Voilà plus d’un an que nous n’avions pas eu de nouvelle histoire de Lasser (après l’Atlantide, la dernière en date remontait à l’anthologie Utopiales 2014), il était donc plus que temps de retrouver notre détective gaulois favori dans son univers uchronique riche en mythologie.
(je ne vous refais pas le topo, si vous lisez cet article c’est que vous avez un minimum de connaissances sur cette série de livres normalement. Sinon le tome 1 est par là)
Dans ce tome-ci, Lasser part cette fois-ci en Italie, pour retrouver une statue d’Isis qui a disparu de son temple de Pompéi. Évidemment, ce n’est pas un simple cambriolage. Lasser, accompagné de Fazimel, va donc très vite se retrouver au cœur des intrigues des dieux romains (à côté de qui les dieux égyptiens passent presque pour des enfants de cœur).
Toujours la même recette donc, mais cette fois-ci avec moins de caméos de personnages des tomes précédents (ils sont tout juste évoqués), et surtout un personnage secondaire qui prend beaucoup plus d’importance.
Fazimel, l’assistante indispensable de Lasser, passe carrément sur le devant de la scène en devenant la deuxième narratrice de l’histoire. On alterne donc (au gré des péripéties) du point de vue de Lasser à celui de Fazimel, un procédé qui permet de dédoubler les intrigues parfois (c’est presque cinématographique !).
C’est une innovation bienvenue pour renouveler la série mais… le problème de Fazimel, c’est que c’est un peu une Mary-Sue en puissance. Je ne peux pas trop en dire vu que son histoire se place assez vite au cœur de l’intrigue (éclipsant carrément Lasser parfois), mais entre ses dons particuliers, ce qu’on apprend de son passé et le fait que tout le monde semble vouloir être ami avec elle, je l’ai trouvé un peu irritante.
Ceci dit cela ne m’a pas empêché de dévorer cette nouvelle aventure de Lasser, ce qui n’était pas forcément gagné vu que j’ai commencé ce roman la semaine juste après le 13 novembre (autant dire que le moral n’y était pas vraiment). Lasser ne guérit pas tout, mais j’étais contente de le retrouver à un moment pas facile où j’avais vraiment besoin d’évasion.
D’ailleurs je vais certainement continuer à le suivre, car bien que je sois finalement un peu déçue de ce tome-ci, ses dernières lignes m’ont donné très envie de lire la suite !
Les deux tours étant mon roman préféré de la trilogie, il est fort probable que je me sois assez vite laissée emporter par l’histoire sans vraiment prêter attention à la nouvelle traduction. Néanmoins je pense qu’elle est surtout tellement agréable à lire qu’on n’y prête pas forcément attention vu que les mots glissent tous seuls.
Une fois encore, le maître-mot semble être fluidité, à tel point que les descriptions de paysages parfois à n’en plus finir de Tolkien se révèlent… sans aller jusqu’à employer le terme « passionnant » qui serait sans doute un poil excessif, disons qu’elles se lisent bien. J’ai même trouvé certaines d’entre elles superbes.
Les poèmes et chansons, eux-aussi, deviennent bien plus agréables à lire, et les dialogues n’ont jamais autant évoqué les films (qui eux-mêmes reprennent parfois texto certains dialogues du livre en VO, bien qu’ils soient parfois sortis de leur contexte).
Les noms également ont été revisités. Ça n’est pas très visible dans ce tome-ci finalement (les altérations sont finalement assez légères), sauf pour les Ents. Et de ce côté-là, j’ai trouvé que c’est un apport plus que positif, à commencer par Sylvebarbe qui devient Barbebois (et pour le coup je l’ai immédiatement adopté celui-là) ou Vifsorbier qui devient Primebranche (plus proche du Quickbeam anglais il me semble).
