dimanche 15 mai 2011

Doctor Who 6x04 - The Doctor’s wife


Il y a de petites choses dans la vie qui font très plaisir, et je vous avoue qu’associer pour un article les tags pour Doctor Who et Neil Gaiman est une de ces choses. C’est même carrément Noël en avance. J’attendais avec impatience de voir ce que Gaiman pouvait faire en scénariste de Doctor Who (j’avais même un peu peur), mais le résultat est juste merveilleux.

C’est du pur Doctor Who, et du pur Neil Gaiman, et les deux fonctionnent parfaitement ensemble. La suite est pleine de spoilers, bien sûr…


Tout commence avec le Docteur qui reçoit un message de détresse d’un Time Lord encore vivant (!), et qui se précipite hors de l’univers (!!) pour y répondre. Détruisant la piscine du TARDIS au passage (ce qui veut dire qu’on ne la verra jamais *snif*) pour y arriver, le voilà qui déboule avec Amy et Rory dans une espèce de décharge.


Entre les machines à laver et les vieilles baignoires, les habitants de cet astéroïde (Uncle, Aunt, Nephew et Idris) ne payent pas de mine non plus, on se croirait en plein Neverwhere en fait…


C’est Idris qui nous intéresse particulièrement, parce que le spectateur comprend très vite que ce n’est pas n’importe qui. Idris, c’est l’âme du TARDIS dans le corps d’une femme. Autant dire que pour la première fois depuis le début de la série, le Doctor et elle vont pouvoir communiquer de vive voix.

A ce moment-là, on se rend compte que le titre, The Doctor’s wife fait référence à elle. Tout à coup, toute cette histoire de Time Lords (qui sont tous morts en fait) ou de décharge en dehors de l’univers devient purement accessoirement (sans parler du grand méchant), l’essentiel, c’est le Doctor et sa plus fidèle compagne.


Rose Tyler peut rester dans son univers parallèle, et River Song dans l’ordinateur de la Bibliothèque, la voilà, celle qui est le plus proche du Doctor. C’est juste trop mignon et incroyablement émouvant. Et magnifiquement écrit qui plus est.

La façon dont elle perçoit indistinctement passé, présent et futur, si bien qu’elle dit des choses en début d’épisode qui ne prennent du sens qu’à la fin est très bien rendu (comme nombre d’histoires de Neil Gaiman, il faut sûrement la voir deux fois pour en saisir toutes les subtilités). Et sa relation avec le Doctor… Je pourrais vous citer les trois quarts de l’épisode tellement c’est génial de les voir échanger.
- The TARDIS is up and downy stuff in a big blue box.
- Yes, that's me. A type 40 TARDIS. I was already a museum piece, when you were young, and the first time you touched my console you said...
- I said you were the most beautiful thing I had ever known.
- And then you stole me.
- And I stole you.
J’aime beaucoup que leur relation fonctionne dans les deux sens, en fait le Doctor a volé le TARDIS autant qu’elle a volé son Time Lord.
- Ooh, sorry, do you have a name ?
- 700 years, finally he asks.
- But what do I call you ?
- I think you call me... Sexy.
- Only when we're alone !
- We are alone.
- Come on then, Sexy.
C’est marrant parce que si on regarde DW en VO, on ne doute jamais que le TARDIS est de sexe féminin. Ce qui m’a fait hurler quand j’ai regardé la saison 5 en VF sur France 4, c’est qu’ils ont complètement ignoré ça. Du coup dans l’épisode 1 de la saison 5, au lieu du « Thank you dear » de l’anglais, on se retrouve avec « merci mon mignon », ce qui ôte toute crédibilité à la scène quand même… Mais passons.
- And you never read the instructions.
- I always read the instructions !
- There's a sign on my front door. You have been walking past it for 700 years. What does it say ?
- That's not instructions !
- There's an instruction at the bottom. What does it say ?
- Pull to open.
- And what do you do ?
- I push !
- Every time. 700 years. Police Box doors open out the way.
J’avais jamais fait attention, mais visiblement le TARDIS, elle, commence à en avoir assez qu’on pousse les portes au lieu de les tirer !

- I just want to say, you know, you have never been very reliable.
- And you have ? You didn't always take me where I wanted to go.
- No, but I always took you where you needed to go.
Et ça c’est juste énorme, on s’en doutait un peu, c’est désormais officiel, ce n’est pas juste le Doctor qui a le don pour s’attirer les ennuis, c’est le TARDIS qui fait des siennes ! J’adore. Bon je vais arrêter de vous citer leurs échanges qui sont tous superbes, parlons un peu de nos jeunes mariés…


Eux sont enfermés dans le TARDIS avec House, l’entité qui a piégé tous les Time Lords. Autant dire que ce qui normalement est LE refuge dans toute la série, devient soudainement un lieu de cauchemar.

Neil Gaiman s’y entend pour faire créer des atmosphères flippantes, dites bonjour aux couloirs sans fin, aux portes qui se ferment à tout va, aux décalages temporels, et aux hallucinations (OMG, they killed Rory again !). Bon comparé à un épisode de Moffat, c’est presque gentillet, mais quand même, il fallait le faire, rendre le TARDIS terrifiant !

Heureusement, le Doctor se construit une console de contrôle sommaire à partir des restes de TARDIS éparpillés (ne jamais laisser le Doctor dans une décharge, MacGyver est un amateur en comparaison).


Et via un petit détour par l’ancienne salle de contrôle du TARDIS (petit moment émotion), tout le petit monde se retrouve à bord. J’adore d’ailleurs que le TARDIS considère Rory comme « the pretty one », ça me rappelle une fanfiction que j’avais lu où Rory était en permanence harcelé par le vaisseau qui en pinçait pour lui (genre à chaque fois qu’il prenait une douche sa serviette disparaissait !).

