dimanche 9 novembre 2014

Utopiales 2014 : Jour 2


Et voilà la suite et fin de mes aventures aux Utopiales avec plus de conférences, plus de livres, plus de schoko-bons et encore plus de manque de sommeil !


Oui nous sommes aux Utopiales, c'est donc tout à fait normal de croiser un Dalek, un Doctor féminin et K9 au détour d'une exposition de bon matin.

Comme j'avais plus ou moins expédié toutes mes dédicaces sauf une le vendredi, j'avais le champ libre pour les conférences du samedi, j'en ai donc profité un maximum, et ce dès dix heures le matin !


La fabuleuse épopée des inadaptés en science-fiction

Sans doute la conférence qui m'a le plus intéressé, si je me fie à mes deux pages de notes bien serrées sur le sujet. Il faut dire que c'est un sujet qui colle à la SF, puisque comme ça a été si bien expliqué, mettre le lecteur dans la peau d'un inadapté lui permet de découvrir l'univers présenté (qu'on se retrouve dans la peau d'un idiot ou d'un génie, d'un amnésique, d'un mutant, d'un barbare terrien qui découvrir des civilisations avancés ou d'un anthropologue qui découvre une nouvelle planète).

Bref comme le résume si bien Catherine Dufour, la SF est une littérature d'inadaptés pour les inadaptés (et écrite par des inadaptés). Du coup « les inadaptés dans la SF, c'est un peu comme le lait dans le fromage » ! Cela explique aussi pourquoi on associe facilement la SF à une littérature d'adolescents, car comme l'a si bien indiqué Jo Walton, « qui n'a jamais eu 13 ans et eu l'impression d'être entouré d'aliens ? ».

L'homme mystère

Pendant la conférence, petit moment envers du décor quand on a identifié avec Tigger Lilly (jusqu'à preuve du contraire) le monsieur qui effectue les traductions anglais-français. C'est assez rigolo de le voir dans sa bulle faire de grands gestes tout en parlant.

A la fin de la conférence, je suis allée retrouver Catherine Dufour en dédicace pour lui faire signer le Guide des métiers pour les filles qui ne veulent pas finir princesses, et lui dire tout le bien que j'en avais pensé.

Un festival pour tous les âges...
Direction ensuite le bar de Mme Spock pour la remise du prix Planète SF des blogueurs. C'est assez rigolo de voir des gens en costume se restaurer comme si de rien n'était. Et voir défiler des familles où même les plus petits sont costumés !


Remise du prix Planète SF des blogueurs

Et voilà déjà l'heure de la remise du prix. Cette année j'étais un peu déçue, malgré une enquête insistante auprès du jury, je n'ai pas réussi à déterminer le gagnant avant l'heure. Je n'avais éliminé que deux titres sur quatre ! L'an prochain je ferais mieux.

Bref le prix a été attribué à Même pas mort de Jean-Philippe Jaworski, un prix amplement mérité si je me fie aux avis des collègues. Ce qui me rappelle que mon exemplaire est toujours sagement emballé dans son plastique dans ma PàL, il va falloir que j'y remédie un de ces quatre...

Le prix a été remis à Jean-Jacques Régnier, un des collaborateurs des Moutons électriques, qui a lu un message très chouette de Jaworski (et superbement bien écrit avec ça, mais on n'en attendait pas moins de cet auteur !) que vous pouvez lire ici. Et puis pas le temps de s'arrêter, en avant pour la conférence suivante !


Etres et intelligences extraterrestres : vers une typologie ?
A écouter ici

Cette conférence a vite dévié de son sujet, puisque finalement elle a plus abordé la question du contact potentiel avec des intelligences extraterrestres, notamment avec la présence de Claudio Maccone, le président du comité permanent de SETI, un programme de recherche qui « écoute » l'espace.

Du coup cela fait un excellent complément ou contrepoint à l'Exoconférence d'Alexandre Astier, qui aborde un peu les sujets, notamment la limite de résumer l'intelligence aux mathématiques ou à la physique pour transmettre un message. Ou autre question existentielle : pourra-t-on manger les aliens qu'on rencontre ?

J'ai relevé une anecdote bien rigolote de Claudio Maccone, à qui on a expliqué un jour que les soucoupes volantes et les cercles de culture étaient du fait... des français !! Et oui, il paraît qu'on fait dans le développement de technologies de pointe pour impressionner les américains !

Après la conférence, je suis allée acheter les deux recueils de Sylvie Lainé qui manquaient à ma collection (Le miroir aux éperluettes et Espaces insécables) parce qu'elle avait parlé d'une des nouvelles de ces recueils pendant la conférence (bouh la mauvaise influence). Je suis allée les faire dédicacer par la suite. Et c'est là où Endea et moi avons sauvé les auteurs en signature qui menaçaient de mourir d'inanition en distribuant biscuits et schoko-bons ! (si si c'est une action héroïque, ça m'a valu une jolie dédicace d'ailleurs !)


Rencontre avec Philippe Ward et Sylvie Miller

Nous avons ensuite déjeuné en écoutant Philippe Ward et Sylvie Miller parler de Lasser. Je n'ai pas appris grand chose mais c'est toujours plaisant de les entendre parler de leur tambouille, et j'ai appris en passant la sortie prochaine du tome suivant (début 2015) et qu'il y avait au moins 5 tomes de prévu (ce qui est une excellente nouvelle, car des fois que vous l'ignoreriez, Lasser détective des dieux est le meilleur remède lorsqu'on n'a plus le goût à la lecture).

