samedi 10 octobre 2015

La mère des ondes et des crues – Timothée Rey


L’année dernière, j’avais découvert avec grand bonheur Les souffles ne laissent pas de traces, un polar préhistorique signé Timothée Rey drôle et fort imaginatif. Inutile de dire que je ne me suis pas faite prier pour lire la suite des aventures de N’a-Qu’un-Œil, chamane détective, sous le titre de La mère des ondes et des crues.

Nous voilà donc de nouveau renvoyé à l’époque de l’Aurignacien, autour de 30 000 ans avant notre ère (c’est l’époque de la grotte Chauvet si vous cherchez à vous situer). Suite aux évènements des Souffles, N’a-Qu’un-Œil et les membres de son clan partent rejoindre leur clan. Sur la route, ils s’arrêtent quelques jours pour profiter de l’hospitalité d’un clan voisin, celui du Puits-sans-fond.

Un soir, l’apprenti du chamane, Queue-d’Aurochs assassine un des membres du clan devant de nombreux témoins. Sauf que N’a-Qu’un-Œil est persuadé que son apprenti est victime d’une machination, et il va donc mener l’enquête pour le disculper.

La mère des ondes et des crues se différencie donc des Souffles ne laissent pas de traces par une intrigue plus personnelle (les interludes culturelles sont d'ailleurs remplacés par des flash-back sur le passé de Queue-d'Aurochs), qui prend rapidement une tournure plus sérieuses. Mais pour le reste, c’est exactement la même recette.

On retrouve donc ce détective préhistorique qui n’a pas son pareil pour interpréter les taches sur le cuir, les empreintes de pas et les branches cassées. Impossible de faire des analyses ADN à l’époque ? Qu’à cela ne tienne, comme la fabrication des bottes est artisanale, chaque semelle est différente et on peut donc facilement identifier son propriétaire !

Tout cela a un côté parfois plus technique qu’humain (l’auteur insiste finalement plus sur la résolution de l’énigme que sur les motivations derrière le crime), ce qui donne une impression de froideur, mais comme on a clairement affaire à un Sherlock Holmes préhistorique, c’est plutôt cohérent !

On apprécie d’autant plus l’enquête que Timothée Rey nous plonge dans une reconstitution de l’époque préhistorique plutôt réaliste et fort détaillée dans tous les domaines : coutumes, connaissance des plantes, fabrication d’objets, chasse, cueillette et délices culinaires qui font saliver à la lecture (ah les fameux blinis de glands, carottes et miel !).

J’aime bien ce qu’il donne à voir de cette période où les conflits étaient rares, car la Terre était assez vaste pour tout le monde et qu’on n’avait pas souvent l’occasion de se taper dessus pour un champ de blé, un lopin de terre, une opinion politique ou religieuse !

Ceci dit j’ai trouvé parfois un sentiment de « too much » dans certains passages, surtout au niveau des inventions. Rien de fondamentalement impossible (après tout l’auteur exploite des matériaux périssables, donc forcément on ne pourrait jamais en retrouver la trace aujourd’hui), mais des fois j’avais un peu de mal à y croire (on a beau essayé de se sortir de l’image du Cro-Magnon bourrin de la tête, on accepte difficilement le total opposé).

Outre son enquête rigoureuse et son incroyable reconstitution historique, La mère des ondes et des crues se caractérise (comme tous les écrits de l’auteur) par son vocabulaire fort riche et ses nombreux traits d’humour (beaucoup de calembours mais aussi de bons délires comme le sagaie-peau-gourdin-lézard-speck ). C’est fort sympathique et j’ai apprécié les références ici et là, par contre j’ai trouvé qu’avec le ton sérieux cela faisait des ruptures de ton un peu étranges.

Ce n’est pas un défaut en soi (pas plus que le luxe de détails dans la reconstitution), mais du coup je n’ai pas été aussi enthousiaste qu’à la lecture du premier tome. C’est un peu le problème de toutes les suites, une fois passé le plaisir de la découverte, on commence à prêter attention aux petits détails qui nous titillent à la lecture.

Ceci dit La mère des ondes et des crues n’en reste pas moins un chouette polar préhistorique qui se lit avec plaisir. Je vous recommande par contre de le dévorer rapidement, car il ne se prête pas trop à une lecture hachée (comme dans les transports), on perd le fil et ça a sans doute également joué sur le ressenti.

A l’année prochaine pour la suite, peut-être ?