- Amy, this is... Well, she's my TARDIS. Except she's a woman. She's a woman, and she's my TARDIS.
- She's the TARDIS ?!
- And she's a woman. She's a woman and she's the TARDIS.
- Did you wish really hard ?
Sacrée Amy xD.

Et comme le Doctor est un manipulateur de première, il manipule House pour arriver à ses fins. C’est assez marrant que la réplique qui semblait si géniale dans le trailer…
- Fear me. I've killed hundreds of Time Lords.
- Fear me. I've killed all of them.
Finalement elle ne fait pas si impressionnante que ça, coincée dans les échanges entre le Doctor et son TARDIS. House n’est qu’un détail, un prétexte, et le TARDIS finit par s’en débarrasser un peu d’un claquement de doigts.

Tout rentre donc dans l’ordre… y compris le TARDIS qui redevient un vaisseau. La scène d’adieu est triste bien sûr, mais surtout terriblement émouvante, et vient comme combler un vide dans l’univers de DW depuis des années.

- There's something I didn't get to say to you.
- Goodbye ?
- No, I just wanted to say... hello. Hello, Doctor.
Je crois bien que c’est la première fois qu’on voit Eleven pleurer… c’est triste bien sûr, mais on sait qu’elle ne meurt pas, c’est juste qu’il ne pourra plus communiquer avec elle. Ceci dit, après quelques échanges avec Rory et Amy qui aimeraient bien ne plus avoir de lits superposés dans leur chambre (!), on se rend compte qu’en fait, si.
- OK. The Eye of Orion, or wherever we need to go.
Et là le levier s’abaisse tout seul et…


Il est carrément heureux, et moi donc !

Bon on n’élucidera pas de suite ses dernières paroles murmurées à Rory, à savoir « The only water in the forest is the river. » (qui pour moi évoque tout de suite Forest of the Dead), mais le Doctor a retrouvé le sourire, c’est l’essentiel !

C’était donc un très bon épisode, très fort émotionnellement, et où tout a du sens. Il est truffé de références (le Doctor qui se lamente sur le ood qu’il n’a pu sauver), et de manière générale c’est un bel hommage à la série. Un grand merci à Neil Gaiman qui a fait un superbe boulot (je dirais bien « What else ? » mais c’est trop facile).

vendredi 13 mai 2011

L’Agence - George Nolfi


J’ai été entrainée au cinéma un vendredi soir par Elysio (si vous voulez comparez les avis) de façon complètement improvisée, et comme c’était pour voir une adaptation d’une nouvelle de Philip K. Dick, je n’ai pas trop protesté. Voilà donc comment on se retrouve à aller voir l’Agence.

Adapté de la nouvelle Adjustment team (Rajustement en vf), ce film nous emmène sur les traces de David Norris, candidat pour le poste de sénateur de New York, qui rencontre le soir de sa défaite une femme alors qu’il répète son discours. Elle est belle, drôle, forcément, c’est le coup de foudre.

Mais elle s’enfuit sans lui laisser de nom, et sa vie reprend son cours normal. Jusqu’à un matin où il ne renverse pas son café, re-rencontre cette femme (danseuse au doux nom d’Elise) et assiste à son travail à une étrange scène d’ajustement de la réalité par une mystérieuse bande de types qui portent des chapeaux.

C’est pour le Plan (avec un P majuscule), il parait. Evidemment, il ne peut parler de ça à autrui (on lui promet un beau lavage de cerveau sinon), et il ne doit pas revoir Elise, ce n’est pas prévu par le Plan. Mais lui, il veut, c’est la femme de sa vie, il en est sûr.

L’idée de départ est plutôt bonne, mais le problème est qu’on se retrouve avec un film qui multiplie les ellipses (un an plus tard, trois ans plus tard, six mois plus tard…) et où au final il ne se passe pas grand-chose.

Je ne pense pas qu’un film plus orienté action (comme la bande-annonce le laissait penser) aurait été meilleur, bien au contraire, mais le fait de délayer l’histoire sur plusieurs années créé une certaine sensation de vide (sans parler des je t’aime moi non plus qui vont avec, j’aime les guimauves mais avec modération ou alors à bord d’un TARDIS *sort*).

C’est dommage, parce qu’il y a du potentiel, et la mise en images de l’Agence est plutôt bien trouvée, avec des effets spéciaux discrets qui se limitent aux cahiers où l’on suit le Plan, et aux portes qui n’ouvrent jamais sur la destination la plus logique (la course poursuite finale est d’ailleurs bien sympathique).

La réflexion sur le libre-arbitre est également tout à fait pertinente, mais si je trouve que le film ne fait qu’effleurer le sujet, en étant très loin du cynisme de la nouvelle de Philip K. Dick.

Parce qu'en passant, je n'ai pu m'empêcher de la relire après le film (elle se trouve dans le recueil Souvenir en vf). A part l’idée de base des ajustements, tout diffère, le ton du texte oscillant entre le côté un peu sinistre (une absence totale de choix, le gars doit garder le secret ou mourir) et un certain humour avec l’intervention inopinée d’un représentant en aspirateurs (imaginez un peu éviter la mort grâce à un démarcheur téléphonique, ça fait rêver non ?).

Pas la meilleure adaptation qu'on ait fait d'une de ses œuvres, donc.

mercredi 11 mai 2011

World War Z & Guide de survie en territoire zombie - Max Brooks

Pour ceux qui n’en ont pas encore marre des zombies, entre deux tomes de Walking Dead, dans les romans qui voguent sur la même thématique, il y a World War Z de Max Brooks, que nous avons lu le mois dernier au Cercle d’Atuan.

World War Z


Ce roman raconte comment l’humanité s’est trouvée confrontée à une épidémie de zombies, et comment elle a réussi, au prix de nombreuses pertes, à en venir à bout. On se croirait presque dans un scénario de film hollywoodien.