En fait il n’y a qu’un seul passage qui m’a posé problème. Il s’agit de la fameuse scène du ragoût de lapin, où Sam se retrouve à vanter les mérites des « pétates » à Gollum. J’ai cru à une faute de frappe d’abord, puis au bout de la quatrième occurrence, j’ai fini par faire mes recherches et découvert que le mot existait. La démarche est tout à fait cohérente (Sam a un parler bien plus typé dans cette traduction-ci, et c’est beaucoup plus proche de la VO qui joue sur taters / potatoes) mais j’étais aussi perplexe que Gollum à la lecture !
Bref on trouvera toujours à chicaner sur les détails, mais une fois encore cette nouvelle traduction en vaut la peine. Vivement la sortie du Retour du roi, pour conclure cette très plaisante relecture.
Je n’ai pas pour habitude de chroniquer des livres de cuisine, mais celui a un statut assez particulier puisqu’il s’agit d’un livre de recettes inspirées d’univers de SFFF (du manga au cinéma en passant par les comics et bien sûr les romans).
Il m’a été offert à mon anniversaire l’année dernière par Tigger Lilly et Shaya, qui m’ont fait un super coffret cadeau avec tous les ingrédients pour réaliser une des recettes Doctor Who. Il aurait donc été indigne de ma part de ne pas le tester, de les inviter pour les empoisonner leur faire déguster mes réalisations et de faire ensuite le compte rendu en ces lieux !
Il m’aura fallu un an (et entre temps les ingrédients offerts ont été utilisés à d’autres fins), mais après avoir feuilleté ce très beau livre bien mis en scène, j’ai enfin pu me mettre aux fourneaux pour réaliser un authentique repas geek, et faire en passant le point sur les bons et les mauvais côtés de cet ouvrage.
En entrée j’ai réalisé une Salade de la lune forestière d’Endor (Star Wars donc). C’est une recette bien trouvée et facile à réaliser qui joue sur les ingrédients forestiers, et c’est bien là son problème : elle utilise des ingrédients qu’on ne trouve pas forcément dans le supermarché du coin de la rue, à savoir des cèpes et surtout des têtes de fougères. Heureusement, on peut trouver des remplacements (champignons de Paris et asperges vertes pour ma part), et le résultat reste excellent même si la thématique « forêt » est un peu moins respectée !
En plat de résistance, j’ai opté pour un Ragoût de lapin de l’Ancien (Seigneur des Anneaux, bien sûr) qui me semblait un incontournable des spécialités culinaires littéraires (le chapitre des Deux tours auquel il est associé me fait toujours saliver à la lecture).
Pas d’ingrédient introuvable pour cette recette, mais principalement des soucis dans la rédaction de la recette, qui demande d’allumer le four sans jamais rien y mettre, et qui fait éplucher ail et échalote sans jamais les ajouter nulle part !
J’ai donc beaucoup improvisé et le résultat final s’éloigne carrément du livre, mais c’était fort bon et je sais désormais cuisiner le lapin… à condition de doubler le temps de cuisson (mais selon Papa Vert, c’est tous les livres de cuisine qui sous-estiment le temps de cuisson du lapin).
Le dessert, la Crème brûlée d’Helga Poufsouffle, n’est pas exempt de quelques couacs (j’aime beaucoup le concept de crème pour 4 personnes qu’on verse dans 6 ramequins) et demande aussi des ajustements côté cuisson (le classique des livres de cuisine), mais il n'y a pas de réelle difficulté et le résultat est fort sympathique même si on sent assez peu le marron au final (et que j’ai carbonisé les crèmes au grill faute d’avoir un chalumeau !). Et ça se mange aussi très bien sans le caramel sur le dessus.
Quant aux nombreux blancs d’œufs qui me restaient après cette recette, ils ont servi à la confection de « Muffinanciers » (à savoir des financiers cuits dans des moules à muffins, faute de mieux !).
Voilà donc pour mes aventures « gastronogeek ». Globalement j’ai trouvé le concept bien ficelé, les recettes alléchantes et l’objet-livre de manière générale superbe à parcourir (notamment avec les pages de conseil sur les ustentiles).
