourné de telle façon qu'on sait qu'il est parti de son propre gré) ? Tiens, ça ne serait pas Courtney la fille dans le fond ? Et c'est qui ce scénariste tout nouveau dans la série (en plus il ne cosigne même pas l'épisode avec Moffat, c'est rare depuis le début de la saison 8)?

- You really think it ? I'm nothing? Not special ?
- How'd you like to be the first woman on the moon ?
Et revoilà Courtney Woods. Elle qui semblait être la touche d'humour supplémentaire de l'épisode précédent, la voilà propulsée sur le devant de la scène parce que sa rencontre avec le Doctor l'a quelque peu tourneboulé. Je ne m'y attendais pas, et je dois reconnaître que son personnage est drôlement bien développée : elle est aussi exaspérante que touchante que géniale que désespérante, bref, c'est une vraie ado !

Le problème c'est que ce Doctor-ci a visiblement un peu de mal avec la notion d'excuses, du coup pour se faire pardonner il préfère lui offrir un petit voyage sur la Lune, qui forcément va se révéler tout sauf un voyage d'agrément.

« Why have you got all these nuclear bombs ? No, no, no. Easier question, what's wrong with my yo-yo ? »
Voilà donc que le Doctor et ses deux compagnonnes se retrouvent face à une équipe d'astronautes déterminée à faire sauter la Lune. Tout va bien !

Je m'arrête quand même un instant sur un détail : le commandant de l'expédition, dont le nom est à peine évoqué pendant l'épisode (Lundvink), est une femme (dont la trempe rappelle le personnage d'Adelaide Brooke). Ca fait partie des aspects que j'adore dans cette série : aller systématiquement à l'encontre des stéréotypes. Bon certes le Doctor reste résolument masculin et blanc pour le moment, mais en attendant on a des femmes qui commandent des missions spatiales, et même qui dirigent les États-Unis ! Youhouh !


Une autre petite parenthèse en passant. Il y a une chose qui me surprend toujours en science-fiction : au milieu de toutes les galaxies et planètes lointaines qu'on peut visiter, c'est toujours les destinations les plus proches (Mars, la Lune), peut-être parce qu'elles semblent à un jet de pierre de nous, qui font le plus rêver.


Des toiles d'araignée, des bestioles qui ressemblent furieusement à des araignées, un épisode à déconseiller aux arachnophobes ! A les voir aller de découverte en découverte, on se doute très vite de ce qui arrive à la Lune mais je prends sur les héros là.


En attendant on nage en pleine séance de film de SF horrifique : bestioles qui se jettent sur les astronautes et les déciment petit à petit, pannes de courant... heureusement que Courtney est là pour sauver la situation avec son produit nettoyant ! (voilà qui rappelle l'épisode The Moonbase, décidément mieux veut toujours emporter son nettoyant ménager quand on part sur la Lune...)

Bref la première partie de l'épisode est plutôt classique : mystère, aventure, angoisse... néanmoins il y a un passage très intéressant pour le personnage du Doctor.

« Clara, there are some moments in time that I simply can't see. Little eye-blinks. They don't look the same as other things. They're not clear, they're fuzzy, they're grey. Little moments in which big things are decided. And this is one of them. Just now, I can't tell what happens to the moon, because whatever happens to the moon hasn't been decided yet. And it's going to be decided here and now. »
Bon évidemment cette déclaration contredit probablement ce qui a été dit dans un autre épisode à propos de la façon dont le Doctor perçoit le temps, mais j'apprécie qu'on introduise une sorte de contraire au point fixe dans le temps et l'espace. Là ce n'est pas le fait que l'évènement soit inévitable qui est inquiétant, au contraire c'est le fait qu'il ne soit pas fixé.

Après on peut se demander si justement le Doctor n'arrive pas à le percevoir parce que c'est son propre futur, justement. Mais à trop s'interroger sur la question, on risque d'attraper la migraine. D'autant plus que la deuxième partie de l'histoire est déjà fort susceptible de donner la migraine vu les interrogations qu'elle soulève.

