mardi 26 novembre 2013

Doctor Who : autour de l'épisode anniversaire

Oui je sais, « Oh non pas encore ! ». Mais le cinquantième anniversaire d’une série, ça n’arrive pas tous les ans, et je me suis rendue compte en rédigeant mon précédent article que je ne pouvais pas faire l’impasse sur les autres productions liées au 50ème anniversaire. Voilà donc un petit billet qui en fait le tour (estimez-vous heureux que je fasse une synthèse !).


The Night of the Doctor 

Il s’agit d’un de ces « minisodes » qui introduisent assez régulièrement les épisodes de Doctor Who. Souvent simples vidéos anecdotiques, ce n’est pas du tout le cas ici. The Night of the Doctor fait en effet le pont entre The Name of the Doctor et The Day of the Doctor en révélant/confirmant l’identité de ce mystérieux Doctor joué par John Hurt, et ce avec un sacré panache.

C’est bien simple, quand j’ai vu Paul McGann (alias le 8e Doctor) apparaître, j’étais complètement sous le choc. Pourtant il ne m’avait pas vraiment convaincu dans le téléfilm où il apparaissait, mais là en trente secondes je suis tombée complètement amoureuse, parce qu’il semblait bien plus être le Doctor, et pour le coup j’aurais bien signé pour deux ou trois saisons avec lui (j’ai plus qu’à me mettre aux aventures audios du coup, c’est malin !).

Et puis cette micro apparition est d’une importance capitale, puisqu’elle conclut l’histoire du 8e Doctor (qui restait quand même très floue jusque-là), reconnaissant officiellement dans la foulée toutes ses aventures audios. Dans la foulée, on assiste donc au début de la réunion entre l’ancienne et la nouvelle série, travail qui sera achevé (avec brio) par The Day of the Doctor.

Et tout ça en à peine sept minutes. Comme quoi le format court a encore de belles heures devant lui...

A noter qu’il existe une deuxième prequel à l’épisode anniversaire, The Last Day, mais étant pour le coup assez anecdotique (surtout en comparaison de celle-ci), je ne m’étalerai pas dessus.



An adventure in space and time

Ecrit par Mark Gatiss, An adventure in space and time est un biopic qui revient sur le tout début de la série, depuis sa création jusqu’au départ de William Hartnell. Trois années à peine, mais déjà bien remplies.

C’est sympa de découvrir à quel point c’était une série novatrice dans tous les domaines à l’époque (y compris dans le fait qu’elle était produite par une femme !), et de voir comment tout cela était tourné, dans un mini studio ridicule avec des prises de vue en continu.

D’habitude je ne suis pas forcément très fan des docu-fictions, mais je dois avouer que c’est une approche judicieuse pour un sujet tel que Doctor Who, qui passe son temps à accommoder la réalité à sa sauce. Et il faut reconnaître que la reconstitution en met plein la vue, tout est délicieusement sixties.

Et puis il a la performance de David Bradley, absolument génial en William Hartnell. Autant les autres personnages ne m’ont pas plus touché que ça (j’ai un peu trop les acteurs en tête pour ne pas voir la différence) autant lui m’a bluffé, au point que quand les reconstitutions ont commencé à se mélanger aux extraits de l’époque après le générique, je ne savais plus ce que je voyais !

An adventure in space and time est donc un très joli cadeau d’anniversaire, et si vous n’avez pas le courage de regarder les vieux épisodes en noir&blanc, je vous en recommande vivement le visionnage, pour vous faire une idée du moment où tout a commencé.



The Five(ish) Doctors reboot

Dernier et non des moindres, The Five(ish) Doctors reboot est une hilarante vidéo de 30 minutes qui raconte l’épopée improbables des acteurs jouant les Doctors de l’ancienne série pour apparaître dans l’épisode du 50e anniversaire.

Sans même parler du contenu, je trouve cette initiative (et le fait qu’elle ait été reconnue officiellement) super chouette parce que cela permet d’inclure tous les Doctors dans cette célébration, même s’ils ne pouvaient pas jouer un rôle dans The Day of the Doctor (ça aurait été difficile à justifier scénaristiquement de tous les intégrer).