J’ai par contre quelques réserves sur la réalisation des recettes pas toujours faciles à mettre en œuvre parce qu’il nous manque un ingrédient rare ou parce qu’il manque une information. Mais je vais sans doute encore tester quelques recettes, notamment les Régénération Dips du Doctor qui ont l’air fort alléchantes (même si ça n’a pas l’air simple). On verra si j’ai juste joué de malchance en tombant sur les recettes avec des couacs !
De toute façon, à défaut de servir tous les jours (ou de révolutionner les dîners entre amis), Gastronogeek reste un très bel objet-livre à mettre en rayon !
Comme Les Soldats de la Mer avait été un chouette moment de lecture, j’ai voulu continuer à explorer l’univers d’Yves et Ada Rémy avec leur dernier roman en date, Le Mont 84, qui se déroule dans le même univers que leur recueil de nouvelles, mais ni au même endroit, ni à la même époque.
Le Mont 84 (qui est le titre du livre et le nom d’un lieu) se situe en effet à la frontière de l’Arélie, une ancienne colonie au-delà des mers de la Fédération. Il y a un petit air de découverte de l’Amérique là-dedans, à ceci près qu’entre-temps la Fédération a été engloutie par un cataclysme et reléguée au rang d’histoire ancienne, tandis qu’en Arélie s’est instaurée une société totalitaire très avancée technologiquement.
Et c’est dans ce pays que se déroule l’histoire, où « un lieutenant de la garde palatine affronte deux forçats évadés et un jeune étudiant romantique ». Car c’est ainsi qu’est résumée l’histoire sous le rabat de la couverture, à l’arrière du livre. Oui c’est une grande première, un livre des éditions Dystopia doté d’un résumé !
Le Mont 84 est principalement un roman d’aventure, qui raconte la cavale de deux évadés de prison (un prisonnier politique et un authentique truand qui n’a pas son pareil pour dégommer des gens et ouvrir des serrures), qui croisent sur leur route un étudiant en plein chagrin d’amour, et qui se retrouvent ensemble à parcourir le pays, souvent avec les forces de l’ordre à leurs trousses.
L’intrigue siérait presque plus à une histoire se déroulant dans notre monde, mais c’est justement ce qui fait le charme de ce roman, il est vraiment original dans sa manière d’accoler courses-poursuites avec la police et univers plutôt science-fictif (là où les Soldats de la mer tiraient plutôt vers le fantastique). Même la conclusion m’a surprise, c’est un peu comme si rien dans cette histoire n’était prévisible ou commun.
On est vraiment loin du roman de SFFF calibré, et on savoure les pérégrinations des protagonistes autant pour l’action (les chapitres sont très courts, ce qui contribue à donner un sacré rythme à l’ensemble) que le voyage à travers cette contrée inventée de toutes pièces.
Si vous avez envie de prendre un peu l’air et de lire un texte original (mais pas prise de tête pour deux sous), n’hésitez donc pas à partir à l’assaut du Mont 84, qui est de plus un fort joli livre, dont la couverture en noir&blanc cache un trésor : une carte du monde pour suivre les héros.
Et n'hésitez pas à cliquer pour agrandir !
Et parce que je suis en train de relire Les deux tours en ce moment, je peux vous dire que c’est nettement plus classe d’ouvrir le rabat en cours de lecture pour chercher un nom de lieu que de repartir à la recherche de la carte au début ou en plein milieu du livre !
Le compte rendu de l’épisode de cette semaine de Doctor Who sera fort bref, pour la simple et bonne raison que je suis juste passée à côté ! (et c’est vraiment rarissime). Mais quand même, il y a des spoilers donc passez votre route si vous ne l’avez pas vu (limite je vous conseillerais de passer l’épisode !).
