vendredi 4 mars 2011

Jour J : Les Russes sur la Lune ! - Duval, Pécau & Buchet


Cette BD me tendait presque les bras l’autre jour à la bibliothèque, avec sa couverture qui imite à la perfection le magazine Life, et sa thématique clairement uchronique. Comme le Winter Time Travel n’est pas fini, j’y ai donc jeté un œil.

Jour J est une série d’histoires one-shot qui s’amuse à reprendre de grands évènements historiques, et à les faire diverger de façon à réécrire l’histoire. De l’uchronie à l’état pur donc, et le premier tome frappe fort en faisant rater l’atterrissage (enfin pardon, alunissage) du module américain en juillet 1969, si bien que le premier homme à marcher sur la Lune est… une femme. Qui est russe, c’est surtout ça qui importe, et c’est là tout le point de divergence !

La BD nous emmène ensuite visiter les conséquences de ce changement dix ans plus tard, alors que les tensions entre les deux blocs sont à leur apogée, et que Etats-Unis et URSS se posent des questions sur ce qu’il se passe vraiment dans leurs bases respectives sur la Lune.

J’avoue que le concept est vraiment alléchant, surtout l’idée de deux bases permanentes sur la Lune, mais on reste un peu sur sa faim à la lecture, parce que l’histoire qui vient se greffer là-dessus reste très classique avec des grands méchants et des héros très gentils et un peu rebelles. Et puis pour une série qui semble se vouloir très réaliste, scientifiquement parlant, je ne la trouve pas crédible, même si je n’entrerais pas dans les détails pour ne rien révéler de l’intrigue…

Bref autant la couverture et l’idée me plaisent, autant le contenu n’est pas à la hauteur de mes attentes… menfin si les tomes suivants me tombent entre les mains, j’y jetterais sûrement un œil.


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mercredi 2 mars 2011

Arrietty le petit monde des chapardeurs - Hiromasa Yonebayashi


On ne peut pas toujours aller voir des films sinistres au cinéma, et un film des studios Ghibli, ça ne se refuse pas, même si Miyazaki n’est pas aux commandes. Dénicher une salle qui le passe encore en VO a été difficile (en période de vacances scolaires, il est programmé uniquement en journée en vf), mais heureusement, il y a le Studio des Ursulines !

J’aime bien ce petit cinéma planqué non loin du jardin du Luxembourg : il ne diffuse quasiment que du film jeunesse, je n’y suis jamais allée pour autre chose en tout cas, et il assume tout à fait son statut à en juger par la quantité de rehausseurs disponibles à l’entrée de la salle. C’est une salle à l’ancienne mode avec balcon et rideau qui se lève au début de la séance, et ça, c’est drôlement chouette !

Mais je m’égare. Arrietty est adapté du roman de Mary Norton, The Borrowers (que je n’ai pas lu mais que du coup je lirais sûrement un jour, bien évidemment), qui raconte l’histoire de très petites personnes qui vivent dans nos maisons en « chapardant » ce dont ils ont besoin. D’après ce que j’ai lu sur les livres, le film suit l’histoire du premier tome dans les (très) grandes lignes.

Nous avons donc Sho, un jeune garçon malade qui vient se reposer dans une vieille maison à la campagne, en compagnie de sa tante. Dès son arrivée, il croit apercevoir une des petites personnes dont lui avait parlé sa mère. De son coté, Arrietty, jeune et téméraire borrower s’apprête à participer à sa première chaparde…

L’histoire n’est pas extraordinaire (la rencontre entre Arrietty et Sho, et les conséquences), et il ne se passe finalement pas grand-chose, mais on passe tout de même un bon moment. C’est mignon mais pas complètement niais. Avec un regard adulte, on s’amusera beaucoup à commenter les techniques de séduction à l’ancienne mode (entre framboise, thé et je te raccompagne à la sortie).

Il ne faut pas longtemps pour tomber sous le charme du dessin, qui s’il n’arrive pas au niveau d’un Voyage de Chihiro et autres confrères, est tout de même fort chouette. Comme l’histoire n’est pas extrêmement compliquée ou trop rapide, on a tout le loisir d’admirer les petits détails, et les différents décors sont vraiment délicieux (surtout la maison des Borrowers dans laquelle on s’amuse à reconnaitre les différents éléments piqués ça et là).

La musique est signée par une française (une bretonne même !), rien que ça, et même si je la trouve un poil décalée (peut-être trop occidentale aussi) par rapport à l’animation et à l’univers, c’est fort plaisant à écouter.