Et surtout le résultat est juste hilarant. The Five(ish) Doctors reboot, c’est 30 minutes de pur délire où les caméos s'enchaînent et où tout le monde en prend pour son grade (les anciens comme les nouveaux acteurs, et ne parlons même pas de Moffat, Russell T. Davies ou John Borrowman !), avec beaucoup d’affection, et un grand sens de l’auto-dérision.

Du coup, arrivé à la fin, on a bien sûr un sourire ridicule plaqué sur le visage, mais aussi un peu la larme à l'oeil, parce qu’il n’y a bien que Doctor Who qui permet de produire des OVNI pareils !

dimanche 24 novembre 2013

Doctor Who - The Day of the Doctor


D'habitude, j'aime bien faire mes chroniques Doctor Who en collant à la chronologie de l'épisode pour pointer tout ce que j'ai aimé et commenter au fur et à mesure, mais face à cet épisode du 50ème anniversaire, il m'a fallut déclarer forfait dès le départ, c'est chose impossible sous peine d'y être encore à Noël !

Je ne savais pas trop à quoi m'attendre face à cet épisode. J'étais à la fois curieuse et inquiète à l'idée de voir le résultat. Comment réussir à faire quelque chose d'exceptionnel en une durée aussi courte ? L'histoire avec John Hurt en vaudrait-elle la peine ? S'attaquer à la Time War n'était-ce pas un peu risqué ? Billie Piper et Jenna-Louise Coleman allaient-elles se taper dessus pour savoir qui est la meilleure compagne du Doctor ?

Toutes ces interrogations se sont complètement envolées hier soir alors que la diffusion de l'épisode débutait. D'ailleurs c'est un des excellents points de cet épisode anniversaire, d'avoir pu le regarder sur France 4 en même temps que partout dans le monde (en plus si ça peut se faire pour un épisode, ça doit pas être impossible de le faire à l'échelle d'une saison...).


The Day of the Doctor démarre en fanfare avec un onzième Doctor qui enquête sur d'étranges tableaux à la National Gallery, tandis que le dixième Doctor est perturbé dans son pique-nique romantique avec la reine Elisabeth Ière par une attaque de Zygons (des aliens métamorphes).

Leurs aventures respectives (et néanmoins liées) sont cependant perturbées par l'entrée en scène du « War Doctor » (a.k.a. John Hurt, le Doctor 8,5). Celui-ci s'apprête à utiliser le Moment, une arme terrifiante, pour mettre fin à la Time War. Sauf que le dit Moment est une arme consciente (qui prend pour le coup l'apparence de Rose/Bad Wolf), et celle-ci l'envoie visiter son futur pour l'aider dans sa décision.

Plusieurs Doctors, le retour d'UNIT et Kate Stewart, des aliens vilains pas beaux, Gallifrey, du timey-wimey, des blagues sur les tournevis soniques, du personnage historique, un fez... autant dire que c'est un peu Noël avant l'heure !


Commençons déjà par parler du nerf de l'épisode, la présence de trois Doctors (sans parler des caméos divers et variés). L'histoire aurait pu se contenter de mettre en scène les trois Doctors en train de bavasser sur un canapé pendant une heure que ça aurait déjà été génial, alors imaginez un peu ce que ça donne de les voir agir ensemble.

C'est quelque chose qu'on aimerait voir tout le temps, et avec plus de Doctors. Mais je comprends parfaitement que les scénaristes y recours aussi rarement, il serait dommage que ces rencontres deviennent banales à force d'être multipliées. Par ailleurs je trouve que s'être limité à trois Doctors est une bonne chose : les échanges sont équilibrés et vifs sans pour autant devenir confus.

Il y a vraiment une bonne dynamique entre le War Doctor d'un côté et Ten et Eleven de l'autre. J'adore la façon dont ils disputent à un moment (sur leur tenue, leur voix, leur tournevis...), puis se retrouvent à travailler ensemble la minute d'après, parce que finalement ils sont fondamentalement la même personne.

« I'm the Doctor. I'm 904 years old. I'm from the planet Gallifrey in the constellation of Kasterborous. I am the oncoming storm, the bringer of darkness, and you are basically just a rabbit, aren't you ? »
Revoir David Tennant m'a fait vraiment plaisir. Il y a belle lurette que quand je pense Doctor, c'est le visage de Matt Smith qui me vient en premier, mais j'ai trouvé magnifique le fait qu'il saute comme ça de nouveau dans les chaussures du Doctor et qu'on ait l'impression qu'il ne les a jamais quittées.

