samedi 11 avril 2009

Ponyo sur la falaise – Hayao Miyazaki


Ca commence dans l’eau, avec des poissons, des méduses, et autres créatures aquatiques. Il y a un homme bizarre aux cheveux roses et au costume rayé, Fujmoto, qui a un je-ne-sais-quoi d’un Willy Wonka désabusé au fond de l’eau. Et un étrange poisson rouge à tête humaine, sa fille, apprendra-t-on, qui fait une fugue… et échoue dans un seau chez un petit humain, Sosuke, qui baptise sa nouvelle amie Ponyo.

Pendant un moment, on pense au Monde de Nemo, mais finalement, c’est bien dans la Petite Sirène que cette histoire puise ses sources. Mais comme à son habitude, Miyazaki digère et réinterprète l’histoire à sa façon, la rendant complètement méconnaissable.

Je ne suis pas convaincue que la mère du prince dans le conte d’Andersen soit aussi dangereuse au volant de sa voiture, et je ne me souviens pas de poissons de l’ère secondaire ou primaire… enfin bref. Ne parlons même pas de la version Disney ^^.

Bref, encore une fois, on a affaire à un pur Miyazaki : univers riche, coloré et fascinant, amourette, aventure, une mer comme on en voit rarement et une intrusion du fantastique dans le réel qui ne dérange personne si ce n’est le spectateur parfois.

L’histoire est à la hauteur des héros, à savoir 5 ans. Elle est incroyablement gentillette et mignonne, pleine de bons sentiments, avec des enfants souvent plus sages, courageux, etc. que les adultes. On est plus proche de Mon Voisin Totoro que de Princesse Mononoke.

Au passage la comparaison avec Willy Wonka (surtout celui joué par Johnny Depp) n’est pas malvenue. A voir la bande de grands-mères de la maison de retraite, parfois plus présentes et sensées que les parents, il y a définitivement un quelque chose de Roald Dahl dans ce schéma, où sont mis en avant les vieux et les petits jeunes.

Les dessins sont magnifiques, tout à la main comme ça ne se voit plus guère, et extrêmement simples (comparé à ses précédentes œuvres). D’après ce que j’ai lu, c’est un parti pris volontaire. Ce qui n’empêche pas d’admirer le monde marin dans toute sa splendeur (et accessoirement de trucs qu’on refuse de voir traditionnellement : poissons, crustacés, méduses… Et coté sons on est pas en reste. J’avoue que je suis restée ébahie devant les sons qui animent le monde marin (ce qui n’est pas une mince affaire quand on y réfléchit).

Bien évidemment la musique de Joe Hisaishi est magnifique. J’avais oublié, à force d’écouter ses réalisations très épurées comme Kikujiro ou Hana-bi, à quel point il pouvait sortir des pièces majestueuses, qui flirtent un moment avec Wagner avant de repasser sur des choses plus bucoliques. Et tout ça au profit d’une atmosphère sous-marine ou bord de mer très prégnante.

Forcément, un Miyazaki est toujours un grand moment de bonheur et d’évasion, par ses images, sa musique, son histoire, et cela même assis sur un siège de ciné pourri dans une salle pas chère parisienne (*siffle*).

J’avoue par contre que personnellement je classe Ponyo en dessous de ses dernières réalisations, sans doute parce que je n’y retrouve pas ce qui me touche le plus dans ses films présidents : richesse des images qui fourmillent de détails, histoire avec des tonalités adultes…

Ponyo en comparaison fait un peu gentillet et simpliste… ça n’enlève rien à ses qualités, c’est un très bon film pour petits et grands enfants, mais disons qu’il ne justifie pas de retourner le voir deux fois dans la même semaine par la suite (nan, ne posez pas de questions, je suis une inconditionnelle du Château ambulant).


1 commentaire:

  1. Ah ben voilà au moins une bonne mise au point qui m'évitera de me poser douze fois la question, est-ce que j'y vais ou pas... moi aussi je suis une inconditionnelle du Château !!!

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