Après cette conférence-déjeuner (très pratique le bar de Mme Spock), je suis allée faire un dernier tour chez le bouquiniste au sous-sol où je n'ai pas craqué pour des Livres d'or de la SF (oui j'ai résisté), mais pour Histoires de voyages dans le temps, achat tout à fait approprié pour les mois à venir (dans le pire des cas je pourrais toujours chroniquer chaque nouvelle à la pièce pour le challenge de Lune... si elle est d'accord bien sûr !).

Suite à quoi je suis allée m'asseoir dans un coin de la scène Hetzel pour attendre la conférence suivante, ce qui était un choix plutôt judicieux...

La scène...

... face au public !
Le ventre, notre second cerveau ?

Cette année, je crois bien que c'est cette conférence pratiquement purement scientifique qui m'aura le plus passionné. Il faut dire qu'un sujet pareil semble relever de la SF (Philippe Curval en a même fait une nouvelle).

Et pourtant c'est prouvé, entre les nombreux neurones présents dans notre tube digestif (l'équivalent d'un cerveau de chat, voilà qui donne un sens nouveau à l'expression « un chat dans la gorge ») et le microbiote de bactéries et autres êtres vivants qu'on a à l'intérieur du corps et qui peut nous influencer, le cerveau n'a plus le monopole dans notre mode de fonctionnement.

J'ai bien apprécié aussi l'idée que l'homme n'est pas une machine, un système fermé, mais un écosystème qui communique avec l'extérieur. Pour citer Alain Damasio qui a merveilleusement bien mis ça en mots : « On a un zoo à l'intérieur du corps ».

Du coup après la conférence, je suis allée voir le documentaire Le ventre, notre deuxième cerveau (disponible en VOD ici, sinon je crois l'avoir croisé sur Daily Motion), qui permet d'en apprendre beaucoup plus sur le sujet, les nouveautés que cela va apporter dans le traitement de certaines maladies (que ce soit l'obésité ou les maladies neurodégénératives), et je dois dire que c'est vraiment fascinant (et assez drôle parce que les chercheurs interviewés ont pour la plupart de bonnes têtes de savants fous).

Après ce film, j'aurais dû rattraper la Rencontre avec Anne Fakhouri, mais comme je commence à tomber de fatigue j'ai préféré aller buller dans un coin tranquille (et je la rattraperais sans doute plus tard grâce à ActuSF). Je suis ensuite allée me réserver une place assise pour la suite de la soirée, ce qui m'a permis de capter la fin de la conférence Hommage à Jacques Sadoul, où le modérateur animait la conférence en attrapant au vol des visiteurs qui avaient connu Jacques Sadoul et où j'ai appris que la revue Univers dans les années 70-80 était diffusée à 30 000 exemplaires, rien que ça !


Rencontre avec Roméo, le robot qui vous accompagne

C'est assez marrant de voir qu'on a beau grandir, les robots, ça nous fait toujours rêver ! Du coup ça expliquer l'affluence monstrueuse pour faire connaissance avec Roméo. Heureusement, du côté de l'espace Shayol, on arrive toujours à s'entasser.

Roméo est un prototype de robot destiné à l'accompagnement des personnes âgées, et même s'il est loin d'être point (on ne l'a même pas vu se déplacer), sa présentation fait forcément son petit effet (surtout auprès des plus jeunes).

Après s'être présenté, il a poussé la chansonnette (une expérience hilarante même si un peu douloureuse pour les oreilles) et montré ses brillantes capacités d'identification de l'âge et du sexe des personnes (mais il était ébloui par les spots, on le pardonne vu que c'est devenu hilarant). C'est marrant, y'a quelques années les robots n'étaient que des jouets pour enfants, mais petit à petit ils deviennent réalité.

La vedette de la soirée laisse ensuite place à la soirée de remise de prix.


Soirée de remise de prix


Un prix extraordinaire a été remis à Chris Foss, l'invité d'honneur du festival.


Comme d'habitude le prix du jeu vidéo revient à un jeu complètement barré, Neuromance, où on joue une petite vieille qui utilise ses maladies neurodégénératives pour s'évader de la maison de retraite ! Vous pouvez le tester ici, comme tous les autres jeux de la compétition.

J'ai un peu zappé les prix Jeux de rôle (Les brumes de Saint Malo de Pierre Eric Mouton), BD (Punk Rock Jesus de Sean Murphy) et Cinéma (Reset de Marcus Kryler et Fredrik Åkerström pour les courts métrages, The Midnight After de Fruit Chan pour les longs métrages), mais c'était rigolo les séances de Skype avec les réalisateurs primés qui ont parfois appris la nouvelle en direct.


Le prix Utopiales Européen jeunesse a été remis à Jeanne A. Debats, très émue quand elle est montée sur scène, pour son roman Pixel Noir.


Et enfin le prix Utopiales Européen a été remis à Dmitry Glukhovsky pour son roman Sumerki. Il nous a bien fait rire lorsqu'il nous a expliqué qu'il n'y croyait pas et qu'il n'avait rien préparé vu que la dernière fois qu'il avait obtenu un prix littéraire en Russie, il avait appris plus tard que son éditeur avait signé un chèque pour qu'il l'obtienne !

A noter que cette année, la mode était aux mentions spéciales : outre le prix exceptionnel pour Chris Foss, on a eu le droit à des mentions spéciales du jury pour le prix BD (Kanopé de Louise Joor), long métrage (Tusk de Kevin Smith pour l'interprétation de certains rôles), court métrage (Triad de Bradley Oliver-White), et jeunesse (Automne de Jan Henrik Nielsen) ! A quand la mention spéciale du prix Planète SF des blogueurs ?