CITRIQ

mercredi 7 octobre 2015

Doctor Who 9x03 – Under the Lake


Après un début de saison très « mythologie Who » où l’on voyageait aussi bien dans l’espace que dans le temps, laissons un peu de côté Daleks et Time lords (ou ladies) pour une histoire plus sobre mais ô combien délicieuse qui revient aux sources de la série : horreur, aliens et huis clos ! (et des spoilers dans cet article bien sûr).


Comme je regarde les saisons du 2e Doctor en ce moment, j’ai tendance à voir des parallèles entre les deux époques de partout, mais ça aura été rarement aussi apparent que dans cet épisode qui nous refait le coup de la base assiégée, le schéma type de la moitié des aventures du 2e Doctor.

L’inventaire est facile à faire : base isolée du monde, check ; mystérieuse force alien qui veut tuer tout le monde, check ; le Doctor qui arrive pour sauver tout le monde, check aussi. On y ajoute un petit groupe de personnages tous très différents avec quelques minorités (ça c’est l’apport de la série actuelle) et on peut se mettre en route !



D’ailleurs j’ai bien aimé le personnage de Cass qui s’exprime en langage des signes tout du long, pour le coup je pense que c’est la première fois qu’on croise une sourde-muette dans la série. Et c’est une femme, et elle a tout l’air d’être l’adjointe du big boss, bref elle n’est pas juste là pour faire joli (et c’est fort sympathique de voir tout ce langage des signes tout au long de l’épisode).


Les « méchants » fantômes sont plutôt intrigants quant à eux (ils ne sont là que la nuit, ils semblent vouloir tuer mais en fait non, ils font plein de choses en douce), et j’ai adoré voir le Doctor passer d’une hypothèse à l’autre tout au long de l’épisode, au fur et à mesure qu’il collecte les indices éparpillés. D’ailleurs il y a beaucoup de mystères dans cet épisode, et on se rend compte arrivé à la fin de celui-ci qu’on n’a presque aucune certitude.


J’ai aussi beaucoup aimé toutes les interactions entre le Doctor et la petite équipe, son enthousiasme débordant alors qu’ils vont tous mourir, ses discours pré-écrits pour montrer de la compassion, son plan pour sauver tout le monde, et son appel à l’aventure alors qu’ils pourraient juste rentrer chez eux. Et j’ai apprécié aussi que les sonic glasses s’installent à la place du tournevis sonique, ça change !


En fait l’épisode en lui-même est extrêmement solide, si bien que j’ai bien du mal à le décortiquer aussi longuement que d’habitude.

L’intrigue générale, les aliens très étranges, l’ambiance subtilement horrifique, la petite bande de personnages, tout fonctionne extrêmement bien. Même le comportement de Clara, parfois un peu exaspérant lorsqu’elle joue au Doctor, s’intègre bien à l’ensemble (et je soupçonne que cela prépare son départ).

L’ensemble est tellement bon que même si je savais dans un coin de ma tête que c’était un épisode en deux parties, la fin m’est tombée dessus sans prévenir.


Autant dire qu’on a affaire ici à une histoire solide, qui est en plus très rafraichissante dans le fait qu’elle soit relativement isolée de tout fil rouge ou de toute mythologie. J’espère que la deuxième partie sera tout aussi excellente !

dimanche 4 octobre 2015

Recueil factice - Septembre 2015

Les affaires reprennent ce mois-ci, comme vous pouvez le constater. Et le pire, c’est que je n’ai aucune idée de comment diable j’ai bien pu trouver le temps de chroniquer tout cela (même si cela expliquerait pourquoi je n’ai jamais le temps de me poser !).

LIVRES


Le patrouilleur du temps (La patrouille du temps 2) – Poul Anderson

L’homme des jeux – Ian M. Banks

Les dames de Grâce Adieu – Susanna Clarke

Les quatre vents du désir – Ursula K. Le Guin

Le fleuve des dieux – Ian McDonald

Bleue comme une orange – Norman Spinrad

FILMS


The Ghost Writer – Roman Polanski
A la base un film vu pour deux raisons plutôt triviales : Ewan McGregor (no comment) et Alexandre Desplat (concert à venir en novembre, autant faire connaissance avec ses BO inconnues). Fatiguée que j’étais ce soir-là, je ne pensais pas le regarder d’une traite, mais difficile de résister à l’envie d’avoir le fin mot de l’histoire de ce film qui n’a aucune mal à être angoissant.