Sauf que Max Brooks prend le problème complètement à l’envers en ne racontant pas une grande histoire héroïque mais des fragments de l’évènement collectés ici et là (le début de la maladie, les gouvernements qui paniquent, le repli dans des zones protégées, etc.) aux quatre coins du monde.

La narration est assez originale, puisqu’il s’agit en fait d’un recueil de témoignages de différents protagonistes (médecins, soldats, politiciens, mais aussi des madames tout-le-monde) des quatre coins du monde pendant toute la durée de cette crise zombie.

Cela donne un bouquin qui sonne très « vrai », d’autant plus qu’il colle drôlement à la réalité dans son propos. Quand on souvient du bordel suscité par cette histoire de grippe A, les premiers témoignages de la gestion de la crise zombies ne font même pas hausser un sourcil tellement ils semblent logiques.

C’est assez marrant de voir comment les survivants se retrouvent complètement désemparés, parce que paradoxalement toute la technologie moderne se révèle complètement inefficace contre les zombies. Et c’est la galère pour les survivants qui ne savent ni allumer un feu, ni cultiver leur jardin… Autant dire que si un tel évènement venait à se produire, on serait grave dans la mouise !

World War Z est une lecture plaisante et rafraichissante, mais je trouve qu’elle perd de son charme sur la longueur, car le mode de narration a ses limites. Le fait de sauter d’un témoignage à l’autre finit par se révéler un peu frustrant : on a juste des aperçus rapides, et aucune opportunité de s’attacher aux personnages.

C’est un peu paradoxal, mais je trouve que le livre manque de contenu (finalement il reste très centré sur l’Amérique et l’Asie, les autres continents sont à peine évoqués), mais qu’en temps, il est aussi trop long (la fin surtout, traine en longueur).

Une lecture qui sort de l’ordinaire, pleine d’originalité, mais un peu lassante sur le long terme. Cela ne m’a pas empêché de lire en parallèle l’autre roman de l’auteur sur le même thème :

Guide de survie en territoire zombie


Oui je sais c’est un peu bizarre de surenchérir sur un autre livre de zombie quand le premier se relève légèrement ennuyeux, mais j’aimais bien le concept. Tout est dans le titre, nul besoin de résumé : sur le modèle des guides de survie en territoire hostile, voilà le livre qui vous expliquera comment survivre à une attaque de zombies.

C’est assez drôle à lire, parce qu’il explique vraiment tout de A à Z : quelle arme choisir, les dangers de certains types de terrain, comment barricader sa maison, quelles sont les fournitures essentielles à avoir chez soi.

Quand on lit ça et qu’on analyse son propre domicile, on se dit vite qu’on a pas la moindre chance de survie ! Après tout, qui a chez soit des rouleaux de corde, des arme à feu, ou encore mieux, un bâton shaolin ?

Ce guide de survie en territoire zombie est donc le complément idéal à World War Z puisqu’il apporte notamment des informations sur l’origine des zombies, et permet de s’imaginer ce que faisaient les survivants pour échapper aux zombies.

Ceci dit je lui ferais le même reproche que son confrère roman, il traine en longueur. Je comprends bien la nécessité de faire différentes parties protéger sa maison / fuir / combattre dans un vrai guide (histoire d’aller à l’essentiel), mais pour le lecteur qui lit ça comme un roman, à force les informations finissent par devenir redondantes.

En fait c’est un peu comme si on décidait de lire de A à Z un livre de cuisine, ou mieux encore, l’encyclopédie Faites tout vous-même (le bouquin qu’il faut avoir en cas de fin du monde, il explique aussi bien comment faire de la confiture, fabriquer du shampoing et construire un poulailler, entres autres !).

Et il faut dire ce qui est, la dernière partie, à savoir la liste des épidémies recensées, est vraiment trop longue. Cent pages d’attaques de zombies à travers les âges qui finissent toutes par se ressembler… ne faites pas comme moi, ne la lisez pas, ça vous gâchera moins la lecture.

Bref, c’est une lecture sympathique, un concept original, mais comme World War Z, le livre aurait gagné à être un poil plus court. L’approche réaliste est une bonne idée, mais le problème est qu’à force de faire trop « vrai », ça devient un peu barbant (surtout pour la lectrice que je suis qui aime bien un peu s'évader de la réalité). C’est là toute la difficulté de l’exercice, trouver un juste milieu !

Avis des autres atuaniens
Guide de survie en territoire zombie : Cachou, Iluze

Et en plus, ça rentre dans le cadre du challenge Fins du Monde de Tigger Lilly, je crois même que je passe en catégorie Hiver nucléaire... d'ailleurs si vous avez de bonnes histoires d'apocalypse sans zombies, je suis preneuse, je commence à être gavée là !

CITRIQ

dimanche 8 mai 2011

Doctor Who 6x03 - The Curse of the black spot


C’est assez marrant comme le Doctor l’annonçait la semaine dernière : « So, this little girl, it's all abouther. Who was she ? Or we could just go off and have some adventures ». C’est vrai ça, pourquoi enchainer de suite, prenons quelques vacances après cet énorme double épisode.

Un signal de détresse, un navire de pirates en plein milieu de l’océan, une sirène qui tue l’équipage, une mystérieuse marque noire… des vraies vacances pour le Doctor non ?

Vous connaissez la chanson, même si je ne rentrerais pas autant dans les détails que pour les deux précédents (ça va un moment les développements en 4 pages quand même…), la suite déborde de spoilers.


Yo ho ho ! Or does nobody actually say that ?

Mettons les choses au point de suite, on quitte le domaine des grands épisodes complexes à la Moffat pour quelque chose de bien plus simple. Une histoire réglée en 45 min, une aventure un peu légère, ça fait un peu tâche après les deux premiers épisodes mais ça fait aussi du bien de respirer un peu.