Le sujet a d'ailleurs été évoqué lors du repas entre blogueurs qui a suivi à la Taverne du château. Ce n'est pas mon genre de faire de la pub, mais quand on trouve un resto qui accepte avec plaisir 14 personnes sans protester (bien au contraire), avec des serveurs sympathiques qui savent gérer sans problème les grandes tablées, et où on mange très bien... pour un peu on aurait déjà réservé pour l'année prochaine pour une prochaine tournée de crèmes nantaises !

Et retour ensuite à l'hôtel pour refaire la valise et dormir quelques heures avant de remonter dans un train pour Paris... c'était trop court, mais c'était un chouette week-end !


Bilan des deux jours
  • 9 livres achetés 
  • 8 livres dédicacés (dont l'anthologie où il ne me manque que Barbara Sadoul) 
  • 7,33 conférences (en comptant celles que j'ai suivi en pointillé) 
  • 4 expos visitées (mais toujours pas celle du Lieu Unique) 
  • 2 sandwichs, un affreux (à bas les supermarchés) et un très bon (merci l'excellente boulangerie à côté de la Cité des Congrès) 
  • 2 restos entre blogueurs, riches en fous rires, en discussions passionnantes et de manière générale en bons moments entre amis
  • 1 film (j'avais dis que je le ferais cette année, mais je crois que la portion cinéma des Utos, ça sera l'année prochaine !) 
  • 0 livre d'or de la SF acheté, oui j'ai résisté (sauf que j'en ai acheté un en ligne pas plus tard que jeudi...)
Et surtout beaucoup de potes blogueurs croisés, parmi lesquels BlackWolf, Cédric, Elessar, Endea, Gromovar, Jae_Lou, Lhisbei et Monsieur, Lorhkan, Mariejuliet, Marmotte, Ptitetrolle, Shaya, Tigger Lilly et Tortoise (et si j'en ai oublié, mille excuses). Les Utopiales, c'est déjà un super festival en soit, mais rien que pour les rencontres qu'on y fait, ça donne toujours un peu l'impression de rentrer à la maison (une maison certes un peu tordue et pleine de vaisseaux spatiaux, d'images étranges, de la plus grande librairie de SF de l'univers, de robots et d'IA, mais une maison quand même !)

Voilà pour cette édition 2014, je terminerais sur des remerciements à ActuSF grâce à qui on peut rattraper toutes les conférences qu'on a raté (notamment la rencontre avec Alexandre Astier), ça mériterait bien un prix spécial ça non ? ;)

A l'année prochaine !

D'autres comptes rendus : Endea (Brèves - Prix et dédicaces), Gromovar, Jae_Lou, Lhisbei, Ptitetrolle, Tigger Lilly (Prélude, Résultat des courses)

vendredi 7 novembre 2014

Utopiales 2014 : Jour 1


Cela fait quelques jours que je suis rentrée des Utopiales, il est donc plus que temps de ressortir mes notes pour composer un petit compte rendu, tant que les souvenirs sont encore relativement frais ! Cette année je n’y ai été que deux jours, ce que j’ai un peu regretté vu les conférences que j’ai raté le jeudi et le dimanche. Mais vu que ces deux journées ont été bien remplies, je ne vais pas me plaindre !


En arrivant le vendredi matin à Nantes, il faut d’abord parler de l’invité surprise : le soleil ! Alors que l’an dernier, nous avions eu le droit au froid et à la pluie, cette année, on se serait presque cru au printemps ! Du coup on aurait pu en profiter pour prendre l’air mais… faut pas déconner, on était trop occupé !

Première étape à peine entrée dans la Cité des Congrès : la librairie. Ou pas. Avec Tigger Lilly et Endea, nous avons fait un crochet par le bouquiniste au sous-sol, pour voir s’il avait des Livres Dont Vous Etes Le Héros (un jour, quelqu’un écrira un LDVELH qui racontera les déboires d’un collectionneur en quête de LDVELH, y'a un vrai concept à exploiter).

Il n’en a pas, mais promet d’en ramener demain. Du coup après avoir exploré ses rayonnages (des Livres d’or de la SF, miam !) (mais je résiste), nous prenons la route… de la librairie (cette fois-ci c’est la bonne).


L’endroit étant fort calme le vendredi matin, on en profite pour faire nos premiers achats. Endea laisse libre cours à ses envies (à chaque fois qu’on la perd de vue, on la retrouve d'ailleurs avec deux livres supplémentaires dans les bras !), moi j’investis sobrement dans American Fays de Xavier Dollo et Anne Fakhouri, et Hôtel Olympia, dernier roman en date d’Elisabeth Vonarburg.

Je fais ensuite un saut au stand d’ActuSF pour acheter l’Anthologie 2014 des Utopiales, histoire de pouvoir me livrer à mon sport favori : la chasse aux dédicaces ! Je ne suis pas une accro des signatures, mais une anthologie complètement dédicacée, c’est toujours un beau souvenir. Et le casting est alléchant avec ça.

Puis on croise des connaissances, on papote, on déjeune des sandwichs pas bons (mais heureusement y’a des schoko-bons pour faire passer !), et il est l’heure de se mettre au travail d’assister à la première conférence.


Lire de la science-fiction rend-il plus intelligent ?

Comme souvent quand le thème est alléchant, la conférence se révèle un peu décevante parce qu’elle fait vite le tour de la question pour partir sur autre chose. Et donc après avoir évoqué la bonne influence de la SF à l’adolescence, les souvenirs de lectures qui rendent le monde plus grand, et le fait que ce sense of wonder tend à disparaitre par la suite sauf sur les très grands livres (ce qui est ô combien vrai), la conférence a dévié sur la tambouille des auteurs, comment ils écrivent leurs livres.