Seven - David Fincher
M. Vert m’a fait regarder cette histoire de serial-killer obsédé par les 7 péchés capitaux parce qu’apparemment j’avais raté quelque chose. L’histoire est fort intéressante, mais il s’est passé avec ce film ce qui m’arrive de plus en plus souvent : j’ai pratiquement tout vu venir rien qu’à la façon dont sont introduits certains éléments (je suis trop méta il parait). Par contre il y a quand même un élément très important que j’ai adoré (attention léger spoiler) : le coupable est identifié grâce à sa carte de bibliothèque ! (comme quoi c’est des lieux dangereux, les bibliothèques !)

Shaun le mouton – Richard Starzak & Mark Burton
A défaut d’avoir pu le voir sur grand écran, j’ai rattrapé un peu tardivement cette histoire délirante de moutons qui débarquent en ville. Fort peu de dialogues (en fait pas du tout maintenant que j’y pense), tout est dans cette délicieuse animation en pâte à modeler, dans les situations loufoques et dans les décors extrêmement recherchés où se dissimulent ici et là des surprises (et parfois des blagues plus pour les adultes). Si on n’arrive pas au niveau de Wallace & Gromit, ça n’en reste pas moins un chouette dessin animé.

Le tout nouveau testament – Jaco van Dormael
Cette comédie finalement pas forcément si drôle que ça souffre un peu du fait que l’intégralité des scènes comiques avec Benoît Poelvoorde était dans la bande-annonce. Le reste de l’intrigue est plutôt surprenant, pas complètement convaincant dans cette manière de juxtaposer les vies de personnes étranges, mais qui soulève des points intéressants cependant. Bref un film bancal, mais si vous avez l’occasion de le voir pour pas cher, on ne passe pas un mauvais moment.

SÉRIES


Dark Matter – Saison 1

Doctor Who – Saison 9

Twin Peaks – Saison 1
La série est un peu arrivée à point nommé sur Netflix alors qu’on parle d’une suite possible, j’en ai donc profité pour combler ce manque à ma culture. Au début, confrontée à cette histoire de meurtre sordide dans une petite ville des Etats-Unis, j’ai beaucoup pensé à Broadchurch et autres séries qui exploitent la même recette. Il y a de ça (et elle a certainement inspiré ces séries-là), mais Twin Peaks se démarque par ses fréquents moments d’absurdité, et sa brochette de personnages tous aussi fous les uns que les autres (la femme à la bûche n’étant pas la pire de tous, loin de là). Arrivée à la fin de la saison 1, qui n’apporte que peu de réponses, je n’ai pu que me jeter directement sur la suite ! (qui est encore plus bizarre, j’adore !)

PRÉVISIONS POUR OCTOBRE

Côté lectures, je viens de terminer La mère des ondes et des crues de Timothée Rey. J’enchaîne sur La rançon du temps de Poul Anderson (pour bien finir le challenge de Lune), et sinon il faut surtout que je fasse un peu maigrir ma PàL car les Utopiales approchent…

Côté séries, je continue Twin Peaks et Doctor Who, plus l’épisode hebdomadaire de The Big Bang Theory. The Strain est un peu en pause pour le moment, et je cherche déjà quand je vais pouvoir reprendre Downton Abbey et peut-être Once upon a time, alors ne me demandez même pas si je compte aller au cinéma !

Et le seul jeu auquel je touche en ce moment, c’est Hearthstone, mais je ne désespère pas de voir la situation s’améliorer !

jeudi 1 octobre 2015

Doctor Who 9x02 – The Witch’s Familiar


Après un premier épisode en forme d’introduction qui donnait beaucoup à voir, sans qu’il ne se passe forcément grand-chose, il est temps de se pencher sur sa suite, The Witch’s Familiar. Et inutile de tourner autour du pot, cette fois-ci on a eu le droit à un Doctor Who qui avance à 500 km/h tout en nous en mettant plein les yeux (d’ailleurs si vous n’aimez pas les spoilers, c’est le moment de les fermer !).


La semaine dernière, nous avions laissé le Doctor en bien mauvaise posture : coincé sur Skaro avec Davros et ses Daleks, sans TARDIS, sans tournevis, sans Clara ni Missy (exterminées au passage). On l’avait à peine entraperçu dans son futur en train de menacer le jeune Davros de son passé, toute la question était donc de savoir comment il allait en arriver-là, ce qui va prendre tout l’épisode.

