
Il y a quelques années, j’ai lu Jonathan Strange & Mr. Norell, énorme pavé contant l’histoire de deux magiciens à l’époque victorienne. J’avais adoré l’apparence du livre (sa tranche en noir !), et j’avais été charmée par l’ambiance légèrement féérique, l’écriture volontairement surannée et les notes de bas de page à n’en plus finir. Par contre à force d’attendre qu’il se passe quelque chose (ce qui n’arrive jamais), j’étais sortie fort déçue de ma lecture.
Je n’avais à priori pas de raison de remettre le nez dans cet univers, mais une chronique d’Acr0 m’a donné envie de m’intéresser aux Dames de Grâce Adieu, recueil de nouvelles se déroulant dans le même univers, et j’ai vu là une excellente occasion d’accompagner le visionnage de la série télé (qu’au final je n’ai même pas commencé, mais passons).
Huit textes composent ce recueil. Ils partagent tous la même écriture « maniérée », qui donne immédiatement un sentiment d’ancienneté sans pour autant être lourd à la lecture, et le même univers magique et féérique à la fois léger mais aussi très brut.
Ce qui fait le charme du recueil, outre l’écriture, ce sont les superbes illustrations de Charles Vess, qui conviennent merveilleusement à ces histoires de fées.
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Le premier récit, Les Dames de Grâce Adieu, est accolé au roman Jonathan Strange & Mr. Norell. Je n’avais guère de souvenirs de celui-ci, et cela n’a pas gêné ma lecture de cette histoire où ce sont les femmes qui font de la magie (et elles ont la classe !). C’est l’un des textes que j’ai préféré.
Sur la colline gourmande ressemble à une version archaïque du Nain Tracassin, le ton est donc un peu forcé, mais le texte trop court pour qu’on s’en lasse. Il est suivi de Mrs Mabb, qui mélange, de façon savoureuse, le conte d’une héroïne féminine qui veut récupérer son prince et roman XIXe siècle anglais.
Le duc de Wellington égare son cheval se déroule dans l’univers de Stardust (qui s’intègre très bien à celui de Jonathan Strange, au final, surtout quand Charles Vess est au dessin), du coup j’ai été obligée de l’aimer. Vient ensuite Mr Simonelli ou Le Veuf-fée, journal d’un vicaire qui se retrouve embourbé dans des histoires de fées (classique mais rigolo dans sa conclusion).
Tom Brientwind ou comment un pont féerique fut construit à Thoresby se lit avec plaisir (pour son héros fée terriblement sans gêne et dénué de manières), même si je suis obligée que je n’en ai pas retenu grand-chose. Grotesques et frettes, plutôt anecdotique met en scène Mary Stuart (vous savez déjà comment cela finit).
Le recueil se termine sur John Uskglass et le charbonnier du comté de Cumbria, conte populaire plein de rebondissements et de figures de saints que j’ai trouvé savoureux (ce recueil démarre donc très bien et se termine également très bien !)
L’avantage du format nouvelle, c’est qu’il est court, et que du coup il passe forcément quelque chose en peu de pages (ou au pire il ne se passe rien et on enchaîne sur la suite). Cela explique sans doute que j’ai bien plus accroché aux Dames de Grâce Adieu, belle incursion dans le monde des fées soigneusement mise en scène, qu’au pavé presque sans fin qu’était Jonathan Strange & Mr. Norell !
284 p.