Bref, c’est un dessin animé bien agréable, et s’il n’arrive pas à la cheville des créations de Miyazaki (j’en ai revu deux ce week-end, la comparaison est presque cruelle !), on passe un très bon moment de cinéma, qu’on peut facilement partager avec des enfants !

dimanche 27 février 2011

Evadés de l'enfer ! - Hal Duncan


Je me suis retrouvée avec Evadés de l'Enfer ! entre les mains un peu par hasard, lors d’un concours auquel j’ai participé, non pas parce que le livre m’intéressait mais parce que la question portait sur Douglas Adams et que je ne pouvais résister à l'envie d'y répondre ! Je ne savais pas trop quand j’allais le lire, du coup le Cercle d’Atuan m’a bien rendu service lorsqu’il est passé en lecture du mois.

Ce court roman de quelques deux cents pages raconte, comme son nom l’indique, comment quatre personnes qui se retrouvent en Enfer après leur mort essaient de s'en évader. Oubliez l’imagerie de Dante sur le sujet, ici l’Enfer ressemble à une sorte de New York alternatif, dans laquelle on se fraye un chemin en voiture, et à coup d’armes lourdes.

Je suis un peu mitigée sur ce livre. C’est un roman d’action, destiné à être lu d’une traite, et sur ce point, on est servi. Après la présentation des quatre protagonistes dans le prologue dans une narration brillante qui mêle peu à peu leurs situations, et une première partie d’exposition, le reste du livre enchaine scène d’action sur scène d’action ou presque (il ne manque que Bruce Willis !). Ca se lit bien, d’autant plus que l’auteur utilise une prose plutôt franche du collier et riche en termes très colorés.

Mais en même temps, toute cette action finit par lasser, parce qu’il n’y a rien de plus : les personnages sont à peine développé (typiquement Belle passe de la fille prostrée à Wonder Woman sans aucune explication), il y a clairement quelques critiques et réflexions sous-jacentes mais elles sont à peine évoquées, et même l’écriture qui pourrait être originale (l’introduction et les passages à la 2e personne montrent que Duncan a une certaine virtuosité) est assez raplapla à la longue.

On dirait que par moment Evadés de l’enfer ! se veut autre chose qu’un pur roman façon série B (et il en aurait les moyens), mais qu’il abandonne l’idée en cours de route. Bref, c’est une lecture où on reste sur sa faim. C’est doute à lire d’une traite sans trop se poser de questions.


CITRIQ

jeudi 24 février 2011

Sherlock – Saison 1


L’autre week-end, j’ai revu le film Sherlock Holmes qui m’avait tant plu l’an dernier, et histoire de rester dans la même thématique, je me suis attaquée à la mini-série de la BBC dont j’avais entendu tant de bien. Après tout, on n’a jamais assez de Sherlock Holmes.

Quand on sait qu'il s’agit en plus d’une série de la BBC, une interprétation moderne du personnage, avec en prime Steven Moffat qui se cache derrière et qui signe un des scénarios (le meilleur ai-je envie de dire, mais on va dire que je ne suis pas objective !), je me demande comment j’ai pu attendre si longtemps pour regarder Sherlock.

En trois épisodes (de 1h30 chacun, on flirte avec le téléfilm !), cette mini-série nous emmène donc découvrir ce à quoi pourrait ressembler Sherlock Holmes s’il vivait au XXIe siècle, et c’est un vrai plaisir. On retrouve tout à fait le personnage (il se déplace uniquement en taxi notamment et ignore complètement les transports en commun), adapté à la vie moderne (ah ses petits textos incisifs, son site internet, ses patchs de nicotine).

Les intrigues s’inspirent des romans de Conan Doyle. Le premier épisode, A Study in pink, est bien évidemment une réécriture de l’Etude en rouge (la toute première histoire de Sherlock Holmes, lorsqu'il rencontre avec Watson). Les deux suivantes empruntent leurs éléments à différentes histoires, on peut reconnaitre des fragments de nouvelles mixés ensemble.

Sherlock est un vrai plaisir à regarder : fidèle à l’univers de Arthur Conan Doyle, parfaitement réécrit en version moderne, et de très bons acteurs qui collent parfaitement aux personnages, et des scénarios prenants (même s’il serait bien de diversifier les types d’énigmes, je trouve qu’on accumule un peu trop de serial killers en trois épisodes).