Même si je me doutais que cette mini-scène à la fin de The Magician’s Apprentice cachait un twist (il parlait de son amie, la logique aurait voulu qu’il parle de SES amies), je ne savais pas vraiment à quoi m’attendre, et la surprise a plutôt été agréable, même si au final le Doctor se fait un peu voler la vedette… mais c’est pour notre plus grand plaisir !


Car oui, le héros de cet épisode n’est pas le Doctor, c’est plutôt Missy. D’ailleurs elle ouvre l’épisode (enfin juste après Clara mais Clara dans cet épisode… j’y reviendrais), et dès le début elle est excellente. Cela faisait longtemps que le Doctor n’avait pas eu un méchant à sa mesure.

Car Missy (enfin le Master quoi), c’est un peu le Doctor, comme en témoigne la petite histoire mettant en scène le Doctor sur laquelle elle fait travailler Clara :

« OK, I'm going to tell you a story of the Doctor. It's classic. On the run, no Tardis. No friends, no help. In other words... The Doctor, happy. »
Car cette histoire, c’est un peu l’histoire de Missy puisqu’elle en vient ainsi à expliquer sa survie à la fin de la saison 8, et comment elles ont échappé aux Daleks dans l’épisode précédent. Et donc assez logiquement elle cherche à infiltrer la ville Dalek pour sauver son ami, le Doctor… un peu comme si les rôles avaient été inversés, d’une certaine façon.

Du coup l’épisode arrive très bien à montrer à quel point Missy est donc le Doctor dans toute son inventivité, toute son intelligence et toute sa loufoquerie… à ceci près qu’elle est foncièrement mauvaise (tout le contraire du Doctor), ce qui la rend totalement imprévisible.

- Can you see the bottom?
- Too dark. We could chuck a stone down, or something.
- Oh, yeah, good idea.
Enfin le fait qu’elle pousse Clara était prévisible mais ô combien savoureux ! Ce sont ces petits détails ici et là qui rappellent qu’elle n’est pas vraiment le Doctor, et que bien qu’elle joue vraiment son rôle (jusqu’à apporter énormément d’explications sur les Daleks notamment), il y a quand même de bonnes chances qu’elle essaye d’embobiner tout le monde en passant, y compris nous, spectateurs.


D’ailleurs elle pousse le vice jusqu’à avoir un compagnon pour l’épisode. Compagnon qu’elle n’hésite pas à pendre par les pieds, à jeter dans un trou, à menotter pour servir d’appât à un Dalek et enfin à enfermer dans une carcasse de Dalek (youhouh référence au tout premier épisode des Daleks !)... Il serait donc plus juste de parler de « sbire ».

Du coup oui, Clara prend un peu cher dans cet épisode, plus occupée à subir qu’autre chose (surtout quand elle termine enfermée dans le Dalek (youhouh référence à Asylum of the Daleks). Elle a beau être maligne et autoritaire, elle ne fait vraiment pas le poids face à Missy.

Mais au moins elle aura appris plein de choses sur les Daleks en passant, notamment sur la façon dont ils fonctionnent et dont leur langage est conditionné (j’ai beaucoup aimé le système de « traduction » notamment).

« Admit it. You've all had this exact nightmare. »
Pendant que Missy et Clara partent à sa rescousse, le Doctor passe beaucoup de temps à discuter : avec Davros d’abord, avant de s’offrir un joli coup d’éclat en lui volant son véhicule.
« Of course, the real question is... where did I get the cup of tea ? »
Un beau moment qui ne dure pas, avec une blague irrésistible lorsque le Doctor revient à lui :

« I hope you are grateful. It wasn't easy to procure. And very nearly unique, of course. You should feel privileged. The only other chair on Skaro. »
Cet épisode évoque plein d’épisodes antérieurs, de la série actuelle comme de l’ancienne. Et par moments, comme pour cette blague, il m’a beaucoup fait pensé à Doctor Who and the Curse of Fatal Death (qu’on pourra regarder bientôt comme un pur concentré de l’ère Moffat !).

Plus sérieusement la suite de l’histoire du Doctor se résume à une longue conversation avec Davros, qui donne ici la meilleure imitation de Palpatine qu’il m’ait été donné de voir. Il joue sur la colère, sur la compassion, agresse, cajole… ose même une blague. Je suis vraiment impressionnée par son numéro, d’autant plus que son but n’est pas très clair au début.


