mercredi 26 septembre 2012

Ombline - Stéphane Cazes


Au cinéma, ça m’arrive souvent d’aller voir tout et son contraire. Typiquement, après la bonne dose de guimauve des Enfants loups, je suis allée voir Ombline, qui aborde le sujet fort méconnu des mères en prison.

Je ne savais même pas que ça existait d’ailleurs, ces femmes enceintes en prison, qui ont le droit de garder leur enfant avec elles jusqu’à ses 18 mois, avant qu’on ne leur retire jusqu’à qu’elles aient terminé de purger leur peine. Pour Ombline, l'héroïne, c’est une condamnation à trois ans de prison pour agression, et un enfant qu’elle se bat pour pouvoir le garder jusqu’à ses dix-huit mois, et le revoir une fois sortie de prison.

J’imagine que tous les films qui se passent en prison sont comme ça, mais Ombline est juste éprouvant. On est en permanence enfermé avec l’héroïne (c’est à vous filer des angoisses), et la caméra la colle sans cesse sans jamais donner à voir une quelconque perspective.

On ne peut que constater toute la dureté de sa vie, la difficulté de sa situation avec laquelle elle se débat, toute la violence qui est aussi bien extérieure (les codétenues) qu’intérieure (quand on la voit dépassée par les pleurs de son enfant, hurlant et prête à distribuer les coups…).

J’ai trouvé le ton très juste, avec des personnages tous en nuances de gris (que ce soit les détenues ou les surveillantes), une caméra qui ne juge pas forcément mais qui fait réfléchir, et beaucoup d’émotion sans tomber dans le pathos.

Et l’histoire, même si on s’attend à que tout tourne mal à chaque instant, sait ménager quelques lueurs d’espoir. Du coup on sort complètement lessivé de la séance, mais pas complètement déprimé. Une chose est sûre, je vous recommande vivement ce très beau film sur un sujet atypique.

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