Du coup j’ai un peu décroché (vous allez voir c’est un thème récurrent de la journée) et je me suis discrètement éclipsée à la librairie pour faire signer mon anthologie à K.W. Jeter et Dmitry Glukhovsky (je n’ai pas été très bavarde avec eux, il faut dire que je connais à peine ce qu’ils écrivent).

J’en ai profité pour enchaîner ensuite avec Jean-Marc Ligny (à qui j’ai promis de faire signer mon J’aime lire la prochaine fois), Laurent Genefort (ce qui m’a rappelé que j’avais pas lu Omale), Sylvie Denis (qui m’a confirmé qu’il fallait lire Haute Ecole pour bien apprécier les nouvelles de la Décade de l’imaginaire qui se déroulent dans le même univers), Léo Henry (ce qui m’a rappelé que je n’avais pas lu Sur le fleuve) et Dominique Douay (je crois que je n’ai jamais rien lu de lui).

Ca c'est de l'efficacité, mais la prochaine plutôt que de m'excuser de ne pas avoir lu leurs textes qui sont dans ma PàL, je les lirais plutôt ! Comme j’avais un peu de temps avant la conférence suivante, je suis allée voir les expositions :


Chris Foss

A tout seigneur tout honneur... sauf que je crois que l'affiche des Utopiales qu'il a réalisée m'a tellement perturbé que j'ai eu du mal à rentrer dans l'œuvre de l'invité d'honneur de cette année. Ceci dit il y a quand même de sacrées pièces, qu'on accroche ou pas. Et finalement j'aime bien sa SF très « pisciforme ».


Les enfants de Foss

En parallèle, l'expo Les enfants de Foss permet de continuer à se régaler les yeux avec quelques très grands artistes comme Benjamin Carré, Manchu ou Philippe Buchet (pour ne citer que ceux qui me parlent). Comme mes photos sont affreuses et pleines de reflets, je vous recommande de guetter les blogs des gens qui savent prendre des œuvres d'art pas de travers ! En tout cas c'est un régal !


François Bourgeon (cycle de Cyann)

A côté de la scène Hetzel se déroule de nombreuses planches de François Bourgeon, l'auteur du cycle de Cyann. Je ne l'ai jamais lu, mais j'ai bien apprécié l'univers qu'il déploie, plein de créatures étranges, de costumes bizarres, de paysages futuristes... sacré trait de crayon !


Art et science

Enfin en revenant vers l'entrée, une exposition de photos plutôt originale qui s'amuse à mêler art et science. De grandes images très lisses, très froides, ça m'a bien plu et ça m'a rappelé que ça faisait un bail que je n'avais pas fait d'exposition de photo... heureusement c'est le Mois de la Photo à Paris en novembre !

Comme j'étais à côté j’ai fait un saut chez le bouquiniste où j’ai très sagement résisté aux Livres d’or de la SF. A la place je me suis offert La ballade de Bêta 2 (suivi de Empire Star) de Samuel Delany (Morwenna !) et Aux confins de l’étrange de Connie Willis (SFFF au féminin et Retour vers le futur si je ne m’abuse).

Et sur le chemin du retour vers l’espace Shayol, j’ai profité du fait que Sylvie Miller et Philippe Ward se trouvaient au stand ActuSF pour leur faire signer l’anthologie (parce que je savais que je serais en conférence pendant tous leurs créneaux de dédicace), et apprendre qu'ils seront à Sèvres en décembre (comme ça je pourrais faire signer mon tome 1 de Lasser, qui se sent mal considéré à côté des deux autres !). Et en avant pour la suite !


Les lieux d'intelligence dans la SF

De cette conférence forte intéressante, j’ai bien aimé le fait qu’elle s’appuie autant sur des romans que sur des comics (X Men), j’ai retenu des tas d’idées de lecture (et notamment une sacrée quantité de Heinlein, l’auteur le plus cité durant l’heure je crois), et j’ai appris à me méfier de Jo Walton qui raconte parfois un peu trop de choses sur les livres (je crois qu’elle m’a spoilé Fondation !).

De manière assez marrant, j’ai trouvé que finalement tout ce qui se disait sur l’éducation pouvait très bien s’appliquer à toute forme de fiction : à un moment, il a été dit que la représentation de l’éducation était forcément faussée par le fait que la formation est quelque chose de passif par excellence, alors qu’on représente forcément ça comme une action dans n’importe quel univers, sous peine d’endormir le lecteur !

A noter que la SF fait souvent le grand écart en éducation, puisqu’on y trouve quantité d’écoles imaginaires parfois utopistes qui forment des héros, mais aussi un grand nombre de héros autodidactes !

J'ai enchaîne ensuite sur :


La SF nous aide-t-elle à mieux comprendre l’histoire avec…

Je n’ai pas été très assidue non plus sur cette conférence, puisque je l’ai quittée assez vite pour chasser la dédicace (bouh pas bien). J’ai tout de même retenu le témoignage de Joëlle Wintrebert qui écrit des romans historiques et de la SF, et qui a expliqué que pour elle, cela demandait la même rigueur, le même travail de documentation. Sauf qu’au final ses lecteurs sont bien plus exigeants et font preuve de moins d’acceptation lorsqu’il s’agit de récits dans le passé.

J’ai filé parce que je voulais voir Jo Walton en dédicace. Je lui ai donc fait signé mon anthologie et mon exemplaire de Morwenna. Après quoi j’ai croisé Lorhkan qui n’avait pas osé se présenter comme l’auteur de LA liste française des œuvres citées dans Morwenna, nous avons donc corrigé ça avec Tigger Lilly !


