mercredi 8 décembre 2010

Torchwood - Saison 2


On prend les mêmes et on enchaine, après Torchwood saison 1, voici donc Torchwood saison 2 ! Je ne vous refait pas le topo, ce sont les mêmes personnages, le même univers, et la même recette. On est pas loin de X-Files par moment, avec un accent parfois plus fantastique/paranormal que SF/alien, mais un X-Files avec des grosses allusions pas du tout allusives et du sang qui gicle de partout, bienvenue dans Torchwood !

Il n’y a pas grand-chose de nouveau dans cette saison, à part quelques développements de personnages, quelques révélations sur leur passé, notamment sur comment ils sont arrivés à Torchwood Cardiff, et dans le cas de Jack on remonte même un peu plus loin.

On notera aussi que l’équipe s’agrandit avec Martha Jones qui squatte les lieux pendant trois épisodes (ce qui donne deux trois échanges rigolos avec Jack, plein d’allusions à Doctor Who), et que Rhys, le petit copain de Gwen, ne sert pas juste de faire-valoir de normalité. Il prend une place plus importante dans certains épisodes, et c’est un personnage qu’on apprécie vite.

En fait il n’y pas grand-chose à dire, cette saison 2 s’inscrit vraiment dans la continuité à peu de choses près, avec les mêmes points forts (une série adulte pas dénuée d’humour noir en prime) et les mêmes points faibles (des scénarios pas extraordinaires qui ne restent pas forcément en tête, et les mêmes personnages pas toujours très cohérents).

Au milieu de tout ça, quelques très bons épisodes se démarquent. Kiss Kiss Bang Bang, qui ouvre la saison, est un pur concentré de scènes absurdes, de retournements de situation, d’actions qui s’enchainent, de dialogues aux petits oignons sans empêcher un ou deux passages émouvant. Il y a aussi Something Borrowed (ai-je déjà dit que j'adorais les titres ?), qui offre aussi un mélange des genres complètement hilarant sur comment Torchwood peut vous pourrir votre mariage de toutes les façons possibles et inimaginables.

Et puis on trouve tout de même quelques concepts sympathiques, des moments effrayants, des scènes parfois malsaines, des développements de personnages intéressants (sacré Owen !) sans oublier quelques passages émouvants et quelques pitreries de Jack toujours remarquables. Mais c’est un peu comme s’ils n’allaient pas au bout de leurs idées, sans doute un peu contraintes par le format une histoire/une épisode.

C’est fort dommage, parce que par exemple sur Sleepers, qui est en soit un épisode très intéressant, on aurait pu avoir un truc génial. Mais en une heure, on est loin d’avoir le temps de faire le tour de la question, du coup on se sent un peu floué.

Cependant, comme je n’ai entendu que du bien de la suite, il fallait bien en passer par là. En effet, en guise de simili-saison 3, Children of Earth, est une histoire d’un seul tenant coupée en 5 épisodes d’une heure, et c'est un sacré morceau, croyez moi !

dimanche 5 décembre 2010

Bloodsilver - Wayne Barrow


On va finir par croire que je suis accro aux vampires (pourtant le Vampires ! des Moutons électriques n’est pas –encore- sur ma liste de Noël), ce qui ne serait pas loin de la vérité. En même temps, quand on vous promet des vampires qui se mêlent à l’histoire des Etats-Unis, alors que l’uchronie fait partie de vos dadas, comment voulez-vous résister ?

Et c’est ainsi qu’en ce mois de novembre, on se retrouve au Cercle d’Atuan à lire Bloodsilver, un bouquin assez particulier dans son genre, mais pas désagréable du tout, à la fois divertissant et instructif.

Il est difficile de résumer un livre qui se déroule sur plus de deux cents ans. Il démarre en 1691 avec le débarquement sur la Côte Est des premiers vampires (qui ne seront jamais nommés ainsi, on parle de Brookes). Globalement, ils ont le phénotype classique du vampire : sanguinaires, belles rangées de dents, plus qu’allergiques à l’argent. Ils peuvent vivre à la lumière du jour cependant (avec des lunettes noires).