C'est plutôt malin d'avoir opté pour un Ten proche de sa fin d'ailleurs. J'avais peur que ce soit un jeune Ten (à cause de la présence de Billie Piper), ce qui aurait été moins intéressant à mon avis. Et puis du coup cela permet de s'amuser à raconter son histoire avec Elisabeth Ière, ce qui vaut son pesant d'or en matière de mariage imprévu.

Et puis il forme un duo fantastique avec Eleven. Même s'ils ont chacun leurs tics, leurs costumes, leurs gestuelles, on sent bien qu'au fond ce sont deux êtres torturés très semblables qui dissimulent leur noirceur avec beaucoup d’esbroufe... et s'amusent formidablement à jouer ensemble (que ce soit pour inverser la polarité ou négocier la paix entre Zygons et humains).

« Great men are forged in fire. It is the privilege of lesser men to light the flame... whatever the cost. »
En face de Ten et Eleven, nous avons donc le fameux War Doctor, clairement là pour remplacer Nine. Revoir Eccleston aurait été génial, mais je trouve que son refus de reprendre le rôle a finalement du bon, vu que cela a conduit à cette pirouette scénaristique absolument géniale.

Ce War Doctor n'est pas du tout ce à quoi je m'attendais à vrai dire. J'imaginais un personnage plus brutal, plus sombre. Même si on le voit brandir une arme ou dégommer des Daleks avec son TARDIS, il reste fondamentalement le Doctor : c'est un personnage assez doux, plein d'humour, malin, et bien sûr portant un peu trop le poids des années (et de l'univers) sur ses épaules.

Bien sûr on a aucune idée de tout ce qu'il a pu faire d'horrible pendant la guerre (dans cet intervalle entre le minisode Night of the Doctor et The Day of the Doctor), mais finalement j'ai eu l'impression d'un Doctor comme les autres, qui a surtout été rejeté à cause de la terrifiante décision qu'il a pris pour mettre fin à la Time War.


D'ailleurs parlons-en, de cette Grande Guerre du Temps. A l'origine elle a été inventée par Russell T. Davies lors du redémarrage de la série en 2005. Ca a permis de repartir de zéro et de mettre de côté les anciennes histoires pour ne pas noyer les nouveaux spectateurs. Jusqu'à maintenant c'était un mystère, une ombre dans le passé du Doctor et je ne pensais pas qu'un jour on en viendrait vraiment à l'aborder.

Et c'est là où je trouve que cet épisode fait un superbe travail, parce que sans jamais rentrer dans le vif du sujet (le pourquoi ou le comment de la guerre), The Day of the Doctor fait enfin le pont entre l'ancienne et la nouvelle série.

On voit en effet l'entrée en guerre du 8e Doctor lorsqu'il se régénère dans le minisode The Night of the Doctor (à rattraper d'urgence si vous ne l'avez pas encore vu), et la fin de la guerre avec la régénération du War Doctor en 9e Doctor. Du coup c'est comme un vide qui est enfin comblé.

Et si l'idée de sauver Gallifrey peut sembler un peu présomptueuse (mais ce n'est pas ça qui va arrêter le Doctor), c'est une belle manière de clore en beauté un pan de l'histoire de Doctor Who, et d'en ouvrir un autre avec un potentiel retour des Time Lords.

Je ne sais pas du tout où cela va nous conduire, mais en tout cas cela donne une belle occasion de se renouveler à la série, d'autant plus avec le changement de Doctor à Noël. Du coup The Day of the Doctor n'est pas juste une belle fête d'anniversaire, c'est aussi un sacré tournant dans l'histoire de la série !


Voilà pour les grandes lignes de l'épisode, mais celui-ci ne serait rien sans les multiples clins d'oeil, références et caméos qui abondent tout au long de l'histoire. On peut complètement les ignorer sans que cela nuise si on ne les connaît pas, mais quand on les repère, c'est un véritable festival, un authentique délice, du pur fan service, sans que cela se fasse au détriment de l'intrigue.

C'est cela que j'ai vraiment apprécier dans cet épisode anniversaire : c'est un épisode complet, très bien équilibré. Il vient avec son lot de clins d'oeil, mais ils sont très bien intégrés si bien que cela ne nuit pas à l'histoire. La réunion de Doctors n'est pas juste un prétexte, elle joue un rôle dans l'intrigue, et l'intrigue elle-même est suffisamment bien pensée pour qu'elle impacte sur les saisons à venir.

