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mercredi 24 janvier 2024

Méfiez-vous du chien qui dort – Nancy Kress

Nancy Kress est une autrice que j’apprécie beaucoup, particulièrement au format nouvelle. J’étais donc bien contente de me procurer ce recueil qui regroupe des textes publiés dans différentes anthologies.

lundi 24 mai 2021

La fontaine des âges – Nancy Kress

La fontaine des âges - Couverture

Nancy Kress est une autrice que j’apprécie beaucoup au format court, j’étais donc ravie de la voir à nouveau publiée dans la collection Une heure-lumière. Après Le nexus du Docteur Erdmann, on retourne une fois de plus en maison de retraite avec La fontaine des âges, pour parler d’immortalité, entre autres choses.

samedi 13 janvier 2018

Danses aériennes – Nancy Kress


Depuis que j’ai découvert Nancy Kress avec sa novella L’une rêve, l’autre pas, j’ai tendance à me jeter sur tous ses écrits (même s'il faut se méfier de ses vieux romans de fantasy qui peuvent se révéler un peu étranges). Du coup quand le Bélial’ a annoncé la sortie d’un recueil de ses textes sur le modèle que La ménagerie de papier de Ken Liu, je n’ai pu que me jeter dessus.

samedi 11 février 2017

Le nexus du Docteur Erdmann - Nancy Kress

 
J’avais déjà lu à plusieurs reprises des livres de Nancy Kress, qu’il s’agisse de SF (L’une rêve, l’autre pas, Les hommes dénaturés) ou de fantasy (Le prince de l’aube). Si je ne l’ai jamais classée dans la catégorie « auteur extraordinaire », c’est néanmoins quelqu’un dont j’apprécie beaucoup les écrits car ils contiennent toujours un petit truc en plus qui fait la différence.

Le nexus du Docteur Erdmann, novella parue dans la collection Une heure-lumière, ne fait pas exception à la règle. Ce texte met en effet en scène un professeur de physique nonagénaire dont la vie paisible est perturbée par un phénomène le frappant lui et les autres pensionnaires de sa maison de retraite.

mardi 25 mars 2014

Les hommes dénaturés - Nancy Kress


Après L'une rêve, l'autre pas, j'ai voulu continuer à découvrir les textes de Nancy Kress. Je me suis un peu égarée dans son premier roman (de fantasy) avant de revenir à un texte de SF plus classique : Les hommes dénaturés.

Dans les années 2030, les enfants sont devenus des biens précieux, la stérilité frappant une bonne partie de la planète. Du coup on assiste à un vieillissement de la population, et certains couples sont prêts à tout pour obtenir un enfant, ou un substitut équivalent, qu'il s'agisse d'un animal domestique qu'on balade en poussette ou... autre chose.

Shana Walders, pendant son année de service national, aperçoit une de ces choses et se retrouve suite à son témoignage dépouillée de toute chance de poursuivre sa carrière dans l'armée. Elle décide donc d'enquêter sur ce phénomène, et sa route va très vite croiser celle d'un vieux médecin malade qui s'intéresse aux causes de la stérilité, et celle d'un danseur de ballet qui se retrouver bien malgré lui au cœur de ce complot.

Alternant les points de vue, avec son intrigue qui avance à un rythme fou, et ses complots et manigances de partout, Les hommes dénaturés s'apparente à un thriller, si bien que les pages défilent sans qu'on s'en rende compte.

C'est un texte qui se lit avec plaisir, d'autant plus que les personnages principaux sont plutôt atypiques, du genre qui deviennent attachants justement parce qu'ils ne sont pas pensés pour être immédiatement attachants : Shana est exaspérante, Nick très morbide et on secouerait bien Cameron par moment. Mais du coup ça les rend très crédibles, ils sont tous très humains quoi !

J'ai beaucoup aimé l'anticipation proche qu'imagine Nancy Kress. Mis à part pour l'aspect technologique désuet (pas de portable, Internet consultable depuis des terminaux publics), facilement explicable par la date de publication VO du roman (1998), le reste est plutôt pertinent et toujours criant d'actualité (notamment pour la question des perturbateurs endocriniens et autres produits qu'on absorbe de partout et dont on ignore encore les effets à long terme).