En tout cas il mène bien sa barque, puisqu’il arrive à faire sortir au Doctor son énergie de régénération (la dernière fois c’était pour River Song, comment doit-on interpréter cet acte du coup ?) pour son plan machiavélique : voler son énergie pour créer des hybrides dalek / time lord


Le plan de Davros est fort heureusement interrompu par Missy (et pour le moment on ne sait pas quel impact cela peut avoir sur ses futurs régénérations), et se retourne à priori rapidement contre son créateur qui n’avait pas prévu que l’énergie de régénération affecterait autant les Daleks dans leurs armures que ceux qui hantent les égouts sous forme liquéfié et qui se vengeraient bien contre les autres (classique !).

« I knew exactly what you were doing, and I let you do it. »
Tout cela le Doctor l’avait prévu (ou bien il fait mine de), faisant passer toutes ses scènes précédentes pour une vaste comédie. Un joli coup avec fort peu d’esbrouffe, c’est presque surprenant. En même temps s’il avait essayé d’en faire autant que Missy, l’univers aurait sûrement explosé !


D’ailleurs en parlant de Missy, qui ne perd jamais une opportunité de faire le mal, je dois avouer que j’ai vraiment un faible pour sa dernière vacherie, lorsqu’elle essaye de pousser le Doctor à tuer Clara ! Ce qui donne accessoirement la clé de la scène clôturant The Magician’s Apprentice :
« When you were in the Dalek, you made it say "mercy". It shouldn't have understood the concept, it shouldn't have been able to say it. How did a tiny piece of mercy get into the DNA of the Daleks ? »
- Come on, I'll take you home.
- Which side are you on ? Are you the enemy ?
- I'm not sure that any of that matters. Friends, enemies. So long as there's mercy. Always mercy.
Une scène qui ressemble bien au Doctor. De saison en saison, on doute parfois de ses actions, de ce qu’il pourrait se laisser aller à faire, mais il y a des choses qui ne sont tout simplement pas dans sa nature, et ça fait toujours chaud au cœur les petites scènes comme cela !


Terminons avec les deux objets importants de l’épisode. Les lunettes se révèlent pour une fois avoir plus qu’un rôle esthétique, elles remplacent le tournevis. Chouette initiative, je me demande si cela continuera dans les épisodes suivants (à force de regarder des vieux Doctor Who, je me rends compte à quel point le Doctor actuel est trop dépendant de son tournevis sonique).

Quant au « confession dial », on tient clairement là le fil rouge de la saison, visiblement lié au passé du Doctor, et aux raisons qui l’ont poussé à quitter Gallifrey. Voilà qui nous promet de belles révélations… ou pas (après tout, on l’attend toujours le nom du Doctor !).


Et je me dois de conclure sur Missy qu’on laisse en bien mauvaise posture, mais qu’on ne doute à aucun moment de retrouver plus tard, au top de sa forme !

Voilà pour l’épisode de la semaine, qui vous l’aurez compris m’a beaucoup plus convaincu : plus d’action, des éléments d’histoire qui ne sont pas juste là pour jouer le jeu des références mais qui construisent quelque chose, des dialogues aux petits oignons, des time lords déchaînés et l’amorce d’un fil rouge plutôt prometteur… que du bon dans The Witch’s Familiar, du coup il me tarde déjà d’être samedi !

mardi 29 septembre 2015

Bleue comme une orange - Norman Spinrad


En septembre, le livre choisi pour la lecture du Cercle d’Atuan devait faire allusion à une couleur dans son titre. C’est Bleue comme une orange qui a remporté les suffrages, et comme cela faisait longtemps que je voulais retenter un texte de Norman Spinrad, j’ai sauté sur l’occasion.

Bleue comme une orange se déroule à la fin du XXIe siècle, alors que le réchauffement climatique a considérablement bouleversé le climat, en transformant des zones en désert brûlant, et en engloutissant certains autres sous l’océan. Paris de son côté, a des allures de Nouvelle-Orléans avec son climat chaud et humide (il y a des alligators dans la Seine et des bougainvilliers sur la Tour Eiffel !).

Dans cet univers, Monique (j’adore le prénom choisi par Norman Spinrad, so french !) exerce grosso-modo la fonction de chargé de com’ dans une société spécialisée dans les relations publiques, Panem et Circenses (tout un programme ce nom). Elle est envoyée à Paris pour s’occuper de l’accueil des VIP dans le cadre de la CONASC, la conférence mondiale sur le climat.

