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mardi 19 novembre 2019

Entends la nuit – Catherine Dufour


Il existe plein de raisons de se lancer dans un livre. Dans le cas de Entends la nuit, c’est l’aspect « réinvention de Twilight » qui m’a attirée. En effet, ayant lu il y a dix ans le fameux cycle de Stephenie Meyer (et oui, j’assume complètement !), j’aime beaucoup les romans qui jouent avec cette histoire pour proposer quelque chose de plus intéressant, comme le fait très bien Catherine Dufour avec ce livre-ci.

samedi 11 octobre 2014

Guide des métiers pour les filles qui ne veulent pas finir princesses - Catherine Dufour


« À Noël dernier, j’ai feuilleté le catalogue Jouets d’un grand magasin. Sur fond bleu : des autos, des motos et des bateaux. Sur fond rose : des poupées qui marchent et parlent, dix Barbie princesse et une Barbie fait le ménage. Materner c’est très bien, faire le ménage c’est nécessaire, et s’habiller comme une princesse peut être agréable, mais ce ne sont pas les seules façons, pour une fille, de gagner sa vie. Il y a beaucoup d’autres métiers, bien mieux payés. »
Forcément, avec une introduction comme ça, je ne pouvais que me jeter sur ce livre, tant je me reconnais dans ces paroles. Je ne pense pas jamais avoir été particulièrement bridée dans mon enfance dans le choix de mon orientation (avec une mère conseillère d'orientation, c'eut été un comble !), mais c’est une question à laquelle je suis sensible. Et la façon dont elle est traitée par Catherine Dufour fait le plus grand bien.

En effet, ce Guide des métiers… nous propose de découvrir 48 professions (ou styles de vie parfois) en tout genre. Pour chaque métier, elle propose la présentation d'une pionnière, d'une femme exerçant le métier actuellement, et quelques conseils aussi drôles que pertinents pour s'engager sur la même voie.

Je ne vais pas vous faire la liste des métiers, mais entre l'agent secret, la femme d'affaire, l'ingénieure, la cosmonaute, l'informaticienne, l'héroïne, la chef d'orchestre, la peintre et j'en passe des meilleures, il y a de la variété. Et c’est une jolie déconstruction que de montrer que des professions à priori souvent associées à l’homme peuvent parfaitement être exercées par des femmes (comme celle d’aventurière où l'on découvre une femme garde du corps !).

Ce qui est chouette, c’est que le livre ne se contente pas de bêtement retourner les stéréotypes (infirmière = femme et médecin = homme par exemple), puisqu’il n’hésite pas à présenter des métiers des plus étranges (barfly, teufeuse) voir des carrières dans lesquels en général on s’encourage pas spécialement les vocations qu'on soit fille ou garçon (mafieuse, tortionnaire).

C’est toute la force de l’ensemble, de donner à voir cet ensemble de portraits de femmes absolument fascinantes, sans pour autant porter un jugement. Les carrières les plus sûres ne sont pas plus mises en avant que les autres, on croise des personnalités sympathiques et d’autres franchement antipathiques. Le tout servi par l’excellente plume de Catherine Dufour, riche en pointes d’humour bien piquantes.

On oscille donc entre la démarche historique (combien de noms oubliés découvre-t-on entre ses pages… ce qui fait toujours plaisir à mon côté féministe) et une sorte de conseil d’orientation qui ne cherche pas spécialement à nous montrer du doigt un métier en particulier, mais plutôt à démontrer que même si on ne naît pas dans le bon pays, avec les bons parents et à la bonne époque, on peut quand même devenir quelqu'un.

Bref c’est un chouette ouvrage qui met du baume au cœur tout au long de sa lecture. Bien sûr il plaira à plein d’adolescents en quête d’avenir, mais on aurait grand tort de s’en priver même quand on a trouvé sa voie, parce que c'est un livre très agréable à lire, aussi fin qu'intelligent, aussi drôle que touchant. Et ne croyez pas qu'il est réservé au genre féminin ! (d'ailleurs j'ai découvert ce livre sur le blog d'Efelle, si c'est pas une excellente preuve)

Petit bonus sympathique, on peut mettre des visages sur les personnalités présentées sur le site de l’auteure.

CITRIQ

jeudi 17 septembre 2009

Le goût de l’immortalité – Catherine Dufour


« Quant au fond, je peux déjà vous promettre de l’enfant mort, de la femme étranglée, de l’homme assassiné, de la veuve inconsolable, des cadavres en morceaux, divers poisons, d’horribles trafics humains, une épidémie sanglante, des spectres et des sorcières, plus une quête sans espoir, une putain, deux guerriers magnifiques dont un démon nymphomane et une… non deux belles amitiés brisées par un sort funeste, comme si le sort pouvait être autre chose. A défaut de style, j’ai au moins une histoire. »

A défaut de style, à défaut de style… contrairement à ce que laisse entendre la narratrice dans ce court extrait au début du roman (qui vaut bien n’importe quelle 4e de couverture), on ne peut pas dire qu’elle manque de style, Catherine Dufour. J’avais jamais mis les pieds dans aucun de ses textes, mais je n’ai pas été déçue du voyage, bien au contraire.

Faudra que je pense à mettre sa série Quand les dieux buvaient sur ma liste à mon prochain passage en bibliothèque d’ailleurs.

En attendant, le Goût de l’Immortalité (Grand Prix de l’imaginaire 2007 et confrères) est un sacré morceau qui mérite amplement sa réputation. C’est l’histoire d’une fille qui raconte l'histoire d'un autre, des autres même.

Ou, plus simple, dans un futur lointain assez apocalyptique où plantes et animaux ont disparu, et où l’on communique virtuellement via un super réseau internet, quelqu’un souhaite rencontrer en « vrai » son interlocutrice. Celle-ci ne le souhaite guère, et justifie ses raisons au travers d’un long récit (auto)biographique qui raconte sa vie à ha rebin, en manchourie (non je n'ai pas oublié les majuscules).

Au passage, elle trace le portrait d’une civilisation du futur qui dégouline le glauque et le malaise par tous les cotés.

La narration est fascinante, mélangeant les genres, avec un vocabulaire riche, et une petite particularité d'écriture : aucune majuscule aux noms propres et aux lieux, uniquement aux animaux et plantes, à la Nature en général. Ce genre de détail est idéal pour plonger dans l’univers.

Univers fascinant, au demeurant. On y voit les pays dominants actuellement s’effondrer au détriment d’autres, les manipulations génétiques devenir monnaie courantes (on vous fait un bébé avec les yeux bleus, allez !), les épidémies décimer des populations (et condamner les survivants à l'enfer ou presque), les réseaux virtuels se développer au point qu'on accumule de l’information sur tout, y compris ce que vous faites dans votre chambre d'hôtel…

C’est cela qui accroche littéralement au livre, tant cette évocation est frappante. Ce à quoi il faut ajouter une histoire étrange qui mélange les genres et une narratrice dont la présence étrange plane sur le bouquin.

Accessoirement il y a tout une thématique sur l’immortalité à observer, , comme le titre l’indique. Cet aspect a été encensé par les critiques, mais étrangement ça m’est passé complètement par-dessus… chacun voit midi à sa porte.

Le tout forme un cocktail efficace, alors pour 250 pages c’est pas la peine de se priver !

PS : Accessoirement la couverture est fort chouette. Enfin celle du grand format bien sûr. La version poche que je vous épargne est typique du Livre de poche SF : c'est au moins aussi sexy que les couvertures de Ailleurs et Demain chez Robert Laffont !