samedi 10 juillet 2010

The Hobbit - J.R.R. Tolkien


Ca y’est, me voici enfin arrivée en Terre du Milieu pour ce grand pèlerinage littéraire, et quel meilleur moyen de commencer mon voyage que de suivre à nouveau les traces de Bilbo. Et pour être bien dans le ton, j’écris en écoutant la BO des films, tout en sirotant un délicieux thé hobbit envoyé par Tortoise (le Hobbiton Meadow Mint pour être précise…).

Chronologiquement, ça n’est pas forcément logique de commencer par Bilbo, mais je trouve que c’est la meilleure porte d’entrée vu que c’est un roman simple et léger (et le premier publié par Tolkien en prime). Je l’aime beaucoup mais je pense que je trouverais trop décalé après un Silmarillion.

Pour ceux qui auraient un train de retard, Bilbo le Hobbit (ou tout simplement The Hobbit en vo) suit les pas d’un hobbit (tiens donc) nommé Bilbo (quelle surprise !), une sorte de nain mais en plus fin, sans la barbe mais avec des plus grands pieds, qui vit dans une maison creusée dans une colline. Le hobbit aime manger, mais déteste l’aventure.

Cependant, voilà que le magicien Gandalf (longue barbe et chapeau pointu de rigueur) passe chez lui, et voilà notre Bilbo recruté par une bande de treize nains (des hobbits en plus baraqué, avec plus de poils au visage mais beaucoup moins aux pieds) pour les aider à récupérer leur demeure ancestrale (et son majestueux trésor) présentement occupée par un dragon. Autant dire beaucoup d'aventures et peu de nourriture !

Evidemment, le trajet pour se rendre à l’antre du dragon sera épique (trolls, elfes, orages, gobelins, ours, aigles, araignées, encore des elfes, et j’en passe), sans parler de la rencontre avec le dragon. D'ailleurs, si vous n'avez pas lu ce roman, prenez garde, je ne promets pas de ne pas vous révéler quelques passages en passant…


Replonger dans The Hobbit est un véritable plaisir, car c’est un roman pour enfants avec une narration qui évoque tout de suite un (grand-) père racontant une histoire à ses (petits) enfants. On trouve plein de digressions de la part du narrateur qui ne peut presque pas s’empêcher de glisser quelques informations sur la suite des évènements pour rassurer le lecteur.

On a régulièrement des indices sur untel qu’on reverra avant la fin de l’histoire, et des allusions à ce qui va se passer sans qu’on sache exactement ce que cela recouvre. Typiquement, après le passage des aigles, on sait qu’on les reverra à la bataille des Cinq Armées, encore faut-il savoir à quoi cela fait-il allusion. Pareil pour Gandalf, lorsqu’il s’en va, l’auteur précise bien qu’on le reverra avant la fin. Bien sûr, on aurait pu le deviner, mais ça a un petit coté rassurant de savoir qu’on va le revoir.

Les digressions sont aussi d’ordre humoristique, surtout au début dans la présentation des hobbits qui aiment la tranquillité, sauf les Took qui ont un certain penchant pour l’aventure. En témoigne l’arrière-grand-oncle de Bilbo qui était tellement grand qu’il pouvait monter à cheval. Il participa même à une grande bataille contre les Gobelins, et d’un coup de gourdin décapita leur chef et envoya voler sa tête jusque dans un terrier. C’est ainsi que fut inventé le golf, selon l’auteur !

Ce qui n’empêche pas The Hobbit d’avoir un fond sérieux. On ne peut que suivre avec plaisir les pas de Bilbo, d’abord maladroit et peureux, qui va vite devenir le vrai héros de toute la bande, courageux, plein de ressources et prompt à improviser des plans, tout en restant fidèle à ses valeurs et à lui-même (ce qui donne un échanges inattendu avec le roi des elfes de Mirkwood sur la fin).

C’est assez marrant parce que même si Tolkien a inspiré une bonne partie de la production de fantasy pendant pas mal d’années, et encore aujourd’hui, je trouve que Bilbo reste assez atypique comme héros. Pareillement, on croise souvent des nains dans les livres, mais je ne les trouve aussi bien écrits que ceux-ci (très bons camarades mais aussi très portés sur l’or).

Et puis, n’oublions pas que ce roman est un peu comme un prologue du Seigneur des Anneaux, et nombre d’éléments se retrouveront dans la Communauté de l’Anneau : l’Anneau bien évidemment, mais aussi pas mal de parents des protagonistes du Hobbit (Legolas est le fils du roi des elfes de la forêt de Mirkwood, Gimli est le fils de Gloin), sans parler d’allusions à certains faits qui prendront sens que dans le Silmarillion (notamment toute l’histoire des elfes qui ne sont pas allés à Valinor).

Tout ça fait que le Hobbit est un très bon apéritif avant de passer aux choses sérieuses, facile à lire et en même temps truffé de petits détails qui réveillent plein de souvenirs de lecture.

Comme je voulais changer un peu, je l’ai lu en VO (ce qui explique que je vous mette les noms en version originale), et ça a été une expérience plaisante. C’est un texte facile à aborder, hormis peut-être pour tout le vocabulaire botanique (arbres et fleurs) sur lequel je sèche. Ca va être drôle quand je vais en arriver aux Ents !

La version anglaise permet en plus de lire les nombreuses chansons en version originale, et ça n’est pas du luxe. Même si ça n’est pas ma passion et que j’ai parfois du mal à les comprendre, elles sonnent tout de même mieux en anglais, sans parler de certains passages du texte qui en deviennent carrément chantants…

« I come from under the hill, and under the hills and over the hills my path led. And through the air. I am he that walks unseen. […] I am the clue finder, the web-cutter, the stinging fly. I was chosen for the lucky number. »


CITRIQ

5 commentaires:

  1. J'ai fini le Silmarillon hier soir.
    C'est une bonne idée de commencer par Bilbo, le Silmarillon ç'a été un peu rude comme introduction...
    Je me posais la question aussi, pour la lecture en VO. Car le problème, c'est que lorsque j'ai relu le SDA il y a deux ou trois ans, je l'ai trouvé vieilli, avec un style pénible.
    Comme j'ai une édition qui date des années 60 (celle de Bilbo également), je me demande si une nouvelle traduction existe ? Sinon, je vais peut-être me laisser tenter par la VO...

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  2. Je ne crois pas qu'ils aient jamais revu la trad du Seigneur des Anneaux, c'est bien le problème... et encore Bilbo ça va, la trilo c'est autre chose (sans parler des erreurs induites par la traduction justement...)

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  3. J'ai hâte de te rejoindre sur ses rivages. D'autant que je n'ai lu Bilbo qu'une seule fois et il y a maintenant très longtemps. Je pense que je me laisserai aussi tenter par mon édition en VO ;o)

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  4. J'adore trop la couverture de cette édition anglaise. Quand je l'ai découverte dans l'édition annotée, je suis allée regarder si on la trouvait encore. Je crois que je vais me l'acheter à l'occasion. (non je n'ai du tout déjà le bouquin en 3 exemplaires chez moi ... )

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    1. Elle est trouvable, je l'ai vu à Gibert il me semble une fois. Moi j'en ai une différente toute noire, mais j'aimais beaucoup celle-là, normale c'est un dessin de l'auteur :D

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