jeudi 10 août 2017

La Tour Sombre (La Tour Sombre 7) – Stephen King

« On va aller là-bas, Roland, on va y aller, et si elle n'en vaut la pas peine, ta Tour, on se débrouillera pour qu'elle vaille coup ! »
Après plusieurs milliers de pages lues, nous voilà arrivés sur la dernière ligne droite avec droit dans notre ligne de mire l’objectif de départ : la Tour Sombre. Alors, a-t-on le droit à un final digne de ce nom, ou toute cette affaire va-t-elle se dégonfler comme une vieille baudruche ? Un peu des deux au final, mais une impression globalement positive qui contient quelques allusions à tendance spoiler (mais ça reste vague et je ne vous raconte pas la fin, soyez tranquilles !).

Le chant de Susannah s’était achevé sur un monstrueux cliffhanger, c’est donc sans grande surprise que ce tome 7 démarre au quart de tour, entre une Susannah qui cherche à s’échapper et le reste du ka-têt dispersé mais à sa recherche, à travers les mondes et le temps.

J’avais trouvé la fin du tome 6 un peu abrupte, et c’est un peu normal : sa conclusion est en fait la première partie du tome 7. Comme les deux tomes ont été publiés pratiquement au coude à coude, j’ai idée qu’ils ont été écrits dans la foulée, et une partie de moi ne peut s’empêcher de penser que le tome 6 aurait été plus complet si on lui avait adjoint les 170 premières pages du 7, et tant pis pour la structure. Mais ce n’est que mon humble avis de lectrice.

Après plusieurs romans où on avait un peu l’impression de se disperser (dans le passé pour le 4, en pause western dans le 5, un peu partout dans le 6), La Tour Sombre donne l’impression de laisser de côté les chemins de traverse pour se recentrer sur ses missions principales : protéger et atteindre la Tour.

Le résultat est une histoire bien mieux construite. Parfois un peu trop ceci dit, avec des « sorties de route » un peu trop bien organisées. C’est tout le problème d’une histoire qui joue sur le « meta » et qui singe les manières des grands cycles de fantasy, difficile de trouver le juste équilibre pour être épique sans sembler un petit peu artificiel dans sa structure.

Ceci dit je critique, je critique, mais j’ai dévoré ce tome. Le récit est prenant (sans que le rythme soit pour autant infernal), il se passe beaucoup de choses, on obtient plein de réponses (mais pas tout non plus) et certaines séquences sont étonnantes, notamment la « dernière ligne droite » où on part dans une sorte de road trip en pleine nature.

A la première lecture j’avais été un peu déçue par la fin (que je n’avais pas comprise, d’autant plus que j’avais eu une lecture très fragmentée de la saga). Ça n’a pas été le cas cette fois-ci, avec plus d’éléments en main (et l’aide de quelques précieuses analyses de Robin Furth).

Certains sujets auraient certes gagnés à être développés (Walter, Mordred et le Roi Cramoisi pour ne pas les citer) mais Stephen King réussit à résoudre toutes les lignes narratives et dresser quelques ponts supplémentaires avec ses autres œuvres (Cœurs perdus en Atlantide et Insomnie notamment). Cela donne envie d’aller lire ces autres textes d’ailleurs.

En fait La Tour Sombre est un dernier tome de saga typique : il réussit à bien conclure toutes les lignes narratives mais il est un peu frustrant car on aurait aimé en avoir plus, ou différemment. Ce septième tome n’est pas parfait, mais ça ne l’empêche pas d’être une lecture plaisante et une bonne conclusion. Et il est assez rare quand on y réfléchit de conclure une saga de plusieurs milliers de pages d’une façon qui satisfasse tout le monde (pensez un peu à Harry Potter).

Il me reste encore la deuxième concordance à chroniquer, La clé des vents à lire (première lecture cette fois-ci), et j’irais peut-être remettre le nez dans la nouvelle Les petites sœurs d’Elurie à l’occasion, mais si on laisse de côté ces deux bonus, c’en est fini de la Tour Sombre.

Pour moi c’est une saga inégale, avec des hauts et des bas, mais cela ne m’empêche pas d’avoir pour elle une affection particulière. L’univers en lui-même me plait beaucoup (on ne trouve pas si souvent que cela des western post-apo de fantasy !) et on s’attache au personnage de Roland (froid au début, qui se dégèle petit à petit) et à son entourage.

Il y a très longtemps, quelqu’un m’avait dit que les fans de Stephen King avaient tendance à ne pas aimer La Tour Sombre et que les gens qui n’aimaient pas les romans de Stephen King adoraient en général La Tour Sombre. C’est loin d’être une généralité mais dans mon cas c’est assez vrai. Je ne suis pas une grosse lectrice de Stephen King mais j’aime beaucoup ce cycle qui est assez différent de sa production habituelle (bien que certains passages bien noirs dignes du Maître de l’horreur !) et qui s’amuse à tisser des liens entre tous ses écrits.

D’autres avis : Alys, Feanor, Tortillaspolis, Zaela

952 p.

6 commentaires:

  1. Youpi! On est arrivées au bout du chemin!
    Pour moi c’est une saga inégale, avec des hauts et des bas" --> Pour moi c'est surtout une incroyable succession de hauts avec des éléments moins convaincants et quelques déceptions (les méchants quoi!), je n'ai pas vraiment ressenti de bas. :D

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    1. @Alys
      Le tome 4 est un bas pour moi (définitivement trop long), un peu le 6 aussi (dont la fin est dans le tome 7), mais mon impression est bien meilleure que dans mon souvenir. Et je suis mitigée sur certains éléments (l'auteur notamment) qui sont brillants mais parfois un peu grossiers. Mais globalement ça reste très bon, surtout pour une oeuvre écrite sur une aussi longue échéance de temps et qui conserve une très bonne cohérence.

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  2. C'est assez proche de mes impressions, j'ai beaucoup apprécié la saga et son aspect méta, mais elle a clairement des faiblesses et un rythme inégal... et la fin est frustrante, mais en l'analysant à l'aide d'Internet, elle passe mieux !

    En tout cas j'ai apprécié ma lecture, et j'aime bien Stephen King aussi en général, je dois être l'exception qui conforme la règle ! ;-)

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    1. @JainaXF
      De toute façon je pense que c'est le propre des cycles longs d'être inégaux (à moins d'avoir été écrits et publiés d'une traite ^^)

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  3. "quelqu’un m’avait dit que les fans de Stephen King avaient tendance à ne pas aimer La Tour Sombre et que les gens qui n’aimaient pas les romans de Stephen King adoraient en général La Tour Sombre"
    -> non.

    Voilà :D

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    1. @Tigger Lilly
      C'est une amie qui m'a dit ça y'a 15 ans, j'ai jamais dit que c'était une vérité ultime xD

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