mardi 12 novembre 2013

Le monde du fleuve (Le fleuve de l'éternité 1) - Philip José Farmer


Le monde du fleuve fait partie de ces classiques de la SF dont on entend tellement parler qu’ils finissent fatalement par échouer dans notre liste (sans fin) de livres à lire. J’étais donc bien contente que le Cercle d’Atuan me donne l’occasion de me plonger dedans lors de notre lecture commune mensuelle.

Premier des cinq volume du cycle du Fleuve de l’éternité, Le monde du fleuve nous emmène sur les traces de Sir Richard Francis Burton (un aventurier du XIXe siècle qui a eu une vie bien mouvementé et a noté presque réussi à découvrir la source du Nil), qui après sa mort se réveille sur les rives d’un étrange fleuve, comme les milliers de congénères qui l’entourent.

Très vite, on commence à comprendre que c’est toute l’humanité (de la préhistoire au début du XXIe siècle) qui a été ramenée à la vie sur les rives de ce fleuve sans fin, sans autre forme d’explication. Burton, explorateur par nature, va vouloir découvrir le fin mot de l’histoire, et ce sont ses aventures le long du fleuve que l’on va suivre.

Des fois, il y a une sacrée différence entre l’image qu’on se fait d’un livre (d’après la quatrième de couverture ou ce qu’on en a entendu) et ce qu’on découvre à la lecture, et c’est exactement ce qui m’est arrivé sur Le monde du fleuve.

Le concept laissait à penser qu’on aurait affaire à quelque chose à la limite de la philosophie ou de la métaphysique, ce n’est pas du tout le cas. On est plutôt dans le pur roman d’aventure où les péripéties s'enchaînent : découverte de l’univers et de ses règles, puis exploration, batailles, etc. Une pure lecture de divertissement donc, avec quelques mystères à élucider pour donner envie de poursuivre la lecture.

Par ailleurs alors que la quatrième de couverture promettait moult personnalités historiques, les stars se révèlent finalement assez peu nombreuses (si je me fie aux multiples vérifications que j’ai fait en cours de lecture). Cela évolue peut-être par la suite ceci dit.

Du coup avec un tel décalage entre mes attentes et le livre en lui-même, je suis sortie de ma lecture un peu déçue. Cela ne m’a pas empêché d’apprécier l’univers que l’auteur nous présente (bien qu’il soit légèrement *tousse* archaïque *tousse* question mentalités), mais il lui manque quelque chose pour que j'apprécie vraiment l’ouvrage.

Cependant la fin du livre étant bien plus intéressante que le début (avec quelques bonnes trouvailles scénaristiques et des idées à la fois pertinentes et rigolotes, notamment les multiples Jésus qu'on trouve le long du Fleuve), je vais certainement continuer à avancer dans le cycle, car je suis curieuse de voir où l’auteur va nous emmener. Affaire à suivre à priori.

Avis des autres atuaniens : Jae_Lou, Lorhkan, Lune

CITRIQ

dimanche 10 novembre 2013

Attila Marcel - Sylvain Chomet


Je suis tombée sur ce film un peu par hasard, au détour d'un couloir de métro, et je n'y aurais guère prêter attention si son titre n'était pas celui d'une chanson de la BO des Triplettes de Belleville. Voyant que les deux films avaient le même réalisateur, j'ai donc sauté sur l'occasion avant qu'il ne disparaisse des salles.

Attila Marcel est l'histoire de Paul, un trentenaire qui n'a jamais parlé depuis la mort de ses parents. Couvé par les deux tantes chez qui il vit, sa vie n'est faite que de piano et de chouquettes, jusqu'à qu'une voisine excentrique, Mme Proust, lui donne l'opportunité de plonger dans ses souvenirs et redécouvrir ses parents.

Ce film est un peu comme une extension des Triplettes de Belleville : on y retrouve l'enfant orphelin qui ne prononce jamais mot, les mêmes numéros musicaux improbables, les personnages de petites vieilles excentriques absolument délicieux...