Pourtant le concept de base, un huis clos avec des monstres dans un vaisseau spatial, est un classique qui fonctionne toujours, et la mise en scène façon Projet Blairwitch (soit en caméra sur l’épaule, soit en vidéosurveillance) tout à fait adaptée. Et franchement, j’ai bien aimé l’idée des monstres nés des cacas d’yeux lorsque vous dormez dans des machines qui vous volent votre sommeil. Il faut avouer que c’est tout à fait dans le ton de la série.
Mais voilà, l’ensemble de l’épisode est extrêmement laborieux, très bavard, avec des personnages pas vraiment convaincants, même dans le cas du Doctor (pourtant le « grunt » est bien trouvé, et le chef de l’équipe est une femme, féminisme powa).
Ce côté un peu forcé est justifié par la conclusion, qui ferait de cet épisode bizarre (et sans générique, autre étrangeté) juste une vidéo créée de toutes pièces pour contaminer les êtres humains (et probablement un évènement qui du coup ne s’inscrit absolument pas dans la chronologie de Doctor Who). J’aurais trouvé ça superbe si tout ce qui amenait à cette conclusion n’était aussi poussif.
Bref y’a de l’idée, mais pour le reste, je crois bien qu’on tient là l’épisode le moins convaincant de la saison (même les chroniqueurs anglais dont je suis les commentaires m’ont semblé totalement perplexes, c’est dire !).
Pour la troisième année consécutive, j’ai pu me rendre aux Utopiales, formidable festival nantais de science-fiction où l’on peut pendant quelques jours s’évader dans un autre monde et où l’on peut discuter invasions aliens sans passer justement… pour un alien ! Voilà quelques souvenirs de cette édition :
1. Cette année, on a beaucoup parlé de réalité(s) en conférence
… mais je n’ai pas tout suivi. Il faut dire que quand les conférences qui m’intéressaient ne tombaient pas pendant la séance de dédicace à ne pas rater, j’avais de toute façon tendance à perdre le fil assez vite. J’en ai tout de même vu trois en entier :
- Interro surprise sur… les planètes, menée d’une main de maître par l’excellent Roland Lehoucq qui nous a beaucoup parlé de la planète d’Avatar (et qu’on aurait bien écouté quelques heures de plus) ;
- Le passé rêvé de l’uchronie avec Lhisbei et Betrand Campéis qui était également fort intéressante (avec toute l’objectivité dans je peux faire preuve, je ne peux que saluer le sujet clairement balisé et les intervenants qui ne partaient pas dans tous les sens)
Pour les autres conférences, ma foi, il y a toujours ActuSF !
2. Cette année, j’ai beaucoup bavé devant les expositions
Manchu était à l’honneur pour cette édition, j’ai donc pu me régaler devant ses œuvres, avec le petit plaisir pour une fois d’avoir des œuvres originales sous le nez, ce qui veut dire qu’on voit les coups de pinceaux (chose qui parait presque impossible à imaginer en regardant ses couvertures de livres !)
Non loin on pouvait profiter des expositions Demain, les animaux du futur (très intéressante extrapolation sur l’évolution des espèces) et Le passage errant de Sarah Scaniglia (où l’on retrouve des monuments emblématiques nantais déplacés dans d’autres paysages, dépaysement garanti !)
L’exposition Wika était à tomber question dessins et non loin de là j’ai beaucoup apprécié la mise en scène de l’exposition des 20 ans de Série B (façon bunker), où j’ai pu enrichir ma collection des métiers méconnus des Utopiales. L’an dernier, j’avais repéré le traducteur, cette année, c’est le réparateur d’exposition :
3. Cette année, j’ai admiré une immense flotte lego
A l’entrée des Utopiales, un mobile gigantesque accueillait jour après jour les vaisseaux spatiales créés par les visiteurs, et c’était très impressionnant de la voir grandir jour après jour. Un regret ? Ne pas avoir ajouté ma propre création !