Dans sa mission, elle va croiser Eric, membre des Mauvais Garçons (pas besoin de vous faire un dessin, le nom est explicite), et leurs chemins ne vont cesser de se croiser alors que les deux organisations qui les emploient cherchent à percer les mystères de cette édition de la CONASC.

Ecrit en 1999, ce livre a une saveur particulière lorsqu’on le lit comme moi à l’approche de la COP21. D’autant plus que les questions qu’il soulève sont tout à fait d’actualité.

Bleue comme orange arrive parfaitement à montrer pourquoi il est difficile de lutter contre le réchauffement climatique, quand tout le monde cherche à en tirer profit (ou calcule combien il va perdre dans l’affaire). La notion d’Etat a disparu du monde mis en scène par Norman Spinrad, mais qu’on ait affaire à une nation ou à une corporation, la situation reste la même.

Le roman se penche sur les dessous d’un tel évènement, avec d’un côté l’aspect médiatique (mises en scène avec des discours pré-écrits, faux manifestants embauchés par l’occasion) et de l’autre l’aspect tractations en sous-mains, où chacun cherche à deviner ce que prépare l’adversaire, jusqu’à atteindre un complexe jeu de « je sais que tu sais que je sais que sais ».

Au milieu de tout cela, Monique et Eric sont surtout des pions qui avancent au gré des désirs de leurs dirigeants (y compris quand ils doivent donner de leur personne !). Difficile de faire mieux, même s’ils trouvent parfois le temps de se poser des questions morales. Mais du coup cela donne un côté très froid au roman.

C’est peut-être d’ailleurs son principal défaut. Si j’ai apprécié cette ville de Paris tropicale, et toutes les idées mises en scène, j’ai eu du mal à vraiment rentrer vraiment dans le texte. Du coup Bleue comme une orange est une lecture certes intéressante (surtout en ce moment !), mais on est loin du coup de cœur.

A noter que pour une fois, le titre VF est fort sympathique (et avec une jolie référence poétique) même s’il n’a rien à voir avec l’original Greenhouse summer (littéralement « l’été de serre » si je raconte pas de bêtises).

Avis des autres participants : Mortuum, Raven

CITRIQ

dimanche 27 septembre 2015

Le fleuve des dieux - Ian McDonald


L’an dernier, après quelques démêlés avec le très étrange Brasyl, j’avais mis en pause mon exploration de l’œuvre de Ian McDonald. Il était grand temps que je m’y remette, en partant cette fois-ci visiter l’Inde du futur qu’il a imaginé pour son roman Le fleuve des dieux.

Direction donc l’année 2047, où l’Inde est toujours animée par des divisions intérieures, où la pluie se fait attendre depuis plusieurs années et où les intelligences artificielles sont légions (on parle d’aeai). Grâce à neuf personnages différents dans les destins se croisent dans la ville de Vârânacî, le roman nous balade dans toute la société indienne, dans un monde qui semble à la fois très proche et très éloigné du nôtre.

Difficile de ne pas penser à La maison des derviches en lisant Le fleuve des dieux, je suis donc condamnée à faire cette chronique sous forme d’une gigantesque comparaison. Les deux romans étant construits à l’identique à quelques détails près, j’ai passé toute ma lecture à jouer au jeu des sept différences.

On a affaire à la même projection futuriste dans une ville qui sert pratiquement d’unique lieu de décor (ici Vârânacî, Istanbul du côté des Derviches). On suit la même ribambelle de personnages dont les histoires finissent par se croiser. On se retrouve une fois encore face à la même incroyable mise en scène d’une culture qu’on ne connaît pas forcément beaucoup, ou uniquement des clichés (ici l’Inde).

Et à l’image de La maison des derviches, Le fleuve des dieux n’est pas facile d’abord, surtout si on se laisse engloutir sous les termes indiens qui ponctuent le récit et les dialogues (le lexique à la fin est un modèle d’inutilité, je ne l’ai jamais ouvert pour les mots qu’il propose, toujours pour ceux qui n’y étaient pas !).

Cependant, peut-être parce que j’étais familiarisée avec le mode de récit, et sans doute grâce à mes vagues souvenirs de mes cours d’art indien (et ses éléments de mythologie), je suis rentrée bien plus facilement dans Le fleuve des dieux, et j’ai trouvé la lecture aisée.