On a donc une ambiance à la Pirates des Caraïbes, mais sans Capitaine Jack Sparrow (si vous voulez un crossover sur le sujet, je vous conseille de lire ce mini-comic hilarant). Ce qui n’empêche pas le capitaine Avery et le capitaine du Tardis de commencer sur un très bon pied :


On a aussi Amy qui se découvre des talents de bretteuse, visiblement dans sa panoplie de costumes pour son métier de kissogram, outre la nonne et l'infirmière, il y avait aussi la femme pirate !


Et la méchante de la semaine est une sirène dont le chant attire tous ceux qui portent une tache noire dans la paume de la main. Et il suffit de se blesser pour ça.


En dépit du caractère sinistre de l’ambiance, tout ça est assez drôle, entre Rory qui veut partir avec la sirène, la fuite dans le bateau, les théories du Doctor qui s’effondrent les unes après les autres (« Please ignore all my theories »), et les passages sur le pont où le capitaine donne des ordres que personne ne comprend.


On a aussi quelques passages émouvants avec le capitaine et son fils. C’est quelque chose que j’adore dans Doctor Who, même pour des seconds rôles qu’on ne reverra sans doute jamais, les acteurs sont très bons, et très touchants.


It's fine. You're doing fine. Just stay calm.

En passant, une petite vision d’Amy où on retrouve la femme à un œil, dont les paroles évoquent un accouchement. Un mystère pas près de se résoudre, on se contentera donc de celui de la sirène.


Elle n’est pas si méchante que ça, c’est juste un programme médical dans un vaisseau spatial sur le même plan (non ne me demandez pas d’expliquer, c’est du wibbly-wobbly-timey-wimey pour moi…) qui essaye de sauver tout le monde. Du pur Doctor Who dans toute sa splendeur !

Evidemment, c’est un peu compliqué pour Rory, qui manque encore une fois de mourir, ça en devient presque une habitude. Mais quand même, quand il dit ça, j’avais juste un grand sourire niais tellement j’ai adoré :


- I'm a nurse.
- What ?
- I can teach you how to save me.

J’ai lu quelques réactions qui sont un peu exaspérées par cette énième mort de Rory, mais je trouve que ça permet de développer la relation entre Amy/Rory sous un jour qu’on ne voit pas souvent. Rory, c’est le gars qui a attendu 2000 ans, qui était toujours pour elle.

Même si on sait qu’Amy aime Rory (au point de « mourir » dans le monde du rêve dans Amy’s Choice), c’est la première fois il me semble qu’on la voit faire quelque chose de concret pour le sauver. Moi ça m’a toute émue, je dois être une grosse guimauve en fait.

Bon avec tout ça on n’avance pas beaucoup dans l’intrigue, mais on sent bien quelques tensions entre le Doctor et ses compagnons vis-à-vis de sa future mort. Certaines répliques me semblent assez suspicieuses de sa part :
We've all got to go some time. There are worse ways than having your face snogged off by a dodgy mermaid.
Et on ne sait toujours pas si Amy est enceinte ou pas, à côté le chat de Schrödinger c’est une aimable plaisanterie ! Mais l’essentiel, c’est qu’on a eu le droit à une bonne vieille aventure de Doctor Who rigolote, dépaysante et pas trop compliqué, où tout le monde s’en sort à la fin qui plus est.

Ca me fait un peu penser au style de Moffat (qui n'a pourtant pas écrit ce scénario). D’ailleurs le principe des deux vaisseaux au même emplacement qui communiquent par les miroirs, ou les programmes des vaisseaux qui font du zèle, ça me rappelle un peu The girl in the fireplace

Enfin bref, ça ne fait pas de mal un peu de simplicité, parce que je pense que la semaine prochaine on va s’en prendre plein la gueule une fois de plus…


I've got mail. There's a living Time Lord still out there.

Vu la preview, il a fort à parier que LA réplique qui a traumatisé tout le monde dans le trailer de la saison 6 provient de cet épisode. Et surtout, c’est l’épisode scénarisé par Neil Gaiman himself ! Ca promet quand même !

vendredi 6 mai 2011

La trilogie de Wielstadt - Pierre Pevel


Vous ne vous en êtes sans doute pas rendu compte, mais voilà bien trois semaines que je n’ai rien écrit pour ce blog, à l’exception de mes articles sur Doctor Who (mais ça ne compte pas ça). Pour le reste, j’éclusais les chroniques déjà écrites pendant que je potassais pour mes concours…

La première phase des épreuves étant passée, je me remets doucement dans le bain et je me relance dans l’écriture, et y’en a du boulot, parce qu’entre deux ouvrages sur la Dewey, l’influence du web 2.0 sur les bibliothèques et le code de déontologie des bibliothécaires, j’ai trouvé le moyen de descendre un paquet de bouquins.

A commencer par la trilogie de Wielstadt de Pierre Pevel, reprise en intégrale d’un de ses anciens cycles, publié entre 2001 et 2004, en trois volumes (normal pour une trilogie) : Les ombres de Wielstadt, Les masques de Wielstadt et enfin Le chevalier de Wielstadt.

Il y a définitivement un petit parfum de fantasy historique dans cette série qui se déroule à Wielstadt, une ville imaginaire du Saint Empire, installée à l’embouchure du Rhin, qui a la particularité d’être protégée par le dernier dragon d’Europe, ce qui empêche qui que ce soit de s’en emparer.

Ce n’est d’ailleurs pas la seule créature merveilleuse qu’on croise, puisque tout le bestiaire merveilleux s’y épanouit, entre autres nains, faunes et fées. Ainsi que quelques créatures plus liées à l’obscurité : fantômes, démons, goules et autres morts-vivants, parce que tout n’est pas rose dans cette charmante ville en 1620, bien au contraire.

Sans quoi le Chevalier Kantz mènerait une vie bien ennuyeuse, ce qui serait dommage puisqu’il s’agit de notre héros ! Mystérieux, renfermé sur lui-même, érudit et fin connaisseur des arts occultes (qu’il combat à sa manière, parfois seul, parfois en aidant aussi bien le Guet de la ville que les Templiers), le voilà confronté à une série de meurtres sanglants que rien ne relie… à priori.