Pour un épisode pas tellement plus long que d'ordinaire (1h15), c'est une sacrée réussite ! J'espère bien que l'épisode du 100e anniversaire (lorsque je serais en maison de retraite, avec ma canne et mon dentier) sera tout aussi épique !

Et histoire de bien conclure, je ne peux résister à la tentation de vous faire un petit best-of de mes moments favoris dans l'épisode :


(pur combo de référence au tout premier épisode)

- Reverse the polarity !
- It's not working.
- We're both reversing the polarity!
- Yes, I know that.
- There's two of us - I'm reversing it, and you're reversing it back again ! We're confusing the polarity.
« Hang on. Three of you in one cell, and none of you thought to try the door. »
- You told me the name you chose was a promise. What was the promise ?
- Never cruel or cowardly.
- Never give up, never give in.
- You're not actually suggesting that we change our own personal history?
- We change history all the time. I'm suggesting something far worse.
- What, exactly?
- Gentleman, I have had 400 years to think about this. I've changed my mind.
- All 12 of them !
- No, sir... all 13 !
- I never forget a face.
- I know you don't, and in years to come, you might find yourself revisiting a few.
(Tom Baker !)
Bon on n'a plus qu'à prendre rendez-vous pour Noël ! En attendant, si vous êtes passés à côté, je vous conseille l'excellentissime The Five(ish) Doctor Reboot, un complément d'épisode absolument hilarant avec encore plus d'anciens Doctors, encore plus de caméos improbables, et une forte probabilité que vous ne voyiez plus certains passages de The Day of the Doctor de la même façon après !
« My journey is the same as yours, the same as anyone's. It's taken me so many years, so many lifetimes, but at last I know where I'm going, where I've always been going. Home...the long way round. »

vendredi 22 novembre 2013

Timeville - Tim Sliders


Parfois, on a des expériences de lecture affreuses, comme lorsque tout le monde vous parle d’un livre génial (Lune, Cornwall et Spocky), ce qui vous donne envie de le lire. Sauf qu’à la lecture, la sauce ne prend pas, et au final on se demande un peu quel est notre problème !

Timeville est un roman qui s’amuse à transporter une famille des années 2010 (une mère chirurgienne et un père cuisiner de renom en plein divorce, leur fille en pleine crise d’ado et leur jeune fils… lui ça va en fait !) au tout début des années 80. Voilà que la mère se retrouve infirmière, le père à la tête d’une brasserie et la fille doit apprendre à vivre sans téléphone portable, aïe aïe aïe la galère !

Ce roman est d’une efficacité redoutable : chapitres courts et rythmés, dialogues qui fusent, humour, si bien qu’on avale les pages sans même s’en rendre compte. C’est vraiment le genre de texte qui est plaisant à lire, extrêmement divertissant et pas prise de tête pour deux sous.

Cependant j’ai eu un peu de mal à l’apprécier à fond. J’ai trouvé l’histoire longue à démarrer, noyée sous un côté « catalogue des clichés des années 80 », et la fin insatisfaisante, trop sirupeuse et donnant finalement peu d’explications (vous noterez que j’ai donc apprécié le milieu, quand un semblant d’intrigue se développe et que les années 80 deviennent un décor et non l’élément moteur de l’intrigue).

Quelque part je pense que j’aurais peut-être plus apprécié l’histoire si j’avais réussi à mettre mon cerveau en veille, au lieu de m’interroger sur les mécanismes de ce voyage étrange dans le temps (vu qu’en fait il n’y en a pas vraiment).

On va donc en conclure que Timeville n’était pas fait pour moi, ce qui est un peu dommage parce que j’aimais bien le concept. Il semblerait que tous les voyages dans le temps ne sont pas bons à faire !

CITRIQ

mercredi 20 novembre 2013

Le guide Steampunk - Etienne Barillier et Arthur Morgan


Le mois dernier après avoir terminé Métronome, je n’avais qu’une envie : lire un essai digne de ce nom pour oublier ça. Et ça tombait à pic, j’avais justement ce petit guide d’ActuSF dans ma PàL depuis un moment. Vous n’avez pas idée quel plaisir j’ai eu à lire ce livre qui est réellement construit (c’est incroyable ce qu’un plan cohérent peut faire à votre humeur).

