lundi 25 juin 2012

Histoire de Nerilka - Anne McCaffrey


C’est assez marrant comment les opinions évoluent. Je gardais de l’Histoire de Nerilka un souvenir plus que mitigé qui me faisait rechigner à relire ce roman, la faute à son intrigue qui se répète avec la Dame aux dragons. Et pourtant cette fois-ci j’ai beaucoup apprécié cette lecture (plus que l'histoire de Moreta en fait). A se demander quelles seront mes impressions de lecture dans dix ans…

A côté du pavé que représente la Dame aux dragons, l’Histoire de Nerilka fait office de poids plume : même pas deux cents pages, on est plus proche de la novella que du roman. En même temps, il n'est pas nécessaire de développer une histoire sur quatre cents pages vu le synopsis.

En effet, Nerilka est un personnage secondaire de la Dame aux dragons, une fille du Seigneur de Fort, douée de grands talents de guérisseuse, qui va s’impliquer à sa façon dans la lutte contre l’épidémie qui frappe Pern. Du coup nul besoin de réexpliquer les tenants et les aboutissants de l’épidémie, le lecteur est supposé être familier avec les faits.

Cela explique la courte taille de ce roman, ce qui est un peu frustrant en fait. Autant je trouvais quelques longueurs à la Dame aux dragons, autant Nerilka va un peu vite en besogne et se révèle presque trop court.

Il faut dire que l’Histoire de Nerilka est un cas un peu à part dans la Ballade de Pern : c’est un roman à la première personne (enfin il y en a peut-être d’autres mais je ne les ai pas encore redécouverts), et surtout, il emprunte une bonne partie de sa structure aux contes.

Enfin je ne sais pas si c’est volontaire ou non, mais ça m’a vraiment frappé à la relecture : Nerilka est une princesse (atypique) pas forcément reconnue à la hauteur de ses compétences, sa mère et ses sœurs connaissent une mort tragique, sa nouvelle belle-mère, plus jeune qu’elle, la tyrannise (ou peut s’en faut), et elle finit par s’enfuir… pour retrouver son « prince charmant ».

C’est un peu fleur bleue, forcément (on est bien chez Anne McCaffrey), mais j’ai trouvé une certaine amertume et un côté pragmatique à l’histoire qui font qu’on s’éloigne un peu des grandes et belles histoires d’amour.

Si on ajoute le fait que l’héroïne n’est pas un chevalier-dragon (ça n’a l’air de rien, mais c’est assez rare d’avoir l’autre point de vue, surtout que Nerilka n’a même pas un lézard de feu pour relever son niveau de normalité !), c’est un petit texte plutôt agréable à lire.

Ceci dit Nerilka est un roman un peu bancal, du fait de son côté spin-off. On en connait déjà les grandes lignes et la fin avant de le lire si on a lu la Dame aux dragons, et si on ne l’a pas lu, l’épidémie doit paraitre drôlement expédiée. Mais en même temps, il apporte des éclaircissements nécessaires à la Dame aux dragons (notamment la destinée d’Alessan).

Bref j’ai un peu de mal à comprendre comment se fait-il qu’on se retrouve avec ces deux romans qui se complètent et se chevauchent, et qui ne semblent correctement finis ni l’un ni l’autre. Sans doute une histoire de sous, quoi d’autre ?

Pour la suite, ce sera encore un bon en arrière, puisqu’avec l’Aube des dragons, c’est un retour sur les origines de Pern !



CITRIQ

7 commentaires:

  1. Encore une chouette chronique, que de chroniques :)

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  2. Le côté spin off de celui ci ne m'a jamais attiré. J'avais comme l'impression commençait à tirer un peu trop sur la corde.

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    1. C'est un peu son problème à Nerilka, il aurait suffit de la recaser toute entière dans la Dame aux Dragons... enfin c'est pas le seul cas dans la série de Pern de mémoire ^^

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    2. Sur ce point on est d'accord.

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  3. Ah c'est sympa ton lien avec la princesse et la belle mère méchante et tyrannique, cela fait un peu conte de fée effectivement.
    J'ai apprécié ma lecture comme toujours mais j'ai passé un bon moment à me demander pourquoi Mc Caffrey avait eu besoin d'écrire cette histoire là précisément, alors qu'elle aurait pu l'intercaler dans la précédente.
    De plus les relations entre personnages, surtout entre Nerilka et Alessan continuent à être gnangnan.

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    1. Je t'avoue que je n'ai pas trouvé ça si gnangnan que ça comme relation, même si au final tout finit bien, le Alessan qui dit "oh je te fais juste un gosse et je me tue" m'a un peu choqué, c'est un peu trop sombre pour l'univers de Pern xD

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