Bloodsilver nous emmène ensuite sur les traces de ces vampires, ou plutôt l’effet qu’ils ont sur ce futur pays, au travers de petites nouvelles n’ayant généralement que peu de liens entre elles (bien que les fils se rejoignent à la fin), et mettant en scène des figures populaires de l’histoire des Etats-Unis (Mark Twain, Billy the Kid, etc.). Certaines prennent des formes plus originales d’article de journal ou de texte scientifique, ce qui donne un charmant parfum de dossier d’archive à l’ensemble.

L’argument uchronique est plutôt léger dans l’ouvrage (finalement la plupart des évènements qui se sont déroulés sans les Brookes se déroulent également avec), mais ça n’empêche Bloodsilver d’être une lecture fort sympathique.

La mise en scène de figures historiques est un exercice toujours plaisant (et bien steampunk soit dit en passant), et souvent très éducatif. Cette fois-ci, ça n’a pas raté, car si certains noms ne m’étaient pas connus (quand d’autres ne l’étaient pas du tout), c’était souvent par le miroir déformant de Lucky Luke.

Avoir une approche un peu plus exacte m’a bien plu, surtout qu'elle a été confirmée par quelques recherches à la fin du chapitre pour replacer ça dans le vrai contexte. En plus, ce n’est pas la grande Histoire qu’on aborde ici, plutôt l’histoire populaire, à l’exception de Wounded Knee. Ça m’a rappelé dans une moindre mesure American Gods, où on découvre plein de petits trucs sur les Etats-Unis au gré du récit.

Bref on passe un bon moment à lire ce livre, surtout quand on sait que derrière le pseudonyme de l’auteur se cachent en vérité deux auteurs français, Johan Héliot et Xavier Mauméjean. C’est assez rigolo parce qu’on a un roman sur l’Amérique, écrit soit disant par un américain, et même le style personnellement m’évoque plus de l’anglais traduit que du français.

On sent vraiment qu’ils ont peaufiné la forme, et le fond est fort intéressant pour ceux qui s’intéressent à l’histoire américaine (ou à l’histoire tout court), sous couvert de divertissement. C’est le genre de bizarrerie littéraire qu’on a plaisir à découvrir.

Avis des autres Atuaniens : Bartimeus, Elysio, julien, Kactusss, Olya, Shaya, Sherryn, Spocky, Tortoise

CITRIQ

vendredi 3 décembre 2010

Scott Pilgrim vs. the World - Edgar Wright


Jamais film n’aura porté aussi bien son nom, parce qu’on pourrait presque croire que l’Univers entier s’est ligué contre lui. Imaginez un peu qu’il aurait dû sortir en juillet, le voilà enfin sur les écrans en décembre alors que le DVD est déjà sorti de l’autre côté de l’Atlantique. Et pour couronner le tout, projeté dans à peine trois salles à Paris, merci la concurrence de Harry Potter et de Raiponce.

Je sais que Scott Pilgrim vs. the World n’a pas si bien marché que ça aux USA, mais ce n’est pas une raison pour torpiller sa sortie en France, parce qu’à part les geeks acharnés et leur entourage (ce qui remplit bien la salle ceci dit), personne ne risque d’aller le voir, faute de le trouver à l’affiche !

Et pourtant… certes ce film ne plaira à tout le monde, mais après mes dernières séances bien fades où mes voisins ne supportaient plus mes sarcasmes au point de s’installer le plus loin possible de moi (n’est-ce pas Ely ? ^^), je suis fière de dire que je n’ai pas ouvert la bouche de toute la séance, sinon pour rigoler sincèrement. Ca faisait bien longtemps qu’un film ne m’avait pas autant captivé.

L’histoire reprend celle du comic Scott Pilgrim, à savoir l’histoire d’un gars de Toronto qui tombe follement amoureux d’une étrange jeune fille, Ramona Flowers, et qui se retrouve à affronter ses 7 ex-petits amis maléfiques lors de combats hautement épiques et improbables.

Je ne peux pas me prononcer sur les derniers tomes non parus en France, mais pour les trois premiers on retrouve tout à fait l’esprit du comic, et parfois des répliques et des gags visuels à l’identique, ce qui est très appréciable.