Du coup il s’est fait traité de fou (enfin plus exactement de « nuts » et de « lunatic »), parce qu’il parait qu’il n’y a pas que des bons titres dans cette liste vu qu’il s’agit des lectures d’une ado qui dévore tout ce qui lui passe sous la main. Elle nous a déconseillé les Piers Anthony, mais elle a approuvé mon achat de La ballade de Bêta 2.

En tout cas c’était un moment bien sympathique (et drôle), encore un nouvel exploit de Lorhkan !

J’ai ensuite passé la fin de la journée à la librairie, ce qui m’a permis de faire signer les derniers auteurs de l’anthologie. La file pour Michael Moorcock était impressionnante, heureusement j’ai fait la queue en compagnie de Tortoise ! Je n'ai pas pu dire grand chose à ce grand monsieur de SF (ses textes sont un peu loin dans ma mémoire), mais je l'ai trouvé fort sympathique.

Après, je suis allée voir Anne Fakhouri pour son petit dernier, American Fays, qui a l'air fort alléchant et qui est un objet-livre sublime. Et j’ai terminé avec Elisabeth Vonarburg qui était très contente d’apprendre que ma maman avait aimé son Chroniques du Pays des Mères et dont j'ai hâte de lire son nouveau roman.

Et là je me suis effondrée, bien contente d’avoir terminé mes dédicaces, ce qui permettrait d’être un peu plus cool le lendemain. Avant de partir pour l’hôtel, j’ai juste fait un deuxième passage au stand ActuSF pour acheter Skin Trade, petit cadeau pour Monsieur qui n’est pas venu, et lecture recommandée par deux membres du jury Planète SF, rien que ça !

Du coup j'ai zappé la remise du prix Julia Verlanger à Olivier Paquet pour son cycle du Melkine (oh encore un auteur à lire !), mais on ne peut pas tout faire !


La soirée s’est terminée dans une crêperie avec les potes blogueurs. Les prix défiaient toute concurrence (surtout quand on débarque de Paris !) puis retour à l’hôtel et au lit ! A suivre...

D'autres comptes rendus : Endea (Brèves - Prix et dédicaces), Gromovar, Jae_Lou, Lhisbei, Ptitetrolle, Tigger Lilly (Prélude, Résultat des courses)

mercredi 5 novembre 2014

Doctor Who 8x11 - Dark Water


Oui je sais, vous attendiez sûrement un compte rendu des Utopiales, mais j'ai eu la bonne idée de regarder le dernier épisode en date de Doctor Who en ayant à peine poser ma valise, du coup j'ai dû me mettre au boulot tout de suite, sous peine de perdre toutes les idées qui me flottent dans la tête !

Car comme prévu après le bol d'air de la semaine dernière, cette semaine c'est du lourd : les réponses tant attendues arrivent (partiellement), les retournements de situation sont nombreux, et le moins qu'on puisse dire, c'est que le dernier épisode de cette saison promet d'être bien rempli, vu l'apéritif qu'on nous a servi cette semaine (sans alcool mais avec un bon grain de folie, et surtout des spoilers !).


Il faut dire qu'on attaque très fort. Clara semble enfin décidée à tout révéler à son cher Mr Pink (j'aime beaucoup les post-it qui évoquent toutes ses anciennes aventures) sauf qu'à cause d'un vilain tour du destin, alors qu'elle fait sa plus sincère déclaration d'amour au téléphone, Danny est renversé par une voiture.

La scène est d'autant plus forte qu'on n'y assiste pas, on est comme Clara, complètement déphasé. On comprend du coup qu'elle pète un ou deux boulons, et qu'elle décide de faire appel au Doctor pour résoudre le problème, quel qu’en soit le prix.


Difficile d'ailleurs, en dépit du sérieux de la scène, de ne pas sourire à la référence : sept clés pour le TARDIS, qu'on ne peut détruire qu'en les jetant dans un puits de lave, il ne manque guère qu'un Gollum pour que la scène soit complète !

Néanmoins j'ai été frappée par ce duel mental entre le Doctor et Clara. Elle fait preuve d'une sacrée force de caractère (et de connerie aussi mais elle a des excuses), mais on ne roule pas comme ça le Doctor (ça m'aurait étonné qu'il ne prête pas attention à son manège d'ailleurs). Je m'attendais à qu'il garde une clé en rab, mais c'est encore plus fin que cela, il a carrément trompé Clara pour voir jusqu'où elle pouvait aller (un test, encore ?).

- You're going to help me ?
- Well, why wouldn't I help you ?
- Cos of what I just did. I just...
- You betrayed me. Betrayed my trust, you betrayed our friendship, you betrayed everything that I've ever stood for. You let me down !
- Then why are you helping me ?
- Why ? Do you think I care for you so little that betraying me would make a difference ?
Si vous avez les yeux humides (voire plus) durant cette scène, c'est tout à fait normal. Il y a une sacrée accumulation d'émotions pendant ce premier tiers d'épisode, et cette dernière phrase du Doctor est juste la cerise sur le gâteau.

Je n'ai pas cité la scène complètement, mais au revisionnage je dois dire que je suis bluffée par l’enchaînement de dialogues : le « Go to hell » un peu mal placé (qui rappelle qu'on a affaire à un alien), l'idée du Doctor de s'intéresser soudain à la vie après la mort (et rétrospectivement je me rends compte qu'il y allait à l'aveugle mais en sauter à pieds joints dans la flaque tout de même), et surtout cette façon d'exprimer son attachement à Clara...