Sauf qu'ici point d'animation mais des vrais décors, des vrais acteurs... mais le même charme étrange et décalé qui animait jusque-là les films d'animation de Sylvain Chomet. Attila Marcel est un film très drôle mais aussi très touchant (je suis admirative à quel point Guillaume Gouix dans le rôle principal arrive à faire passer des émotions sans jamais mot dire).

Sylvain Chomet a un style qui me fait penser un peu à Wes Anderson ou à Jean-Pierre Jeunet, dans le côté rétro-décalé et la galerie de personnages loufoques (des deux tantes à l'accordeur de piano en passant par les amis de la famille pétés de tunes). J'avais adoré jusque là tous ses films d'animation, et j'ai tout autant aimé ce premier film « en vrai ».

vendredi 8 novembre 2013

Petit bilan béophile trimestriel (10)

D'ordinaire je mets un point d'honneur à revenir en détail sur toutes mes découvertes des derniers mois dans cette rubrique, mais cet été je me suis un peu dispersée dans plein de directions différentes... du coup je vais me contenter des titres qui ont dominé mes playlists ces derniers temps.


The Lone Ranger – Hans Zimmer

Commençons en entrée avec un classique d'entre les classiques, un petit Hans Zimmer. Je n'ai pas eu l'occasion de voir le film mais la BO de The Lone Ranger s'écoute bien en elle-même, c'est du Zimmer pur jus, à mi chemin entre un Pirates des Caraïbes et un Sherlock Holmes, le tout avec une dominante très western (donc un peu Rango). Avec un petit faible pour le morceau Finale (qui est tout sauf une composition originale, mais c'est comme la chevauchée des Valkyries au banjo de Rango, ça a un charme fou).


Mass Effect Trilogy – Jack Wall, Sam Hulick & cie

En guise de plat de résistance, un sacré morceau : toutes les BO des trois jeux de Mass Effect, soit à peu près 6h30 de musique. C'est énorme d'avoir autant à écouter pour des jeux vidéo, tant bien même pour une trilogie, et je suis encore loin d'en avoir fait vraiment le tour.

Ceci dit pour être honnête, si je trouve que la musique fonctionne merveilleusement bien dans le jeu et ajoute à l'ambiance, elle ne s'écoute pas si bien que ça à côté à part pour quelques morceaux marquants (pour le 2 c'est les DLC qui amènent les plus jolies pistes je trouve).

Il y a quand même une exception de taille : le troisième volet (auquel je n'ai toujours pas joué) a une BO qui dépote vraiment façon blockbuster. J'ai vraiment hâte de voir ce que ça donne dans le jeu. A noter que Clint Mansell a composé une musique et demi (Leaving Earth & A end once and for all) dans ce jeu, et rien que ces deux pistes me donnent envie de se jeter sur le jeu.


Last Night – Clint Mansell

Passons maintenant au plateau de fromages (oui je file la métaphore culinaire jusqu'au bout). A cause de Mass Effect, j'ai replongé dans Clint Mansell et j'ai rattrapé tout ce que j'avais pu rater comme albums de ce compositeur ces dernières années.

Il a écrit plein de choses, parfois très différentes, et je suis loin d'avoir encore tout écouté à fond (certaines BO m'ont moins marquée que d'autres). Je suis tombée sous le charme de Stoker notamment (mais je crois que c'est le mélange des musiques et des chansons qui fait tout). Et puis j'ai mis la main sur la BO de Last Night.

Je ne sais même pas de quel film il s'agit, mais j'aime beaucoup cette musique très douce, presque atmosphérique qui est devenue ma nouvelle référence à écouter quand j'ai besoin d'un fond sonore discret (pour dormir c'est pas mal aussi, écoutez un peu First Mouvement).


Doctor Who Series 7 – Murray Gold

Et gardons le meilleur pour le dessert. La dernière BO de Doctor Who remonte à deux ans pratiquement, il était donc temps que celle-ci arrive avant que la frustration ne m'achève. Je me répète sur le sujet, mais je suis sans cesse émerveillée par la capacité de Murray Gold à se renouveler de saison en saison.

Pour cette saison-ci, c'est surtout pour la deuxième partie qu'il s'en donne à cœur joie, ceci dit il y a déjà de beaux morceaux quand il s'amuse avec le genre du western (The Salvation of Kahler Jex) ou qu'il accompagne magnifiquement le départ des Pond (Together or Not at All - The Song of Amy and Rory).