La société vieillissante des années 2030, où l'on trouve plus de personnes âgées que de jeunes est bien rendue avec tout que cela peut impliquer comme transformations. Par contre que je regrette un peu que pour un roman portant sur la question de la stérilité, les questions de maternité/paternité passent restent finalement au second plan (on a uniquement un aperçu par la belle-fille de Nick) et se révèlent avant tout un prétexte pour parler de recherche scientifique et d'éthique.

J'imagine qu'en à peine 300 pages, il n'était pas possible de parler de tout, mais du coup même s'il se révèle très plaisant à lire, je trouve qu'il manque un petit quelque chose à ce roman pour rester dans les mémoires. Cela ne m'empêchera pas ceci dit de continuer à m'intéresser à cette auteure, qui charme toujours avec sa voix pleine d'originalité et de pertinence.

CITRIQ


dimanche 8 septembre 2013

Le prince de l'aube - Nancy Kress


Je ne sais pas si vous souffrez du même problème, mais il m’arrive souvent d’être blasée face à la lecture. J’ai beau adoré la SF et ses consœurs, j’ai parfois l’impression de voir toujours le même genre d’histoire, les mêmes auteurs, les mêmes univers. Du coup ça me fait toujours très plaisir quand je déniche des livres aussi improbables que celui-ci.

Le nom de Nancy Kress (qui me semble une auteure très respectable) apposée sur cette couverture affreusement kitsch, le tout coordonné avec le résumé qui va bien et que je suis obligée de vous recopier...
Qu'y a-t-il au Coeur du Monde ? Pour le découvrir, la princesse Kirila quitte son château, prête à toutes les aventures. Mais n'est-ce pas naturel d'entreprendre une Quête quand on est jeune, intrépide et ambitieuse ?

Que d'obstacles à vaincre ! Le premier sortilège étant ce chien surgi de nulle part et qui n'est autre qu'un prince ensorcelé. Un chien mauve aux yeux de caramel, plein de ressources, en vérité ! Car il sait où se cachent les Tentes de l'Omnium, siège du Coeur du Monde...

Obstinée et lucide, Kirila vient à bout de bien des dangers, notamment des féroces Lielthiens, une race de faucons immortels. Mais l'énigme ultime ne réside-t-elle pas dans ces graoulis, minuscules dragons volants, messagers de l'Invisible ?

Je n’ai juste pas pu résister à l’acheter, persuadée qu’au pire je me paierais une bonne tranche de fous rires, ce qui pour un livre déniché chez un bouquiniste à 1,50 euros, est déjà pas mal.

Le prince de l’aube démarre donc comme un conte de fées : princesse, quête, magie, rien ne nous est épargné, avec un humour discret qui se moque en arrière-plan les clichés du genre. Mais au fur et à mesure que l’intrigue avance, l’histoire prend des tournants inattendus (sans en dire plus, il suffit de voir l’ellipse en milieu d’histoire).

Du coup loin d’être une simple variation humoristique sur le conte de fées, ce livre m’a surpris en appelant à s’interroger sur chaque étape de la Quête, sur l’amitié qui unit Kirila et Chessy, sur les actions de chacun qui donnent à voir des personnages infiniment plus complexes qu’on ne pourrait le croire.

Je trouve que l’auteure a bien réussi à mettre en perspective la notion de quête (qui est le moteur de tant d’histoires) et comment les personnages se positionnent vis à vis de cette quête, comment ils évoluent. C’est difficile de mettre des mots sur mes impressions de lecture, mais Nancy Kress va bien plus loin que l’auteur moyen, avec sa manière bien à elle qui m’avait tant fait aimé ses autres écrits.

Du coup même si l’histoire en elle-même n’a rien d’extraordinaire et se révèle même parfois frustrante tant certains éléments de l’univers restent inexpliqués, Le prince de l’aube se révèle une lecture surprenante qui ne manque pas d’originalité. Ce n’est pas un chef d’oeuvre, certes, mais il y a définitivement un petit quelque chose qui rend la lecture plaisante. Ce qui est plutôt pas mal quand on sait qu’il s’agit du premier roman publié de l’auteur.

