vendredi 22 novembre 2013

Timeville - Tim Sliders


Parfois, on a des expériences de lecture affreuses, comme lorsque tout le monde vous parle d’un livre génial (Lune, Cornwall et Spocky), ce qui vous donne envie de le lire. Sauf qu’à la lecture, la sauce ne prend pas, et au final on se demande un peu quel est notre problème !

Timeville est un roman qui s’amuse à transporter une famille des années 2010 (une mère chirurgienne et un père cuisiner de renom en plein divorce, leur fille en pleine crise d’ado et leur jeune fils… lui ça va en fait !) au tout début des années 80. Voilà que la mère se retrouve infirmière, le père à la tête d’une brasserie et la fille doit apprendre à vivre sans téléphone portable, aïe aïe aïe la galère !

Ce roman est d’une efficacité redoutable : chapitres courts et rythmés, dialogues qui fusent, humour, si bien qu’on avale les pages sans même s’en rendre compte. C’est vraiment le genre de texte qui est plaisant à lire, extrêmement divertissant et pas prise de tête pour deux sous.

Cependant j’ai eu un peu de mal à l’apprécier à fond. J’ai trouvé l’histoire longue à démarrer, noyée sous un côté « catalogue des clichés des années 80 », et la fin insatisfaisante, trop sirupeuse et donnant finalement peu d’explications (vous noterez que j’ai donc apprécié le milieu, quand un semblant d’intrigue se développe et que les années 80 deviennent un décor et non l’élément moteur de l’intrigue).

Quelque part je pense que j’aurais peut-être plus apprécié l’histoire si j’avais réussi à mettre mon cerveau en veille, au lieu de m’interroger sur les mécanismes de ce voyage étrange dans le temps (vu qu’en fait il n’y en a pas vraiment).

On va donc en conclure que Timeville n’était pas fait pour moi, ce qui est un peu dommage parce que j’aimais bien le concept. Il semblerait que tous les voyages dans le temps ne sont pas bons à faire !

CITRIQ

mercredi 20 novembre 2013

Le guide Steampunk - Etienne Barillier et Arthur Morgan


Le mois dernier après avoir terminé Métronome, je n’avais qu’une envie : lire un essai digne de ce nom pour oublier ça. Et ça tombait à pic, j’avais justement ce petit guide d’ActuSF dans ma PàL depuis un moment. Vous n’avez pas idée quel plaisir j’ai eu à lire ce livre qui est réellement construit (c’est incroyable ce qu’un plan cohérent peut faire à votre humeur).

Le guide Steampunk est donc un petit livre format poche, qui en l’espace de 300 pages offre une balade exhaustive sur le sujet : histoire et présentation du genre (qui est aussi un mouvement, une esthétique, bref débrouillez-vous avec ça), puis déclinaison sur tous les supports avec suggestions de lecture/visionnage à l’appui, le tout enrichi par de nombreuses interviews.

L’ensemble est plaisant à lire, didactique, simple et très exhaustif (il ne néglige aucun format, du livre au film en passant par les vidéos sur Internet et le cosplay). J’ai d’ailleurs été agréablement surprise par la sélection d’œuvres qu’il propose, qui se révèle très diversifiée et offre plein de possibilités pour rebondir vers d'autres choses.

Je ne peux me prononcer que sur la partie livres (je connais mal les œuvres sur les autres supports), mais j’ai apprécié de voir se côtoyer allègrement grands classiques, ouvrages jeunesse et même des romans sentimentaux, sans que ces livres soient jugés sur autre chose que leur univers ou le plaisir qu’on aurait à les lire. Cela donne l’opportunité à chacun de découvrir le steampunk en passant par le genre qu’il préfère, et non par une liste d’ouvrages « de référence » qui ne seraient pas forcément toujours aisés à aborder.

Le seul aspect qui ne m’a pas plus botté que ça (mais c’est purement personnel), ce sont les interviews que j’ai fini par survoler, sauf pour les auteurs que je connaissais ou qui m’intéressaient (mais Daniel Pennac il dit qu’on a le droit d’abord de sauter des pages d'abord). Pour le reste c’est un petit guide sympathique à parcourir, qui donne plein d’idées de lecture.