Ensuite, avec l'arrivée de Clara, on se retrouve avec des anomalies comme Bah Bah Biker (ce morceau est tellement improbable que... il me fascine en fait), avant de passer à la superbe musique de l'épisode The Rings of Akhaten (je ne vous citerais que The Long Song et Infinite Potential mais je me retiens).

Passons rapidement sur les épisodes suivants (sans quoi on y est encore en décembre), mais dernier et non des moindres, The Name of the Doctor amène son lot de très beaux morceaux (To save the Doctor et Remember me notamment).

Entre temps, la musique des deux derniers épisodes de Noël est sortie, mais je n'ai pas encore eu le temps de me pencher dessus, ça sera pour le prochain bilan... en décembre si tout va bien.

mercredi 6 novembre 2013

Star Wars : Le livre des Sith


L'année dernière je vous avais parlé du Manuel Jedi, il était assez logique que je finisse par m'intéresser à son pendant du côté obscur, Le livre des Sith, tout aussi joli mais un poil moins satisfaisant niveau contenu.

Il ne s'agit pas cette fois-ci d'un manuel pour devenir le parfait Sith, mais plutôt un recueil de différents textes de grands seigneurs Sith réalisé par Dark Sidious. On y croise donc des écrits fragmentaires d'« éminents » Sith .

Nous avons Sorzus Syn pour l'époque des tout premiers Sith sur Korriban, puis Dark Malgus (un méchant dans The Old Republic si je ne m'abuse), Dark Bane, le célèbre créateur de la règle de Deux (enfin un que je connais !), Mère Talzin, une Sœur de la Nuit de Dathormir qui apporte un peu de mysticisme et enfin Dark Plagueis, le maitre de Sidious avec ses recherches ésotériques sur la Force.

Le tout est accompagné d'une introduction et d'une conclusion de Dark Sidious/Palpatine et de commentaires manuscrits en marge, laissés principalement par les deux derniers possesseurs des textes, à savoir Palpatine et Luke Skywalker.

C'est intelligent d'avoir opté pour une approche radicalement différente (on imagine mal les Sith se lancer dans l'édition de manuels scolaires après tout), mais j'ai moins accroché au concept. J'avais juste du mal à imaginer des Sith prenant le temps d'écrire leurs mémoires, à de rares exceptions. Pour un peu on dirait que Palpatine cherche à laisser derrière lui un héritage sous la forme de ce livre, alors qu'il a tout fait pour ne jamais mourir !

Du coup j'ai eu un peu moins de plaisir à lire le livre, qui laisse une impression de grande confusion (pas si inadéquate que ça ceci dit, c'est un ouvrage Sith) et d'ennui parfois (les commentaires sont plutôt barbants).

Ca reste tout de même un bel objet-livre à parcourir. Chaque fragment de texte a un format, une couleur de papier et une typographie différente. Les illustrations sont très chouettes. Mais il s'apprécie moins à la lecture par contre. Ou peut-être que c'est aussi parce que je ne suis pas Sith dans l'âme, après tout je n'ai jamais été fichue de basculer complètement du côté obscur dans un jeu vidéo après tout !

CITRIQ

lundi 4 novembre 2013

Metronome - Lorànt Deutsch


Cette année, je me suis fixée comme objectif de sortir tous les vieilleries de ma PàL. Et ce Metronome y végétait depuis bien trois ans, attendant carrément sur ma table de chevet que je veuille bien prendre la peine de le terminer. Ce qui n'a pas été une mince affaire.

Pourtant ce livre me faisait envie, et j'ai été très contente qu'on me l'offre : l'histoire de France, j'adore, celle de Paris, tout autant, et associer le tout au métro me semblait un concept génial. J'ai bien aimé aussi le fait que l'auteur aille déterrer des ruines méconnues ou cachées pour appuyer son propos.

Mais le résultat m'a vraiment fait l'effet d'un texte extrêmement brouillon, et il n'y a rien que je déteste plus que les informations mal structurées. Je veux bien qu'il s'agisse d'un ouvrage de vulgarisation (certainement pas destiné aux encyclopédies psychorigides ambulantes dans mon genre), mais ça ne dispense pas d'un semblant d'ordre dans l'organisation de l'ouvrage.

