mercredi 23 septembre 2009

Le Musée des arts et métiers




(Spéciale dédicace à Marmotte, compagne de visite)

Histoire de nourrir un peu la section « visite guidée » de ce blog, et pour prouver au monde que les geeks peuvent sortir de chez eux (c’est pourquoi il faut leur payer un abonnement à Nolife pour éviter ça… pardon je m’égare), voici le compte-rendu de ma sortie culturelle de début septembre : le Musée des arts et métiers.

Cela faisait longtemps qu’il nous tendait les bras, ce musée planqué pas loin du centre Pompidou, avec son nom pas très explicite sur son contenu (oui je sais le Louvre vu comme ça c’est pas très clair, mais sa réputation le précède en général). Comme les musées nationaux sont désormais gratuits pour les moins de 26 ans, pourquoi se priver ?

Le petit prospectus remis à l’accueil donne quelques pistes pour la compréhension de l'origine de l'endroit :
« Vous voici sur les traces des inventeurs et des aventuriers du progrès, à la découverte d’un patrimoine scientifique et technique unique au monde »
(Cette intro a d'ailleurs un petit côté vieux documentaire des années 80-90 comme Il était une fois l’homme fort sympathique)
« Créé en 1794 par l’abbé Grégoire, le Conservatoire national des arts et métiers, « dépôt des inventions neuves et utiles », est le musée de l’innovation technologique. »


Progrès et innovation technologique sont les maitres mots en fait. Dans ce musée s’accumulent un grand nombre d’objets, maquettes et reconstitutions diverses qui nous racontent une histoire de l’évolution des techniques, de la Renaissance à nos jours.

L’organisation des collections a été entièrement revue en 2000, et il faut reconnaitre que le parti-pris est intelligent, à la fois simple et efficace : on évolue dans les collections par thématique, chacune étant ensuite présentée de façon chronologique. Voici les sept thèmes présentés : instrument scientifique, matériaux, construction, communication, énergie, mécanique et transports.

En déambulant librement, on peut assez vite reconnaitre quelques objets incontournables que tout le monde a connaissance (plus ou moins), et pour lesquels il est amusant de mettre une représentation en 3D dessus, loin des livres d’histoire : dites bonjour à la lunette de Galilée, au laboratoire de Lavoisier ou encore au télégraphe de Chappe.

Moi qui ai toujours à regarder l’histoire par la fenêtre de l’Art, c’est assez plaisant pour une fois d’avoir une autre approche plus « pragmatique », plus « archéologique » en quelque sorte, puisque finalement on va trouver en vitrine des choses assez banales comme une horloge, une paire de ski ou un téléphone. Pas vraiment des œuvres d’art, hein ?

Et en tout honnêteté, je me suis dit que si un jour j’écrivais un roman steampunk, j’irais passer une journée là-bas à y observer les vieux instruments scientifiques et autres machines pour inspirer mes descriptions. Il y a vraiment de quoi nourrir une atmosphère XVIIIe-XIXe, entre les machines à vapeur, les fioles à vide, les presses à imprimer et les diverses mécaniques.

Par contre, hormis quelques panneaux d’information et quelques cartels plus détaillés quand il s’agit d’œuvres majeures (notez la déformation professionnelle qui me pousse à parler d’œuvre d’art même pour un métier à tisser), le visiteur est un peu livré à lui-même s’il n’a pas de guide ou d’audioguide.

Je regrette de ne pas avoir suivi la visite guidée pour une première approche, parce qu’à force d’errer et de se sentir perdu, on passe très vite les dernières salles. Il faut reconnaitre que quand vous vous êtes payé une histoire des sciences et de l’industrie assez complexe, les sections énergie et mécanique c’est la goutte de trop ! Et quelle goutte d’ailleurs, voyez la photo plus bas.

Du coup je pense que c’est un musée qui est sympa à visiter avec un guide, ou alors en se limitant un peu. Toutes les sections ne sont pas forcément aussi attirantes pour tous les visiteurs et finalement il faut faire son choix.

J’ai bien aimé le début des instruments scientifiques (en plus l’environnement de combles est très sympathique), mais j’ai décroché assez vite après Lavoisier. Les matériaux sont intéressants (c’est un peu une mini-histoire de l’industrie). La construction est assez ludique dans sa présentation.

Et surtout, j’ai adoré la section communication. C’est normal, c’est l'endroit où chaque objet a un sens pour moi, et est replaçable dans un contexte. Parce que oui l’imprimerie, la photo, la gravure, j’en ai bouffé dans mes études. Et l’informatique et les télécoms ont un côté presque émouvant (ah, le minitel) pour la bonne grosse geek que je suis.