Cela tient aussi, je pense, à une intrigue qui se n’éparpille pas tant que cela (tous les personnages se croisent assez rapidement ou finissent par évoluer dans la même direction), et une partie scientifique relativement facile à comprendre, qui s’intéresse principalement à la question de l’intelligence artificielle (un sujet qui parle à tout lecteur de SF).

Du coup en se lançant dans Le fleuve des dieux, on part dans un voyage fort exhaustif (on aborde à peu près tous les aspects de l’Inde), qui nous projette dans un futur proche qui sonne tellement juste qu’on pourrait le croire déjà réel. Inutile de dire que les différentes étapes du périple ne laissent pas indifférent, et que les parcours des différents personnages soulèvent de nombreuses questions et réflexions.

Un univers extrêmement travaillé (et sans aucun doute très documenté), une belle galerie de personnages (il n’y a guère que Shiv qui ne m’a pas trop parlé), une histoire plutôt prenante… et pour couronner le tout, ces ingrédients sont sublimés par une très belle écriture (et je me permets de saluer au passage le boulot de Gilles Goulet, le traducteur, j’ai idée que ça n’a pas dû être facile !).

Bref après la déception de Brasyl, je suis ravie de renouer avec l’œuvre de Ian McDonald, une très belle science-fiction qui peut être difficile d’abord mais mérite qu’on se plonge dedans. Prochain objectif : La petite déesse, recueil de nouvelles dans le même univers.

CITRIQ

853 p.

vendredi 25 septembre 2015

Doctor Who 9x01 - The Magician’s Apprentice


Après 9 longs mois d’attente, il est grand temps de retrouver notre Doctor favori pour de nouvelles aventures. Attendez-vous de nouveau à des comptes rendus fleuves sur ce blog, en espérant que j’arrive à suivre le rythme !

Cette neuvième saison démarre avec un double-épisode (ils sont de retour) dont les titres restent pour le moment assez mystérieux. D’ailleurs cela résume bien ce Magician’s Apprentice, épisode certes intéressant, terriblement référencé mais qui tient plus de la gigantesque qu’introduction qu’autre chose… spoilers à suivre, comme d’habitude !


Le moins qu’on puisse dire c’est que cette entrée de saison est pour le moins flippante, avec son vaste champ de bataille et ses « hand mines » qui n’auraient pas dépareillé dans un film de Guillermo del Toro. Dans lequel erre un enfant, jusqu’à que quelqu’un lui lance un tournevis sonique. Plutôt une bonne nouvelle, non ?

- Tell me the name of the boy who isn't going to die today.
- Davros. My name is Davros.
Pour tout fan de la série, c’est une excellente chute pré-générique. J’ai pu constater par contre que pour les spectateurs plus « casual » (comme M. Vert), la chute tombe un peu à plat, vu que tout le monde ne situe pas le créateur des Daleks qu’on a eu l’occasion de croiser une seule fois à la fin de la saison 4.

D’ailleurs c’est un peu tout l’histoire de cet épisode : délicieux pour les fans, sans doute moins compréhensible pour les autres. D’ailleurs…


Petite visite dans le Maldovarium (saison 6), l’équivalent Who-vien de la cantina de Mos Eisley…


Retour du côté de la Shadow Proclamation (saison 4)


Et on termine avec les Sœurs de Karn, sorties droit de l'ancienne série et brièvement aperçues dans le mini-épisode The Night of the Doctor du 50e anniversaire. Une vraie interro-surprise cette introduction !


Et puis on retrouve Clara en train d’enseigner à ses collégiens, jusqu’à qu’un phénomène mystérieux arrête les avions dans le ciel et la fasse rejoindre le QG de UNIT, ouf on est de retour sur Terre ! Je vous épargne les recherches, on découvre très vite l’identité de la coupable (en même temps sa photo est en tête d’article !).


Missy n’était pas morte, en même temps ce n’est pas vraiment une surprise, c’est un peu comme si on essayait de nous faire croire que les Daleks ont disparu pour de bon, qui le croirait ?