Nous voilà donc partis pour deux heures d’une histoire qui pourrait sembler ordinaire mais qui bascule régulièrement dans le n’importe quoi surréaliste. Le meilleur là-dedans, c’est que cet enchainement d’impossibilités semble tout à fait logique, et qu’à aucun moment on ne s’étonnera de voir s’afficher le score (ou les points d’xp) de Scott, alors qu’il vient de passer du statut de bassiste rêveur à celui de personnage de Street Fighter en trente secondes.

J’imagine que ce genre de chose ne plaira pas à tout le monde, mais pour les geeks dans mon genre c’est juste délicieux. L’histoire est délirante (mais finalement pas si folle que ça, il y a un fond pas si bête que ça). Et visuellement, ça claque.

Les combats sont déjantés et en mettent plein la vue, mais c’est aussi tout le reste du film. Les incursions de commentaires écrits et d’éléments graphiques divers et variés sont fréquentes, sans parler des références sonores et visuelles de toutes sortes (de Bollywood à X-Men en passant bien sûr par moult rappels vidéoludiques).

Le montage lui-même plus que barré, avec des scènes qui s’enchainent sans qu’on s’y attende, des écrans noirs de transition et j’en passe des meilleurs. Dresser la liste de tous ces petits trucs prendrait des heures. A une telle dose, c’est presque violent, mais c’est génial !

Le casting aussi est aux petits oignons, les acteurs ont tous un rôle qui leur va vraiment bien. Ca peut sembler du détail, mais ils ont des têtes de gens normaux, à la rigueur de gens anormaux, mais pas franchement de stars de cinéma. C’est plutôt plaisant.

Et puis, on a l’impression de les avoir tous vu quelque part sans remettre de nom dessus (à part Scott/Michael Cera qui a la même tête d’éberlué que dans Juno). Ca m’a notamment bien fait rire de me rendre compte que Todd Ingram était joué par Brandon Routh (Superman Returns si vous ne le replacez pas), ce qui n’est pas dénué d’ironie je trouve vu son personnage…

Bref, vous l’aurez compris, Scott Pilgrim est un peu THE film à voir en cette période qui sort des classiques Narnia/Harry Potter/Disney, et de préférence très vite avant qu’il disparaisse des salles de cinéma (c’est bien pour ça que je me suis dépêchée d’écrire ma critique à peine rentrée !). J’espère qu’il fera une première semaine suffisamment bonne pour qu’il ne disparaisse pas tout de suite, et j’attends avec impatience le DVD.

mercredi 1 décembre 2010

Harry Potter et les reliques de la Mort partie 1 - David Yates


Attention, cet article contient probablement quelques spoilers pour qui ne connaitrait pas l’histoire.

Je ne sais pas pourquoi, parce que j’aime Harry Potter, tout le monde est surpris que je ne sois pas allée voir le 7e film le jour de sa sortie, voir que je me sois incrustée à une avant-première en cape de sorcier. Pas que je ne l’ai jamais fait, mais je ne suis pas fanatique du travail de David Yates au point de me jeter sur ses films.

Et puis Harry Potter pour moi, c’est aussi une histoire d’amitié, si bien que quitte à aller regarder une adaptation décevante, je préfère le faire bien entourée, afin de pouvoir partager mes sarcasmes avec les voisins et les voisines. Ce qui n’a pas raté, une fois encore. Je pense que je vais me faire taper un de ces quatre au cinéma, à force de la séance à rire sous cape.

La plupart des gens basent leur appréciation des films Harry Potter sur la qualité de l’adaptation (est-ce que ça ressemble au livre ?), j’avoue que bizarrement ce n’est pas forcément ce qui joue la plus grande importance pour moi. Mais il faut le reconnaitre, avec David Yates on a une adaptation globalement fidèle, et pour les Reliques de la Mort, ça ne fait pas exception. On suit donc à peu près le livre, et tout ce qu’on est en droit d’attendre se retrouve à l’écran.

Mais pour moi c’est un peu le défaut du film. Il colle tellement au bouquin que ça en devient ennuyeux, parce qu’il n’apporte rien de plus (ou alors n’importe quoi, comme l’incendie du Terrier dans le tome 6) et passe trop vite sur tant de choses. Pour citer un de mes camarades, ils auraient pu en profiter pour montrer un peu la Résistance par exemple (pour rendre les balades dans les bois du trio moins monotones), et bien non. Et puis, il est assez fade.

