mardi 27 octobre 2015

Doctor Who 9x06 - The woman who lived


La semaine dernière, le Doctor avait laissé chez les Vikings une jeune immortelle. On aurait pu attendre quelques épisodes pour revenir à l’histoire d’Ashildr, mais c’est finalement dans l’épisode suivant qu’on a pris de ses nouvelles. Pour elle, 800 ans ont passé. Pour le Doctor, peut-être quelques heures ou quelques jours… autant dire que leurs retrouvailles ne sont pas être faciles ! Comme d’habitude, spoilers…


Avant de commencer, il faut noter que l’épisode de la semaine a été écrit par une femme. Je ne pense pas que ça joue énormément en soit sur l’écriture (qui n’est pas censée avoir de genre après tout), mais cela fait plaisir à voir. Si on croise ponctuellement des femmes réalisatrices (comme Hettie MacDonald qui a réalisé le début de cette saison et l’extraordinaire Blink), c’est le premier scénario écrit par une femme dans Doctor Who depuis… la saison 4, rien que ça !


Nous voilà donc à la fin du XVIIe siècle, et Ashildr a quelque peu changé de profession : elle n’invente plus des histoires mais pratique le banditisme (avec classe, il faut le reconnaître, elle se fait appeler « The Knightmare »). Par le plus grand des hasards (enfin, tout est relatif), sa route croise celle du Doctor alors qu’elle est occupée à délester un couple de nobles de ses biens.

- Ashildr...
- That's not my name. I don't even remember that name.
- Well, what... what do you call yourself ?
- Me.
- Yes, you, there's nobody else here.
- No... I call myself Me. All the other names I chose died with whoever knew me. Me is who I am now. No-one's mother, daughter, wife. My own companion. Singular. Unattached. Alone.
Je vais sûrement le répéter tout au long de cette chronique, mais le personnage d’Ashildr est juste superbe. Son évolution en 800 ans est tout à fait crédible : la façon dont elle perd la mémoire parait logique, plus on vieillit moins on se souvient des détails de son enfance, alors plusieurs siècles plus tard c’est encore pire. Et j’aime beaucoup la façon dont elle se coupe du monde pour se protéger de la souffrance jusqu’à changer son nom.

Maisie Williams arrive vraiment bien à camper ce personnage à l’apparence très jeune, mais pourtant très âgé à l’intérieur. Par moment, dans ses reproches qu’elle adresse au Doctor, elle m’a fait penser à Claudia dans Entretien avec un vampire. À ceci près que le Doctor n’a rien d’un Lestat, et qu’il s’inquiète du sort de sa progéniture.


Du coup autant aller vivre une aventure ensemble, et y’a pas discuter, ils sont trop mignons quand ils cambriolent ensemble une maison, avec tout ce que cela implique de gaffes de la part d’un Doctor qui ne sait pas rester discret !

- Who's this ? Your sidekick ? You've got your dad as a sidekick ?
- I'm not his dad, I'm the Doctor.
D’ailleurs leur parenté est même reconnue par un bandit de grand chemin adepte des plaisanteries (on y reviendra). Et effectivement sous le couvert de l’humour, c’est pure vérité : en un sens, c’est le Doctor qui a créé « Lady Me », et il est normal qu’il se soucie d’elle, comme le montre la discussion suivante :

- You can't wait to get going and find out, I'll wager.
- No. I think I want to stick around and keep an eye on you for a while.
- Get me back on track ?
- Well, why not ? Hey, we're a good team.
- Then take me with you.
- You don't want to get stuck with an old fool like me. You have this whole wonderful planet to play on.
- It takes a day to get to Kent.
- In the future, you'll fly.
- I want to fly right now. I have waited... longer than I should ever have lived. I have lost more than I can even remember. Please, Doctor... just get me out of this. I want more than this. I deserve more than this ! Why not ? Why not ?!
- Because it wouldn't be good.
C’est assez marrant parce que j’ai eu du mal à comprendre son refus (pourtant ça parait logique lorsqu’il l’explique à la fin), je crois que j’étais un peu trop de tout cœur avec Ashildr (qui m’a vraiment fait pensé à Claudia dans cette scène avec sa robe) dont les plaintes ne laissent pas indifférent.


Pour le moment, l’histoire ne va pas plus loin, puisqu’il faut revenir à l’intrigue : l’Œil d’Hadès, le fameux médaillon qu’ils recherchaient tous les deux, était en fait destiné à un homme-lion alien allié de Ashildr, qui en a besoin pour rentrer sur la planète. Petit hic : il faut tuer quelqu’un pour l’alimenter. Une bonne chose que le bandit de grand chemin adepte de plaisanteries soit sur le point d’être pendu !