CITRIQ

lundi 18 novembre 2013

Utopiales 2013


Cette année, j'ai enfin réussi à concrétiser une aventure qui me tenait à cœur : faire une virée à Nantes pour découvrir les Utopiales, THE festival de science-fiction en France. Installé bien au chaud (et à l'abri de la pluie) dans la Cité des Congrès de Nantes, on y trouve de très belles expositions, des films projetés nulle part ailleurs, de passionnantes conférences, des auteurs fort nombreux à rencontrer, une librairie à dévaliser et bien sûr plein de gens qui partagent la même passion que nous avec qui on peut papoter. Bref, c'est que du bonheur !

Je suis donc arrivée en compagnie de Tigger Lilly et de Tortoise le vendredi matin. Il pleuvait, mais il paraît que c'est traditionnel pour son baptême d'Utopiales (et pour le coup j'ai vraiment bien pris l'eau durant ces trois jours !).La première étape, une fois à l'intérieur, c'est la librairie (on ne se refait pas que voulez-vous) :


J'ai complètement oublié de prendre une photographie de la librairie en elle-même (vous m'excuserez, comme c'était mes premières Utos j'étais plus occupée à ouvrir grand les yeux qu'à planifier les illustrations de mon compte rendu), mais vous pouvez néanmoins admirer l'entrée avec le planning des dédicaces.

C'est LA photo à prendre tous les matins pour savoir à quelle heure on peut trouver quel auteur. C'est un système très pratique qui évite de courir après les auteurs, par contre on se retrouve du coup trop souvent à devoir choisir entre l'auteur qu'on veut absolument rencontrer ou la conférence qu'on ne veut pas rater, cruel dilemme.

En tout cas on a beau être prévenu, il est vrai que cette librairie est impressionnante. Elle est immense, et son fonds est loin de s'en tenir aux ouvrages des auteurs invités, on y trouve vraiment de tout, pour tous les âges, des grandes maisons d'éditions aux plus petites.

Pour régler tout de suite la question des achats, je vous l'annonce tout de suite, je n'ai acheté qu'un seul livre : l'anthologie 2013 du festival.


Le sommaire propose une belle panoplie d'auteurs à (re)découvrir, cela donne donc l'occasion de tous les traquer en dédicace et de ramener un joli souvenir en rentrant. Bref un bon compromis quand on vient avec un porte-monnaie presque vide !

D'ailleurs je suis fière d'avoir presque réussi un carton plein : de toutes les auteurs présents, je n'en ai raté qu'un, c'est donc un livre vraiment customisé que j'ai ramené (surtout si on ajoute le fait qu'il s'est retrouvé littéralement tatoué de gommettes et qu'il a pris l'eau lors d'une sortie à l'extérieur).

Mais, alors que je passais à la caisse pour l'acheter, voilà t'y pas que Tortoise me montre du doigt ce petit livre qui se trouvait sur un présentoir à côté :


Sur le coup j'ai lâché un très poétique « fait chier » parce qu'il s'agit d'un des rares Gaiman manquant à ma collection, ce qui voulait dire que je devais forcément le prendre et que j'allais donc devoir ressortir ma carte bleue. Finalement c'est Tortoise qui me l'a offert (grand merci à elle). En fait je devrais plus souvent insulter les livres posés à côté des caisses pour qu'on me les offre D.

Ceci dit il ne faut en effet pas voir la librairie uniquement comme un lieu de tentation où l'on fait flamber la carte bleue. C'est aussi le lieu de rencontre par excellence. Quelle que soit l'heure de la journée, vous avez toutes les chances d'y croiser une connaissance (c'est valable pour tout le festival, mais la librairie encore plus). Et si ce n'est pas le cas, il y a toujours moyen de tailler la bavette avec les voisins dans les files d'attente des dédicaces.

Mais les Utopiales, ce n’est pas que la librairie et les dédicaces. D’ailleurs si vous n’êtes pas du genre à courir après les signatures, vous pouvez aussi profiter des auteurs en conférence.