Je n'avais pas vraiment besoin de preuves supplémentaires, mais Peter Capaldi est vraiment excellent d'arriver à faire passer tant de choses avec une telle sobriété !


Pendant ce temps, Danny Pink découvre qu'il est mort, autant dire qu'il ne passe pas vraiment un super moment. Ceci dit j'apprécie l'humour noir discret qui pointe dans cette Nethershere ; le côté très bureaucratique, les questions assez inquiétantes (crémation ou enterrement ?) de l'employé en apparence très aimable mais qu'on sent fort hypocrite et manipulateur...

A la base je n'étais pas hyper enthousiaste sur le concept de traiter la vie après la mort dans Doctor Who (oui je sais au final y'a un twist qui explique ça), mais sur le coup j'ai bien aimé la façon dont tout cela est rendu, avec le nombre de morts qu'il y a eu sur Terre depuis l'apparition de l'homme, comment voulez-vous que ça dérive autrement que sous la forme d'un monde ultra-industrialisé et administratif par excellence.

Et le fait que le monde soit à l'intérieur d'une sphère (oui je sais, on a aussi l'explication là-dessus au final), ça évoque tout à fait la conception des enfers antiques, à l'intérieur de la Terre.




Pendant ce temps, Clara et le Doctor sont guidés par le TARDIS qui cherche l'endroit où les lignes temporelles de Clara et Danny se recroisent (jolie idée du Doctor, ça sous-entend qu'il part du principe que c'était plus ou moins destiné à arriver, et que si ce n'était pas le cas, ils seraient vite fixés). Et les voilà dans un mausolée bien étrange où les morts sont conservés dans des aquariums.


Etrange endroit où ils rencontrent la mystérieuse Missy, dont l'accueil est pour le moins... enthousiaste. Vu les révélations ultérieures, je n'ai aucun mal à imaginer nombre de fans (et auteurs de fanfictions) en train de sautiller de joie sur le canapé. Mais je m'égare un peu.

On sent quand même que Twelve, pas plus qu'Eleven, n'aime particulièrement ce genre de démonstration d'affection. En même temps, vu qu'ils n'ont pas vraiment leur mot à dire sur le sujet, on peut comprendre leur crispation !!

- I am Missy.
- Missy ?
- Mobile Intelligent Systems Interface.
Et donc c'est là que l'embrouille commence. Remarquez, le fait qu'elle se présente comme un robot, c'est presque un indice en soit concernant un certain pan de l'intrigue. Mais j'avoue que personnellement ça a surtout grandement contribué à m'embrumer le cerveau (encore un coup à la Moffat ça !).

Et après un étrange interrogatoire de Missy qui ne mène nulle part (enfin...), nos deux héros sont pris en charge par un scientifique un peu plus disposé à révéler des informations.

« We call it dark water. Only organic matter can be seen through it. »
Bon comme j'avais vu le trailer, c'est plus ou moins là que j'ai commencé à me douter quelque chose. Plus la remarque du Doctor : « Who would harvest dead bodies ? I feel like I'm missing something obvious », qui est suivi du thème plus que reconnaissable des cybermen... J'aurais pu aussi remarquer le logo de l'entreprise (grand rond et tout petit rond) qui est en fait un œil de cyberman, mais là faut faire le lien tout de même...


Mais de toute façon on se laisse assez facilement distraire par l'autre aspect plus métaphysique de l'intrigue, la possibilité de communiquer avec les morts, et donc l'occasion pour Clara de parler à Danny. Sauf qu'elle semble avoir retrouvé assez de bon sens pour suivre les conseils du Doctor et chercher à s'assurer qu'il s'agit bien de lui.

On en profite pour apprendre au passage la date de naissance de Clara (ou j'avais oublié) : 23 novembre, comme la date du tout premier épisode Doctor Who, comme par hasard...

- Danny... if that is you... wherever you are, whatever it takes, I will be with you again, I swear.
- No, you won't. You are not coming here.
- Nothing will stop me, nothing in the world, as soon as I know it's you.
- There is only one way to come here. And you are not doing that.
- I'll do anything, Danny, anything. Just... say something only you could say.
- Clara, you have your life. You have your whole life to live. You have to stay there.
- No. I have to be with Danny Pink.
- I love you.
- Stop saying that! Don't say that. If you say that again, I swear I will switch this thing off.
- Clara...
- Yes ?
- I love you.
Comme s'il pouvait dire autre chose... quel homme quand même !

Je m'interroge un peu sur Clara quand même, je me demande des fois si elle ne s'est pas un peu conditionnée à cause de sa rencontre avec Orson Pink (leur descendant). Je pense qu'elle a beaucoup d'affection pour Danny (et même qu'elle l'aime), mais parfois j'ai l'impression que c'est parce qu'elle a vu le futur qu'elle se jette à corps perdu dans cette quête pour retrouver Danny (est-ce une bonne ou une mauvaise chose, ça reste à déterminer).

« That's a matrix data-slice. A Gallifreyan hard drive. Time Lord technology. »
Pendant ce temps, du côté du Doctor, c'est un peu l’enchaînement des « Oh, crap » : découverte des Cybermen, mort du scientifique (qui bien évidemment n'était pas le boss, c'est bien Missy qui tire les ficelles) et oh de la technologie de Gallifrey (qui vient expliquer la fameuse Nethersphere...).