Un futur pendu qui n’est pas très pressé, et qui repousse l’échéance en organisant un véritable one-man-show sur l’estrade. La scène est hautement improbable (encore plus quand le Doctor débarque et s’invite dans le jeu), et en même temps, qu’est-ce que Doctor Who sinon une série où les victoires se font souvent par la parole ?


Évidemment il s’avère que notre ami léonin avait menti, et qu’au lieu de rentrer chez lui, il cherchait surtout à inviter ses amis envahisseurs à une petite sauterie sur Terre. Rien de bien novateur dans cette intrigue, mais ce n’est pas nécessaire. Elle accompagne à merveille sans jamais prendre le pas sur la véritable histoire, celle du Doctor qui veut sortir Ashildr de la coquille dans laquelle elle s’est enfermée.

- But I do. Oh, God, I do. I actually do, I... I care.
- It's awful, isn't it ? It's infuriating. You think you don't care and then you fall off the wagon.
- Never mind about me. What are we going to do about them ? We have to help them. They need you. They need us.
- Welcome back !
Et c’est la deuxième puce de guérison que le Doctor avait laissé à Ashildr et qu’elle n’avait jamais utilisé, faute de trouver quelqu’un d’assez bien, qui sauve la situation. Au passage, on va peut-être avoir un deuxième immortel sur les bras (ou peut-être que non, même le Doctor n’en sait rien !).

(et j’aime beaucoup la versatilité des anglais qui à un moment veulent pendre un bandit, puis rient à ses blagues, puis veulent le pendre, et qui finalement applaudissent quand le pauvre bandit assassiné n’est pas mort !)

- You're still not going to take me with you, are you ?
- People like us, we go on too long. We forget what matters. The last thing we need is each other. We need the mayflies. See, the mayflies, they know more than we do. They know how beautiful and precious life is because it's fleeting.
Très joli moment cette scène, où le Doctor explique clairement ses raisons. Et elles sont extrêmement logiques, c’est la raison intrinsèque pour laquelle il s’entoure de compagnons humains, pour l’aider à garder justement son « humanité ». Et on comprend mieux qu’il n’ait pas envie de voyager avec un reflet de lui-même.
- You're not the first, you know. I did travel with another immortal once. Captain Jack Harkness.
- Who ?
- He'll get round to you eventually.
Et cette petite référence a suffi à me faire sauter de joie, je ne désespère pas qu’on recroise le personnage dans la série un jour, même pour un seul épisode, ça serait fort drôle !

- You're an extraordinary woman, Ashildr. But... I think I'm going to have to keep an eye on you.
- No.
- No?
- Someone has to look out for the people you abandon. Who better than me? I'll be the patron saint of the Doctor's leftovers.
- While you're busy protecting this world, I'll get busy protecting it from you.
- So are we enemies now ?
- Of course not. Enemies are never a problem.
- It's your friends you have to watch out for. And, my friend... I'll be watching out for you.
- Ashildr... I think I'm very glad I saved you.
- Oh, I think everyone will be.
Et au terme de cette discussion, il semblerait qu’Ashildr ait trouvé sa vocation : prendre soin de ceux que le Doctor laisse derrière lui. Vaste au programme, qui ouvre (je l’espère) la porte à d’autres apparitions dans la série, c’est toujours chouette d’avoir des personnages récurrents en dehors des compagnons.


C’est donc très bon signe, cette conclusion où on la retrouve dans le secteur de l’école de Clara (qui d’ailleurs était totalement absente de cet épisode, ce qui est sans mieux, elle n’aurait fait que parasiter la confrontation entre Ashildr et le Doctor). Affaire à suivre, je l’espère… enfin pour le moment je crois que c’est surtout des Zygons qui nous attendent la semaine prochaine !

En tout cas The woman who lived est un excellent épisode à tout point de vue : l’histoire est simple mais fonctionne à merveille, la thématique de l’immortalité est très bien exploitée, et les dialogues sont superbes. Peter Capaldi est comme toujours excellent autant lorsqu’il est sérieux que lorsqu’il semble totalement à l’ouest, mais j’ai aussi beaucoup apprécié le personnage d’Ashildr, vraiment bien construit et superbement interprété. Nous voilà arrivés au milieu de la saison 9, et mis à part un premier épisode mitigé, je suis sous le charme !

2 commentaires:

  1. Pour ma part j'ai un peu moins aimé que le précédent, notamment à cause de l'intrigue secondaire qui a moins bien marché pour moi !

    Mais bon, la confrontation Doctor/Ashildr est vraiment intéressante, il y a effectivement des moments funs et j'ai globalement bien apprécié l'épisode également ! Cette saison 9 semble réconcilié tout le monde ! :-)

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