Dans le domaine il y a de quoi s’occuper de 10h à 19h, du space-opera aux zombies en passant par des conférences plus scientifiques et des entretiens avec des auteurs. Ce qui est chouette c'est que les modérateurs présentent très vite les auteurs, ce qui laisse beaucoup de place au débat entre les intervenants. Comme en général les conférences mélangent auteurs et scientifiques, il y a des échanges vraiment intéressants.

En trois jours, j'ai donc pu assisté à sept conférences (et j'en ai raté beaucoup d'autres). Je crois que mon intervenant préféré de conférence restera Ian McDonald, qui a le don pour sortir des anecdotes de derrière les fagots et pour s'approprier le sujet de la conférence à sa façon. En plus d'être un excellent auteur, c'est aussi un sacré orateur.

Comme ActuSF propose toujours des sessions de rattrapage, je vous recommande tout particulièrement celles que j'ai le plus apprécié :

- Philosophie et jeux vidéo, qui offre une plongée dans le monde du jeu vidéo et la place que peut y tenir un auteur. Finalement ça n'a pas tellement philosophé, mais les interventions de Stéphane Beauverger et Alain Damasio étaient rudement instructives !

- Citoyens du futur, qui a très vite dévié sur Internet et la question de la protection des données personnelles. Les conclusions qui en sont tirées n'est pas très encourageantes, mais les analyses faites par les intervenants sur l'actualité sont très intéressantes, et les intervenants tous très concernés par le sujet.

- Rencontre avec Michel Serres, qui prend un peu le contre-pied de la conférence dont je vous parlais avant. Je n'avais jamais rien lu de ce personnage, mais j'ai adoré l'écouter en conférence : il est extrêmement didactique, s'amuse à mettre en relation des choses improbables, et il est d'un optimisme qui fait du bien après trois jours à assister à des conférences souvent peu réjouissantes sur l'avenir de l'humanité. Je n'aurais pas rêvé mieux pour conclure mon passage aux Utopiales !

Entre deux conférences, il est également possible de visiter quelques très belles expositions. Là encore, en consultant le programme, je me rends compte que je n'ai pas tout vu, mais je peux au moins vous parler des deux qui m'ont le plus marqué :


Les cités fertiles de Vincent Callebaut (a.k.a. l'auteur de l'affiche de cette édition)

Il est difficile de rester indifférent face à ces projets de constructions durables, écologiques, qui semblent complètement folles et utopistes, mais qui sont pourtant réalisables (voir en cours de réalisation pour certains). C'est bon de voir que la science-fiction ne s'exprime pas que dans des livres ou des films, et que parfois la réalité semble vraiment rejoindre la fiction.


Souvenirs de l'empire de l'Atome

Cette étrange exposition qui revient sur la conception de l'album L'empire de l'Atome, par T. Smolderen et A. Clerisse, on y trouve des planches, des esquisses, des objets... le tout avec un côté rétro et coloré absolument délicieux, si bien qu'il est difficile de ne pas se jeter sur la BD après.

(j'ai personnellement résolu le problème en empruntant l'exemplaire de Tigger Lilly dans le train du retour, et c'était bien chouette à lire)

Sinon les Utopiales, c'est aussi plein de choses que je n'ai pas pu voir : je n'ai jamais trouvé le temps de voir le robot Nao, je suis passée complètement à côté des films (à regret quand j'ai assisté à la remise des prix), j'ai à peine vu les pieds dans le pôle ludique... C'est vraiment un festival immense, et il est difficile d'en faire le tour en trois jour.

(ou alors il faut arrêter de taper la causette aux copains mais qui voudrait faire une chose pareille ?)