« THAT doesn't live under the moon. That IS the moon. [...]The moon isn't breaking apart. The moon is hatching ! »
Pas de grande surprise dans cette révélation, les séismes, les bactéries géantes, la prise de poids de la Lune, tout pointait dans cette direction. Après je dois avoir lu deux ou trois histoires où la Lune était un œuf, forcément l'idée était déjà dans mon cerveau. En tout cas cela ouvre un sacré dilemme moral.

- I think that it's unique. I think that's the only one of its kind in the universe. I think that that is... utterly beautiful.
- How do we kill it ?
Choisir entre condamner une planète ou préserver une créature unique au monde, bien évidemment tout cela est très classique me direz-vous, mais c'est le genre de thématique qui est trop fondamentale pour qu'on puisse s'en lasser. Et ça l'est encore plus avec la tournure que prend ensuite l'épisode.

« Listen, there are moments in every civilisation's history in which the whole path of that civilisation is decided. The whole future path. Whatever future humanity might have depends upon the choice that is made right here and right now. Now, you've got the tools to kill it. You made them. You brought them up here all on your own, with your own ingenuity - you don't need a Time Lord. Kill it. Or let it live. I can't make this decision for you ! »
Pour le coup on a de la nouveauté. De tous les épisodes que j'ai pu voir, je ne me rappelle pas qu'on nous ait déjà servi le coup du Doctor qui se lave les mains et refile la patate chaude à ses compagnons. D'habitude c'est toujours son choix, son dilemme moral et sa culpabilité à gérer après. Et bah non, pas cette fois-ci. Bonjour côté obscur du Doctor, ça faisait longtemps qu'on ne t'avait pas vu !
« Some decisions are too important not to make on your own. »

Et voilà donc nos trois femmes (les mots me manquent, à ce niveau-là c'est même plus du féminisme !) coincées sur la Lune, avec l'obligation de faire un choix. Lundvink bien évidemment est déterminée à faire son devoir (tuer la créature et sauver la Terre), Courtney, avec ses yeux d'adolescente, penche dans la direction opposée (c'est un bébé). Clara... Clara se rangerait plutôt avec Courtney parce que ça serait la décision du Doctor, mais clairement elle doute.
- I'm going to have to be a lot more certain than that if I'm going to kill a baby.
- Oh, you want to talk about babies ? You've probably got babies down there now. You want to have babies ?
- Well... Yeah.
- OK, you imagine you've got children down there on Earth now, right ? Grandchildren maybe. You want that thing to get out ? Kill them all ? You want today to be the day life on Earth stopped because you couldn't make an unfair decision ?
(d’ailleurs je trouve que cette discussion n’aurait pas le même poids si elle n’avait pas lieu entre femmes)

« We have to decide together. This is the last time we'll be able to speak to you, but you can send us a message. If you think we should kill the creature, turn your lights off. If you think we should
take the chance... let it live... leave your lights on. We'll be able to see. Good night, Earth. »
Du coup nos trois représentantes de l'humanité s'en remettent à la Terre entière pour prendre cette décision à leur place... et la réponse est claire (enfin carrément obscure techniquement parlant).

« Oh, Doctor, where have you gone ? »
En même temps ça n'est pas très surprenant, je doute qu'il y ait beaucoup d'humains qui soient prêts à risquer leur vie pour une créature inconnue (à part peut-être les fans de Doctor Who qui ont une longue expérience de ce genre de chose, bien sûr !).

En tout cas on peut dire que l'histoire ne ménage pas Clara dans cet épisode, et ce n'est pas fini.


Intervention de dernière minute, puis la cavalerie arrive...