Comme dans toute bonne enquête qui se respecte, en dire plus serait criminel, je m’arrêterais donc là pour le résumé. On retrouve un schéma assez similaire, avec quota d’enquêtes et de scènes plus « d’action » sur les tomes suivants, avec quelques variations, surtout sur le Chevalier de Wielstadt, de loin le plus sombre des trois.

L’univers déployé par Pevel dans sa trilogie de Wielstadt est vraiment chouette. C’était quelque chose qui m’avait déjà marqué dans les Enchantements d’Ambremer, il a un certain don pour assaisonner à la sauce fantasy une époque et un territoire (ici le Saint Empire en pleine guerre de trente ans).

Je ne suis pas une grande experte dans le domaine (en Histoire de l’Art, on commence par l’Italie et les Flandres, on enchaine sur la France, je vous laisse imaginer le peu de temps que ça laisse pour étudier le reste de l’Europe...), mais j’ai bien aimé sa façon de réutiliser tous les éléments de l’époque (notamment les sociétés secrètes diverses et variées) et d’y ajouter sa petite touche personnelle (le retour des Templiers par exemple).

Les intrigues permettent de bien faire le tour de ce monde quelque part entre uchronie et fantasy historique, et une fois les premières pages passées, on prend plaisir à suivre les pérégrinations de Kantz. C’est un bon page-turner, d’ailleurs j’ai enfilé les Masques puis le Chevalier de Wielstadt en presque une journée, entre 4h de train et l’attente chez le coiffeur.

En fait, si j’ai un reproche à faire à cette trilogie, et c’est un peu l’impression que j’avais déjà sur les Enchantements d’Ambremer, c’est que j’ai souvent l’impression de lire un parfait placement produit en fantasy.

S’il existait un cahier des charges du bon roman de fantasy qui marche, je pense qu’on se rendrait vite compte que la trilogie de Wielstadt lui correspond tout à fait. Il y a mélange bien dosé historique/fantasy (avec tout plein d’explications pour le lectorat), le héros un peu torturé qui a de très bons amis, les créatures magiques (notamment Chandelle), les scènes un peu sordides, les complots, les duels à l’épée, une pointe de mysticisme, etc.

Ce n’est pas un mal en soit, c’est un très bon roman de fantasy, mais c’est tellement (trop) bien calibré que je reste sur ma faim. Il manque un petit quelque chose qui fait la différence entre la lecture sympathique et le coup de coeur : un grain de folie, quelque chose qui se démarque vraiment, des personnages peut-être un peu moins lisses…

Si vous aimez la bonne vieille fantasy, cette trilogie vous plaira sûrement, c’est même un bon moment de lecture. Par contre, si vous êtes un peu blasés du genre (ce qui est mon cas), ça risque de vous laisser de marbre une fois l’histoire terminée. Vous voilà prévenus !

Un petit mot sur l’édition pour finir. Je suis toujours assez sceptique sur les intégrales, parce que ce sont des gros volumes peu aisés à lire et qui s’abiment vite, mais ce n’est pas le cas de celui-là. Le format n’est pas énorme (il n’est pas plus haut qu’un poche, juste plus large), la typographie de taille normale pour un poche, et le volume s’ouvre en grand sans que le dos se plie.J’apprécie la qualité de l’ouvrage, à défaut d’avoir adoré ma lecture !

Merci aux éditions Pocket pour le partenariat.

CITRIQ

mercredi 4 mai 2011

Neverwhere - Neil Gaiman (roman/série/comic)

Cela faisait un petit moment que je prévoyais de relire Neverwhere dans sa nouvelle traduction, sans jamais trouver le temps. Et puis j’ai mis la main sur la série, qui m’a donné envie de relire le livre, et même de rejeter un œil au comic qui en a été tiré. D'où cette chronique multiple, parce qu'il est assez difficile de parler d'un support en laissant l'autre de côté.

Le roman


Neverwhere est un roman un peu spécial pour moi. Déjà c’est mon tout premier Gaiman, mais aussi incroyable que cela puisse paraitre, c’est un livre dont je n’ai pas passé le premier chapitre la première fois. Je ne sais plus pourquoi, je l’ai rendu à la bibliothèque sans le finir. Il ne devait pas m’intéresser des masses, et c’est quelques années plus tard que je l’ai enfin lu.

Ensuite, c’est un roman que j’ai acheté en quarante exemplaires. Bon j’ai ma version de poche, la nouvelle traduction en grand format (quitte à se faire plaisir), mais j’ai aussi déniché rien de moins que quatre exemplaires à une époque où il était épuisé, pour des amies qui le cherchaient (Acr0, Spocky et deux exemplaires pour Tortoise, pour ne pas les dénoncer !).

Du coup c’est typiquement le livre sur lequel on a plus d’anecdotes à raconter que d’impressions de lecture finalement. Si ce n’est pas mon Neil Gaiman favori, c’est définitivement celui que j’ai partagé avec le plus de monde !

Bref venons-en à l’histoire : Richard Mayhew est un monsieur tout-le-monde, un écossais parti travailler dans l’immense métropole qu’est Londres. Il a une fiancée (exaspérante mais il l’aime), un job confortable, un petit appartement, bref une vie parfaitement normal.

Tout bascule un soir où il secourt une jeune fille blessée dans la rue, une très étrange jeune fille au doux nom de Porte. Cet acte généreux n’est pas sans conséquences, car il se retrouve peu après invisible aux yeux de tous, même de sa fiancée.

Il est alors obligé de partir à la recherche de Porte et s’enfoncer dans l’univers étrange qu’est le Londres-d’en-bas, une ville parallèle sous la ville, où l’on parle aux rats (sans parler de créatures bien plus fantastiques), où le danger se trouve à chaque croisement de tunnel, et où les noms des stations de métro prennent un tout autre sens.