Par contre, j'ai trouvé le moyen d'assister à toutes les remises de prix. Je vous renvoie au site officiel pour le palmarès complet, de mon côté j'évoquerais deux petits souvenirs qui n'apparaissent pas sur les communiqués officiels :
  • Les lectures d'extraits pour les différents nominés au prix Julia Verlanger, très joli moyen de présenter un ouvrage surtout quand c'est Claude Ecken qui s'en charge (ce monsieur pourrait lire le bottin téléphonique qu'on serait quand même sous le charme) ;
  • La sympathique introduction cinématographique de la soirée de remise des prix du samedi, avec quelques extraits bien choisis sur la cohérence scientifique des films de SF, de 2012 à Ghostbusters, un grand moment de fous rires !
Et puis surtout, j'étais là lors de la remise du prix Planète-SF des blogueurs (j'ai même participé à l'opération « débarquons de bonne heure pour réserver l'espace au bar de Mme Spock et faire des photos ridicules sur la grande scène » mais chut !).


Quatre ouvrages étaient nominés cette année, et le prix a été remis à Ian McDonald pour La maison des derviches. L'auteur est venu le recevoir en mains propres, en compagnie de son éditeur, ce qui est quand même très très classe (et en plus il a dit des chouettes choses sur les blogueurs).


L'objectif d'ici l'an prochain, c'est de trouver une idée sensationnelle pour faire la promotion du prix sans se faire expulsé des Utopiales. On travaille d'ailleurs très dur sur le sujet avec Lorhkan et Tigger Lilly (je comprends toujours pourquoi personne n'a validé mon idée de prendre en otage une conférence avec un fusil steampunk en plastique...).

Voilà, je crois avoir fait à peu près le tour de cette première aventure nantaise, à part pour l'expédition (mystérieuse) du dimanche après-midi qui fera l'objet d'un autre article.

En tout cas même si les circonstances de ma venue n'étaient pas idéales, j'ai beaucoup apprécié cette première visite aux Utopiales. La programmation de ce festival est vraiment passionnante et trois jours ne sont pas assez pour avoir le temps de tout voir.

Par ailleurs c'est aussi l'occasion de l'année de croiser plein de collègues blogueurs, en passant dans la librairie ou autour d'une choucroute ou d'un magret de canard accompagné de sa carafe d'eau du robinet (*hem hem*). Petit coucou donc à Tortoise, Tigger Lilly, Lorhkan, Elessar, Lhisbei et M. Lhisbei, Gromovar, Lune, Cornwall, Mariejuliet, Brize, Julien, Jae_Lou, BlackWolf et j'en ai certainement oublié au passage, dans ce cas je m'excuse platement.

A l'année prochaine (j'espère bien), aux Imaginales (sûrement), et dans tous les cas je serais à Sèvres (sauf si le ciel me tombe sur la tête d'ici là !).


samedi 16 novembre 2013

Un yankee du Connecticut à la cour du roi Arthur - Mark Twain


Il y a des fois où le hasard fait drôlement bien les choses. J’avais ce titre dans un coin de ma tête depuis longtemps (au rayon des « pourquoi pas ? ») mais je ne m’étais jamais vraiment soucier de mettre la main dessus. L’autre jour, en allant à la bibliothèque, je le trouve mentionné dans Le guide Steampunk, et voilà que dans la foulée je trouve ce roman sur la table des nouveautés dans la dite bibliothèque. A ce niveau-là, ce n’est même plus du hasard, c’est le destin !

Dans le cas d’un roman tel que Un yankee du Connecticut à la cour du roi Arthur, ce n’est pas bien compliqué, le résumé est dans le titre : un américain de la fin du XIXe siècle se retrouve propulsé dans le passé, en pleine ère arthurienne. Après avoir écarté Merlin du pouvoir, il décide de prendre les choses en main et de réformer le royaume à sa façon (anachronismes à l’appui).

Cela donne un texte absurde et assez improbable où l’on assiste entre autres à d’authentiques miracles (assistés par la technologie moderne) et où l’on croise des chevaliers faisant de la réclame pour du savon ou des brosses à dent, entre deux critiques satyriques sur la société.

J’ai beaucoup apprécié tout le jeu méta-textuel auquel l’auteur se livre avec La Morte d’Arthur de Malory (qui est la référence anglophone pour l’histoire du roi Arthur, une sorte de condensé de toutes les histoires médiévales). Il se l’approprie à sa façon, en l’intégrant dans l’histoire, non sans se fendre de quelques piques à son sujet. Pour l’avoir lu (enfin j’ai jeté l’éponge à la fin du tome 1 de la traduction française), il est difficile de ne pas approuver de tout cœur les critiques de Mark Twain.