- One, two, three - into the TARDIS.
- What's happening ?
- Let's go and have a look, shall we ?
« In the mid-21st century... humankind starts creeping off into the stars. Spreads its way through the galaxy... to the very edges of the universe. And it... endures till the end of time. And it does all that because, one day, in the year 2049, when it had stopped thinking about going to the stars, something occurred that make it look up, not down. It looked out there into the blackness and it saw something beautiful, something wonderful... that for once it didn't want to destroy. And in that one moment, the whole course of history was changed. »
« Not bad for a girl from Coal Hill School. »
Au moins pour Courtney, l'histoire se termine bien.


On ne peut pas en dire autant pour Clara qui prend vraiment cher dans cet épisode. Ceci dit aussi étrange que cela puisse paraître, c'est plutôt une bonne chose. Cela veut dire que les scénaristes arrivent tout à fait à la faire évoluer en dehors de son histoire d'impossible girl.

« Oh, don't you ever tell me to mind my language, don't you ever tell me to take the stabilisers off my bike, and don't you dare lump me in with the rest of all the little humans that you think are so tiny and silly and predictable ! You walk our Earth, Doctor, you breathe our air, you make us your friends, and that is your moon too and you can damn well help us when we need it! »
Mais on peut comprendre qu'elle craque complètement, d'autant plus que les explications du Doctor sont assez foireuses. Pourquoi soudainement décide-t-il de se désengager du sort de l'humanité ? Pourquoi laisser reposer le poids de la décision sur elle ? Est-ce qu'il la testait ? En tout cas il ne s'attendait visiblement pas à ce résultat :
« You go away. OK ? You go a long way away. »
Et donc Miss Oswald claque la porte du TARDIS, voilà qui n'arrive pas souvent dans la série !

- I'm done, I'm done. I am finished with it. I am... I'm done. It's over. I'm finished with him, and I told him that.
- What is that face for, why don't you believe me?
- Because you're still angry. You can never finish with anyone while they can still make you angry. Tell him when you're calm. And then tell me.
Moi qui pensais que la promesse de Clara à Danny reviendrait bien plus tard, finalement c'était juste pour préparer le terrain à la fin de l'épisode suivant ! En tout cas ça fait plaisir de voir Clara retrouver son Mr Pink, qui visiblement sait trouver les mots pour la calmer (et puis ils sont mignons tous les deux, on voit bien que s'ils n'étaient pas dans l'école ils se seraient déjà jetés l'un sur l'autre).


Bon je crois que j'ai explosé mon record de captures d'écran depuis le début de la saison (21 cette fois-ci !). Sinon encore une fois, un épisode très intéressant, qui joue sur les classiques mais en profite également pour développer le personnage de Clara (vraiment sublime dans cet épisode) et celui de ce nouveau Doctor qui cache de sacrées parts d'ombre.

Forcément, le trailer de fin d'épisode se garde bien de nous dire si Clara sera présente samedi prochain (ça c'est un vrai trailer, qui donne envie sans donner de réponse !), il nous faudra donc attendre pour en savoir plus.

dimanche 5 octobre 2014

Question de méthode - Philip K. Dick


S'il y a un auteur qui a contribué à forger mon goût pour la science-fiction, c'est certainement Philip K. Dick. Surtout sur les formats courts. Aujourd'hui encore, je me rends compte que je juge souvent les nouvelles de SF par rapport aux nombreuses nouvelles de Dick que j'ai lu. Il était donc grand temps que je revienne aux sources.

Question de méthode est un recueil de onze nouvelles écrites en 1953 et 1964. Je n'ai pas trop saisi s'il y avait un réel fil rouge qui unissait les textes du recueil ou s'ils avaient été tirés au sort, mais en tout cas cela permet de lire onze textes plutôt variés, allant du sympathique au franchement délicieux.

On y parle (en vrac) de voyage dans le temps (voilà qui plaira à Lune grâce à qui j'ai obtenu ce livre en plus), de mutations de l'espèce humaine, de colonisation de planète, de manipulations et de maladies mentales, d'inventions surprenantes et de manière générale, on y parle du futur.