Le guide Steampunk est donc un petit livre format poche, qui en l’espace de 300 pages offre une balade exhaustive sur le sujet : histoire et présentation du genre (qui est aussi un mouvement, une esthétique, bref débrouillez-vous avec ça), puis déclinaison sur tous les supports avec suggestions de lecture/visionnage à l’appui, le tout enrichi par de nombreuses interviews.

L’ensemble est plaisant à lire, didactique, simple et très exhaustif (il ne néglige aucun format, du livre au film en passant par les vidéos sur Internet et le cosplay). J’ai d’ailleurs été agréablement surprise par la sélection d’œuvres qu’il propose, qui se révèle très diversifiée et offre plein de possibilités pour rebondir vers d'autres choses.

Je ne peux me prononcer que sur la partie livres (je connais mal les œuvres sur les autres supports), mais j’ai apprécié de voir se côtoyer allègrement grands classiques, ouvrages jeunesse et même des romans sentimentaux, sans que ces livres soient jugés sur autre chose que leur univers ou le plaisir qu’on aurait à les lire. Cela donne l’opportunité à chacun de découvrir le steampunk en passant par le genre qu’il préfère, et non par une liste d’ouvrages « de référence » qui ne seraient pas forcément toujours aisés à aborder.

Le seul aspect qui ne m’a pas plus botté que ça (mais c’est purement personnel), ce sont les interviews que j’ai fini par survoler, sauf pour les auteurs que je connaissais ou qui m’intéressaient (mais Daniel Pennac il dit qu’on a le droit d’abord de sauter des pages d'abord). Pour le reste c’est un petit guide sympathique à parcourir, qui donne plein d’idées de lecture.

CITRIQ

lundi 18 novembre 2013

Utopiales 2013


Cette année, j'ai enfin réussi à concrétiser une aventure qui me tenait à cœur : faire une virée à Nantes pour découvrir les Utopiales, THE festival de science-fiction en France. Installé bien au chaud (et à l'abri de la pluie) dans la Cité des Congrès de Nantes, on y trouve de très belles expositions, des films projetés nulle part ailleurs, de passionnantes conférences, des auteurs fort nombreux à rencontrer, une librairie à dévaliser et bien sûr plein de gens qui partagent la même passion que nous avec qui on peut papoter. Bref, c'est que du bonheur !

Je suis donc arrivée en compagnie de Tigger Lilly et de Tortoise le vendredi matin. Il pleuvait, mais il paraît que c'est traditionnel pour son baptême d'Utopiales (et pour le coup j'ai vraiment bien pris l'eau durant ces trois jours !).La première étape, une fois à l'intérieur, c'est la librairie (on ne se refait pas que voulez-vous) :


J'ai complètement oublié de prendre une photographie de la librairie en elle-même (vous m'excuserez, comme c'était mes premières Utos j'étais plus occupée à ouvrir grand les yeux qu'à planifier les illustrations de mon compte rendu), mais vous pouvez néanmoins admirer l'entrée avec le planning des dédicaces.

C'est LA photo à prendre tous les matins pour savoir à quelle heure on peut trouver quel auteur. C'est un système très pratique qui évite de courir après les auteurs, par contre on se retrouve du coup trop souvent à devoir choisir entre l'auteur qu'on veut absolument rencontrer ou la conférence qu'on ne veut pas rater, cruel dilemme.

En tout cas on a beau être prévenu, il est vrai que cette librairie est impressionnante. Elle est immense, et son fonds est loin de s'en tenir aux ouvrages des auteurs invités, on y trouve vraiment de tout, pour tous les âges, des grandes maisons d'éditions aux plus petites.

Pour régler tout de suite la question des achats, je vous l'annonce tout de suite, je n'ai acheté qu'un seul livre : l'anthologie 2013 du festival.


Le sommaire propose une belle panoplie d'auteurs à (re)découvrir, cela donne donc l'occasion de tous les traquer en dédicace et de ramener un joli souvenir en rentrant. Bref un bon compromis quand on vient avec un porte-monnaie presque vide !

D'ailleurs je suis fière d'avoir presque réussi un carton plein : de toutes les auteurs présents, je n'en ai raté qu'un, c'est donc un livre vraiment customisé que j'ai ramené (surtout si on ajoute le fait qu'il s'est retrouvé littéralement tatoué de gommettes et qu'il a pris l'eau lors d'une sortie à l'extérieur).