Ce qui est vraiment frappant (et d’autant plus à chaque relecture), c’est l’univers que déploie Neil Gaiman dans son Londres-d’en-bas, dont on a l’impression de ne faire qu’explorer la surface : la maison de la famille de Porte, le marché flottant, Serpentine, les Moines noirs, le Comte qui tient sa cour dans le métro… on découvre la ville par un moyen complètement détourné, d’autant plus qu’il synthétise beaucoup de chose dans son univers : des lieux, des époques, des mythes, et même le fameux fog londonien…

On sent le fin connaisseur de la ville, et je m’amuse souvent à me demander ce que donnerait un Neverwhere parisien. De la glace à Glacière, des Gobelins aux gobelins, un marché à Maraichers et des mousquetaires à Alexandre Dumas ?

Là-dessus, il brode une intrigue assez classique, celle de Porte qui cherche à élucider le mystère de l’assassinat de sa famille, tout en échappant aux terrifiants messieurs Croup et Vandemar. Ce qui implique quelques allers-retours dans les tunnels, la rencontre de pas mal de gens bizarres mais intéressants, quelques retournements de situation et même l’accomplissement d’une quête, en quelque sorte.

C’est un peu l’intrigue qui est le point faible de ce roman en fait. Enfin si on la juge pour elle-même, il n’y a rien à lui reprocher (surtout que la base est une série télé), mais Neil Gaiman est capable de choses bien plus complexes en terme de narration, il suffit d’ouvrir Sandman ou American Gods pour le voir. Pour le coup, le côté « premier roman en solo » se ressent un peu.

Mais je ne le remarque que parce que ça doit bien être la quatrième fois que je relis ce roman (au moins), et que je deviens pointilleuse avec le temps. Ca n’empêche pas ce roman de présenter déjà tous ces petits détails très « gaimaniens » qui font toute la saveur de ses écrits.

Il y a évidemment ce Monsieur-tout-le-monde en guise de héros qui ne sait rien faire de ses dix doigts et qui finit par se trouver lui-même au cours de l’aventure est très attachant (c’est un classique vous me direz, mais avec Gaiman, on ne se contente pas de percevoir son côté normal, il suinte littéralement à travers les pages).

Il faut aussi parler des personnages de Croup et Vandemar, aussi effrayants que drôles, les deux en même temps parfois. Il a l’air d’un type gentil comme ça, mais il ne faut pas s’y fier, Neil Gaiman sait écrire des choses très effrayantes quand ça lui prend l’envie

Et n’oublions pas sa capacité à inventer des univers complètement incroyables, fantastiques, et en même temps très proches de nous : parce que dans Neverwhere, les habitants du Londres-d’en-bas qu’on ne voit pas, ce sont aussi tous les SDF qui dorment dehors. Il y a toujours cette foultitude de petits détails qui restent en tête (quand je pense à ce roman, le parapluie avec le plan de Londres cité au début, et le téléphone Batmobile de Richard me reviennent toujours), qui font tellement réel qu'on a l'impression que tout se passe sous notre nez.

Autant dire que si ça n’est pas mon roman favori de Gaiman (American Gods gagne largement dans le domaine), ça n’en reste pas moins un texte très intéressant, et sans doute un des meilleurs dans le domaine de la fantasy urbaine, grâce à cette proximité justement.

Quant à la traduction révisée, j’avoue ne pas avoir relevé de différences majeures (à part une ou deux coquilles par ci par là, et le deuxième prologue remisé en annexe). Apparemment, c’est une compilation entre l’édition anglaise et l’édition américaine (qui expliquait plus les références à Londres que les américains n’avaient pas forcément) avec quelques modifications.

Mais ça n’a rien de flagrant (pas comme quand on compare le premier tome d’Harry Potter dans sa première traduction puis dans sa version révisée donc…), je ne suis pas sûre qu’elle soit indispensable si on a déjà lu le roman.

La série


D’habitude, on prend plutôt des livres pour en faire des séries, mais dans le cas de Neverwhere, c’est plutôt le phénomène inverse : c’est la série qui a donné lieu à un livre, quoique les deux soient très intimement liés puisque le scénariste et l’auteur sont la même personne. Comme le dit si bien Neil Gaiman dans la préface du livre, le roman a récupéré toutes ses idées, ses dialogues coupés et autres détails qu’on refusait pour la série.

Du coup les deux media sont tellement proches que la série s'apparente au livre mis en image, et que le livre est vraiment la série couchée sur papier (pratiquement à la scène près). C’est assez particulier, et j’avoue que la série n’apporte pas grand-chose en regard du livre.

On profite quand même du spectacle sur écran : Richard a l’air désespérément normal et a un sacré accent (je m'accrochais aux sous-titres pour le suivre !), Jessica est exaspérante à souhait, quant à Croup et Vandemar, ils ne sont vraiment pas rassurants… Les décors aussi sont sympathiques, bien que le premier marché flottant n’ait pas lieu chez Harrod’s (ma grande déception).

Le tout a quand même un côté très cheap. Le budget ne devait pas être énorme, et ça se ressent parfois (la Bête, grand fou rire lorsqu'elle est apparu), sans parler de certains trucs qui datent immédiatement la chose (ah ces introductions d’épisode sur fond de plan de métro lumineux…). Mais plus que tout, c’est surtout que l’univers de Neverwhere a l’air bien plus bizarre que ça dans ma tête.

Par contre le bon point, c’est le générique, illustré par Dave McKean, qui est d’une beauté rare. Je suis loin d’être impartiale sur le sujet (j’adore son style graphique), mais toutes les séries devraient en avoir un comme ça !

Le comic


Neverwhere a aussi eu le droit à son adaptation en comic quelques années plus tard, avec un scénario adapté par Mike Carey mis en images par Glenn Fabry. L’histoire est grosso-modo la même, à l’exception de quelques raccourcis dus au changement de format, et d’un changement de point de vue : c’est Richard qui joue le rôle de narrateur pendant une bonne partie de l’histoire.

