samedi 15 septembre 2012

Endymion - Dan Simmons


Après l’impression quelque peu mitigée laissée par le dernier roman de Dan Simmons, j’hésitais presque à me replonger dans les Cantos d’Hypérion, surtout qu’on m’avait dit que la suite n’était pas à la hauteur du petit chef d’œuvre qu’est le diptyque Hypérion & La chute d’Hypérion.

Mais comme j’étais toujours en période space-opera, et que je me cherchais un roman format poche pour le train, j’ai embarqué Endymion avec moi le week-end, et ça a été pour ainsi dire magique, en moins de cinquante pages j’avais oublié la mauvaise expérience de Flashback !

Troisième tome des Cantos d’Hypérion (pour une raison que j’ignore, en vf Pocket a inventé un sous découpage, les Voyages d’Endymion, pour ce volume et L’éveil d’Endymion), Endymion commence quelques 250 années après la fin de La chute d’Hypérion.

L’univers a bien changé : la destruction des distrans a plongé nombre de mondes dans le chaos, et séparé les populations, jusqu’à qu’un nouvel ordre émerge : celui de l’église catholique, qui offre l’immortalité à ses fidèles grâce à l’utilisation de cruciformes (qui ont le pouvoir de ressusciter une personne, pourvu qu’on ait un petit bout d’ADN pour lui donner le modèle).

Sur Hypérion, désormais contrôlée par la Pax (la force armée de l’église, non il n’y a pas que dans Doctor Who qu’on trouve des pères-capitaines !), Raul Endymion est un ancien soldat de la garde national, qui officie désormais comme guide pour des touristes chasseurs.

Cependant, sa carrière prend un vilain tour lors d’un accrochage plus que violent avec un de ses clients. Condamné à mort, il est exécuté sans espoir de résurrection, puisqu’il a toujours refusé d’accepter le cruciforme.

Mais le voilà qui se réveille bien vivant dans la Cité d’Endymion (dont il tire son patronyme), et que le vieux Martin Silenus (le poète des Cantos qui n’est toujours pas mort) lui confie une mission : il doit récupérer Enée, la fille de Lamia et du cybride de Keats, qui doit ressortir d’un des Tombeaux du Temps après y avoir disparu il y a 250 ans. Il doit l’aider à échapper à la Pax (qui cherche à se débarrasser d’elle) et à accomplir son destin (pour faire simple).

Les premières pages sont bien denses (je viens de vous résumer à peine quarante pages, pour un total d’environ 700), et j’ai eu un peu peur au début d’être complètement perdue, surtout que mes souvenirs d’Hypérion étaient plus flous.

Mais Endymion est finalement extrêmement bien pensé comme roman. Si j’étais un peu frustrée de ce décalage de 250 ans et de la quasi absence de têtes connues, j’ai vite apprécié le fait que cela permette de réintroduire petit à petit l’univers et les évènements précédents utiles à l’intrigue sans passer par la case résumé lourdingue.

D’ailleurs, le roman est très bien construit de manière générale, ce qui le rend très agréable à lire. L’intrigue est simple finalement : il s’agit du voyage de Raul et d’Enée à travers la galaxie, qui permet de découvrir le devenir de certains mondes déjà visités sur Hypérion, et d’en visiter d’autres tous aussi fascinants.

Mais il ne s’agit pas de simples visites touristiques (qu’on puisse se croire parfois dans un récit ou un guide de voyage), chaque nouvelle planète apportant son lot de péripéties (autant en matière de course poursuite qu'en leçons de survie).

Et puis, le récit est très dynamique grâce à l’utilisation de deux points de vue : celui d’Endymion (raconté à la première personne) et celui du père-capitaine De Soya (raconté lui à la troisième personne), l’antagoniste qui cherche à capturer Enée.

Comme ces deux groupes n’emploient pas les mêmes moyens de transport, ils n’arrivent pas forcément au même endroit en même temps, ce qui créé des décalages qui font monter la tension et rendent l’histoire d’autant plus intéressante.

Autant dire qu’on se retrouve vite à avaler les pages, la faute à Raul Endymion qui « teasee » les évènements à venir par-ci par-là. Dans mon cas, ça n’a pas fait un pli, si j’avais eu l’occasion, j’aurais dévoré les deux parties d’une traite !

En fait, le seul défaut que je reprocherais à ce livre, c’est que finalement les personnages sont assez fades. Je n’y ai guère prêté attention à la lecture, absorbée que j’étais dans l’histoire, mais ça m’a sauté aux yeux après coup.

De tous les protagonistes principaux, c’est encore le Père De Soya, l’antagoniste, qui a le caractère le plus marqué et l'arrière-plan le plus développé. Que ce soit Raul (prototype de héros), Enée (une enfant vive parfois mystérieuse) ou A. Bettik (le parfait majordome), ils m’ont tous laissé une impression de page blanche en ce qui concerne leur personnalité. Cela n’empêche pas quelques passages touchants (leurs aventures les rapprochent), mais on est loin d’égaler les récits des Pélerins d’Hypérion.

Bon ceci dit, si je me fie à la structure du précédent diptyque (et aux premières pages que j’ai lu de L’éveil d’Endymion), c’est peut-être uniquement parce Dan Simmons posait les bases pour préparer le feu d’artifice final. Je vous dirais ça très vite, je doute de mettre longtemps à lire la suite…



CITRIQ

11 commentaires:

  1. Je vais faire hurler dans les chaumières si j'avoue que je n'ai toujours pas lu "Hyperion"... Alors "Endymion", ce n'est pas pour tout de suite...^^

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    1. Si ça peut te rassurer jusqu'à l'an dernier je savais à peine de quoi ça parlait. Mais je t'en recommande vivement la lecture, c'est vraiment bien ^^.

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    2. T'inquiète, on est au moins deux ! J'ai tous ces bouquins dans ma BàL, mais toujours aussi peu de temps pour les lire...

      A.C.

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    3. BàL ? Bibliothèque à lire ?

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    4. C'est réconfortant, moi je m'en tiens encore à deux petits cartons xD

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  2. J'ai beaucoup aimé Endymion, mais c'est vrai que la deuxième partie est meilleure pour développer (un peu les personnages), même si l'histoire prime toujours...
    J'en garde un très bon souvenir, en tout cas !

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    1. Mouais je suis pas trop convaincue par L'éveil d'Endymion, j'en suis à 100 pages de la fin et je commence enfin à lire avec plaisir... à choisir je préfère encore Endymion qui est beaucoup moins bavard.

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  3. Euh, j'imagine qu'on ne peut pas trop se lancer dans celui-là si on a pas lu Hypérion ?

    A.C.

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    1. C'est pas recommandé en effet. Et Hypérion est plus intéressant qui plus est ^^

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    2. OK, je m'y plongerai donc un jour (prochain, je l'espère)

      A.C.

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