Mais, alors que je passais à la caisse pour l'acheter, voilà t'y pas que Tortoise me montre du doigt ce petit livre qui se trouvait sur un présentoir à côté :


Sur le coup j'ai lâché un très poétique « fait chier » parce qu'il s'agit d'un des rares Gaiman manquant à ma collection, ce qui voulait dire que je devais forcément le prendre et que j'allais donc devoir ressortir ma carte bleue. Finalement c'est Tortoise qui me l'a offert (grand merci à elle). En fait je devrais plus souvent insulter les livres posés à côté des caisses pour qu'on me les offre D.

Ceci dit il ne faut en effet pas voir la librairie uniquement comme un lieu de tentation où l'on fait flamber la carte bleue. C'est aussi le lieu de rencontre par excellence. Quelle que soit l'heure de la journée, vous avez toutes les chances d'y croiser une connaissance (c'est valable pour tout le festival, mais la librairie encore plus). Et si ce n'est pas le cas, il y a toujours moyen de tailler la bavette avec les voisins dans les files d'attente des dédicaces.

Mais les Utopiales, ce n’est pas que la librairie et les dédicaces. D’ailleurs si vous n’êtes pas du genre à courir après les signatures, vous pouvez aussi profiter des auteurs en conférence.


Dans le domaine il y a de quoi s’occuper de 10h à 19h, du space-opera aux zombies en passant par des conférences plus scientifiques et des entretiens avec des auteurs. Ce qui est chouette c'est que les modérateurs présentent très vite les auteurs, ce qui laisse beaucoup de place au débat entre les intervenants. Comme en général les conférences mélangent auteurs et scientifiques, il y a des échanges vraiment intéressants.

En trois jours, j'ai donc pu assisté à sept conférences (et j'en ai raté beaucoup d'autres). Je crois que mon intervenant préféré de conférence restera Ian McDonald, qui a le don pour sortir des anecdotes de derrière les fagots et pour s'approprier le sujet de la conférence à sa façon. En plus d'être un excellent auteur, c'est aussi un sacré orateur.

Comme ActuSF propose toujours des sessions de rattrapage, je vous recommande tout particulièrement celles que j'ai le plus apprécié :

- Philosophie et jeux vidéo, qui offre une plongée dans le monde du jeu vidéo et la place que peut y tenir un auteur. Finalement ça n'a pas tellement philosophé, mais les interventions de Stéphane Beauverger et Alain Damasio étaient rudement instructives !

- Citoyens du futur, qui a très vite dévié sur Internet et la question de la protection des données personnelles. Les conclusions qui en sont tirées n'est pas très encourageantes, mais les analyses faites par les intervenants sur l'actualité sont très intéressantes, et les intervenants tous très concernés par le sujet.

- Rencontre avec Michel Serres, qui prend un peu le contre-pied de la conférence dont je vous parlais avant. Je n'avais jamais rien lu de ce personnage, mais j'ai adoré l'écouter en conférence : il est extrêmement didactique, s'amuse à mettre en relation des choses improbables, et il est d'un optimisme qui fait du bien après trois jours à assister à des conférences souvent peu réjouissantes sur l'avenir de l'humanité. Je n'aurais pas rêvé mieux pour conclure mon passage aux Utopiales !

Entre deux conférences, il est également possible de visiter quelques très belles expositions. Là encore, en consultant le programme, je me rends compte que je n'ai pas tout vu, mais je peux au moins vous parler des deux qui m'ont le plus marqué :


Les cités fertiles de Vincent Callebaut (a.k.a. l'auteur de l'affiche de cette édition)

Il est difficile de rester indifférent face à ces projets de constructions durables, écologiques, qui semblent complètement folles et utopistes, mais qui sont pourtant réalisables (voir en cours de réalisation pour certains). C'est bon de voir que la science-fiction ne s'exprime pas que dans des livres ou des films, et que parfois la réalité semble vraiment rejoindre la fiction.


Souvenirs de l'empire de l'Atome

Cette étrange exposition qui revient sur la conception de l'album L'empire de l'Atome, par T. Smolderen et A. Clerisse, on y trouve des planches, des esquisses, des objets... le tout avec un côté rétro et coloré absolument délicieux, si bien qu'il est difficile de ne pas se jeter sur la BD après.