4. Cette année, j’ai passé beaucoup, beaucoup de temps à la librairie
Il est toujours agréable de déambuler dans la plus grande librairie de science-fiction du système solaire (jusqu’à preuve du contraire), de savourer le nombre d’ouvrages présents, d’en acheter certains (le bilan arrive, soyez patients !), de noter des titres pour de futurs investissements.
Mais la librairie, c’est aussi un excellent endroit pour croiser des gens (après le bar et la salle de presse), et the place to be pour les dédicaces. D’ailleurs cette année j’y ai passé beaucoup de temps histoire d’avoir tous les auteurs de l’anthologie (j’ai juste raté Philippe Curval mais je ne me rappelle même pas l’avoir vu sur le planning, et j’ai triché pour certains, je les ai interrompu alors qu’ils signaient des anthologies au stand ActuSF). Et j’ai bien dû poireauter deux heures pour pouvoir rencontrer Alain Damasio et Robert Silverberg, l’occasion en passant de jouer au jeu de la couverture la plus horrible :
J’ai d'ailleurs un peu craqué pour cette séance de dédicace avec ce grand monsieur de la SF et j'ai donc amené à Robert Silverberg (en plus des Monades urbaines et de l’anthologie des Utos) son livre d’or de la SF que je venais de dénicher chez le bouquiniste du sous-sol, parce qu’un livre d’or dédicacé c’est très classe !
A noter qu'après avoir sauvé des auteurs affamés avec des Schoko-bons en 2014, cette année j'ai sauvé Jérôme Noirez qui n'en pouvait plus de tousser avec des Ricola (il faudrait vraiment que je songe à me faire sponsoriser par les marques de bonbons quand je viens aux Utopiales !).
5. Cette année, j’ai assisté à la remise du prix Planète SF
Qui était annoncé dans le programme ! Entre les bandeaux à la librairie et les gens qui se renseignent pour savoir qui l’a gagné, mine de rien le prix commence à acquérir une petite renommée.
Le prix a été attribué à Morgane Caussarieu pour son roman Je suis ton ombre, et la cérémonie était fort chouette (le discours du big boss et l’auteure heureuse d’avoir battu Neil Gaiman). Justement, ce livre est dans ma liseuse, il ne me reste plus qu’à le rattraper !
6. Cette année, je suis allée sur Mars
Grâce à l’exposition V2RPlanets, j’ai pu visiter des paysages martiens pendant quelques minutes grâce à la 3D et à un casque de réalité virtuelle, ce qui était fort chouette (et j’ai pu découvrir en passant qu’il est désormais difficile de parler de Mars sans quelqu’un vous sorte une blague sur les patates).
L’équipe qui organisait avait également amené un globe de Mars sur lequel nous avons pu suivre le parcours du héros de Seul sur Mars. Cela a un peu adouci mon jugement sur le film : même s’il ne m’a pas passionné, c’est tout de même une formidable porte d’entrée pour rêver à l’aventure spatiale !
7. Cette année, j’ai ramené une valise pleine de bouquins
Comme cela faisait presque deux mois que je n’avais rien acheté, et fière de ma PàL à treize livres (papier), je me suis laissée aller, et ça n’a pas été une mince affaire de faire tout rentrer dans ma valise (je remercie en passant Cornwall qui nous laissait vider nos sacs à dos dans son coffre de voiture tout au long de la journée !). J’étais venue avec 3 livres à faire dédicacer, je suis repartie avec 12 de plus !
Bilan des courses :
Livres amenés pour des dédicaces (et ramenés signés bien sûr) :
- L’animal de Sylvie Lainé
- La horde du contrevent de Alain Damasio
- Les monades urbaines de Robert Silverberg
Livres achetés :
- L'anthologie des Utopiales 2015 (comme d'habitude)
- Dragon de glace de G.R.R. Martin (pour profiter de l'offre ActuSF)
- Le livre d'or de la SF sur Robert Silverberg (désormais signé !)
- Les voyageurs malgré eux de Elisabeth Vonarburg (qui manquait à ma collection)
- Lasser dans les arènes du temps de Sylvie Miller et Philippe Ward (Lasser ! Lasser !)