Je ne sais pas si c’est moi qui suis blasée, mais j’ai trouvé les acteurs mauvais (à part Rupert Grint qui fait un Ron tout à fait convaincant, Harry et Hermione ne sont pas franchement exceptionnels), y compris ceux qui sont censés savoir jouer, comme Helena Bonham Carter dont la Bellatrix m'a laissé de marbre, contrairement au 5e film.  La réalisation n’est pas franchement marquante, et question effets spéciaux ce n’est pas formidable non plus (Dobby avait une meilleure tête dans le film 2).

Et j’ai ri aux morts importants. J’aimerais avoir honte, mais je n’y arrive même pas. Soit je suis irrécupérablement cynique, soit c’était juste mal fait.

Bon il faut quand même relever deux points positifs au milieu de tout ça. La musique, signée Alexandre Desplat, montre une nette amélioration par rapport aux précédents films, et surtout, la séquence animée du Conte des Trois Frères est de toute beauté (ceci dit c’est un peu le seul moment du film où j’ai senti la salle vraiment prise dans le film, c’est un peu triste tout de même).

Et puis, on ne passe pas si un mauvais moment que ça. Il y a quelques scènes bien drôles (les sept Harry par exemple), quelques scènes niaiseuses drôles à leur insu (je ne sais pas qui remporte la palme du lacet entre Harry fermant la robe de Ginny et Harry dansant avec Hermione), et j’avoue avoir plutôt apprécié tout le passage au Ministère.

Mais c’est un peu comme le 6, je vais le voir presque plus par devoir qu’autre chose, et si le DVD rejoint mes étagères un jour, ça sera sûrement parce qu’ils les bradaient dans la Fn** la plus proche !

lundi 29 novembre 2010

Entremonde - Neil Gaiman et Michael Reaves


Avant de commencer et pour que tout soit clair tout de suite, je n’aime pas la couverture française. J’ai acheté et lu Entremonde en VO il y a un ou deux ans (sous le titre Interworld), et je me serais jetée sur le roman rien que pour sa couverture, même s’il avait été écrit par Stephenie Meyer (enfin peut-être pas, faut pas plaisanter avec ces choses). Regardez plutôt :


En version française, c’est mon radar à Gaiman qui l’a repéré au milieu des bouquins jeunesse. Ca n’a pas du tout le même panache ! Bon ceci dit un roman de Gaiman est en soit toujours un pur moment de bonheur et le fait qu’il soit co-signé par Michael Reaves (dont j’ai lu un bouquin Star Wars tout sauf mauvais, en l’occurrence un thriller avec Dark Maul en vedette) n’est pas plus dérangeant que ça, alors au diable la couverture et en avant la lecture !

Il y a une petite histoire derrière Entremonde, sympathiquement expliquée dans la postface. Ce roman a d’abord été conçu comme une série télé par ses auteurs, mais n’arrivant à la vendre à un producteur, ils ont finalement décidé quelques années plus tard d’en faire un roman. La note des auteurs donne le ton dès les premières pages, on en comprendrait presque le regard perdu des producteurs :
Ceci est une œuvre de fiction. Puisqu’il existe une infinité de mondes possibles, elle est toutefois fatalement vraie dans l’un d’eux. Or, si une histoire située dans un nombre infini d’univers est vraie dans l’un d’eux, elle l’est dans l’absolu. Elle n’est donc peut-être pas aussi fictive que nous le pensons.

L’histoire d’Entremonde nous est rapportée à la première personne par Joey Harker, lycéen tout ce qu’il y a de plus ordinaire, avec une famille ordinaire, des notes ordinaires en cours, et bien sûr, la fille de ses rêves qui ne lui adresserait même pas un regard … et puis un jour, le voilà qui se découvre un pouvoir particulier, celui de Marcher à travers les univers parallèles, ce qui va lui attirer, bien évidemment une foule d’ennuis.

Jusque-là, on n’a rien de bien original dans le scénario, mais l’univers qui se construit autour est plutôt chouette. En effet, cette multitude d’univers parallèles dont prend conscience Joey, est au cœur d’une guerre entre Magie et Technologie, chacun voulant bien sûr annihiler l’autre. Et au milieu, une étrange confrérie, Entremonde, essaye de maintenir l’équilibre, grâce à ses membres qui ont tous la capacité de Marcher à travers les univers.