Je vous avoue que par contre le côté critique sociale m’a un peu échappé, car cela se fait souvent sous forme de commentaires assez longs, et pour lesquels il me manque sans doute des éléments de contexte. Ceci dit les propos sont parfois d’une étonnante modernité, preuve qu’en dépit des évolutions techniques, on vit parfois un peu dans le même monde qu’au XIXe siècle.

Il est difficile de ne pas faire le lien avec des œuvres plus récentes comme Monty Python Sacré Graal ou Kamelott, qui se livrent exactement au même exercice de réécriture humoristique des légendes du roi Arthur, avec tout autant de panache. D’ailleurs il y a sûrement influence, à en croire la postface (très intéressante), ce texte aurait inspiré un sacré nombre d’histoires (jusqu’à Tintin et le Temple du Soleil).

Bref pour un texte assez ancien (et du coup parfois un peu lourd dans ses déblatérations), Un yankee du Connecticut à la cour du roi Arthur se révèle un texte agréable à lire, absurde mais pas du tout idiot.

Un petit mot pour conclure sur l’édition que j’ai trouvé à la bibliothèque : nouvelle traduction, illustrations intérieures vraiment sympas dans leur style vieilles gravures sur bois, postface qui apporte un complément d’informations juste bien taillé pour enrichir la lecture sans noyer le lecteur. Je ne connaissais pas du tout cette maison d’édition, mais je trouve qu’ils produisent de drôlement chouettes bouquins !

CITRIQ

jeudi 14 novembre 2013

Gravity - Alfonso Cuarón


J'ai découvert Alfonso Cuarón avec son Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban, qui bien que prenant parfois de grandes libertés avec le livre, reste pour moi la meilleur adaptation de la série tant elle a de la personnalité. Après il y a eu Les fils de l'homme, excellent film de science-fiction que je ne suis pas prête d'oublier. Puis il nous a sorti Gravity.

Qu'il y a-t-il à dire sur ce film qui n'a pas déjà été dit par quelqu'un d'autre ? D'une simple histoire de survie dans l'espace, Alfonso Cuarón tire un film extraordinaire, une véritable expérience qui vous arrache à votre siège pour vous immerger dans l'espace, dans toute son immensité et sa dangerosité.

J'ai oscillé en permanence entre la fascination face aux images incroyables qu'il donne à voir, et l'angoisse provoquée par l'hostilité de l'environnement. Dès les premières minutes, on est littéralement happé, grâce à un incroyable travail sur le son et l'image qui fait qu'on s'y croirait.

C'est beau, c'est prenant (à tel point qu'à la fin de la séance je sentais l'hystérie gagner le public à force de se demander ce qui allait encore arriver comme catastrophe), et on ressort de là des étoiles plein les yeux et la tête vide (mais dans le bon sens du terme).

Un film à voir donc, parce qu'il n'arrive pas si souvent qu'on s'offre de si belles expériences de cinéma.

Et pour aller plus loin je vous recommande l'entretien avec Alfonso Cuarón dans l'émission On aura tout vu (ça commence vers 19:30) sur le film, ses influences, son interprétation... et même la petite culotte de Sigourney Weaver ! Très intéressant à écouter, pour compléter son visionnage.

mardi 12 novembre 2013

Le monde du fleuve (Le fleuve de l'éternité 1) - Philip José Farmer


Le monde du fleuve fait partie de ces classiques de la SF dont on entend tellement parler qu’ils finissent fatalement par échouer dans notre liste (sans fin) de livres à lire. J’étais donc bien contente que le Cercle d’Atuan me donne l’occasion de me plonger dedans lors de notre lecture commune mensuelle.

Premier des cinq volume du cycle du Fleuve de l’éternité, Le monde du fleuve nous emmène sur les traces de Sir Richard Francis Burton (un aventurier du XIXe siècle qui a eu une vie bien mouvementé et a noté presque réussi à découvrir la source du Nil), qui après sa mort se réveille sur les rives d’un étrange fleuve, comme les milliers de congénères qui l’entourent.