Évidemment, ce futur se révèle, gris, noir et pas forcément encourageant, mais on se régale parce que l'auteur semble ne jamais être à court d'idées, et n'a pas son pareil pour ajouter une bonne dose d'humour noir ou d'ironie à ses textes. Il est même assez fréquent de finir une nouvelle avec un sourire en coin, en dépit de sa thématique pas joyeuse, parce que la chute fait tout son charme. Oui des fois je blâme complètement Philip K. Dick pour m'avoir donné le goût des textes à chute.

En plus, si le contexte technologique ou historique peut sembler désuet (certains textes se déroulent dans un futur antérieur, comme les années 1960 ou 2000), les thématiques sonnent encore très juste aujourd'hui, preuve que la SF peut parfaitement se conserver à travers le temps !

Je ne vais pas revenir en détail sur tous les textes, mais je suis tout de même obligée de pointer mes favoris :
  • Être humain, c'est... un court texte où une femme a un mari affreux, et jure qu'elle va le quitter à son retour de mission. Sauf qu'il revient complètement changé.
  • Visite d'entretien, où un homme reçoit un soir la visite d'un réparateur pour un appareil qui n'existe pas encore. Prévisible, mais savoureux à lire.
  • Question de méthode qui nous projette dans une société où on traque tous les gens faisant preuve d'un talent spécial, la construction de l'intrigue est fort chouette et la chute... je n'en dirais pas plus !
  • A l'image de Yancy, un texte très actuel sur la possibilité de manipuler les foules par les médias.
  • Copies non conformes, probablement le texte qui garde la connotation la plus actuelle, en nous emmenant dans un monde post-apocalyptique où les hommes dépendant de créatures aliens capables de reproduire tous leurs objets pour survivre (avec les imprimantes 3D qui montent, ça fait réfléchir).
Les autres textes sont fort sympathiques, mais ne m'ont pas forcément autant marqué (mais Phobie or not phobie a son charme également, entre autres). Une chose est sûre : qu'on ait 15 ans ou bien plus, Philip K. Dick est un auteur toujours aussi plaisant à lire, on aurait bien tort de s'en priver !

CITRIQ

vendredi 3 octobre 2014

Recueil factice - Septembre 2014

C'est septembre, c'est tellement chargé que je n'ai plus le temps de rien... ou presque !

LIVRES


Au cœur de la comète – Gregory Benford et David Brin

L’anniversaire du monde – Ursula K. Le Guin

Warchild – Karin Lowachee

Club Dumas – Arturo Pérez-Reverte

Y, le dernier homme (tomes 7-8) - Brian K. Vaughan et Pia Guerra
Cette série de comic est toujours aussi plaisante à lire tant elle déborde de bonnes idées. Avec ces deux tomes, on sent qu'on s'approche de la fin vu que les révélations commencent à tomber. Je n'ai donc plus qu'à me jeter sur la suite... qui n'est pas disponible à ma bibliothèque habituelle, pas de pot ! Va falloir que je repère où l'emprunter du coup.

Blanche Neige (Fables 22) - Bill Willingham
Il est assez marrant qu’après avoir laissé longtemps de côté les héros principaux (à savoir Blanche Neige et Bigby), ceux-ci reviennent sur le devant de la scène lorsque Blanche Neige se trouve séquestrée par l’homme à qui elle s’était promise… enfant ! Et mine de rien, ça fait plaisir de se rappeler pourquoi cette princesse au caractère bien trempé a pu diriger Fableville pendant tant d’années. Comme toujours c’est plaisant à lire, et on demande déjà la suite !

FILMS


Le cercle des poètes disparus – Peter Weir
Non je vous rassure, je l’avais déjà vu auparavant mais je me devais de mentionner ce revisionnage commémoratif. Je crois me souvenir que Daniel Pennac disait de ce film qu’il parlait aux adolescents avant tout (et surtout pas aux adultes et aux enseignants), et c’est assez vrai que c’est l’effet nostalgie qui fonctionne dans mon cas. Ca reste cependant un chouette film, qui m’a un peu évoqué Morwenna pour ce compte rendu de la vie en internat, avec ses codes particuliers.