Et pour couronner le tout :

- How did you get hold of Time Lord technology?
- Who are you?
- You know who I am. I told you. You felt it. Surely you did.
- Two hearts.
- And both of them yours.
- You're a Time Lord.
- Time Lady, please, I'm old-fashioned.
- Which Time Lady?
- The one you abandoned, Doctor. The one you left for dead. Didn't you ever think I'd find my way back ?
C'est un peu là où des fois la connaissance de la série induit en erreur. L'hypothèse Time lord me trottait bien un peu dans la tête, mais il y en a tellement dans la série si on prend en compte les anciennes saisons. Pour le téléspectateur qui ne connaît que la série moderne, la déduction se fait bien plus rapidement.

- I'm Missy.
- Who's Missy ?
- Please, try to keep up. Short for Mistress. Well... I couldn't very well keep calling myself... the Master, now could I ?
Ce qui est bien, c'est que le Doctor avait autant de mal que moi sur le sujet ! Ca c'est du cliffhanger en tout cas !


Oh que oui.


Et en prime Danny Pink est sur le point de s'« autocybermaniser ». A côté Clara coincée dans un labo avec un cyberman, c'est presque mineur ! On n'a plus qu'à se ronger les ongles d'ici la semaine prochaine maintenant !

Un verdict final ? Très surprenant cet épisode, vraiment pas raccord avec son trailer (mis à part pour la présence des cybermen qu'il révélait). Je m'attendais à un épisode centré sur Clara, finalement elle passe pratiquement au second plan (en fait le trailer contenait beaucoup d'images du dernier épisode). Du coup c'est vraiment un épisode qui a titillé ma curiosité tout du long, tant il s'amuse à distiller au compte-gouttes ses réponses.

Une chose est sûre, les pions sont désormais en place pour le grand final de la saison, et vu l'identité de la Reine (Hiiiiiiiiiiiiii il/elle est de retour) du côté de l'adversaire du Doctor, le prochain épisode promet d'être jouissif !

lundi 3 novembre 2014

Recueil factice - Octobre 2014

Ce mois-ci, je crois que j’ai battu un record : le nombre de livres chroniqués uniquement dans ce recueil est également au nombre de livres qui ont le droit à un article à part. C’est la faute, il faut le dire, à Doctor Who. Les comptes rendus d’épisode me prennent tellement de temps que les livres en pâtissent un peu. Et puis j'ai vidé pas mal de vieilleries de ma PàL, ce qui ne motive pas forcément à de longues chroniques. Mais rassurez-vous, la saison 8 se termine en novembre, et j'aurais plein de nouveaux livres à lire à ce moment-là !

LIVRES


Les rivières de Londres (Le dernier apprenti sorcier 1) – Ben Aaronovitch

Contes – Hans Christian Andersen
Les livres de contes, il arrive souvent qu'on picore plus qu'on ne lise, si bien que ce mini recueil des histoires les plus connues d'Andersen traînait depuis bien longtemps dans ma PàL. J'en avais déjà lu certains (La Reine des neiges et La petite sirène, plus durs qu'on ne pourrait s'y attendre), j'en connaissais d'autres par les versions pour enfants (Le vilain petit canard), par contre certains m'étaient complètement inconnus, comme Le petit soldat de plomb ou La bergère et le ramoneur. Au final même si certaines histoires sont sinistres (La petite fille aux allumettes pour ne pas la citer), j'ai trouvé l'ensemble moins noir que ce à quoi je m'attendais. Par contre la morale chrétienne est parfois un peu lourdingue dans certaines histoires, mais c'est l'époque et l'auteur qui fait ça.

Les croisés du cosmos – Poul Anderson
Suite à une chronique de Baroona, j’ai lu pour la première fois un texte humoristique de cet auteur, et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il s’y entend en matière d’absurde, avec sa troupe d’anglais médiévaux qui arrivent à prendre le contrôle d’un vaisseau extra-terrestre et partent plus ou moins à la conquête de la galaxie. La lecture est assez jouissive, offrant des scènes épiques où les technologies les plus avancées sont déjouées par des charges à cheval, des fosses avec des pieux et un grand sens du complot et de la manigance qu’on ne pouvait acquérir qu’au Moyen-âge. Délicieux à lire, mais je ne sais pas si ce n’était pas le bon moment, en tout cas j’ai trouvé que l’histoire trainait un peu en longueur.

La fabuleuse invasion de la Sicile par les ours – Dino Buzzati
Dans ma PàL depuis des lustres, ce petit roman jeunesse raconte un peu à la façon d’une légende les déboires d’un roi ours et de son peuple qui partent en guerre contre les humains. Entre les magiciens, les fantômes et les trolls, on est servi question magie, et le texte est plutôt plaisant à lire, plein d’humour, de dessins originaux de l’auteur, et d’étranges passages en vers très fluides à lire (contrairement aux horreurs des traductions de l’anglais, mais j’imagine qu’en matière de versification l’italien et le français sont assez proches).

Le cygne suivi de La merveilleuse histoire de Henry Sugar – Roald Dahl
Avec ces deux petites nouvelles d'un de mes auteurs jeunesse favori, j'avoue qu'on s'éloigne assez du ton plein d'humour et chaleureux ce à quoi il nous a habitué. Le premier texte est très dur, il suffit de jeter un œil à sa phrase-clé :
« Certaines personnes, lorsqu'elles ont trop enduré et sont allées au-delà de leurs forces, s'écroulent et abandonnent. D'autres, bien plus rares, résistent encore, inexplicablement. On les rencontre en temps de guerre et en temps de paix. Leur âme est indomptable et rien -ni la douleur, ni la torture, ni la peur de mourir- ne les fait abandonner. »
Cependant ce texte-là comme le suivant (sous forme d'un récit de récit de récit) sont tous les deux des histoires qui nous tirent vers le haut, comme ça fait du bien de lire de temps en temps.