Ca m’a fait très plaisir de voir plein d’appareils photo dont on avait parlé en cours, de voir l’évolution du phonographe au lecteur de minidisc (et encore ils n’ont pas encore mis de lecteur mp3), de contempler la taille des caractères sur une presse à imprimer. Bref j’ai beaucoup aimé cette partie, qui en fait a un réel côté musée des antiquités.

Oui parce que quand vous faites l’inventaire des objets que vous avez possédé/utilisé et qui sont complètement dépassés aujourd’hui, ça colle un peu le bourdon. Je parlais du minitel mais j’ai aussi vu un magnétoscope, un walkman (oui ceux avec des cassettes), un téléphone filaire (ceux que France Telecom louait)… et les premiers micro-ordinateurs aussi.

Du coup je me dis que dans quelques années ce musée va prendre une importance capitale. Globalement les générations précédentes gardaient longtemps leurs objets : j’ai vu des anciens postes de télé, j’ai trouvé un phonographe portable chez ma tante (qui fonctionnait à manivelle !!).

Aujourd’hui on est vite dépassés par la technologie, du coup bientôt il faudra emmener nos enfants voir dans des musées la vie qu’on menait avant (et pas juste la vie de péquenot que menaient nos grands-parents paysans à monter en alpage l’été et tout le tralala qui va avec).

C’est donc un musée pour emmener des enfants, et pas que pour leur montrer avant. Il y a quand même un côté assez ludique à découvrir tous ces étranges appareils et comment ils fonctionnent (par contre l’accompagnant a intérêt à être calé !). Accessoirement il y a un théâtre des automates qui propose des démonstrations plusieurs fois par mois, ce qui m’a l’air très intéressant.

Bref, le musée des Arts et métiers est une visite agréable, mais il vaut mieux sélectionner ce qu’on va visiter (ou opter pour une visite guidée). La visite se termine par l’église Saint Martin des Champs, adossée au bâtiment, qui abrite le pendule de Foucault (le fameux… en même temps je dis ça, je ne savais même pas le pourquoi du comment de sa célébrité), et sert de lieu d’exposition temporaire.

En ce moment, il y a une exposition sur les débuts de l’aviation, et il faut reconnaitre que ça a son petit effet scénographique, de voir des maquettes d’avions sous la voûte d’une église de style gothique. J’ai pas regarder le contenu plus que ça, mais le lieu est chouette.

Pour finir je vous mets deux photos pour vous faire une idée. J’ai eu la bonne idée de ne sortir mon appareil que dans les dernières sections, c’est assez limité pour l’aspect représentatif ! Ceci dit elles montrent bien l'étrange synergie entre ce vieux bâtiment et les inventions qu'il abrite.



6 commentaires:

  1. Sur le pendule tu peux commencer par cette escroquerie scénaristique qu'est le roman de Umberto Ecco le pendule de Foucault (le seul livre que j'ai jamais jeté au travers de ma chambre après avoir lu la dernière phrase) : il explique très bien ce que c'est sinon !
    Bon, et je ne peux m'empêcher de souligner que à côté s'écrit avec un circonflexe à mois qu'on ne s'appelle Kerviel et qu'on joue en bourse... Ah, je te l'avais déjà dit ? (ton innocent)

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  2. Présenté comme ça, ça donne très envie de le lire ton livre. Heureusement ils expliquent très bien au musée ^^

    Et le jour où je maitriserait la différence entre côté et coté n'est pas près d'arriver xD

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  3. ça a l'air sympa ce musée, faudra que j'y fasse un tour^^

    surtout que ça doit être très coté...

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  4. Ce bouquin me fait de l'oeil sur son rayonnage depuis quelque chose comme deux ans, j'ai maintenant une raison de plus de le lire!
    (t'as remarqué que je t'évite d'en remettre une couche avec sa cote... ah mince je viens de le faire ^^)

    En tous cas c'est le genre de musée que je "me ferais" volontiers si j'habitais vers Paris.

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  5. Le pendule de Foucault sert à mesurer (tracer sur le sol) l'inclinaison de la terre, due à la rotation de la terre sur elle-même et autour du soleil. En résumé c'est une des preuves de l'époque que le soleil ne tourne pas autour de nous comme le pensait l'église de Rome.
    Quand au livre d'ECCO : ??? qu'est-ce qu'il vous a fait ce livre ? Il est très bien écrit... ECCO se paie la tête des ésotéristes de pacotille qui prennent une liste de course du moyen-âge pour un code secrêt des templiers. De + le passage où le fonctionnement d'une machine à laver est analysé en fonction de la Kabbale juive est succulent. C'est délicat à digérer mais c'est exactement le genre de conneries qui se transmet dans certaines sectes gnostiques, rose-croix ou en scientologie.

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