(j'ai personnellement résolu le problème en empruntant l'exemplaire de Tigger Lilly dans le train du retour, et c'était bien chouette à lire)

Sinon les Utopiales, c'est aussi plein de choses que je n'ai pas pu voir : je n'ai jamais trouvé le temps de voir le robot Nao, je suis passée complètement à côté des films (à regret quand j'ai assisté à la remise des prix), j'ai à peine vu les pieds dans le pôle ludique... C'est vraiment un festival immense, et il est difficile d'en faire le tour en trois jour.

(ou alors il faut arrêter de taper la causette aux copains mais qui voudrait faire une chose pareille ?)

Par contre, j'ai trouvé le moyen d'assister à toutes les remises de prix. Je vous renvoie au site officiel pour le palmarès complet, de mon côté j'évoquerais deux petits souvenirs qui n'apparaissent pas sur les communiqués officiels :
  • Les lectures d'extraits pour les différents nominés au prix Julia Verlanger, très joli moyen de présenter un ouvrage surtout quand c'est Claude Ecken qui s'en charge (ce monsieur pourrait lire le bottin téléphonique qu'on serait quand même sous le charme) ;
  • La sympathique introduction cinématographique de la soirée de remise des prix du samedi, avec quelques extraits bien choisis sur la cohérence scientifique des films de SF, de 2012 à Ghostbusters, un grand moment de fous rires !
Et puis surtout, j'étais là lors de la remise du prix Planète-SF des blogueurs (j'ai même participé à l'opération « débarquons de bonne heure pour réserver l'espace au bar de Mme Spock et faire des photos ridicules sur la grande scène » mais chut !).


Quatre ouvrages étaient nominés cette année, et le prix a été remis à Ian McDonald pour La maison des derviches. L'auteur est venu le recevoir en mains propres, en compagnie de son éditeur, ce qui est quand même très très classe (et en plus il a dit des chouettes choses sur les blogueurs).


L'objectif d'ici l'an prochain, c'est de trouver une idée sensationnelle pour faire la promotion du prix sans se faire expulsé des Utopiales. On travaille d'ailleurs très dur sur le sujet avec Lorhkan et Tigger Lilly (je comprends toujours pourquoi personne n'a validé mon idée de prendre en otage une conférence avec un fusil steampunk en plastique...).

Voilà, je crois avoir fait à peu près le tour de cette première aventure nantaise, à part pour l'expédition (mystérieuse) du dimanche après-midi qui fera l'objet d'un autre article.

En tout cas même si les circonstances de ma venue n'étaient pas idéales, j'ai beaucoup apprécié cette première visite aux Utopiales. La programmation de ce festival est vraiment passionnante et trois jours ne sont pas assez pour avoir le temps de tout voir.

Par ailleurs c'est aussi l'occasion de l'année de croiser plein de collègues blogueurs, en passant dans la librairie ou autour d'une choucroute ou d'un magret de canard accompagné de sa carafe d'eau du robinet (*hem hem*). Petit coucou donc à Tortoise, Tigger Lilly, Lorhkan, Elessar, Lhisbei et M. Lhisbei, Gromovar, Lune, Cornwall, Mariejuliet, Brize, Julien, Jae_Lou, BlackWolf et j'en ai certainement oublié au passage, dans ce cas je m'excuse platement.

A l'année prochaine (j'espère bien), aux Imaginales (sûrement), et dans tous les cas je serais à Sèvres (sauf si le ciel me tombe sur la tête d'ici là !).


samedi 16 novembre 2013

Un yankee du Connecticut à la cour du roi Arthur - Mark Twain


Il y a des fois où le hasard fait drôlement bien les choses. J’avais ce titre dans un coin de ma tête depuis longtemps (au rayon des « pourquoi pas ? ») mais je ne m’étais jamais vraiment soucier de mettre la main dessus. L’autre jour, en allant à la bibliothèque, je le trouve mentionné dans Le guide Steampunk, et voilà que dans la foulée je trouve ce roman sur la table des nouveautés dans la dite bibliothèque. A ce niveau-là, ce n’est même plus du hasard, c’est le destin !