Très vite, on commence à comprendre que c’est toute l’humanité (de la préhistoire au début du XXIe siècle) qui a été ramenée à la vie sur les rives de ce fleuve sans fin, sans autre forme d’explication. Burton, explorateur par nature, va vouloir découvrir le fin mot de l’histoire, et ce sont ses aventures le long du fleuve que l’on va suivre.

Des fois, il y a une sacrée différence entre l’image qu’on se fait d’un livre (d’après la quatrième de couverture ou ce qu’on en a entendu) et ce qu’on découvre à la lecture, et c’est exactement ce qui m’est arrivé sur Le monde du fleuve.

Le concept laissait à penser qu’on aurait affaire à quelque chose à la limite de la philosophie ou de la métaphysique, ce n’est pas du tout le cas. On est plutôt dans le pur roman d’aventure où les péripéties s'enchaînent : découverte de l’univers et de ses règles, puis exploration, batailles, etc. Une pure lecture de divertissement donc, avec quelques mystères à élucider pour donner envie de poursuivre la lecture.

Par ailleurs alors que la quatrième de couverture promettait moult personnalités historiques, les stars se révèlent finalement assez peu nombreuses (si je me fie aux multiples vérifications que j’ai fait en cours de lecture). Cela évolue peut-être par la suite ceci dit.

Du coup avec un tel décalage entre mes attentes et le livre en lui-même, je suis sortie de ma lecture un peu déçue. Cela ne m’a pas empêché d’apprécier l’univers que l’auteur nous présente (bien qu’il soit légèrement *tousse* archaïque *tousse* question mentalités), mais il lui manque quelque chose pour que j'apprécie vraiment l’ouvrage.

Cependant la fin du livre étant bien plus intéressante que le début (avec quelques bonnes trouvailles scénaristiques et des idées à la fois pertinentes et rigolotes, notamment les multiples Jésus qu'on trouve le long du Fleuve), je vais certainement continuer à avancer dans le cycle, car je suis curieuse de voir où l’auteur va nous emmener. Affaire à suivre à priori.

Avis des autres atuaniens : Jae_Lou, Lorhkan, Lune

CITRIQ

dimanche 10 novembre 2013

Attila Marcel - Sylvain Chomet


Je suis tombée sur ce film un peu par hasard, au détour d'un couloir de métro, et je n'y aurais guère prêter attention si son titre n'était pas celui d'une chanson de la BO des Triplettes de Belleville. Voyant que les deux films avaient le même réalisateur, j'ai donc sauté sur l'occasion avant qu'il ne disparaisse des salles.

Attila Marcel est l'histoire de Paul, un trentenaire qui n'a jamais parlé depuis la mort de ses parents. Couvé par les deux tantes chez qui il vit, sa vie n'est faite que de piano et de chouquettes, jusqu'à qu'une voisine excentrique, Mme Proust, lui donne l'opportunité de plonger dans ses souvenirs et redécouvrir ses parents.

Ce film est un peu comme une extension des Triplettes de Belleville : on y retrouve l'enfant orphelin qui ne prononce jamais mot, les mêmes numéros musicaux improbables, les personnages de petites vieilles excentriques absolument délicieux...

Sauf qu'ici point d'animation mais des vrais décors, des vrais acteurs... mais le même charme étrange et décalé qui animait jusque-là les films d'animation de Sylvain Chomet. Attila Marcel est un film très drôle mais aussi très touchant (je suis admirative à quel point Guillaume Gouix dans le rôle principal arrive à faire passer des émotions sans jamais mot dire).

Sylvain Chomet a un style qui me fait penser un peu à Wes Anderson ou à Jean-Pierre Jeunet, dans le côté rétro-décalé et la galerie de personnages loufoques (des deux tantes à l'accordeur de piano en passant par les amis de la famille pétés de tunes). J'avais adoré jusque là tous ses films d'animation, et j'ai tout autant aimé ce premier film « en vrai ».