Même que ce sont tous des versions alternatives de Joey Harker, rien que ça. Des plus vieux et des plus jeunes, des garçons et des filles, des magiques et des technologiques, mais tous des lui, et pour mieux le prouver leurs prénoms commencent tous par un J (Jay, Jai, Jo, Jakon, Josef…). C’est cette particularité qui donne toute sa saveur au roman, puisque finalement il ne met en scène qu’un seul et unique personnage avec de multiples variations.

Ce qui explique aussi que ça ne ferait pas une super série télé (15 fois le même personnage, imaginez un peu les histoires d’amour tordues que ça entrainerait), mais l’histoire n’en est pas moins extrêmement sympathique. Pas forcément très originale, mais très bien racontée, et avec un suspens suffisamment dosé pour qu’à la fin de chaque chapitre, on se jette sur le suivant, et que sans en avoir conscience, on se retrouve à la dernière page plus vite que prévu.

L’écriture est délicieuse. Evidemment il y a la patte de Gaiman, mais j’ai aussi trouvé une certaine fraicheur dans les descriptions pleines de comparaison saugrenues très parlantes, avec un vocabulaire très franc du collier. Dans le gang des « méchants », on croisera ainsi une femme « avec une espèce d’accent de pétasse californienne pleine de fric », et un homme dotée d’une voix « qu’on obtiendrait en plongeant Dark Vador dans un tonneau de sirop d’érable ».

On a là de la littérature jeunesse avec quantité de poncifs, mais c’est un bon roman très bien écrit et pas idiot pour deux sous. Sans être au niveau de Coraline (quand même), il a son petit effet tout de même, sans doute parce qu’on sourit souvent à la lecture, tant il flirte avec le mode grand film héroïque tout en s’en moquant doucement.
« Vous venez jouir de votre triomphe, hein ?
- Non, on ne fait pas ça nous […]. On est les gentils. ».

CITRIQ

samedi 27 novembre 2010

Moi, moche et méchant - Pierre Coffin & Chris Renaud


C’est ce qu’on appelle du harcèlement marketing qui paye. J’ai eu le droit à des teasers pour ce film depuis bientôt janvier dernier, c’est tout naturel que je finisse par aller le voir un jour, de préférence juste avant qu’il ne disparaisse des salles de cinéma…

Moi, moche et méchant, ou Despicable Me en VO est un film d’animation qui nous invite à suivre les pas de Gru, un grand méchant pas beau qui ne rêve que de prouver au monde qu’il est LE grand méchant et non un has been qui n’aurait même pas le droit à un poste de sbire à la Flander’s Company.

(Remarquez il n’a pas de super-pouvoirs, il n’aurait même pas passer l’entretien avec Hippolyte, quoique la confrontation aurait pu être sympathique. Mais je m’égare)

Il est difficile de résister à un dessin animé qui nous emmène du côté des méchants, même si film pour enfants oblige, on reste dans un domaine très gentillet. L’introduction du personnage est finement orchestrée, surtout dans sa façon de faire des créneaux !

Gru, pour accomplir son plan maléfique (il va voler la Lune, rien que ça !) a besoin de trois orphelines, qu’il va donc adopter pour l’occasion. Bien sûr il va se laisser attendrir en chemin par ces trois charmantes petites filles, parce qu’au final, ce n’est pas un méchant Gru, juste un grand rêveur finalement.

Tout cela donne un bon film pour petits et grands, bien drôle et avec quelques petites scènes d’émotion (mais pas de trop, rassurez-vous). Ce qui est très appréciable, c’est que l’humour est tout public, on trouve autant de gags très enfantins que de petites références savoureuses pour les adultes.