L'ouvrage est divisé en 21 chapitres (comme autant de siècles d'histoire de France) et chacun est associé à une station de métro, juste que là tout va bien. Sauf que le lien entre les deux m'a semblé parfois très flou ou purement affaire de jeu de mots (typiquement Place d'Italie renvoie à l'époque romaine alors que les lieux évoqués sont plutôt dans le quartier... latin justement !).

Et le contenu des chapitres en lui-même est vraiment bordélique : Lorànt Deutsch ne cesse de se déplacer dans le temps (avec des digressions trois siècles en avant pour mieux revenir à l'époque dont il parle) et dans l'espace (j'en ai sorti mon plan de Paris parfois !).

Typiquement le chapitre « Palais royal / Musée du Louvre » démarre à l'époque de Louis XIV (avec la construction de la colonnade), évoque la création du musée (en 1793) et Napoléon III qui termina le palais, puis revient à François Ier et passe au massacre de la Saint Barthélémy avant de conclure sur l'assassinat d'Henri IV !

Je sais bien que l'approche chronologique ne fait pas tout mais tout de même, j'ai un peu de mal à croire qu'on puisse réussir à appréhender l'histoire d'un lieu ou d'un pays sans un minimum de repères dans l'espace et dans le temps.

Ajoutez à ça quelques informations que j'ai trouvé légèrement douteuses, l'absence totale de bibliographie (je ne lui demande pas de citer ses sources, mais au moins de donner au lecteur la possibilité de poursuivre sa découverte avec d'autres titres) et une conclusion d'une infinie tristesse sur les constructions du XXe siècle, « verrues infligées à la capitale », et vous comprendrez qu'il m'ait fallu trois ans (et une semaine d'arrêt de travail) pour venir à bout de ce livre.

A noter qu'il existe un Metronome illustré, qui accompagne le texte avec des photos de tous les monuments et lieux évoqués. Il est bien plus agréable à parcourir, mais comme le plan est identique (donc bordélique), je l'ai plus survolé qu'autre chose, même si c'est intéressant de pouvoir mettre des images sur les lieux qu'il évoque.

mercredi 30 octobre 2013

Utopiales me voilà !


Cette fois-ci c'est la bonne !

Cette année je vais découvrir pour la première fois les Utopiales, THE festival de science-fiction, à Nantes. Bon certes il n'y aura pas Neil Gaiman, mais je suis sûre que je trouverai quand même mon bonheur !

De toute façon vu que l'univers semble conspirer pour que je ne vienne pas (je m'attends encore à une invasion alien, des zombies dans le métro, une révolte d'elfes de maison et une fin du monde de plus d'ici vendredi matin), je n'ose imaginer ce qui me serait tombé dessus (probablement une météorite) si j'avais tenté l'aventure l'année dernière.

Bref je serais donc là du vendredi du dimanche, et c'est à peu près la seule chose qui est fixée. Pour le reste, le maître-mot sera improvisation, mais je prévois des achats, des dédicaces, des conférences, et sans aucun doute de longues séances de papotage avec les collègues blogueurs (je crois que y'a un resto de prévu vendredi soir, ça fait donc deux choses de prévu, trois si on ajoute le fait que je ne dormirai pas sous un pont).

A très bientôt pour un compte rendu détaillé !

lundi 28 octobre 2013

Une place à prendre - J.K. Rowling


A vrai dire je ne pensais pas que je mettrais aussi longtemps à lire ce nouveau roman de J.K Rowling, sorti l'année dernière. Seulement voilà, le sujet ne m'attirait pas des masses, j'avais une peur immense d'être déçue, et mettre 24 euros dans une brique pareille (le bouquin pèse bientôt 1 kilo)...

C'est finalement mon cousin qui m'a donc rendu grand service en me le prêtant, j'ai donc pu le découvrir tranquillement sans avoir à me soucier de mon compte en banque. Et contre toute attente je l'ai beaucoup aimé.