En prime, la série se démarque aussi dans sa réalisation et ses effets : textes flottants, transitions entre les scènes, juxtapositions d’images, il y a plein de petites choses sympas qui font qu’on a un peu plus qu’une banale série télévisée, et ça, c’est vraiment agréable. La bande son, très proche de celle de Hans Zimmer (en même temps Sherlock sans violon, ce serait une trahison), est fort chouette.

Bref, c’est un petit plaisir à côté duquel il serait dommage de passer. Vivement la saison 2 !
Pour la petite anecdote, j’ai longtemps cherché d’où je connaissais Watson, alias Martin Freeman… il a joué Arthur Dent dans H2G2. Et il sera Bilbo dans le Hobbit. Ca fait une chouette filmographie (geek), non ?


[Et j'espère que vous bavez tous ma bannière toute neuve, certes elle est un peu trop petite -ma faute j'ai oublié de vérifier la taille exacte en passant commande- mais elle est pas géniale, ma Marmotte à moi qui l'a dessinée ?]

lundi 21 février 2011

Les fils de l’air - Johan Héliot


Des fois, je suis jalouse, je ne me souviens pas d’avoir eu à ma disposition des romans aussi intelligents dans mon adolescence. Oh bien sûr il y a toujours eu de très bons auteurs avant Harry Potter (je garde de très bons souvenirs des polars de Christian Grenier), mais je me souviens surtout de beaucoup de séries très à la chaine (genre Chair de Poule et confrères).

Bref quand je vois des petites pépites comme les Fils de l’air, je regrette que ça n'ait pas existé plus tôt. Imaginez un peu, c’est publié dans une collection jeunesse dédiée à l’Uchronie, même qu’elle s’appelle Ukronie. C’est déjà une chose d’avoir des vraies collections de SF comme Autres Mondes, mais là c’est hyper spécialisé quand même. J’adore !

Les Fils de l’Air est donc une uchronie qui débute avec la fuite de Louis XVI et de sa famille, non pas en carrosse destiné à être arrêté à Varennes, mais à bord d’un ballon dirigeable, avant de gagner l’Amérique en bateau, où, avec Benjamin Franklin, il fondera une brillante entreprise de ballons dirigeables qui va grandement changer la face du monde.

Tout cela, on le suit par le regard de sa fille Charlotte (alias Marie Thérèse de France), passionnée par les voyages dans les airs, plutôt maligne, et du genre obstinée. Ce n’est pas le personnage du siècle, mais ça aurait sans doute été mon héroïne si j’avais lu ce roman plus jeune.

L’histoire se lit avec plaisir : elle est facile d’accès et les chapitres s’enchainent avec plaisir, mais en même temps, elle requiert (à mon avis) un minimum de connaissances historiques pour l’apprécier à sa juste valeur (c’est quand même assez pointu sur l’histoire des Etats Unis, et tout le monde n’a pas joué à Day of the Tentacle dans sa jeunesse…).

Si les péripéties sont relativement classiques, la réécriture est plutôt chouette, surtout pour le personnage de Louis XVI qui s’en prend souvent plein la tronche en cours d’histoire. Le portrait qu’en tire ici Johan Héliot est tout de même plus nuancé…

Pour être honnête, en écrivant cette chronique, je me suis rendue compte que j’avais oublié la moitié de l’histoire, à peine une semaine après, ce qui explique la brièveté de ce billet. Cependant, pour la SF jeunesse, c’est un très bon cru, facile d’accès et intelligent. A recommander à tous les ados de votre entourage, c’est un excellent moyen de réviser !

Et ça me fait un livre de plus pour mon Winter Time Travel, lu grâce à l’avis très enthousiaste de BiblioMan(u).


CITRIQ

vendredi 18 février 2011

Walking Dead 1 : Passé décomposé - Robert Kirkman


J’avance doucement dans mon challenge Fins du monde avec un comic qui a fait pas mal de bruit (mais dont j’étais bizarrement complètement passée à côté), adapté en série télé qui plus est : Walking Dead, qui avait ses villes envahies de zombies et ses derniers humains essayant de survivre, est tout à fait post-apocalyptique dans son genre.