- La nouvelle traduction des Deux tours de Tolkien (on ne se refait pas, et puis au moins elle est déjà sortie de ma PàL, elle)
Livres offerts :
- 22/11/63 de Stephen King (cadeau de Lune pour la fin de son challenge)
- Philip K. Dick goes to Hollywood de Léo Henry (offre ActuSF deux livres achetés, vous avez déjà essayé de résister à un livre offert inédit ?)
- L'ensorceleuse de Pointe-Lévy de Sébastien Chartrand
- Montréel de Eric Gauthier
- Deux numéros de la revue Solaris
(tous offerts par les éditions Alire dans le cadre de leur sympathique apéro qui donne envie de lire québécois !)
Bon je termine avec un dernier point et je me met au boulot, j’ai de la lecture qui m’attend !
8. Et cette année, j’ai encore passé beaucoup de temps à papoter...
Comme toujours, j’ai été ravie de vous revoir / de vous croiser en coup de vent / de vous rencontrer pour la première fois, et j’espère bien qu’on se reverra l’année prochaine ! (en fait si vous pouviez tous revenir, je pourrais copier directement mon paragraphe de liens, ça me ferait gagner du temps l'année prochaine ;)).
Je suis totalement en retard dans mes chroniques faute d’avoir trouvé une après-midi tranquille depuis mon retour des Utopiales. Du coup pour gagner du temps, cette semaine vous aurez le droit à un deux-en-un pour Doctor Who, ce qui n’est pas plus mal pour ce double-épisode de qualité où aucune des deux parties ne porte préjudice à l’autre. Attention, il y aura des spoilers, et des Zygons bien sûr !
Ce double épisode raccroche les wagons avec The Day of the Doctor, où l’intrigue avec les Zygons avait été résolue en deux coups de cuillère à pot pour pouvoir avancer sur le sujet des trois Doctors et de Gallifrey. Il était donc temps de revenir au sujet quelques temps plus tard, alors que les Zygons ont été intégrés au sein de l’humanité et vivent en paix. Sauf pour une poignée d’entre eux qui ne rêvent que de révéler leur vraie apparence et de partir en guerre contre les humains. Et si le cessez-le-feu est rompu…
Au centre de l’intrigue, on trouve le personnage de Osgood. On la croyait décédée à la fin de la 8ème saison, mais c’était sans compter sur son double Zygon. Du coup il reste bien une Osgood en vie, et personne ne sait si elle est humaine ou Zygon. Mais tout le monde la recherche, car le Doctor lui a laissé une Osgood Box qui pourrait servir si le cessez-le-feu entre les humains et les Zygons venait à être rompu.
Dans ce double-épisode, Osgood prend pratiquement le rôle du compagnon (Clara est reclassé à une autre fonction, j’y reviendrais), et c’est un vrai plaisir de pouvoir la suivre. Déjà parce qu’elle est un peu la projection de tous les fans de Doctor Who dans la série (cette fois-ci on la croise avec l’écharpe du 4ème Docteur, le pull à points d’interrogations du 7ème et un col de chemise à points d’interrogations qui évoque lui le 5ème), mais aussi parce que c’est un personnage brillant, qui a de beaux échanges avec le Doctor.
D’ailleurs on la voit à la toute fin refuser de partir à bord du TARDIS malgré l’invitation du Doctor, c’était prévisible (et c’est toujours bon de conserver des personnages récurrents sur Terre) mais on aurait bien aimé qu’elle accepte !
L’intrigue de ce double-épisode s’inscrit dans la veine de l’invasion alien de la Terre, avec le Doctor qui doit résoudre la situation avec l’aide d’UNIT. C’est un schéma très classique mais j’ai eu grand plaisir à le retrouver, d’autant plus qu’il est extrêmement bien mis en œuvre.