L’intérêt de cette version est surtout la mise en image de l’univers. Si elle est un peu « too much » à mon goût (Porte est pâle, mais juste un peu trop, et ses fringues sont trop élaborées, la cour du Comte est plus une cour qu’un métro…), elle fait un bon contrepoint à la version série télé qui me semblait trop terre à terre. L’idéal serait un juste milieu entre les deux versions, ce qui correspond à peu près à ce que je m’imaginais en lisant le livre.

A part si vous êtes du genre accro, le comic n’est pas une lecture indispensable (à moins que vous ne le préfériez au roman), d’autant plus que la version français a une traduction faite à la va-vite, qui s’éloigne complètement de celle du roman, ce qui est tout de même dommage. Du coup certains passages y perdent en compréhension (notamment tout le système des faveurs du Marquis). A réserver pour le plaisir de la mise en images, et pour les mordus de Gaiman dans mon genre.

Et du coup, il ne nous manque plus qu'une adaptation au cinéma !

CITRIQ

dimanche 1 mai 2011

Doctor Who 6x02 - The Day of the Moon


Et après une semaine à trépigner, voilà enfin la suite de l’histoire. Si je devais résumer mon opinion en une onomatopée, ce serait un truc avec le « Woah » et le « Gné », j’ai à peu près passé les 45 minutes la bouche ouverte devant mon écran.

Comme dirait cette chère River, ce qui est suit est bien évidemment riche en spoilers


On démarre donc trois mois après notre cliffhanger la mort d’Amy. Et de River. Et de Rory. Tous tués par Canton, qu’est-ce que ça commence bien dis-donc ! Ils portent tous des marques étranges sur les bras, dont on découvre très vite qu’elles servent à signaler qu’ils ont rencontré des Silence. A voir le nombre de marques, ils en ont en rencontrer un sacré paquet…


Pendant ce temps, le Doctor essaye un nouveau look avec barbe dans une espèce de zone 51 où il a l’air d’être prisonnier, même qu’on lui construit la prison parfaite pour qu’il ne puisse pas s’échapper. Sans aucune explication, on se dit que tout ça c’est un coup des Silence…

Et paf la porte de la prison se ferme, et avant que je commence à imaginer une histoire pas possible où le Doctor réécrit toute une ligne temporelle pour sauver toute sa bande, la comédie cesse. C’était une ruse, personne n’est mort ! Allons donc sauver River qui faisait le grand plongeon !


- Amy, Rory, open all the doors to the swimming pool.

Mouahah j’adore les techniques de sauvetage. Une fois tout le monde à l’abri dans le TARDIS, petit point sur la situation : les Silence sont partout, mais le Doctor a une arme secrète, le pied de Neil Amstrong !

Et pouf générique, j’ai cru qu’il n’allait jamais arriver. Ça permet de faire une petite pause, à ce stage, j’avais déjà le cerveau en ébullition. C’est définitivement un épisode qui balade complètement le spectateur de la première à la dernière minute, et c’est assez désagréable (c’est fait pour, je pense). En même temps ça reflète assez bien l’ennemi qu’ils affrontent, qui baladent complètement les humains depuis l’invention du feu et de la roue.

Par contre si je peux me permettre une petite critique, je trouve la transition entre les deux épisodes un peu bizarre, et le fait de n’avoir qu’un flash-back un peu moisi pour reprendre là où l’histoire s’est arrêtée (ils s’enfuient tous quand ils voient l’astronaute, on ne sait même pas comment Rory et River sont ressortis du souterrain) est un peu frustrant.

Mais c’est l’heure de la réunion de crise dans le TARDIS


- How long have they been here ?
[…]
- As long as there's been something in the corner of your eye, or creaking in your house, or breathing under your bed, or voices through a wall.
Doctor Who, angoisses et cauchemars garantis depuis 1963

Heureusement le Doctor a une superbe technique pour combattre les créatures, un petit enregistreur planqué dans la main, et il met ça d’office en pratique (prenant à partie le spectateur du coup, puisque on ne voit pas le moment de l’enregistrement, on le découvre juste en l’écoutant). C’est flippant. Et on est dans le TARDIS, en sécurité (à priori). Imaginez un peu dehors.

D’ailleurs comme si on ne se rongeait pas assez les ongles, allons donc à la recherche de la mystérieuse petite fille dans un costume de cosmonaute. Allons donc inspectez un orphelinat glauque de nuit par temps d’orage !


Tout le passage est juste complètement creepy. Le gars qui tient l’orphelinat dont on sent tout de suite que quelque chose cloche, les inscriptions sur le mur, et évidemment Amy part faire un tour toute seule. A l’heure où il est diffusé (18h), ça passe sûrement, mais je vous promets que dans le noir, le soir comme quand je l’ai regardé, c’est juste flippant.

Heureusement, le Doctor est là pour un peu de comédie, comme il s’est fait choppé entre train de bricoler sur le projet Apollo 11 (rien que ça), il appelle le Président à la rescousse pour le sortir de là. Pendant deux minutes je me suis dit « mais comment il est arrivé là si le Doctor n’est pas là pour piloter », avant de reconnaitre River derrière lui. Et Rory.


- America salutes you.

Je le trouve adorable en costume et lunettes, à essayer d’avoir l’air officiel. Depuis que je regarde DW, j’ai toujours eu envie d’avoir un Doctor à la maison, après cet épisode, c’est définitif, je voudrais bien aussi avoir un Rory.


Pendant ce temps à l’orphelinat, les choses deviennent de plus en plus weird. Des échos du passé (ou du futur ?). Et vlan une photo d’Amy avec un bébé (enceinte ou pas enceinte alors ?), la gamine cosmonaute débarque, avec de la compagnie, hurlement de Amy et rideau.