Le premier tome, Passé décomposé, nous emmène sur les traces de Rick, policier qui sort de son coma pour trouver un monde envahi de zombies anthropophages, où les survivants se terrent, barricadés dans des maisons ou dans des camps de fortune. Sa femme et son fils ayant disparu, il part à leur recherche, fusil à l’épaule, et c’est finalement tout un camp de survivants qu’il va découvrir en bordure d’Atlanta…

J’ai un peu l’impression de plagier la couverture, mais l’un des points forts de cette série se trouve définitivement les relations entre les personnages, et pas forcément la lutte zombies vs humains qui passe souvent au second plan (même si on le droit à quelques belles scènes dans le genre).

En effet le récit déborde de dialogues où les personnes s’interrogent sur leur devenir, et on se rend compte assez vite que le fait d’être peut-être les derniers survivants ne garantit en aucun cas une bonne entente entre les gens, surtout lorsqu’on se retrouve avec des différences d’opinion, et (fatalement, ais-je envie de dire) avec des luttes de pouvoir sur des questions de survie.

Le ton est très noir (vous vous attendiez à quoi ?), mais il m’est arrivé d’esquisser un sourire dans certains passages, notamment lorsque les femmes discutent du fait qu’elles se retrouvent à faire la lessive pendant que les hommes chassent : « Ce n’est pas une question de droit des femmes, c’est une question de réalisme et de faire ce qu’il y a à faire ».

Pour le moment je ne suis pas hyper conquise ceci dit. J’avoue avoir du mal avec le protagoniste principal, Rick, ce qui nuit un peu à ma lecture. Du coup, j’ai envie de lire la suite, mais je ne suis pas si pressée que ça… on verra comment ça évolue sur le 2e tome.


CITRIQ

mardi 15 février 2011

Black Swan - Darren Aronofsky


Dès la bande annonce, il y a quelque chose qui m’a furieusement donné envie de voir le film, sans même savoir qui était le réalisateur, et le fait de savoir que c’était le dernier film de Darren Aronofsky n’a été que la cerise sur le gâteau. Je n’ai toujours pas vu Requiem for a Dream, mais tous les autres films que j’ai vu de lui ont été des gros coups de cœur.

(oui, même The Fountain mon cher Silvère, pas la peine de râler !)

Après le catch, le réalisateur s’intéresse cette fois-ci au monde des ballets. Nina, magnifiquement incarnée par Nathalie Portman, est une danseuse qui rêve de sortir du rôle et devenir étoile. L’opportunité se présente lorsque le directeur de la compagnie décide de monter le célèbre Lac des Cygnes de Tchaïkovski, et voilà Nina chargée d’incarner à la fois le Cygne blanc et le Cygne noir.

Si le premier rôle lui va comme un gant, c’est une autre paire de manches pour le deuxième, et pour arriver à devenir cygne noir, elle va peu à peu sombrer dans la folie : hallucinations, paranoïa, doubles dans le miroir, blessures imaginaires ou réelles… sans parler de la pression de l’entourage (je n’arrive pas à déterminer qui est le plus flippant des deux, entre la mère et Vincent Cassel) et la dureté du milieu de la danse (où à 30 ans on est « à la retraite », entre autres joyeusetés).

Black Swan est un film duquel on sort complètement lessivé. C’est un film horrible et malsain à souhait (je ne le recommanderais pas aux âmes sensibles d’ailleurs), mais c’est une histoire si prenante et intense, si brillamment réalisé, qu’on accroche complètement d’un bout à l’autre.

La patte de Darren Aronofsky y est pour quelque chose : on y retrouve les plans très serrés comme dans The Wrestler (on a parfois l’impression que la caméra est pratiquement posée sur l’épaule de Nathalie Portham), mais aussi des délires visuels qui m’ont presque rappelé The Fountain.

Ajoutez à ça pas mal de jeux sur les miroirs, et toute la transformation physique de l’héroïne qui s’intègre qui s’intègre de façon très naturelle dans l’histoire (on est plus à une hallucination près, surtout que comme Nina, on arrive jamais à distinguer ce qui est réel de ce qui ne l’est pas), et vous obtenez un sacré morceau de film.

Film porté qui plus est par sa BO, qui m’a fait replongé direct dans Tchaïkovski (après Le Concert, ça devient une habitude…), à ceci près que la partition retravaillée par Clint Mansell rend la musique bien glauque par moments (je n’ai pas l’original pour comparer, mais certains passages lui ressemble plus à lui qu’à Tchaïkovski de toute façon !). Autant dire que je l’ai acheté à peine sortie !

Pfiou, je crois que je vais trouver les autres films un peu fades après celui-là…