Et en dépit de la couverture (très mensongère soit dit en passant, il n’y a pas une seule licorne dans l’histoire), pas vraiment d’histoire d’amour à l’horizon (enfin si il y en a bien une mais elle est loin de dominer le livre), en tout cas rien qui justifie de classer ce roman dans mon challenge en tout cas, comme quoi il faut pas juger un livre à sa couverture !

CITRIQ

lundi 25 mars 2013

L'une rêve, l'autre pas - Nancy Kress


Cette petite novella me faisait de l’œil depuis un moment, du coup quand j’ai acheté l’anthologie des Utopiales, je n’ai pu résister à la prendre avec (histoire d’obtenir l’anthologie Contrepoint dans la foulée, opération commerciale quand tu nous tiens). Et comme j’ai beaucoup apprécié la nouvelle de Nancy Kress dans l’anthologie des Utopiales, je me suis presque jetée sur ce texte derrière.

(Oui je sais cette chronique a un mois de retard, le WTT a un peu la priorité ces derniers temps, en même temps comme j’ai eu la bonne idée de la rédiger dans mon carnet au brouillon, ça ne devrait pas trop se voir, c’est comme si c’était encore frais dans ma tête !)

L’une rêve, l’autre pas (titre mystérieux qui pour le coup attire bien plus l’œil que le Beggars in Spain original) nous emmène dans un futur pas si éloigné que ça, où il est possible de passer commande d’un enfant génétiquement modifié. Et pendant que certains choisissent la couleur des cheveux ou des yeux sur catalogue, un père souhaite avoir une enfant qui ne dort jamais.

Mais par le plus grand des hasards, sa femme se retrouve enceinte non pas de une mais de deux enfants : la fille génétiquement modifiée, comme prévue, et une autre tout à fait normale, qui vont chacune suivre leur voie en grandissant, tandis que le monde réagit petit à petit à l’arrivée de ces « non-dormeurs ».

C’est assez étrange, parce qu’en dépit du fait que l’auteure présente l’abandon du sommeil comme quelque chose d’extrêmement positif (cela donne des enfants plus éveillés, avec de meilleures capacités d’analyse), l’idée m’a horrifiée pendant tout le livre.

Dormir, ce n’est pas uniquement reposer son corps, c’est aussi le moyen de faire une pause dans sa tête, de faire la part des choses, de digérer des évènements, alors ne jamais passer par cet état… brrr ! Il suffit de voir comme on est mal luné quand on ne dort pas assez !

Mais aussi dérangeante que soit cette idée, j’ai adoré la façon dont l’auteur l’utilise pour explorer, une fois encore, la question du rapport à l’Autre, au travers du parcours de Leisha de son plus jeune âge à l’âge adulte (et en pointillés, celui de sa sœur normale, Hélène, qui ne vit pas très bien le fait d’avoir une sœur « spéciale »).

Ironiquement, si bien sûr le rapport à l’Autre domine la novella (l’existence des non-dormeurs est mal acceptée, suscitant haine et reproches), j’ai trouvé que le texte offrait aussi une belle exploration de la famille : les deux filles se construisent autant en fonction de la différence de Leisha qu’en fonction du carcan familiale, pas franchement des plus stables avec ce père qui n’aime que sa fille spéciale, et cette mère qui au contraire ne reconnait que sa fille normale (bonjour le traumatisme !).

Ce que j’ai aimé dans L’une rêve, l’autre pas, outre la pertinence des réflexions (même le système de pensée de Kenzo Yagai est intéressant), c’est l’optimisme du texte. Leisha est une héroïne plutôt positive par nature, et en dépit des drames qui ponctuent l’intrigue, cela fait plaisir de referme le livre sur une note d’espoir, pas non plus complètement bisounours mais encourageante.

Cela en fait un texte touchant, qui à une époque assez morose, fait un bien fou. Cela confirme tout le bien que je pense de Nancy Kress, et je risque fort de continuer à explorer son œuvre, du moins pour ce qui a été traduit en français !


CITRIQ