dimanche 27 septembre 2015

Le fleuve des dieux - Ian McDonald


L’an dernier, après quelques démêlés avec le très étrange Brasyl, j’avais mis en pause mon exploration de l’œuvre de Ian McDonald. Il était grand temps que je m’y remette, en partant cette fois-ci visiter l’Inde du futur qu’il a imaginé pour son roman Le fleuve des dieux.

Direction donc l’année 2047, où l’Inde est toujours animée par des divisions intérieures, où la pluie se fait attendre depuis plusieurs années et où les intelligences artificielles sont légions (on parle d’aeai). Grâce à neuf personnages différents dans les destins se croisent dans la ville de Vârânacî, le roman nous balade dans toute la société indienne, dans un monde qui semble à la fois très proche et très éloigné du nôtre.

Difficile de ne pas penser à La maison des derviches en lisant Le fleuve des dieux, je suis donc condamnée à faire cette chronique sous forme d’une gigantesque comparaison. Les deux romans étant construits à l’identique à quelques détails près, j’ai passé toute ma lecture à jouer au jeu des sept différences.

On a affaire à la même projection futuriste dans une ville qui sert pratiquement d’unique lieu de décor (ici Vârânacî, Istanbul du côté des Derviches). On suit la même ribambelle de personnages dont les histoires finissent par se croiser. On se retrouve une fois encore face à la même incroyable mise en scène d’une culture qu’on ne connaît pas forcément beaucoup, ou uniquement des clichés (ici l’Inde).

Et à l’image de La maison des derviches, Le fleuve des dieux n’est pas facile d’abord, surtout si on se laisse engloutir sous les termes indiens qui ponctuent le récit et les dialogues (le lexique à la fin est un modèle d’inutilité, je ne l’ai jamais ouvert pour les mots qu’il propose, toujours pour ceux qui n’y étaient pas !).

Cependant, peut-être parce que j’étais familiarisée avec le mode de récit, et sans doute grâce à mes vagues souvenirs de mes cours d’art indien (et ses éléments de mythologie), je suis rentrée bien plus facilement dans Le fleuve des dieux, et j’ai trouvé la lecture aisée.

Cela tient aussi, je pense, à une intrigue qui se n’éparpille pas tant que cela (tous les personnages se croisent assez rapidement ou finissent par évoluer dans la même direction), et une partie scientifique relativement facile à comprendre, qui s’intéresse principalement à la question de l’intelligence artificielle (un sujet qui parle à tout lecteur de SF).

Du coup en se lançant dans Le fleuve des dieux, on part dans un voyage fort exhaustif (on aborde à peu près tous les aspects de l’Inde), qui nous projette dans un futur proche qui sonne tellement juste qu’on pourrait le croire déjà réel. Inutile de dire que les différentes étapes du périple ne laissent pas indifférent, et que les parcours des différents personnages soulèvent de nombreuses questions et réflexions.

Un univers extrêmement travaillé (et sans aucun doute très documenté), une belle galerie de personnages (il n’y a guère que Shiv qui ne m’a pas trop parlé), une histoire plutôt prenante… et pour couronner le tout, ces ingrédients sont sublimés par une très belle écriture (et je me permets de saluer au passage le boulot de Gilles Goulet, le traducteur, j’ai idée que ça n’a pas dû être facile !).

Bref après la déception de Brasyl, je suis ravie de renouer avec l’œuvre de Ian McDonald, une très belle science-fiction qui peut être difficile d’abord mais mérite qu’on se plonge dedans. Prochain objectif : La petite déesse, recueil de nouvelles dans le même univers.

CITRIQ

853 p.

5 commentaires:

  1. Bigre il vient de faire un bond dans ma wishlist. La petite déesse, si tu veux je te le prête.

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  2. Ce roman est un chef d'oeuvre de la SF contemporaine, voilà ! :)

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  3. @Tigger Lilly
    Je prends note, sinon je l'ai aussi vu à la bibliothèque (ce qui m'obligera à le lire rapidement ^^).

    @Lorhkan
    Bien résumé !

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  4. Bon, d'accord, finalement je le mets sur ma liste des "si-jamais-j'ai-envie-d'un-bon-gros-pavé-ardu" et on verra bien si un jour... ^^

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  5. @Baroona
    Pour la prochaine édition du challenge Pavé de l'été par exemple ^^

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