Dans le cas d’un roman tel que Un yankee du Connecticut à la cour du roi Arthur, ce n’est pas bien compliqué, le résumé est dans le titre : un américain de la fin du XIXe siècle se retrouve propulsé dans le passé, en pleine ère arthurienne. Après avoir écarté Merlin du pouvoir, il décide de prendre les choses en main et de réformer le royaume à sa façon (anachronismes à l’appui).

Cela donne un texte absurde et assez improbable où l’on assiste entre autres à d’authentiques miracles (assistés par la technologie moderne) et où l’on croise des chevaliers faisant de la réclame pour du savon ou des brosses à dent, entre deux critiques satyriques sur la société.

J’ai beaucoup apprécié tout le jeu méta-textuel auquel l’auteur se livre avec La Morte d’Arthur de Malory (qui est la référence anglophone pour l’histoire du roi Arthur, une sorte de condensé de toutes les histoires médiévales). Il se l’approprie à sa façon, en l’intégrant dans l’histoire, non sans se fendre de quelques piques à son sujet. Pour l’avoir lu (enfin j’ai jeté l’éponge à la fin du tome 1 de la traduction française), il est difficile de ne pas approuver de tout cœur les critiques de Mark Twain.

Je vous avoue que par contre le côté critique sociale m’a un peu échappé, car cela se fait souvent sous forme de commentaires assez longs, et pour lesquels il me manque sans doute des éléments de contexte. Ceci dit les propos sont parfois d’une étonnante modernité, preuve qu’en dépit des évolutions techniques, on vit parfois un peu dans le même monde qu’au XIXe siècle.

Il est difficile de ne pas faire le lien avec des œuvres plus récentes comme Monty Python Sacré Graal ou Kamelott, qui se livrent exactement au même exercice de réécriture humoristique des légendes du roi Arthur, avec tout autant de panache. D’ailleurs il y a sûrement influence, à en croire la postface (très intéressante), ce texte aurait inspiré un sacré nombre d’histoires (jusqu’à Tintin et le Temple du Soleil).

Bref pour un texte assez ancien (et du coup parfois un peu lourd dans ses déblatérations), Un yankee du Connecticut à la cour du roi Arthur se révèle un texte agréable à lire, absurde mais pas du tout idiot.

Un petit mot pour conclure sur l’édition que j’ai trouvé à la bibliothèque : nouvelle traduction, illustrations intérieures vraiment sympas dans leur style vieilles gravures sur bois, postface qui apporte un complément d’informations juste bien taillé pour enrichir la lecture sans noyer le lecteur. Je ne connaissais pas du tout cette maison d’édition, mais je trouve qu’ils produisent de drôlement chouettes bouquins !

CITRIQ

jeudi 14 novembre 2013

Gravity - Alfonso Cuarón


J'ai découvert Alfonso Cuarón avec son Harry Potter et le prisonnier d'Azkaban, qui bien que prenant parfois de grandes libertés avec le livre, reste pour moi la meilleur adaptation de la série tant elle a de la personnalité. Après il y a eu Les fils de l'homme, excellent film de science-fiction que je ne suis pas prête d'oublier. Puis il nous a sorti Gravity.

Qu'il y a-t-il à dire sur ce film qui n'a pas déjà été dit par quelqu'un d'autre ? D'une simple histoire de survie dans l'espace, Alfonso Cuarón tire un film extraordinaire, une véritable expérience qui vous arrache à votre siège pour vous immerger dans l'espace, dans toute son immensité et sa dangerosité.

J'ai oscillé en permanence entre la fascination face aux images incroyables qu'il donne à voir, et l'angoisse provoquée par l'hostilité de l'environnement. Dès les premières minutes, on est littéralement happé, grâce à un incroyable travail sur le son et l'image qui fait qu'on s'y croirait.

C'est beau, c'est prenant (à tel point qu'à la fin de la séance je sentais l'hystérie gagner le public à force de se demander ce qui allait encore arriver comme catastrophe), et on ressort de là des étoiles plein les yeux et la tête vide (mais dans le bon sens du terme).

Un film à voir donc, parce qu'il n'arrive pas si souvent qu'on s'offre de si belles expériences de cinéma.

Et pour aller plus loin je vous recommande l'entretien avec Alfonso Cuarón dans l'émission On aura tout vu (ça commence vers 19:30) sur le film, ses influences, son interprétation... et même la petite culotte de Sigourney Weaver ! Très intéressant à écouter, pour compléter son visionnage.