Question de méthode – Philip K. Dick

Guide des métiers pour les filles qui ne veulent pas finir princesses – Catherine Dufour

L’île du crâne - Anthony Horowitz
Encore un roman qui prenait la poussière, dont le scénario du jeune enfant envoyé dans une école mystérieuse ne peut que faire penser à Harry Potter, mais en plus ancien et plus horrifique. Je suis assez partagée par la lecture, on y trouve un humour noir et un côté ironique assez délicieux, mais le chapitre d'introduction avec les parents qui s'entretuent et se relèvent façon dessin animé est quelque peu dérangeant... au moins pour l'adulte que je suis !

Le serpent du rêve – Vonda McIntyre

Un cantique pour Leibowitz – Walter M. Miller Jr.

La fraternité de l’anneau (nouvelle traduction) – J.R.R. Tolkien

Manuel d'histoire critique (hors-série du Monde diplomatique)
Ce magazine bien dense revient sur l'histoire moderne (de la révolution industrielle à nos jours) en éclairant nombre d’événements connus d'un jour nouveau. Bien que chaque chapitre se révèle souvent trop court (et mériterait à lui-seul un ouvrage), j'ai apprécie ce nouveau regard qu'il permet, notamment sur l'importance de l'économie dans tous les événements récents (alors qu'on aborde très peu cet aspect en histoire dans l'enseignement secondaire). Et bien sûr toute la démonstration sur comment l'histoire est toujours écrite par les gagnants, et comment cela se retrouve jusque dans les manuels scolaires (dont les points de vue divergent souvent... radicalement). Les illustrations et les nombreuses infographies sont également passionnantes à regarder, bref c'est une lecture très intéressante.


FILMS


Dracula Untold – Gary Shore
Dans ce film qui pourrait s'appeler « Dracula : Origins » ou « La véritable histoire de Dracula », on suit les pas de Vlad Tepes, un prince roumain prêt à tout à protéger son peuple contre la domination turque, quitte à passer un pacte avec les ténèbres (*musique dramatique*). Ce film aurait pu être intéressant, sauf qu'il manque cruellement d'ambition ou d'originalité, si bien que tout l'ensemble m'a semblé très raplapla (à part peut-être le duel final, et encore on pourrait s'interroger sur la cohérence de la chose). Et comme le film n'est pas non plus foncièrement mauvais, on ne peut même pas passer son temps à ricaner, du coup je me suis simplement ennuyée.

Usual Suspects – Bryan Singer
Encore un rattrapage de classique... je devais être épuisée lors du visionnage (le vendredi soir) parce que j'ai vraiment eu du mal à rentrer dans l'histoire, qui pourtant est plutôt sympa, avec ces cinq personnes qui se retrouvent ensemble en détention et décident de faire un casse ensemble. En plus je me doutais de la fin au bout de cinq minutes de film (sans doute parce que le schéma a été réutilisé dans d'autres histoires), ça n’a pas aidé et je suis complètement passée à côté du film !

SERIES


Doctor Who – Saison 8

The Strain – Saison 1
Adaptant une série de romans signée Guillermo del Toro et Chuck Hogan, The Strain est une série de vampires qui a le mérite de revenir aux fondamentaux du genre (pas d’histoire d’amour avec des vampires, mais une bonne dose d’horreur). J’ai bien apprécié la volonté de donner une sorte de caution scientifique (à travers la figure de l’épidémiologiste qui se retrouve confronté à cette épidémie hors du commun).
L’ensemble est plutôt sympathique à regarder, je regrette juste une certaine monotonie dans l’intrigue (seul l’épisode 8 sort vraiment du lot avec son ambiance huis clos) et la stupidité des personnages qui fait qu’on passe pas mal de temps à les houspiller (un peu comme dans un bon vieux film d’horreur quoi, ce qui est fort rigolo en soit !).

SPECTACLES


L’exoconférence d’Alexandre Astier

JEUX


Evoland
J'avais découvert ce jeu-hommage aux vieux jeux de plate-forme et RPG lors de l'exposition Jeux vidéo à la Cité des sciences. Du coup comme je l'ai vu en promo sur GOG, j'ai profité de l'occasion pour le découvrir plus en détail. Niveau concept ce jeu est excellent, puisqu'on dirige un personnage typique de jeu vidéo qui se retrouve à devoir sauver le monde. On commence dans un mode graphique rudimentaire en 2D et en noir et blanc, et on développe au fur et à mesure de l'aventure des améliorations graphiques, sonores et de jeu (barre de vie, armes, capacités spéciales, marchands, etc.).
Le jeu est truffé de clins d'oeil et joue habilement sur la parodie, il serait donc très fun s'il n'était pas aussi dur : pas de possibilité de sauvegarder, des combats de boss très techniques (j'avoue sans honte que c'est Monsieur qui les as tous passé !). Du coup ça m'a un peu ôté le plaisir du jeu, et j'ai préféré le désinstaller sans voir la fin. C'est un chouette jeu, très joli visuellement qui plus est, mais à réserver aux experts des vieux jeux de plate-forme, sous peine d’enchaîner les frustrations.

EN NOVEMBRE…

J’espère finir enfin la saison 1 de Penny Dreadful, j'irais voir Interstellar, je vous parlerais des Utopiales, et côté bouquins, mis à part Barrière mentale et autres intelligences de Poul Anderson, je savourerais à n’en point douter des achats tout frais du festival... en espérant qu’il s’agisse de voyages dans le temps écrits par des femmes et cités dans Morwenna !