Heureusement Canton est là pour faire son bon américain :
- We have no need of weapons.
- Yeah ? Welcome to America.
J’adore comment ils taquinent gentiment les américains. Heureusement que y’a des petits passages très DW comme celui-là pour détendre un peu l’atmosphère, ça fait un bien fou. Juste après avoir constaté l’enlèvement d’Amy (Rory dans ce passage est juste… il me brise le cœur ce garçon à chaque fois), on remet ça avec le Président Nixon d’ailleurs (vu qu’il est là, autant se rendre utile).

Et notre joyeuse bande s’en va étudier la combinaison de cosmonaute qu’ils viennent de récupérer, et s’interroge sur la mystérieuse petite fille
- Incredibly strong and running away. I like her.
Remarque pas du tout anodine du Doctor vu la conclusion de l’épisode… après quoi le Doctor arrive à une constatation :


- Then why did the human race suddenly decide to go to the moon ? Because the Silence needed a space suit.

Oh crap.
Oui désolé je regarde en anglais, j’ai tendance à réagir en anglais aussi ! Ca semble tellement infime comme objet à fabriquer que les implications doivent forcément être énormes. Et surtout que vient faire cette gamine (qui a été « mangée par le cosmonaute ») là-dedans ?

Le passage qui suit avec Rory qui écoute l’implant d’Amy est juste terrifiant. Surtout qu’il doit supporter une fois de plus le fait d’être en compétition avec le Doctor. Et l’échange qu’ils ont les deux est super émouvant, j’étais toute flagada devant mon écran.

- Do you ever remember it ? 2,000 years, waiting for Amy ? The Last Centurion ?
- No.
- Are you lying ?
- Course I'm lying.
- Course you are. Not the sort of thing anyone forgets.
- But I don't remember it all the time. It's like there's... a door in my head. I can keep it shut.
(oui je suis complètement Rory addict, c’est officiel)


Pendant ce temps, Amelia fait connaissance avec ses ravisseurs, et c’est pas très rassurant.
- We do you honour. You will bring the Silence. But your part will soon be over.
Surtout que…
- You have been here many days.
Et qu’elle ne s’en souvient pas, bien évidemment. Et c’est le fameux simili TARDIS, donc Dieu sait ce qu’ils ont pu fabriquer pendant ce temps… Il était temps que la cavalerie arrive !
- Oh! Interesting. Very Aickman Road, seen one of these before. Abandoned, wonder how that happened. Oh, well ! I suppose I'm about to find out.
On raccroche les wagons à l’épisode 11 de la saison 5 et…

- Oh, and this is my friend, River. Nice hair, clever, has own gun, and unlike me, she really doesn't mind shooting people. I shouldn't like that. Kind of do.
- Thank you, sweetie.
- I know, you're team players and everything, but she'll definitely kill at least the first three of you.
- The first seven, easily.
- Seven, really ?
- Oh, eight for you, honey.
- Stop it.
- Make me !
- Yeah, well, maybe I will.
Le Doctor et River en profitent pour flirter outrageusement, si Amy n’était pas attachée, je pense qu’elle leur aurait collé un pain. Heureusement, le Doctor a un plan génial, et on n’est pas déçu du résultat.

Il s’arrange pour que les Silence provoquent leur propre destruction en profitant du fait que la moitié de la planète regarde les premiers pas de l’Homme sur la Lune pour leur implanter une instruction post-hypnotique… Et sans aucun remord en plus, c’est la classe.

On s’éloigne radicalement du style du dixième Doctor, et on a la confirmation que ce type est quand même un grand manipulateur. Plus ça va, plus je pense que toute la mise en scène avec les enveloppes est un plan hyper complexe pour échapper à sa propre mort…

Les retrouvailles d’Amy et Rory sont trop mignonnes

- You called me stupid.
- I always call you stupid.
- No, but... my face. I wasn't sure who you were talking about. You know, me, or...
- Him ?
- Well, you did say, "Dropped out of the sky."
- It's a figure of speech, moron !
Ils sont trop adorables tous les deux hein ? Et parce que c’est la fête, décidément, on a aussi le droit à un superbe au revoir entre River et le Doctor


J’adore tout le langage corporel du Doctor pendant cette scène, où il ne sait absolument pas quoi faire de ses mains. C’est hilarant et en même temps c’est super émouvant. Bon évidemment River n’est pas super heureuse quand elle comprend que pour lui, c’est la première fois qu’ils s’embrassent.

Reste deux petits problèmes (il s’agit peut-être d’un seul problème) à régler avant de conclure


Amy est enceinte mais elle n’est pas enceinte, un peu comme le chat de Schrödinger, c’est intéressant comme concept (et le Doctor vérifie ça discrètement dans son dos, c’est vraiment un adepte des cachotteries dans son genre…).


Et comme si ça ne suffisait pas, la gamine a tout l’air d’être une mini Time-Lord. Si certains pensaient s'ennuyer pendant cette saison (y’en a-t-il seulement ?), vous pouvez ranger vos doutes au placard… Le prochain épisode promet d’être nettement plus léger (un bateau, des monstres marins...), ça ne va pas faire de mal je pense. Je ne sais pas vous, mais je suis encore toute chamboulée par cet épisode.

Même si les Silence s’en sont pris une belle, il est évidemment qu’ils sont juste temporairement vaincus, surtout qu’ils semblent avoir un plan très complexe pour assurer la venue du Silence… Amy joue un rôle là-dedans (avec sa vraie/fausse grossesse), de même que la gamine (sa fille à moitié Time Lord qui s’est égarée en 1969 ?), la combinaison spatiale, le simili-TARDIS… ils ont l’air de bien s’amuser à réécrire l’Histoire, mais dans quel but ?

En fait l’intrigue générale de la saison prend tellement le pas sur celle de l’épisode qu’on en oublierait presque toutes les petites allusions à Nixon !