Une place à prendre nous emmène dans la paisible petite ville de Pagford, où la mort soudaine de Barry Fairbrother, membre du conseil paroissial (qui si je ne m'abuse est plus ou moins l'équivalent d'un conseil municipal chez nous) va entraîner un beau remue-ménage. Certains membres du conseil voient là l'opportunité rêver de mettre un terme à tous les projets sociaux pour lesquels Barry se battait, et les candidats se bousculent pour récupérer son siège encore tiède...

Autant dire que les premières pages de Une place à prendre font l'effet d'un retour à Privet Drive, tant on a l'impression d'être parachuté dans cette coquette banlieue où tout le monde passe son temps à cracher sur ses voisins.

C'est ce qui m'a fait plaisir dès les premières pages : on retrouve la plume de J.K Rowling, à la fois très juste et très piquante. En peu de mots, elle a le don de donner vie à des personnages plus vrais que nature, qui sont tout sauf clichés ou manichéens.

Chacun a ses bons et ses mauvais côtés, ses rêves et ses déceptions, et pour presque tous, on finit par découvrir au moins un élément qui fait qu'on ne peut l'aimer ou le détester complètement. Il y a une certaine virtuosité là-dedans, et j'ai adoré cette belle brochette de personnages qui sont tous ou presque en crise (qu'il s'agisse de l'adolescence ou de la quarantaine).

C'est ce qui fait qu'on s'accroche au livre en dépit d'un début assez difficile. Il faut en effet bien passer les deux cents premières pages pour rentrer dans l'histoire, le temps d'arriver à s'y retrouver parmi les multiples personnages (je ne suis pas passée loin de me faire des schémas !) et de se faire au rythme très lent.

Une place à prendre est en effet un roman qui prend son temps, où l'intrigue est avant tout un prétexte pour mettre en scène toute la vie d'une petite communauté. On passe d'un personnage à l'autre, on découvre peu à peu les liens qui les unissent ou les désunissent (famille, amis, amours, relations de travail), et on s'amuse beaucoup à observer les hypocrisies, les mensonges, et comment chacun interprété les choses à sa façon.

C'est comme une sorte de grande symphonie dans laquelle on découvre peu à peu les différents instruments au gré des mouvements : ici une femme enfermée dans son mariage qui se réfugie dans ses fantasmes ; là un homme qui fait tout son possible pour fuir une relation ; là-bas un adolescent en crise contre le reste du monde et surtout contre ses parents...

Ce côté « chorale » du récit fait toute la saveur du roman, mais c'est aussi à mon avis son plus gros défaut : il n'est pas facile de rentrer dans l'histoire, et l'intrigue se révèle plutôt molle. C'est vraiment les personnages et leurs interactions qui portent le roman, et si j'ai passé un excellent moment avec eux, je comprends que cet étrange exercice de style puisse ne pas plaire à tout le monde.

Par ailleurs, parce que la comparaison avec Harry Potter est difficile à éviter, Une place à prendre est un roman bien plus sombre que ce à quoi elle nous avait habitué. Oui Harry Potter avait ses moments difficiles et tragiques, mais dans l'ensemble c'était un texte réconfortant.

Une place à prendre ne l'est pas du tout : c'est un portrait très acide qu'elle dresse de cette petite bourgade, dénonçant tous les petits travers de la société. C'est d'autant plus frappant que tout cela est affreusement réaliste, voir réel (contrairement à Harry Potter qui était un conte finalement). D'ailleurs le bouquin a finit par me prendre littéralement aux tripes, et je l'ai fini les larmes aux yeux (et la boite de mouchoirs pas loin).

J'ai donc eu grand plaisir à retrouver J.K. Rowling, qui a bien réussi avec ce texte à faire quelque chose de très différent d'Harry Potter, mais avec la même plume talentueuse. Une place à prendre n'aura certainement pas le même impact que le petit sorcier à lunettes, mais il m'a beaucoup touché, et vu comment il rôdait en permanence dans un coin de mon esprit tous les jours où je l'ai lu, je ne peux que le classer dans mes meilleurs moments de lecture de l'année.

(allez on se donne rendez-vous l'an prochain pour la chronique de son polar sous pseudonyme !)

CITRIQ