Et puis on est ravie de la retrouver, puisque c’est un excellent méchant qu’on adore détester. Dans cette confrontation avec Clara, il y a deux choses que j’ai apprécié : le fait qu’elle flingue deux gars juste pour montrer que non, elle n’est pas devenue gentille (et puis quoi encore ?), et le fait qu’elle fasse bien comprendre à Clara la supériorité des Time Lords :
« We're Time Lords, not animals ! Try, nano-brain, to rise above the reproductive frenzy of your noisy little food chain, and contemplate friendship. A friendship older than your civilisation, and infinitely more complex. »
Et une fois qu’elles ont trouvé un semblant de terrain d’entente, il est grand temps de trouver le Doctor qui est reparti visiblement dans une séance de « c’est mon dernier jour à vivre ». Et comme d’habitude, il le célèbre à sa façon :

« Anachronisms. »
Et pour que la réunion soit complète, il ne manque plus que Colony Sarff (un sbire aux airs de Seigneur Sith croisé avec Salazar Serpentard) qui vient apporter son message au Doctor : Davros est mourant et souhaite lui parler une dernière fois. Comment convaincre le Doctor de venir ? En lui disant qu’il se souvient (pas difficile de savoir de quoi !). Evidemment le Doctor va sauter dans le piège à pieds joints.


Et donc aux deux-tiers de l’épisode, on se met enfin en route pour aller voir Davros. Au premier visionnage je n’y avais pas prêté attention, mais ça se traîne un peu, surtout qu’il faut attendre le passage dans le vaisseau spatial pour que le Doctor redonne un peu de contexte.
« How scared must you be... to seal every one of your own kind inside a tank ? Davros made the Daleks. But who made Davros ? »
C’est aussi l’occasion d’une sympathique et très pertinente mise au point de Clara sur le sujet de Missy :
- Doctor. You sent Missy your confession dial.
- Well... We've known each other a long time, she's one of my own people...
- My point is, we both saw her die on Earth, ages ago. And obviously you knew that wasn't real. Or worse, hoped it wasn't. Either way... I think you've been lying.
- I'm sorry.
- Don't apologise. Make it up to me. There, see? Ha... Now you have to come back.

Et voici venu le temps de la confrontation… et des références aux vieux Doctor Who. Rien que la musique est un indice en elle-même, venue du fond des âges (ou plutôt des tous premiers épisodes de 1963).

Et pendant qu’ils discutent (enfin plutôt pendant que Davros s’offre un best-of de ses meilleurs moments avec les nombreuses incarnations du Doctor, référence quand tu nous tiens), Missy et Clara explorent la station spatiale, qui se révèle être simplement un bâtiment au milieu d’une ville, sur une planète désertique, avec une musique qui donne tout de suite le ton.

- What's Skaro ?
- The beginning. Where it all started. This is the planet of the Daleks !
Comme j’ai déjà mis le nez dans les anciennes saisons, j’ai évidemment trouvé ce moment très fort. Missy aurait difficilement pu mieux résumer la situation puisque les Daleks rencontrent la première fois le Doctor sur la planète Skaro, dans le 2e serial du premier Doctor, je vous laisse jouer au jeu des sept différences :


D’ailleurs c’est plutôt ironique parce que ce tout premier épisode Dalek est plus ou moins l’histoire de leur fin, même si les réécritures successives ont un peu effacé cet aspect. En tout cas quitte à revisiter les origines des Daleks, autant le faire avec le modèle de l’époque :


Et on a à peu près fait le tour pour la visite dans le passé du Doctor. Quelques Daleks multicolores plus tard, Missy et Clara sont exécutées (bien sûr on y croit !), le TARDIS est détruit, et Davros essaye d’avoir le dernier mot avec le Doctor :

« Compassion, Doctor. It has always been your greatest indulgence. Let this be my final victory. Let me hear you say it, just once. "Compassion... is... wrong." »
Et visiblement le Doctor a appliqué ses bons conseils, puisqu’on le retrouve un peu plus tard à revisiter le début de l’épisode, le champ de bataille et le jeune Davros :

« I'm going to save my friend. The only way I can. Exterminate ! »
Et générique de fin, bien sûr. On en saura plus la semaine prochaine, j’avoue n’avoir pas trop d’idées de la direction que va prendre l’histoire. Difficile de savoir si c’est en le sauvant ou en cherchant à le tuer que le Doctor a modifié –ou non- le destin de Davros. Même si on se doute bien qu’il va réussir d’ici le deuxième épisode à récupérer Missy, Clara, son TARDIS et son tournevis sonique !

Même si The Magician’s Apprentice se regarde avec plaisir, il souffre un peu d’être une très longue introduction avec beaucoup de visuel et de références mais pas forcément beaucoup de contenu ou d’action. Pas le meilleur début de saison qui soit, mais j’attends de voir The Witch’s Familiar, la suite, pour avoir un avis définitif.