dimanche 21 décembre 2008

La Symphonie des Siècles – Elizabeth Haydon

« Les Trois viendront, partant tôt arrivant tard »
Prophétie des Trois



Comme tout ouvrage de Fantasy qui se respecte, ça commence par une prophétie, une série de cartes, un complot, une auberge, et une équipe d’aventuriers hétéroclites (magicienne, voleur, guerrier). Et puis, prophétie oblige, on a une belle histoire de lutte contre le mal, de royaumes à unifier, avec des elfes (pardon des Lirins), des nains, des immortels et des mortels…

Vu comme ça, on s’attend à un énième remake du Seigneur des Anneaux, ce qui n’est pas complètement faux. La Symphonie des Siècles est un cycle de fantasy (heroic fantasy même) on ne peut plus classique, mais dans le bon sens du terme. Comprenez par là qu’aussi bourré de clichés qu’il soit, ses idées et son écriture en font une lecture très agréable, dont les 3 (ou 6) tomes que sont Rhapsody, Prophecy et Destiny, se dévorent très vite.

Au menu, on a donc des personnages attachants, petite présentation pour voir. Rhapsody, l’héroïne, est une barde douée, avec du caractère et une touche de fragilité -juste ce qu’il faut-, une épée magique parce que c’est classe, des pouvoirs étranges, une belle absence de préjugés et un certain don pour s’attirer les ennuis. J’admets qu’elle m’exaspère parfois, avec son coté presque Mary Sue, mais on l’aime bien quand même. Et heureusement, elle partage le haut de l’affiche avec ses deux acolytes.

Grunthor est le profil type de la brute au grand cœur, du genre à plaisanter sur les géants qui mangent les princesses avec les petites filles, tout en montrant ses dents. C’est un peu le Fezzik (The Princess Bride) du roman, donc ô combien attachant. Il est difficile de ne pas l’aimer, d’autant plus que ses répliques sont souvent très drôles (c’est un side-kick, mais un bon side-kick).

L’autre compère, sorte d’opposé à Rhapsody, c’est Achmed, un genre d’assassin (du moins au début), dans le genre tueur furtif, toujours acerbe et sarcastique. Accessoirement, c’est un stratège de génie, son passé est assez sombre, il n’est pas dépourvu d’ambitions, et c’est sûrement le personnage le plus complexe du cycle, qui laisse à voir des multiples facettes de son caractère, de façon parfois assez surprenante. C’est accessoirement celui qui évolue le plus, et sur la fin il en devient presque poignant.

Autour d’eux gravitent une sacrée galerie de personnages, des récurrents et d’autres moins, des archétypes mais jamais clichés. Ils sont tous suffisamment nuancés pour offrir une bonne lecture, d’autant plus que certains auraient parfaitement pu être les héros de l’histoire (Ashe typiquement, le héros secondaire dont l’histoire rapportée aurait rempli 3 romans… mais ça serait sûrement moins intéressant à mon avis).



L’univers où se déroule l’histoire brasse allègrement pas mal de paysages de fantasy, décrits suffisamment biens pour déclencher un émerveillement fréquent, avec une mention spéciale pour les cavernes, tunnels et autres souterrains, surtout le périple du premier tome, qui est vraiment épatant dans le genre. Le voyage est au rendez-vous, pas de doute là-dessus.

Et l’intrigue ? Elle est dense : au début centrée sur les trois héros, elle se ramifie ensuite en une multitudes de branches, tissant une toile complexe d’évènements qui tirent sur tous les registres : politique, guerre, amour, aventure… il y en a pour tous les goûts. Certes les batailles ne sont pas extrêmement épiques (enfin pour avoir lu le Livre de Cendres et les Monarchies Divines, toutes les batailles me paraissent atrocement banales), et les amourettes un poil trop fleur bleue (imaginez du Harlequin en bien mieux écrit, ça y ressemble… pas désagréable pour autant ^^), mais l’histoire est prenante, réserve pas mal de rebondissements, et une fois remis dans le bain, les tomes se dévorent comme de rien.

Bref, c’est un chouette cycle de fantasy pour se distraire, classique mais original, qui bénéficie en plus d’une très bonne qualité d’écriture, dans un registre musical, ça ne vous surprendra pas. Le découpage, se fait en mouvements, avec une ouverture et un final… de ce coté là, l’auteur ne joue pas sur les mots quand elle qualifie son œuvre de symphonie.

La version française, par contre, est tout à fait susceptible de fâcher les esprits : Pygmalion est aux commandes, alors inutile de vous faire un dessins, au lieu de 3 tomes, on en a 6, découpés complètement arbitrairement, ce qui rend la lecture complètement saccadée. Pour être honnête, j’ai pataugé un moment dans la 2e partie du tome 3 pour rattraper le fil, et encore, y’a une histoire d’amnésie qui m’a donné un coup de main…

A part ça, les couvertures, certes, elles sont jolies (enfin elles m’ont bien convaincu pour le tome 1-1 et le 2-1), mais de toute évidence l’illustrateur n’a même pas ouvert le bouquin, parce que bonjour le rapport avec les personnage et les évènements : la fille sur le tome 1-2, c’est Jo, bon elle est blonde dans le bouquin mais vous avez rien lu… Et pour les tome 3-& et 3-2, je cherche encore ce que ça représente. Ah oui et on change accessoirement de traducteur en plein milieu… aie aie coté style… parait que la première était une catastrophe, mais on perd quand même quelque chose avec le deuxième…

Menfin J’ai Lu vient de sortir les 2 premiers tomes (enfin le tome 1 quoi) en poche, donc vous pouvez vous lancer plus facilement sans souffrir de la séparation entre les deux… Il existe une suite en anglais, composée de Requiem for the Sun, Elegy for a Lost Star et quelques autres… y’a encore de la lecture à faire… en VO histoire d’économiser des sous et de la place sur les étagères !



Voilà, c’est tout pour aujourd’hui, au prochain épisode bouquins, vous aurez le droit au tome 4 de Téméraire, en principe.

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