Enemy mine – Wolfgang Petersen

Gladiator – Ridley Scott (ciné-concert)
On ne change pas une recette qui marche, après Le Seigneur des Anneaux, ce mois-ci c'était au tour de Gladiator et de sa très belle BO de Hans Zimmer. C'est assez rigolo de revoir ce film, cela donne l'occasion de faire plein de commentaires stupides et d'étudier avec soin la liste des empereurs romains sur Wikipedia (peu d'entre eux ont connu une fin paisible !).
Côté musique, on est loin de la richesse du Seigneur des Anneaux (certaines scènes sont de façon surprenante dénuées de musique), mais entendre la musique épique de Hans Zimmer jouée par un vrai orchestre, ça file des frissons, surtout dans les scènes de combat/bataille. Il y a dû avoir quelques problèmes de son dans la première partie (les cuivres prenaient parfois un peu le pas sur tout le reste), mais ça a dû être résolu après l'entracte, la deuxième partie était bien plus fluide et agréable à écouter. A la fin, je crois bien que c'est la musique qui me fit verser une larme d'émotion, c'est dire !
Et puis ce qu'il y a de bien avec les concerts de musique de film, c'est qu'on s'amuse à chercher les instruments improbables qui s'invitent avec un orchestre très classique (ici beaucoup de guitare, de djembé, de percussions non identifiées et même... des applaudissements !)

Prisoners – Denis Villeneuve
Dans le genre histoire qui respire la joie et la bonne humeur, ce film se classe bien bas grâce à son histoire d’enlèvement de deux fillettes. Une course contre la montre commence alors, avec un inspecteur déterminé à trouver le coupable avant qu’un des parents ne se décide à faire justice lui-même. L’histoire est vraiment bien fichue (à part pour ce flic solitaire qui sans aucune logique n’appelle jamais de renforts !) et le suspense demeure jusqu’à la fin, par contre certains passages sont assez horribles.

SERIES TELE


Doctor Who Saison 8
P'tit Quinquin
Cette série policière ch'ti est super bizarre et totalement déstabilisante (rien qu'à voir la tête des acteurs et à les entendre parler). Ca a quelque chose de très rafraîchissant tellement c'est imprévisible, certaines scènes sont à mourir de rire, mais j'avoue avoir eu un peu de mal à rentrer dedans, et la fin se révèle fort peu satisfaisante (ou alors j'ai rien compris, ce qui est possible).


PREVISIONS ASTRALES POUR LE PROCHAIN MOIS

Livres : Philip K Dick (Question de méthode, des nouvelles, miam), Catherine Dufour (et son Guide des métiers pour les petites filles qui ne veulent pas finir princesses) et après on verra en fonction de ce qui tombe de la PàL. Elle a un peu grossi à cause des livres non lus ramenés que j'ai ramené de la maison de mon papa, alors jusqu'aux Utopiales c'est régime ! (sauf si c'est signé Ursula Le Guin ou Tolkien ou Gaiman ou... bref).

Films : Euh... à part que j'irais bien voir Hippocrate si je trouve un créneau avant qu'il ne sorte de salle, le programme d'octobre me fait l'effet d'un vide interstellaire (ce qui permet de faire une super transition avec la sortie de Interstellar en novembre, ah, ah ah).

Séries télé : un vrai festival où je teste Penny Dreadful (merci Netflix, y'en aura d'autres), je termine The Strain (qui a le charme des vieux films d'horreur truffés de héros bornés et stupides) et je reprends les séries en cours (Once upon a time, Downton Abbey, The Big Bang Theory). Et bien sûr, toujours du Doctor Who !

Et surtout, fin octobre c'est les Utopiales (hiiiiiiii) !