Je regrette d’avoir raté la VO où la mère de Gru était notamment doublée par Julie Andrews (quand même !), mais les voix VF passent bien. C’est pas le film du siècle, bien sûr, mais on passe un bon moment et on rigole bien, c’est tout ce qu’on demande !

mercredi 24 novembre 2010

Le Déchronologue - Stéphane Beauverger


A plusieurs reprises, j’ai entendu chanter les louanges de Stéphane Beauverger, et plus particulièrement de son Déchronologue qui traine avec lui quelques prix sympathiques comme le Grand Prix de l’Imaginaire. Du coup, comme je ne peux résister à une bonne histoire de pirates, je suis partie à l’abordage à peine le livre pillé emprunté dans une bibliothèque.

Dans les années 1650, le capitaine Henri Villon, héros et narrateur de l’histoire, et son équipage de vils pirates vivent la belle vie de pillage de galion espagnol dans les Caraïbes. Villon a une passion bien particulière pour les maravillas, étranges objets presque magiques (enfin plutôt technologiques) dont on ignore la provenance, et serait prêt à n’importe quoi pour les obtenir, sans se soucier de ce qui se cache derrière ces merveilles.

Ce résumé est un peu abstrait, je m’en excuse, mais il est difficile de rendre compte de ce livre dont l’intrigue se dévoile de manière quelque peu anarchique, sans raconter la fin ou en gâcher la surprise. Il faut comprendre qu’à peine avalés le prologue et le chapitre 1, voilà qu’on tombe sur le chapitre 16, puis 17, puis 7 et… ah voilà enfin le 2 !

Oui, l’auteur s’est amusé à tout mettre dans le désordre, ce qui transforme la lecture en un périlleux (mais ô combien délicieux) exercice cérébrale où on se retrouve à régulièrement revenir en arrière (ou en avant) pour raccrocher les morceaux ensemble. Bien sûr, on pourrait lire les chapitres dans l’ordre (si je le relis, je le ferais peut-être), mais ça serait nettement moins drôle. Je l’avoue, c’est la structure même du roman qui m’a accrochée au livre, avant même l’histoire ou l’atmosphère.

Celle-ci n’en reste pas moins un vrai délice : tout se passe dans cet espace si minuscule et pourtant si immense que sont les Caraïbes, avec ses ports miteux où tout s’achète et se vend. Avec des Espagnols qui essayent de garder la main mise sur leurs territoires, et tous ces pirates, contrebandiers et autres fieffées canailles qui n’en font qu’à leur tête, sans parler de quelques indigènes locaux bien allumés dans leur genre.

Mélangeant grosso-modo histoires de pirates et de voyage dans le temps (quoique ce ne soit pas le terme le plus adapté), l’intrigue qui se déroule dans le Déchronologue n’est pas si complexe que ça. A vrai dire, je trouve même que c’est le (petit) point faible du roman.

J’ai trouvé que malgré de belles promesses, et ce dès le chapitre 16, elle passait finalement assez vite sur certains aspects peut-être volontairement occultés (ce qui est fort frustrant), et il lui manque un petit je-ne-sais-quoi du livre qu’on referme en se disant « Wahouh ça c’est de l’histoire ». A titre de comparaison je lui préfère Sur des mers plus ignorées dans le même univers (et avec cette réaction une fois rendue à la fin).

Mais elle est vraiment portée par une forme particulièrement mitonnée aux petits oignons (« Wahouh ça c’est du concept », en quelque sorte). Il y a le mélange des chapitres dont j’ai déjà parlé, qui contribue vraiment à donner corps à l’histoire et à titiller l’intérêt du lecteur mais également une très belle écriture.

Stéphane Beauverger aimant à jouer avec les mots. Les dialogues, notamment, sont à savourer sans modération, ne serait-ce que pour les jurons particulièrement colorés et créatifs qui les émaillent. Je n’irais pas jusqu’à parler de poésie pour ce genre de propos, mais cela rend en tout cas le texte très plaisant à lire.

Alors du coup, même si j’ai trouvé que le final n’était à la hauteur de ce que j’espérais, je n’en reste pas moins charmée par ma lecture : bel univers, personnages hauts en couleur qui restent en tête (tout particulièrement Villon et Mendoza), et une mise en page assez atypique.

Sortant des sentiers battus et loin de toute étiquette -je me garderais bien de classer ce livre dans une catégorie même s’il m’évoque trop Tim Powers pour ne pas penser steampunk-, le Déchronologue est un chouette bouquin à lire, distrayant et original.

CITRIQ