Déjà il triche un peu, car les aliens sont déjà dans la place (techniquement est-ce que ça ne fait pas d’eux des Terriens ?), et il a une résonance toute particulière avec certaines actualités (notamment la question des réfugiés). Et la résolution n’est pas anodine pour un épisode diffusé juste avant le 11 novembre.
Ce qui change aussi, c’est que même si l’action se déroule principalement à Londres (the place to be pour une invasion alien comme chacun le sait !), l’intrigue s’internationalise un peu avec le Doctor qui s’en va faire un tour au Turkménistan (l’occasion d’une séquence bien musclée avec UNIT qui finit forcément mal sauf pour le Doctor), tandis que Kate Stewart s’envole elle pour le Nouveau Mexique (toute seule, mais elle sait se défendre, elle a de qui tenir !).
Et pendant ce temps à Londres, tout va à vau-l’eau et Clara se retrouve assez vite « zygonisée ». Elle tiendra donc plus souvent le rôle de méchante que de gentille durant le double épisode, et ma foi, ça lui va bien également, c’est même je trouve sa meilleur performance depuis le début de la saison (on notera en passant qu’il suffit d’attacher ses cheveux pour avoir l’air méchant, c’est toujours bon à savoir !).
Le jeu entre Clara qui essaye de communiquer à travers Bonnie, et Bonnie qui essaye d’obtenir des infos de Clara est plutôt sympathique, même si j’ai été étonnée que Clara en sache autant sur la Osgood Box (parce que dans ce cas autant en parler aussi à Martha et Jack, pour être sûr !). Pour le coup c’est l’intrigue que j’ai trouvé la plus « forcée » pour donner un petit rôle à Clara.
Et une fois que tout le monde est de retour à Londres (malgré quelques tentatives de meurtre, un crash d’avion et j’en passe des meilleurs), le grand final se déroule dans les Black Archives (les fameuses de l’épisode du 50ème anniversaire), avec une histoire de boîtes et de boutons, une situation plutôt familière, et à juste à titre.
Le Doctor a souvent pour habitude de gagner des guerres uniquement avec des mots, mais je pense qu’il aura rarement fait autant étalage de son talent qu’avec la scène de résolution, où il arrête tout simplement une guerre (pour la 15ème fois !) avec des mots.
Je ne peux pas vous citer toute la scène (qui dure presque dix minutes) mais difficile de rester de marbre face à cet échange extrêmement fort, qui culmine avec le dernier monologue du Doctor :
« I don't understand ? Are you kidding ? Me ? Of course I understand. I mean, do you call this a war, this funny little thing ? This is not a war ! I fought in a bigger war than you will ever know ! I did worse things than you could ever imagine ! And when I close my eyes... I hear more screams than anyone could ever be able to count ! And you know what you do with all that pain ? Shall I tell you where you put it ? You hold it tight, till it burns your hand ! And you say this : No one else will ever have to live like this ! No one else will ever have to feel this pain ! Not on my watch! »
C’est d’autant plus frappant qu’à l’exception de cette réplique (qui est accompagnée d’une petite musique), le reste de la scène est dénué de tout artifice, et tout repose intégralement sur les performances des acteurs, un peu celle de Jenna Coleman (qui gère drôlement bien le rôle rebelle Zygon) mais surtout celle de Peter Capaldi, qui est juste spectaculaire. En matière de discours, je crois bien qu’il vient d’écraser à plate couture les performances de tous les Doctors précédents (y compris ceux de Matt Smith qui était pourtant brillant dans le domaine).
Après quoi, les mémoires sont effacées façon Men in black, et une fois tout revenu dans l’ordre j’ai été ravie de retrouver Osgood pour une dernière fois, avec un nouveau double pour l’accompagner. Au moins comme ça on est sûr que le personnage va durer, pour notre plus grand plaisir !
Voilà pour ce double-épisode Zygon, très classique certes, mais extrêmement bien construit, avec d’excellents personnages et un Peter Capaldi au top de sa forme. Une réussite de plus pour cette saison 9 vraiment impressionnante.